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Le virus - oeuvre complète

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Etienne Gillet

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Il y a fort longtemps sur Terre, une espèce hybride extraterrestre amena un virus qui se répandit dans toutes les cités au point de tuer tous les habitants de la planète. Le projet de cette espèce était de prendre la place des humains et de s'accaparer les ressources aurifères ainsi que toutes les pierres précieuses nécessaires à leur technologie.
Brad Kenley était un humain de la région de Babylone, et il menait une existence paisible aux côtés de sa femme Lindsey et de sa fille Barbara. Ses cheveux étaient longs et lui tombaient jusqu'aux épaules, quant à son visage il était marqué par le travail dans les champs. Il venait d'avoir 500 ans, soit un peu plus de la moitié de l'âge où arrive la mort naturelle à cette époque.
Il n'avait pas encore été touché par le virus venu des cieux, mais il savait que pour y échapper il suffisait de vivre dans la campagne, à l'abri de tout contact avec ceux qu'on appelle "les répugnants".
Le virus s'attaquait directement à l'ADN et tuait à petit feu tous ceux qui y étaient exposés. Les chances de survie étaient très faibles et tous ceux qui étaient atteints plongeaient lentement dans une folie noire avant de s'éteindre.
Brad savait que tôt ou tard le virus viendrait toquer à sa porte, sous la forme d'un répugnant qui le contaminerait (c'est par le contact de la peau que le transfert se faisait) ou d'un aliment ne faisant pas partie de la production de son jardin. C'est pourquoi il faisait tout pour garder sa famille à l'abri de toute influence extérieure.
Un jour, cependant, un envoyé du Conseil Supérieur de Babylone vint frapper au domicile de Brad et de sa famille. D'abord soupçonneux, ce dernier n'ouvrit pas les portes de sa demeure tant que l'envoyé ne s'était pas présenté.
- Mr Kenley, j'ai une importante nouvelle à vous annoncer. Dit l'envoyé.
- Moi aussi, d'ailleurs si vous pouviez vous déshabiller entièrement et passer par le sas de désinfection je vous prêterai peut être une oreille plus attentive. Répondit Brad.
L'envoyé s'éxécuta, passa les tests d'entrée et fut finalement admis à l'intérieur de l'enceinte du domaine de Brad Kenley.
Les deux hommes se dévisagèrent, et finalement ils se serrèrent cordialement la main.
- Bien, vous n'êtes pas contaminé. Dit Brad à son interlocuteur.
- Evidemment que non, je ne suis pas sorti de la zone de quarantaine depuis deux mois maintenant. Je suis venu vous apporter un objet.
L'envoyé farfouilla dans son sac et en sortit une fiole à l'aspect bleuté.
- Tenez, dit-il, voici le dernier vaccin de l'Interzone, le QG babylonien. Je dois être parfaitement honnête avec vous Mr Kenley, nous voulons que vous et votre famille soyez les premiers à en bénéficier. Nous n'avons pas oublié l'excellent travail que vous avez fourni le siècle dernier dans nos laboratoires. Il est normal que vous récupériez un serum au cas où votre entourage serait atteint par le virus.
Brad marmonna un bref remerciement puis proposa du thé à l'envoyé de Babylone. Les visites étaient rares, aussi le thé se transforma en whisky au bout de quelques heures et cela convenait parfaitement aux deux hommes. Ils se surprirent même à rigoler et échanger des souvenirs datant de plusieurs décennies.
- Sur ce il se fait tard, je vais devoir rentrer à Babylone. Merci pour votre accueil, Mr Kenley.
Dix jours plus tard, le virus venait de contaminer la majeure partie de l'Europe et du Proche Orient. La situation était catastrophique et les antidotes de l'Interzone ne suffisaient pas à enrayer la machine diabolique qui avait été envoyée sur Terre par les aliens. D'ailleurs leur flotte était postée dans l'atmosphère terrestre et menaçait les derniers survivants du genre humain. On constitua rapidement un groupe armé formé de miliciens bénéficiant de l'antidote et qui avaient pour mission de protéger la Terre à tout prix. Cette troupe d'élite fut nommée "Esperance" car l'espoir était tout ce qu'il restait aux rares survivants de la planète. On ne mangeait plus de viande car même les animaux étaient atteints par le virus, aussi Brad Kenley dut nourrir sa famille avec des végétaux durant plusieurs mois.
Le temps passait et le domaine Kenley continuait de fonctionner. Les salades et les poireaux venaient d'être récoltés, et la famille de Brad devait se contenter de modestes soupes pour survivre étant donné que l'accès à la nourriture plus consistante ne se faisait que par le marché de Babylone, contaminé lui aussi.
