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Lauréat
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Depuis quelques semaines, aucune machine à coudre n’est tombée en panne. Je suis content parce que Léon et moi, on a du temps pour travailler à la conception d’un nouveau modèle. Notre boulot c’est vraiment celui-là, on est des inventeurs. Moi, je n’invente rien, je dessine les plans des machines que Léon conçoit. De nouveaux outils plus productifs, c’est l’objectif fixé par le Stirpa. Léon obtempère, mais il réfléchit aussi et surtout à rendre plus confortable le travail des camarades. On est heureux dans le petit atelier, rien que tous les deux. On bosse comme des fous parce que l’on sait que ça ne va pas durer, ça ne dure jamais longtemps. La plupart du temps, on nous envoie à l’atelier : « Les mains dans le cambouis, ça vous mate ! » hurle le chef. Le Stirpa craint qu’on ne se prenne au sérieux et se méfie de ceux qui pensent. Moi, j’aime les idées parce qu’elles sont invisibles, elles n’appartiennent qu’à celui qui les a et là où je vis, elles sont la seule chose que je ne suis pas obligé de partager. Sauf avec Léon : avec lui je partage tout.

Chez nous, le Stirpa impose l’enfant unique, mais si j’avais eu un frère, j’aurais voulu que ce soit Léon. Nous sommes nés la même année, l’année des L. Le Stirpa donne une liste de prénoms aux parents concernés, on n’a pas le droit de donner un autre prénom. Mais de toute façon, comme dit mon père : « Heureusement qu’ils donnent une liste, car des prénoms, on n’en connaît pas ! » Il ment mon père, il a connu l’époque d’avant le mur, quand les gens avaient le droit de choisir, « une époque de merde », d’après lui. Il était sans travail, méprisé par ceux qu’il appelle, selon l’humeur du moment, « les intellos fainéants » ou « les improductifs débiles ». Il est heureux maintenant car nous sommes tous égaux ; sauf les dirigeants du Stirpa qui s’octroient tous les droits, mais mon père rabâche que c’est normal puisque sans eux nous ne serions rien. Léon enrage d’entendre ça, il rêve d’un monde où on affirmerait nos différences : « La différence fait la richesse des humains ! ». Il parle bien Léon !
Dans ma classe de quarante élèves, il y avait vingt-deux Louis ; moi j’étais Louis 16. Un jour un prof a éclaté de rire en disant : « Toi, on te coupera la tête ! » J’ai fait ce cauchemar pendant des mois et des mois. J’ai cessé de le faire quand Léon m’a expliqué le sens de cette mauvaise plaisanterie. Léon, il est intelligent et cultivé, il a beaucoup lu dans un pays où on interdit aux gens de lire. Au pensionnat, il dormait peu et partait explorer tous les recoins de la grande bâtisse.
— Je pars en voyage, me murmurait-il à l’oreille.
Et moi, qui jamais n’osais le suivre, j’attendais qu’il revienne pour fermer les yeux. Lors d’une de ses escapades, Léon a découvert une cave, une cave pleine de livres. Il était tellement heureux cette nuit-là qu’il en oubliait d’être prudent ; il parlait fort et riait de mes regards terrifiés. À partir de ce moment-là, il est descendu régulièrement dans la cave et pendant toute la durée de notre internat, il a lu des romans, des livres d’histoire, de sciences, tous les livres interdits que, dans la précipitation à les cacher, ils avaient oubliés là.
Quand il a commencé à lire, Léon, il est devenu plus déterminé, plus fort, plus sûr de lui. Même les professeurs le craignaient. Ils l’ont laissé définitivement tranquille à partir du jour où il a sauvé la vie du fils d’un grand responsable. C’était un après-midi d’hiver, on avait sept ans, on se promenait avec un professeur au bord d’un lac en partie gelé. Léon 10, le fils du chef, qui n’était pas malin et ne l’est jamais devenu, s’est lancé sur le lac et est tombé dans un trou. Léon, mon Léon, a plongé sans réfléchir et l’a remonté à la surface, gelé mais en vie. Le père du survivant était vexé que son fils ait été sauvé par l’enfant de gens « lâches » et « ennemis du peuple ». Néanmoins, il a donné l’ordre qu’on ne le maltraite plus. Quand, plus tard, j’ai demandé à Léon pourquoi il avait sauvé le fils d’un de ses ennemis, il m’a répondu : « Je ferai toujours passer une vie avant mes idées ».

