Lerby

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A treize ans je voulais être écrivain sinon rien. À quatorze ans je voulais être danseuse étoile, au moins. À quinze ans, c’était décidé je serai peintre. A soixante ans et quelques  [+]

Lerby posa sa tasse sur le rebord de la fenêtre. Devant lui s’étalait un paysage sans fin dans lequel n’importe qui aurait aimé se perdre. Sans quitter le paysage des yeux, il reprit la tasse encore chaude et s’enivra de l’odeur du café avant de l’aspirer par petites gorgées. Son regard ne s’accrochait sur rien en particulier. Il n’entendit pas Sabine s’approcher. D’un geste familier elle passa ses bras autour de sa taille et se pressa contre lui. Il lui caressa les mains sans vraiment penser à ce qu’il faisait. Son téléphone se mit à vibrer.
_C’est qui ?
_J’sais pas.
_Ah ?
_Il n’est pas dans mes contacts.
_Pourquoi t’as pas décroché ?
_Parce que je ne sais pas qui c’est.
Ce n’est pas ce qu’il aurait dû dire, il s’en aperçut trop tard. Son regard ne quittait pas les pâturages qui s’étendaient à ses pieds. Le vent s’était levé. Les herbes blondes se couchaient dans de grands mouvements de vagues. Sabine s’écarta et s’assit sur le banc en pierre près de la fenêtre.
_En décrochant tu aurais pu savoir.
Il se retourna en souriant pour désamorcer la bombe et passer à autre chose. Plusieurs nuits d’un sommeil agité lui avaient ôté toute son énergie. L’idée d’entamer une querelle était au-dessus de ses forces, c’était un peu comme demander à un marathonien de repartir pour une nouvelle course après avoir franchi l’arrivée.
Son portable se remit à sonner. Lerby n’entendit rien et raccrocha.
_Une erreur de numéro.
Il devait rapidement changer de sujet. Il retourna dans la cuisine pour se servir un café.
Comme à chaque fois la pénombre le surprit. La maison était une ferme ancienne aux murs épais, aux ouvertures étroites, il n’était pas rare de devoir éclairer en journée au cœur de l’été. Peu de choses avaient changé depuis leur installation, la région était peuplée d’autochtones enracinés depuis des lustres. Ici, on vivait la plus grande partie de l’année entre soi. Une région isolée du temps et du monde où Lerby aimait se ressourcer une partie de l’année.
Lerby était un surnom qu’on lui avait donné quand sa passion pour la botanique était devenue envahissante et exclusive. De passion, la botanique était devenue sa profession. Lerby se comportait dans la vie comme dans son travail, il était rigoureux, minutieux, patient avec une tendance excessive à classer et à accumuler.
La cafetière chauffait encore sur le gaz. Il se servit tout en sentant le regard de sa femme peser sur lui. Il éteignit la flamme et sembla se concentrer sur le paysage qu’il voyait par la fenêtre ouverte. Elle regardait le reflet de son mari dans la vitre en se demandant ce qui n’allait pas depuis quelques jours.
Il ne l’avait pas entendue. Elle attendait une réponse. Il la regardait, les traits tendus, il savait qu’il n’y échapperait pas. Il allait devoir justifier la raison pour laquelle il n’avait pas décroché, expliquer qu’il ne lui cachait rien, que c’était juste une erreur de numéro, quoiqu’il n’en soit pas si sûr. Il la laisserait consulter sa messagerie avant qu’elle ne le fasse dès qu’il aurait le dos tourné. Il détestait sa manie de fouiller dans ses affaires au prétexte qu’il n’y avait pas de secrets entre eux. Après tout ils étaient mariés, elle avait des droits sur lui. Il acceptait ça.
Depuis le départ de leur vie commune, ils avaient conclu un pacte qu’on pourrait résumer par : on se dit tout, on ne se cache rien. Il le respectait à sa manière, en sauvant les apparences. Après une jeunesse désordonnée et rebelle, Lerby avait trouvé une sorte d’équilibre avec Sabine. Il avait opté vers la trentaine pour une vie rangée faite de routine. Il y jouait un rôle de mari fidèle, de père attentif et de pépé gâteau. Il avait fini par coller à l’image qu’il souhaitait donner aux autres.