Un jour, l'Interzone envoya une lettre. Il y était écrit que les extraterrestres venaient d’atterrir en Egypte, et qu'ils menaçaient la région du croissant fertile, c'est à dire toutes les cités situées entre le Tigre et l'Euphrate. Les nouvelles faisaient part de milliers de victimes, soit par contamination par le virus soit par désintégration du corps par les armes avancées des envahisseurs. Brad était instamment demandé comme soutien dans les laboratoires de l’Interzone.
Il était 5h30 du matin. Sa femme dormait paisiblement et sa fille faisait de même dans sa chambre. Brad relisait la lettre et réfléchissait alors que le soleil n’était pas encore levé. Finalement, il prit la décision de faire le voyage jusqu’au cœur de Babylone afin de venir en aide aux chercheurs.
Il embrassa sa femme et sa fille et partit en direction du Nord-Est, en ayant bien pris soin de prendre sa dose de l’antidote qui lui permettrait d’arriver jusqu’à Babylone sans être infecté.
Au bout de quelques heures de voyage à bord de sa mobylette à énergie libre, il parvint à l’entrée de la Grande Cité. Il fut admis après s’être déshabillé et passé les tests d’entrée avec succès.
Babylone ressemblait à une ville à l’architecture complexe et variée. Il y régnait un climat de tension, car tout le monde s’attendait à une confrontation directe avec les envahisseurs un jour ou l’autre. Des gardes d’élite protégeaient le cœur de la ville l’Interzone, et des barrières de plasma entouraient l’enceinte principale du QG de Babylone.
Brad fit quelques pas en direction du poste de contrôle et fut reçu par un agent plus jeune que lui de deux cents ans environ. Il montra la lettre qu’on lui avait envoyé et fut conduit jusqu’à la salle de conférence. Là, un homme à la moustache noire et à la tête visiblement préoccupée l’accueillit et lui demanda de bien vouloir décliner son identité. Brad s’éxécuta et l’homme se détendit lorsqu’il comprit qu’il avait affaire à un ancien scientifique de renom.
- Mr Kenley, je me présente. Je m’appelle Otto Landerson et je dirige le centre de formation des soldats de l’Esperance. Vous savez comme moi que la situation sur la planète est désastreuse, et nous avons besoin de toutes les aides possibles.
- J’ai entendu parler de vous, Mr Landerson. A ce qu’il paraît, vous n’hésitez pas à envoyer des jeunes au casse pipe en Egypte.
- La guerre demande des sacrifices, lui répondit l’homme à la moustache noire.
- Et qu’attendez vous de moi ?
- Vous irez représenter le corps scientifique en Egypte, aux côtés d’une escouade d’élite qui a pour objectif la destruction du vaisseau mère en forme de pyramide qui s’est posé au sud du Delta du Nil. Votre mission sera de récolter de l’ADN des envahisseurs afin de trouver un nouveau virus qui les tuera eux. Ce ne sera pas facile, aussi j’ai cru bon de vous doter d’un blaster et d’une armure de protection adéquate afin que vos chances de survie soient supérieures à 20 %.
Brad pensa à sa famille, et au tort qu’il lui causerait s’il venait à disparaître.
- Je dois réfléchir. Dit Brad.
- Le temps n’est plus à la réflexion, Mr Kenley, mais à l’action.
- Alors dans ce cas montrez moi où est l’armurerie.
Brad Kenley et Otto Landerson descendirent les marches d’un vaste escalier de granit, avant de pénétrer dans un couloir sombre. Après quelques minutes, ils parvinrent à l’armurerie et toute l’équipe du programme Esperance était déjà sur place.
- Je vous présente Meg, officier de l’armée babylonienne. Il a déjà réussi à éliminer une centaine d’envahisseurs lors de sa dernière mission en Egypte.
- Salut, dit Meg.
Brad observa la troupe. Il y avait donc Meg, mais aussi une femme aux cheveux courts qui semblait ne pas remarquer la présence de Brad.
- Elle, c’est Liddy. Dit Landerson. Elle est spécialisée dans le combat à distance, d’où son fusil sniper. Elle est un peu sauvage, mais efficace lorsque les choses se passent mal. Elle a déjà sauvé la vie de plusieurs personnes grâce à ses tirs qui font mouche à tous les coups.