Chez nous, on entre au pensionnat à cinq ans, c’est la règle pour tout le monde. Les parents viennent voir leur bambin une fois par mois. Mon père pleurait à chaque séparation en me serrant très fort dans ses bras. Léon, il ne l’aime pas mon père, et c’est réciproque ! Mon père est excessif, Léon aussi ; je les aime tous les deux. Je l’admire Léon, mais moi, je ne peux pas prendre de risque, je l’ai promis à mon père et je tiendrai promesse à cause des larmes versées quand il me laissait au pensionnat. Léon ne peut pas comprendre, ses parents sont morts ; lui, il dit : « Mes parents ont été lâchement assassinés. »
La veille de l’anniversaire de Léon – il allait avoir cinq ans –, ses parents qui étaient nos proches voisins sont venus voir ma mère en cachette de mon père. Les grands nous ont envoyé jouer dehors, mais Léon est resté près de la porte, silencieux et inquiet. Le lendemain, on a appris qu’ils avaient essayé de passer le mur ; cette nuit-là, cinq adultes et deux enfants ont été tués, seul Léon a survécu. Quand sa mère atteinte de balles l’a lâché, Léon s’est fracturé la jambe en tombant du mur, et maintenant, il boite. Certains jours, il souffre beaucoup mais ne se plaint jamais. Moi, je crois que son esprit est ailleurs et qu’une partie de lui est restée collée au mur où ses parents sont morts. Léon m’a dit un jour qu’au moment de le lâcher, sa mère lui a murmuré : « Reste toujours debout François, toujours ! » Elle ne l’a jamais appelé Léon, elle refusait qu’on lui impose le nom de son fils. Ma mère m’a raconté qu’un garde l’avait giflée un jour à cause de ça ; elle n’a jamais cédé.
Ma mère répète souvent : « J’ai su dès le début que ça finirait mal ! » Elle aimait bien les parents de Léon, mais elle n’a jamais admis qu’ils aient fait prendre des risques à leur enfant. Ce à quoi Léon répond : « Il faut prendre tous les risques pour être libre. » Je vous l’avais dit, il parle vraiment bien Léon !
Quand je le défends face à mon père, que j’explique qu’il veut rester debout, mon père répond en ricanant bêtement : « Un boiteux debout, on n’a jamais vu ça ! » Je le déteste quand il dit ça, mais je lui pardonne à cause des larmes des dimanches. Et Léon, lui, il lutte à cause des derniers mots de sa mère. Il a ses grands yeux marron, des yeux qui brillent dans un pays où presque tous, nous avons les yeux pâles. Parfois je pense qu’on n’échappe pas à son histoire, alors ma vie, je m’en satisfais.