En dépit de toutes ces années de vie commune, les sentiments que Lerby nourrissait pour sa femme étaient sincères. Il se disait qu’il l’aimait, mettons qu’il tenait à elle comme il tenait à ses maisons, à l’ordonnance des choses autour de lui. Il vivait pour ces moments passés en famille, pour une partie de golf ou de tennis avec ses potes, pour ses longues escapades épuisantes en vélo.
Dans son for intérieur il aimait croire que rien n’est joué d’avance, que tout reste à écrire. Il ne lui semblait pas répréhensible d’avoir de temps en temps envie d’autre chose. S’il avait été honnête avec lui-même, il aurait admis que rien ne pouvait changer dans sa vie, il n’avait pas d’énergie pour ça. Sa place était auprès de sa femme, pourtant il ne voyait pas l’intérêt de tout lui dire.
Quand il lui arrivait d’atteindre un certain degré d’honnêteté avec lui-même, il admettait que les reproches ou les soupçons qui la tourmentaient étaient parfois justifiés.
Pour couper court aux questions embarrassantes, il faisait profil bas, reconnaissant ses torts dans la limite du raisonnable, s’excusant en forçant le trait, juste ce qu’il faut pour qu’elle n’ait pas le sentiment de se faire enfumer. Il réglait ses comptes avec elle, autrement, à sa façon.
Après avoir soigneusement lavé sa tasse. Lerby essuya ses mains dans un torchon.
_C’était idiot de ma part. Je vais couper du bois.
Il avait l’art de lui glisser entre les pattes. Pourtant elle le connaissait bien son bonhomme, elle sentait qu’il lui cachait quelque chose. Elle le regarda s’éloigner.
Lerby sentait le besoin de faire quelque chose de physique pour se débarrasser d’un malaise qui lui pesait depuis plusieurs jours. Il dû se baisser pour passer la porte de la grange où s’entassait le bois à couper pour l’hiver. Il jeta quelques buches près du billot qui attendait à l’extérieur. Il enfila des gants de chantier, chaussa ses lunettes de protection et entreprit de fendre le bois. Si ses mains et son esprit étaient concentrés sur cette tâche, il n’arrivait pas à maîtriser les émotions contradictoires qui le submergeaient.
Il en était là de ses réflexions quand le téléphone vibra à nouveau. Il décida de ne rien faire. La buche vola en éclat dans un bruit sec. Autour de lui des chutes de bois s’entassaient. Avec le bas de son tee-shirt, il essuya la sueur qui coulait sur son visage et commença à charger la brouette. Ses muscles lui faisaient mal, il ressentait encore dans les bras le choc de la hache qui fend le bois.
Autour de lui tout était silencieux, la maison s’était vidée d’un coup à la fin de l’été.
Lerby avait l’impression de s’enliser depuis qu’il avait pris sa retraite. Ce bonheur tranquille commençait à le lasser, la répétition des jours l’ennuyait, les têtes à tête avec sa femme lui pesaient aussi parfois.
Pourtant il n’avait pas été mécontent de lâcher son travail d’enseignant-chercheur. Les conditions de travail s’étaient dégradées ces dernières années. Les difficultés à monter des dossiers pour obtenir des subventions, la culture de l’évaluation, les comptes à rendre à rendre à échéances de plus en plus courtes, avaient pris le pas sur le temps consacré à la recherche. Il continuait à écrire des articles de vulgarisation pour garder un pied dans le métier et entretenir des contacts avec d’anciens collègues. Cette activité lui occupait un peu l’esprit mais il sentait qu’il avait besoin de trouver un autre moteur à sa vie. L’idée de reprendre l’écriture de ce livre commencé il y a quelques mois lui traversa l’esprit. Cette activité avait répondu au besoin de relever un défi et aussi, même s’il n’en n’avait pas encore pris conscience, de l’aider à dépasser un épisode de doutes sur ses choix de vie.
La brouette pleine à ras bord, il s’engouffra dans la grange. De là il pouvait surveiller la maison. Il refreina l’envie de rappeler le numéro inconnu et préféra repousser au moment où il serait seul. Son casque sur les oreilles, Sabine sortit en tenue de jogging. Il lui envoya un baiser de la main avant de se concentrer sur la pile de bûches.