Le reste du groupe était composé de jeunes miliciens qui avaient été recrutés sur le tas. On manquait de moyens, mais aussi d’hommes prêts à se sacrifier pour la cause humaine. Brad restait silencieux, prit un blaster dans un coffre et déclara :
- Je m’appelle Brad Kenley. Je compte vous accompagner jusqu’en Egypte, à condition que nous en sortions tous vivants. N’oubliez pas que je ne suis qu’un ancien scientifique tiré de sa retraite dorée par les services de l’Interzone. Mais je vous serai sûrement utile.
Les autres acquiescèrent, et bientôt toute la troupe fut envoyée au front à bord d’un vaisseau volé aux envahisseurs. Ainsi, ils ne seraient pas repérés avant de descendre du véhicule.
Fin du premier épisode.
La navette continuait son périple au sein des terres désertiques. Après un bref voyage vers le Sud-Ouest, la troupe composée de Brad Kenley, de Meg, de Lyddie et des quelques recrues du programme Esperance fit une halte aux portes de l’Egypte.
- Je n’ai rien dans mon viseur, dit Lyddie, on peut faire le briefing ici en toute sécurité.
- Toi par contre, je t’ai dans le mien ! Plaisanta Meg.
- Ce n’est pas parce que tu es le meilleur buteur d’alien de la planète que tu vas avoir une touche avec moi ! Répliqua Lyddie.
- Oh, oh, calmez vous. Les interrompit Brad. Nous devons procéder au briefing, restez attentifs je vous prie.
L’exposé commença par une étude de la carte de l’Egypte accompagnée des positions adverses. La plus forte concentration d’envahisseurs se situait aux abords de Memphis et de Thèbes, et les vaisseaux pyramidaux de l’ennemi semblaient eux aussi sur-protégés.
- C’est du suicide. Commenta une des recrues, mort de peur d’avoir à l’idée de devoir faire la guerre avec des aliens.
- Qui a dit ça ? Hurla Meg.
Le jeune s’avança d’un pas et se mit à trembler au contact de Meg.
- C’est moi, commandant.
- Et tu t’appelles comment ?
- Andréa, commandant.
- Comment oses-tu dire des choses pareilles ? Cela n’a jamais été une mission suicide, parce que tout d’abord nous avons un plan.
- Contact audiovisuel avec Mr Landerson dans trente secondes. Dit Lyddie.
- Ah, voilà le patron qui va nous expliquer en détail ce que nous devons faire. Et ne pas faire. Dit Brad d’un ton moqueur.
Sur un écran du vaisseau, on put voir l’homme à la moustache noire apparaître.
- Bonjour à tous, je suis navré du léger retard, j’espère que vous avez pu constater que l’ennemi défend avec ardeur ses positions. Ah, au fait, vous avez du café pour plusieurs mois dans le placard à l’arrière du vaisseau volé aux extraterrestres. N’en abusez pas.
- Bon, ce plan, ça arrive ? S’impatienta Brad.
- Toujours aussi agréable, Mr Kenley. Veuillez avoir de la patience, c’est que j’ai quand même beaucoup de boulot en plus de cette mission... D’ailleurs, avez vous préparé votre armement ?
Meg salua militairement Otto Landerson.
- Nous avons quatre caisses de bombes soniques, deux drones autonomes et tout l’attirail pour partir à l’assaut Monsieur. Je suis moi même armé d’un atomiseur à rayon dense, Lyddie est en jupe courte et ne quitte pas son sniper des yeux. L’ex scientifique et agriculteur Brad Kenley est équipé d’un champ de force et d’un blaster de dernière génération. Quelles sont vos directives Monsieur ?
- Il vous faudra emprunter un tunnel souterrain pour vous approcher du vaisseau mère. Il a été creusé dans le sol à l’époque de la première attaque venue d’ailleurs, il y a 500 ans de cela.
- Tiens, je venais de naître, se dit Brad à lui même.
Le briefing dura encore deux longues heures durant avant de se terminer par une mise en garde d’Otto Landerson.
- Et surtout, ramenez nous un échantillon de la Reine Mère de ces saloperies. Faites très attention, la Reine Mère se sert de facultés psychiques hors du commun pour tromper et manipuler celui ou celle qui l’approcherait. Mais elle dispose d’une glande pinéale beaucoup plus évoluée que nous autres humains, et vous pourriez ne pas revenir de cette expédition.
Brad crut d’abord mal entendre.
- Une Reine Mère ? Des échantillons ? Mais c’est quoi ce délire ?
- Oui, je ne vous avais pas tout dit Mr Kenley, veuillez m’en excuser mais votre expérience en matière organique d’extraterrestre nous sera sûrement très utile. Et puis ça ne vous intéresse pas de sauver ce qu’il reste du monde ?
