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L'enlacement de la Féerie

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Voilà deux semaines que la Duchesse ne dort plus...
Ajouté à cela, les limiers sont furieux, ils ne parviennent plus vraiment à chasser le gibier. Personnellement, je commence de plus en plus à avoir du mal à tenir mes mensonges pour expliquer aux cuisines le manque de viande. Mais il est évident que quelque chose d'étrange rôde dans les marais.

Voilà deux semaines que la Duchesse ne dort plus...
Depuis que cette lourde brume blanche enlace les matinées alentour du manoir, j'ai vraiment cette impression que le temps s'est subitement freiné. Cela ne me lasse pas, bien au contraire, mais je suis nerveux face à l'indifférence de mes comparses. La cours est paisible, mais il semble bien que quelque chose hors du commun nous hante...

Voilà deux semaines que la Duchesse parle peu...
J'ai évoqué ces anomalies au bûcheron pendant qu'on buvait une bouteille de vin chez moi. Sa femme aurait aperçu une licorne dans les bois, peu de temps avant que la brume n'arrive. Je ne suis pas inquiet de la licorne, elle peut constituer une menace certaine si l'on s'introduit dans son territoire mais personne ne s'égare dans les bois. Il suffit simplement de la laisser en paix afin d'éviter le moindre problème. Je suis chasseur, mais pas aventurier et encore moins un homme de combat. Par contre, mon ami me fit également part d'un détail assez troublant. Il n'y a qu'une chose qui peut effrayer à ce point les limiers : quelque chose qui les ressemble.

Voilà trois jours que le Duc est venue calmer sa douce...
On aurait pu croire que le féerie serait revenue au château, mais ma récente découverte brisa tout espoir de retour au quotidien. Des empreintes, des grosses empreintes. Un monstrueux canidé rôde dans les parages. On pourrait penser à un grand loup, mais il n'y en a pas dans les marais et les bois sont bien trop petits... Le Duc est prévenu de la présence de la Bête.

Demain, la Battue aura lieu.

Voilà deux heures que l'on chasse en déchirant l'épais manteau argenté de la brume. Le Duc, homme d'aventures, m'accompagne. Les limiers sont intrigués. Comme vous le saviez, ce sont les chiens qui conduisent le chasseur vers une piste. Pour cette battue, ce fut l'inverse. La piste était celle que les chiens ne voulaient pas suivre. Celle dont ils détournaient le regard. Celle qui nous poussa à les tirer par leurs laisses. Au bout d'une dizaine de minutes, nous tombions sur notre proie, et autant vous dire qu'elle n'avait rien de ce qui se rapprochait de la banalité : Une femme nue, assise sur un tronc d'arbre, toute tremblante, blottie dans ses bras, autour du tronc se dessinaient une multitude d'empreintes de canidés, identiques à celles trouvées auparavant. Les chiens étaient totalement terrifiés face à la demoiselle.

Le Duc, sans attendre, dégaina son épée.

« Nous avons eu de la chance, la terreur ressentie par vos chiens nous ont conduis au Taranne. Quelques jours plus tard et ils auraient tous été tué par cette créature féerique... »

Sur ces mots, le Duc tua la demoiselle. Immédiatement, le cadavre de la belle prit feu. Les limiers se calmèrent et, le lendemain, la brume s'était dissipée.

Oui, le Duc avait raison, nous avions de la chance : Le Féerie était en train d'enlacer le Manoir.
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RAC · il y a
Vous avez su créer une atmosphère particulière et j'ai cru à cette histoire. Avez-vous pensé à une suite ? A vous lire sur ma page ou la vôtre !
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