J’aime tellement travailler avec Léon ! Chez nous, tout le monde doit bosser, ne rien faire est interdit. La société est divisée en groupes : le conseil des dirigeants donne la ligne de conduite du système, ses membres en nombre restreint sont les « intouchables » ; viennent ensuite « les cerveaux » qui élaborent les lois et les règles, puis « les surveillants » qui fichent et espionnent le peuple, dans les quartiers, les usines, les bureaux et les rues. Léon et moi, on fait partie des « concepteurs » : on est le premier groupe de ce que le Stirpa appelle « le bas peuple ». Ensuite il y a les « exécutants » – mon père est dans ce groupe – et enfin « les inutiles », comme ma mère. Le Stirpa a beaucoup d’imagination pour occuper les gens ; les cadres spécialisés dans cette branche se prennent très au sérieux car le Stirpa pense que ce sont eux qui maintiennent l’équilibre. Chez nous, les femmes rangées dans la catégorie des « inutiles » transportent le jour des cailloux qu’elles remettent le soir à l’endroit où elles les ont pris le matin ; elles pellettent la neige et les feuilles quand il y en a, et s’entraînent à le faire quand il n’y en a plus. Dans un pays où voyager est interdit, les hommes « inutiles » ont construit des autoroutes qui s’arrêtent en plein champ, ont bâti des gares avec des trains qui ne partent nulle part et des ponts qui n’enjambent que du vide. Léon dit que l’on nous « débilise », mon père pense que l’on nous occupe pour que l’on ne s’ennuie pas. Mes parents travaillent dans la même usine ; il fabrique des bouchons en plastique depuis vingt-cinq ans et elle lave les bouchons propres qui sortent de la chaîne. Ils ne se plaignent pas, ils disent que je suis leur bonheur. Ma mère ne regrette qu’une chose de sa vie d’avant : les couleurs des tissus.
Chez nous, rien ne vient de l’extérieur, on fabrique tout. Pour simplifier les choses, le Stirpa a décidé qu’il n’y aurait que trois couleurs de tissu : noir pour le dimanche, bleu marine pour la semaine et blanc pour les chemises et chemisiers ; un tissu épais pour l’hiver, léger pour le printemps et l’été. On est tous habillés de la même façon, on se ressemble tous. Mon père pense que c’est juste, Léon parle de « l’uniformité dans la laideur ». Ma mère m’a appris le vert des prés printaniers, le jaune orangé du soleil couchant, le bleu éclatant du ciel de l’été, le gris nostalgique des nuages ; elle me raconte « ses robes d’avant », en cachette de mon père qui l’a obligée à les brûler quand le Stirpa l’a exigé. Léon dit que sa mère avait caché ses beaux vêtements et les mettait le soir pour lui et pour son père. Il dit qu’elle était merveilleuse et ressemblait aux princesses des livres interdits.

Léon et moi logeons l’un à côté de l’autre, dans de petites maisons mitoyennes que le Stirpa met à notre disposition. Je suis content d’habiter à côté de Léon. Le soir, en rentrant du travail, on fait du bois, on cultive le jardin, on s’occupe des poules et des lapins afin de produire ce dont on a besoin. La nuit, on fait ce que l’on veut dans nos maisons. Léon, toutes les nuits il écrit ! Il m’a confié son secret et longtemps, j’ai eu peur. Je lui en ai voulu de désobéir, je craignais de le perdre. Léon m’a expliqué qu’écrire était une survie puisqu’il ne passerait jamais le mur à cause de sa jambe. J’ai été choqué, pendant des nuits je n’ai pas dormi, car j’ai compris que s’il le pouvait, il m’abandonnerait là. Un soir, je lui ai parlé, timidement d’abord, puis avec colère et chagrin. Léon a eu l’air bouleversé et a tardé à répondre, je sentais qu’il pesait ses mots. Je connais par cœur ses paroles : « Louis, tu es ma seule famille et je t’aime comme un frère. Mais si je le pouvais, je passerais le mur. Ici j’étouffe ! Je voudrais vivre libre. Si je n’écrivais pas, si je n’avais pas l’espoir qu’un jour mes cahiers passent le mur, alors je me tuerais. Je t’aime différent de moi et je te fais confiance. Toi seul sais que j’écris, notre secret nous lie pour toujours. » Sa voix tremblait, il a détourné la tête et je suis sorti.
Plus jamais nous n’évoquons le mur. J’ai demandé à Léon de cacher ses cahiers chez moi, tous ses cahiers. Il y en a plus d’une dizaine, il y a aussi deux lettres de ses parents confiées à ma mère le jour où ils ont tenté de passer de l’autre côté. Il a hésité, il ne voulait pas que je prenne ce risque. J’ai insisté, je lui ai reproché de ne pas me faire confiance, alors il a dit oui. Il a souri comme jamais je ne l’avais vu sourire, il m’a pris dans ses bras et il a murmuré : « Merci. » Je me suis sauvé pour qu’il ne me voie pas pleurer. Je me sens important, je me sens responsable d’un trésor, le trésor de Léon. Je ne veux pas savoir ce que disent les cahiers et les lettres ; ça, c’est à Léon. Moi je suis là pour les protéger : je les ai mis dans un grand sac plastique, enveloppés de foin pour qu’ils ne prennent pas l’humidité, j’ai creusé un trou sous mon lit et j’ai déposé le sac. Je n’ai jamais été malheureux mais maintenant, je suis vraiment heureux, je me sens plus grand, je me sens libre. Léon avait raison, la peur ronge quand on imagine le risque, elle nous abandonne quand on agit.