Le téléphone sonna dans le vide. Après quelques tentatives sur le site « numéro inversé », il dut reconnaitre que ce ne serait pas si simple. Il alluma une cigarette et s’appuya contre le mur en pierre. Il nota que le soleil avait entamé sa descente, sa chaleur était moins ardente qu’au milieu de l’été. Les jours commençaient à raccourcir. Les couleurs de l’été avaient passé, les verts se faisaient plus doux, les feuilles des arbres tiraient maintenant sur le jaune. Au loin, les dos bossus d’Auvergne se noyaient dans la brume.
Il tapota sur l’écran de son portable et passa à son second numéro. Il y a quelques années maintenant, sa femme l’avait pincé avec son téléphone. Il avait eu toutes les peines du monde à lui faire croire qu’il ne la trompait pas. Il avait dû lâcher quelques vieux trucs et faire le dos rond le temps que les choses se calment. Depuis il avait acheté un portable avec deux lignes. Il pouvait ainsi cloisonner ses activités et vivre plusieurs vies indépendamment les unes des autres en toute discrétion.
Ce numéro était réservé à sa vie secrète. Il y avait cette histoire qui n’en finissait pas de finir et de recommencer, qu’il reprenait dès qu’il en manifesterait l’envie ou arrêtait à échéances plus ou moins longues. Il aimait bien cette femme, peut-être même qu’il l’aimait tout court. Il n’avait rien à lui reprocher, elle était drôle, spontanée mais aussi intelligente et généreuse. Il ne saurait dire pourquoi il se comportait aussi mal avec elle, il ne se résignait pas à tourner la page. Il avait encore besoin de la garder proche et lointaine à la fois. Il lui avait concédé une niche qui comptait pour lui, qui lui apportait quelque chose, mais cette femme n’avait pas de place dans sa vie. Il ne se décidait pas à rouvrir cette boite, même si l’envie surgissait à des moments où il s’y attendait le moins.
Il avait deux autres liaisons plus récentes pour lesquelles il n’avait pas encore pris de décisions. Ces femmes avaient attiré son attention puis son désir de les conquérir. Une fois que le jeu de la séduction avait opéré et que les choses devenaient plus concrètes, il avait une période de doutes et il mettait la relation à distance en faisant le mort. Immanquablement tout s’emballait et il n’arrivait plus à faire face. Il avait suspendu provisoirement tous contacts sans donner d’explication, son esprit n’était tout simplement pas libre pour ça. Le jeu n’en valait peut-être pas la chandelle.
Ses actes étaient souvent sans rapport avec ses pensées, ils ne s’accordaient pas toujours bien ensemble. Ils vivaient parfois indépendamment de ses décisions. Il lui arrivait de faire des choses qu’il n’avait pas décidé et inversement il prenait des décisions qu’il ne tenait pas.
Il vérifia qu’aucun des numéros enregistrés ne correspondait au numéro inconnu puis il partit à la récolte des messages. Avec un petit sourire de satisfaction il les écouta plusieurs fois avant de rebasculer sur la ligne officielle.
Il aimait jouer avec le désir que ces femmes avaient de lui. Ce n’était pas très flatteur, mais comment auraient-elles pu se douter qu’il n’était pas réellement sincère, qu’il se laissait griser par les mots sans y croire vraiment au fond. Il réglait ainsi ses comptes avec sa femme en gardant l’illusion qu’elle ne l’avait pas complètement démoli, que sa citadelle était encore bien gardée. Ça le travaillait parfois de se conduire aussi mal, de ne pas être cette image lisse qu’il renvoyait à son entourage, mais il ne savait pas faire autrement. Quand la honte d’être ce qu’il était vraiment le prenait par surprise, il prenait la fuite, dissimulait ses véritables sentiments, résistait à la pression de ses émotions.