Je vais bientôt me marier ; j’ai rempli un formulaire de candidature et je reçois du Stirpa des listes de filles. On a le droit de compulser trois listes à un mois d’intervalle et on vote. Sur la première liste, je n’ai pas voté ; pourtant une fille me plaisait bien, mais le problème du choix, c’est que l’on se dit toujours qu’on pourra trouver mieux. J’ai tellement hésité que j’ai eu celle qui restait sur la troisième liste. Sur la photo, elle est jolie, mais les quelques lignes qui la décrivent sont banales ; le Stirpa donne des modèles de texte de présentation. Mon père est furieux, mais Léon dit que c’est plutôt bon signe qu’elle déplaise à mon père. C’est vrai que Maria ne correspond pas aux critères de la bonne épouse, prescrits par les dirigeants : « Une bonne épouse aime travailler, elle a de fortes hanches, parle peu et ne pense pas. » Léon n’a pas posé sa candidature. Il ne veut pas se marier, au grand soulagement du Stirpa qui ne voit pas d’un bon œil que les boiteux, les aveugles, les tordus et « autres ratés » comme il les nomme, se mettent à procréer. Léon ne cherche pas à plaire au parti, il dit que se marier lui mettrait des chaînes dont il ne veut pas. De toute façon, on lui aurait imposé une boiteuse comme lui ou une autre infirme, et ils n’auraient pas eu le droit d’avoir d’enfants. Je vois Maria une fois par mois, à la fête des célibataires, elle me sourit et parle beaucoup, elle a de beaux yeux.

Ça n’a pas duré, je savais que ça ne durerait pas ! Ce matin-là, Léon était euphorique ! Il terminait de savants calculs pour mettre au point un siège intégré à chaque machine à coudre, un siège positionnable qui allait permettre d’augmenter les cadences et de ménager le dos des ouvriers. Il avait également trouvé un système pour rythmer les deux fils pour ne plus qu’ils s’emmêlent, une vraie révolution ! J’avais presque achevé les plans ; en fin de matinée, on devait porter nos résultats à la chaîne de fabrication, laquelle aurait du travail pendant deux ans au moins. Notre chef, Léon 10, est entré dans le bureau, son haleine chargée donnait un nom à son état. Il a crié l’ordre d’aller à l’atelier, instinctivement je me suis levé ; Léon n’a pas bougé, il notait rapidement quelques derniers calculs. Le chef a hurlé l’ordre d’arrêter pour la seconde fois en donnant un violent coup de pied dans le prototype de la nouvelle machine, heurtant au passage la tête de Léon. Je tremblais, j’étais tétanisé et sus immédiatement que je vivais une fin. Léon s’est levé, du sang coulait de ses lèvres, sans un mot, il s’est approché du chef et l’a giflé. Ensuite, tout est allé très vite : le chef a jeté mon Léon au sol, a appelé les gardes qui, immédiatement, l’ont emmené. Dans l’encadrement de la porte, il s’est retourné et m’a fait un clin d’œil, un dernier signe avant de partir au camp.
Dans la journée, notre bureau a été débarrassé et notre travail brûlé devant mes yeux. J’ai été affecté au balayage des ateliers et la vie a repris, presque comme avant. Je pensais à lui, tout le temps, j’entendais sa voix, je me répétais ses phrases, pour ne pas l’oublier, pour le penser vivant.
Dans les beaux yeux de Maria, j’ai retrouvé l’envie. Un mois avant la fête annuelle des mariages, dans la nuit du 11 mars – jour de l’anniversaire de Léon –, j’ai déterré les sacs et suis parti. Je marchais vite, droit devant, je connaissais le chemin par cœur ; la route pour atteindre le village de mon père, la bifurcation à l’angle de la forêt pour gagner « le croisement de la liberté », comme disait mon grand-père. Le fleuve était en crue et personne ne pouvait s’approcher du mur, les gardiens étaient donc en repos. Je connaissais l’unique endroit où le passage était possible, même par temps de crue. Mon grand-père ne m’y avait emmené qu’une fois, en cachette de mon père, pour sceller le lien fort qui m’unissait à lui. Mon grand-père avait connu la liberté et subissait sa fin de vie. Je l’ai trop peu connu, mais je me souviens de son sourire lumineux en me montrant le passage, je me souviens de ma promesse de toujours garder le secret. Seul Léon le connaît, Léon sait tout de moi. Léon, je ne pensais qu’à lui en avançant vers le passage, Léon certainement mort. Les prisonniers qui restent plus de trois mois dans le camp numéro 16 sombrent à jamais dans l’oubli. Moi, je ne l’oubliais pas ; moi, j’allais passer les sacs par-dessus le mur, pour que le vœu de mon ami se réalise, pour qu’il continue là où il aurait aimé vivre.
En arrivant au « croisement de la liberté », je me suis fait tout petit pour passer sous les branches qui obstruaient le chemin. La terre gorgée d’eau rentrait dans mes chaussures, j’avançais serein et sûr de moi. J’ai retenu un cri de joie en apercevant le mur, et en quelques enjambées, j’ai pu le toucher. La lune l’éclairait, j’ai laissé glisser mes mains le long de la pierre, je sanglotais doucement, je serrais fort le sac, le trésor de Léon. J’ai commencé à grimper le long du mur, à mi-hauteur j’ai lancé le sac pour le faire basculer, il a fait un bruit sourd et j’ai crié de joie. C’est en redescendant que je l’ai vu. Un trou, un immense trou dans le mur, un trou qui laissait le passage à plusieurs hommes à la fois. Je me suis laissé tomber, me suis approché du trou, à ce moment-là, c’est fou ! J’aurais juré que j’entendais la voix de Léon.

Maria et moi, on s’entend bien. Je répare les machines et ma femme travaille dans les champs. Elle emmène avec elle notre fils, il s’appelle Félix ; moi, je l’appelle François. Il est beau, mon fils ! Il a de grands yeux marron, des yeux brillants, dans un pays où presque tous nous avons les yeux pâles. On mène une vie simple tous les trois, on aime être ensemble. La nuit, j’écris. C’est mon secret, caché dans un sac, enfoui sous une latte de parquet. Je fais de grandes promenades avec François, sa petite main bien au chaud dans la mienne. Je lui raconte des histoires de princesses aux robes couleur de soleil et de chevaliers courageux ; notre préférée s’appelle Le Chevalier de la liberté. Quand on regarde le mur et qu’il demande ce qu’il y a derrière, je lui réponds qu’il y a Léon. Je pense à lui, tout le temps. Il est vivant Léon, c’est mon père qui me l’a dit. La nuit du 11 mars, il y a six ans, les quinze condamnés à mort du camp numéro 16 ont neutralisé tous les gardiens et se sont enfuis en emportant des pioches et des burins. Ils ont percé le mur au « croisement de la liberté » et sont passés de l’autre côté.