Telle était la véritable personnalité de Lerby sa vie était une boite à plusieurs compartiments, une boite pleine de jouets interdits qu’il ouvrait quand il était seul. Dans la journée, il essayait d’oublier sa vie secrète et de la réduire à la portion congrue qu’il avait choisi de lui consacrer. Il se rassurait en se disant que la plupart des hommes ont des vies cachées qui leur permettent de supporter la pression de la vie quotidienne.
Il avait toujours été sujet aux insomnies, mais depuis quelques jours, c’était différent. Après s’être tourné et retourné dans son lit une bonne partie de la nuit, il plongeait dans un sommeil agité. Au matin il se réveillait avec le sentiment de sortir d’un cauchemar mais les images avaient disparu, restait un malaise indéfinissable qui ne le quittait pas de la journée, et maintenant ces appels.
A moins que ce soit une simple coïncidence, mais c’est quoi au juste une coïncidence ? Peut-être que tout ça n’avait rien à voir, ou peut-être que c’était le début d’un changement. Il savait que rien ne dure. Après les bons moments, le vent tourne.
Il rentra dans la cuisine, ouvrit le robinet et se pencha pour faire couler l’eau dans son cou. Une sensation de fraicheur et de bien-être le parcourut. Comme anesthésié de l’intérieur, il ne sentit pas tout de suite la morsure du froid. Ses pensées mirent un temps à communiquer à nouveau avec son corps. Il se redressa d’un coup, le corps secoué de frissons. C’est là qu’il surprit son reflet dans le miroir accroché au-dessus de l’évier. Il se regarda sans se reconnaître, il se dit que ça n’avait aucune importance. Il sourit et le visage dans le miroir lui rendit son sourire.
Puis, il vit l’arbre. Il était malade, il allait devoir couper les branches mortes, c’était la seule manière de le sauver, pourtant il n’arrivait pas à s’y résoudre. Le comportement des arbres avait été son domaine de recherche. Il avait appris qu’ils réagissent au toucher, que leur « intellect » réside dans leurs racines. Il se promit d’aller lui parler avant d’entreprendre quoi que ce soit. Il jeta un regard sur le tas de bois qu’il allait devoir remiser. Le bois pouvait attendre.
Il laissa un mot pour sa femme sur la table. Quelques instants plus tard, il filait sur la route. Il pédala longtemps appréciant l’air qui fouettait son visage. Les paysages défilaient sans qu’il y prête vraiment attention. Seule la route, cette promesse de s’éloigner et d’aller quelque part, l’intéressait. Il entama une montée, il voulait sentir ses mollets et ses cuisses se durcir, il voulait sentir la douleur de l’effort, il voulait s’oublier un peu. Son téléphone vibra dans sa poche arrière. Il essaya de penser à autre chose mais c’était sans espoir. En haut de la côte, il s’arrêta essoufflé. Chaque année les côtes devenaient plus raides, les kilomètres plus longs. Il se disait qu’il vieillissait et ça le rendait triste et morose.
A contre cœur il consulta sa messagerie. C’était sa femme. Ne voulant pas ajouter l’exaspération à l’inquiétude, il la rappela aussitôt.
_Tu as essayé de me joindre ?
_Il y a un drôle de message sur le fixe. Au fait, on t’a rappelé ?
_Non, pas d’appels.
Il mentait, mais comment faire autrement. Il ne voulait pas l’inquiéter tant qu’il ne savait pas de quoi il s’agissait, tant qu’il ne serait pas certain que ce n’était pas une menace.
_ Tu as gardé le numéro en mémoire ?
_ Je l’ai effacé.
_T’es où ?
T’es où, tu fais quoi, tu rentres quand ?...Sa femme était une pisteuse. Il acceptait ça aussi.
_ Je serai là pour le déjeuner, je commence à avoir froid. Je raccroche.
Il n’attendit pas la réponse. Il constata qu’on avait essayé de le joindre. Il essaya de rappeler le correspondant.
Après trois sonneries, quelqu’un décrocha.
Il se dit qu’il était peut-être en train de payer l’addition, le prix de l’indifférence et de l’irrésolution ont un coût, il espérait que le destin n’aurait pas la main trop lourde.