Demain, on accompagne pour la première fois François au pensionnat. Je ne pleurerai pas, je vous jure que je ne pleurerai pas.

PRIX

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RAC · il y a
Magnifique tout simplement !
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Michèle Thibaudin · il y a
Un GRAND merci à vous.
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Christian Pluche · il y a
Du coup je suis tombé sur votre texte, ça fait peur mais il est rassurant de voir qu'il y a un autre côté du mur...toujours (les murs servent à ça, pour aller voir de l'autre côté ?). Bravo pour ce texte !
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Guy Bellinger · il y a
Il y a du "1984", du "Fahrenheit 451"et (entre autres) de la Révolution culturelle chinoise dans cette remarquable nouvelle, qui, loin de recopier ses modèles, enrichit la collection des contre-utopies par sa personnalité propre, son humour (tous ces Léon, Louis, etc. numérotés !), sa tendresse et son humour. Ce régime totalitaire fait peur, mais ses personnages, par contraste, n'en apparaissent que plus touchants et plus vrais. L'ensemble est aussi imaginatif que profond.
Je me suis aussi essayé au genre avec "L'hologramme nouveau est arrivé" (http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/l-hologramme-nouveau-est-arrive). Si par chance vous le lisez (c'est mon texte le plus long en dehors de mon roman "Les échardes du temps" dont j'attends le bon à tirer chez Edilivre), vous pourrez constater que moi aussi, je tente de créer une société qui étouffe sous le contrôle permanent d'un émule de Big Brother. L'originalité de ce texte, c'est que cette prospective fiction, échafaudée avec le plus grand soin, est avant tout un prétexte. Prétexte de quoi, je vous laisse le découvrir...

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Michèle Thibaudin · il y a
merci pour votre lecture et votre commentaire, je vais vous lire.
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Gil Nathan · il y a
Je suis heureux d'avoir apporté la centième voix à cette belle nouvelle ! Bien que celle-ci ne serve à rien sinon à prouver qu'un texte peut résonner très longtemps ...
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Michèle Thibaudin · il y a
Merci . Je suis très heureuse que mes nouvelles soient lues en dehors des finales.
Au plaisir de vous lire.

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Manon L. · il y a
J'adore cette nouvelle, je l'ai aimé dès le début ! Beaucoup de force dans ce récit, à travers ce personnage humble, simple et passif qui constate et rend-compte d'un régime totalitaire. L'histoire d'une amitié, de la force contestataire de Léon. Une contre-utopie puissante et saisissante par les échos de dictatures connues (réelles ou imaginaires).
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Michèle Thibaudin · il y a
Ravie que vous ayez aimé ma nouvelle.
Merci pour votre commentaire.

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Pierre Gravagna · il y a
Trop long pour du short, l'écriture est faible,
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Michèle Thibaudin · il y a
Merci d'avoir lu "Léon".
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Elodie Torrente · il y a
Très jolie nouvelle, bien menée. Ravie d'être à vos côtés dans la publication papier ;)
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Michèle Thibaudin · il y a
Merci beaucoup à vous, j'ai lu toutes vos oeuvres, vous avez une plume qui touche ma sensibilité.
Au plaisir de partager encore.

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Elodie Torrente · il y a
Dans ce cas, partageons, discutons, innovons et surtout shortons ensemble ! A très bientôt Michèle !
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Cindy Velasco · il y a
Je n'en attendais pas moins de toi...
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Pascale Ducret · il y a
j'ai chercher longtemps un commentaire , un commentaire à la critique litteraire pour une nouvelle digne d'un grand auteur mais je ne suis pas critique litteraire...
Cette nouvelle m'a ramené à une époque ou je ma nourrissais de kundera et de Kafka. Merci pour ce merveilleux moment.

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Maurice Gigi · il y a
Bien très bien j'aime beaucoup.

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