Il mit moins de temps au retour, il était pressé d’être là pour contrôler la situation. Il rangea son vélo dans le hangar, se déchaussa sur le paillasson et accrocha son casque à un crochet près de la porte d’entrée. La radio égrenait en sourdine une série d’informations plus déprimantes les unes que les autres. Il monta à l’étage se changer, c’est en passant devant la fenêtre qu’il la vit. Une branche morte était tombée. Il dévala les escaliers et se précipita vers elle. Elle respirait mais semblait sonnée. Les minutes qui suivirent furent insupportables, la pression se relâcha quand il entendit les sirènes des pompiers.
Il passa la journée à l’hôpital à attendre, à ruminer, à boire des cafés, à fumer des cigarettes. Les médecins le rassurèrent, elle s’en tirait avec un léger traumatisme crânien et quelques points de suture. Ils la gardaient en observation pour la nuit.
Lerby retourna à son chevet. Un gros pansement recouvrait la partie du crâne qui avait été rasé, une masse de cheveux pendaient sur le côté, il remarqua qu’on voyait les racines blanches, des rides qu’il ne lui connaissait pas marquaient son visage défait. Elle lui sembla plus vieille que dans son souvenir. Il lui prit la main mais ne ressentit rien. Il se dit qu’il ne l’aimait plus. Il se demanda pourquoi il restait avec elle, il pensa alors au bonheur tranquille, la famille, les amis, les maisons, alors il sortit de la chambre.
La nuit était tombée. Une pluie fine avait mouillé l’asphalte qui brillait sous les réverbères. Il suivit les allées en cherchant ses clés de voiture.
Le premier coup l’atteignit dans le dos et lui fit perdre l’équilibre. Il n’eut pas le temps de se retourner, un second coup plus violent le frappa à l’arrière de la tête. Il tomba à genoux. Il essaya de se relever mais sa vue se brouillait.
Il était 21h ce mercredi 28 aout, Lerby, étendu de tout son long dans une allée sombre du parking de l’hôpital, se dit qu’il vivait une journée de merde.
Au même moment, Elise, sa maitresse en titre, quittait le cinéma au bras de son mari après avoir vu «  Un homme et une femme ». En sortant de la salle elle avait prétexté un besoin naturel et en avait profité pour consulter sa messagerie.
Lou, la seconde, se dirigeait d’un pas pressé vers la chambre 104. La patiente hospitalisée pour un traumatisme crânien avait actionné l’alarme. Son portable avait vibré quelques minutes auparavant annonçant un nouveau message.
Sybille la dernière sur la liste de Lerby lisait le message qui s’affichait sur l’écran de son portable puis l’éteignit complètement d’un air penseur. Le fonctionnement de cet homme la déconcertait. Elle se dit qu’elle perdait son temps. Son mari se retourna en grognant et glissa sa main vers elle. Sybille se pencha pour l’embrasser et s’éloigna sur la pointe des pieds. Elle retourna à son bureau et alluma son ordinateur. Un texte s’afficha sur l’écran. Le mur au-dessus de sa table de travail était couvert de post-it. Elle en décrocha un en particulier. « Tout s’était passé comme convenu. »
Sabine était assise dans le lit, son crâne bourdonnait comme un compteur à gaz. Elle entendit les pas de l’infirmière dans le couloir. Elle trouva son portable dans le tiroir de la table de chevet. Elle avait un nouveau message.
Et maintenant, dans une allée sombre du parking de l’hôpital Lerby reprenait lentement ses esprits, il s’assit sur le trottoir, sonné. Tout autour de lui était silencieux. Il resta là un bon moment, le dos appuyé contre la portière de sa voiture.
Il se dit que tout n’est peut-être pas fini, que rien n’est jamais perdu à jamais.
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Un petit mot pour l'auteur ? 2 commentaires

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G DAVROLLES · il y a
Avec un mois de retard merci pour votre retour sur Lherby , bonne journée
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Mireille Bosq · il y a
Lerby ou le trompeur trompé. "Lerby, étendu de tout son long dans une allée sombre du parking de l’hôpital, se dit qu’il vivait une journée de merde." C'est tout ce qu'éprouve ce fat, cet égoïste, qui ne voit pas venir le coup monté. Sa femme et sa maîtresse sont complices pour lui infliger une leçon. Une histoire à connotation de comédie de Molière.