Tout le monde n’y voyait pas d’inconvénient, sauf peut être Andréa qui se mit à dire que c’était sans aucun doute une mission suicide. Et l’entretien s’arrêta là.
Fin du second épisode.

La troupe s’aventurait plus en avant sur les terres qui bordaient le Delta de l’Egypte. Ils avaient pris soin de prendre le maximum de café pour parcourir la distance qui les séparait du tunnel. Ils parlaient donc tous très vite car la caféine s’activait dans leurs veines.
- Quand est-ce qu’on arrive ? Demanda Lyddie d’un ton frénétique. Et les monstres ? Ils sont où ? Je me tarde d’arriver à l’heure à Memphis pour le déjeuner. Et on passera le dîner à Heliopolis. En voilà une riche idée ! Je vous ai déjà parlé de ma sœur ?
- La ferme, arrête de boire autant de café Lyddie. Dit Brad d’un ton posé.
Brad ne buvait pas de café, lui, car il préférait le thé. Son attitude vis à vis de ses compagnons n’avait pas beaucoup changé depuis leur rencontre à l’armurerie de Babylone. Il savait d’ailleurs qu’il était le seul à ne pas être un militaire mais un scientifique. Enfin, un agriculteur maintenant. Il repassa en détail toute sa longue vie et se surprit à rêver de sa première rencontre avec sa femme, l’année de ses trois cent vingt ans. Il fut rapidement interrompu dans ses rêveries par un tir provenant d’une position inconnue.
- Tous à terre ! Hurla Meg.
Toute la troupe de l’Esperance se mit en position assise ou couchée afin d’éviter les tirs d’une bande d’aliens en vadrouille dans les environs. Brad chargea son blaster et il décocha un tir au hasard. Une falaise fut touchée et des rochers tombèrent sur le premier tireur ennemi.
- Joli coup, dit Lyddie.
- Whoaaa ! s’étonna Andréa.
Les autres aliens se battirent un moment, mais comme ils étaient plus intelligents que les humains qu’ils avaient en face d’eux ils se dirent entre eux qu’il valait mieux déguerpir pour aller prévenir la ruche la plus proche.
- Nous sommes repérés, dit Brad. Mieux vaut trouver ce tunnel rapidement et quitter la zone au plus vite.
Ils avancèrent avec une allure rapide jusqu’à la zone suivante, tout en repérant sur la carte le meilleur chemin à emprunter.
Trois jours plus tard, ils atteignaient sans encombre le fameux tunnel et s’y engouffrèrent.
- Brrrr, il fait noir là dedans. Quelqu’un a vu l’interrupteur ? Demanda Lyddie.
- Je crois qu’on va devoir utiliser les lampes torches. Tiens, en voilà une. Lui répondit Meg.
- Merci mon chou.
- Que... Quoi ?
- Oh allez, j’ai bien le droit de t’appeler comme je veux.
- Ne perdons pas de temps. Dit Brad. J’ai une famille à revoir et si on pouvait terminer la mission rapidement ça m’arrangerait grandement.
Pendant ce temps là à Babylone, les éclaireurs rapportèrent de graves nouvelles venant des différents fronts. A ce qu’on disait, la Mésopotamie était cernée par les vaisseaux ennemis et ils semblaient attendre quelque chose, mais on ne savait pas quoi. Les extraterrestres semblaient avoir en tête d’assiéger progressivement la ville, et un journal local disait même que l’objectif final des aliens était la destruction de l’Interzone, là où étaient produits les vaccins. Quant au virus, de nouveaux cas de contamination étaient découverts chaque jour.
Otto Landerson, seul dans son bureau, gardait quand même l’espoir. Il avait foi en l’équipe qu’il avait envoyé en Egypte. Il se lissa sa moustache noire et dans un murmure il dit :
- Envoyez cette foutue Reine Mère en enfer. On croit en vous, ici.
Puis il retourna à ses papiers administratifs, l’air de rien.
Fin de l’épisode 3.
La troupe continuait son périple à l’intérieur du tunnel. Les lampes torches éclairaient le souterrain et dévoilaient des myriades d’enchevêtrements tordus qui semblaient dater de plusieurs siècles. Le stock de café fut rapidement utilisé et les volontaires du programme Esperance se mirent à fatiguer.
- Reposons nous ici, je pense qu’on a assez marché. Dit Brad.
Le campement fut rapidement établi dans ce qui semblait être un carrefour. Par mesure de précaution, on ne fit pas de feu au grand regret de Lyddie qui était d’une nature frileuse.
- Vivement qu’on remonte à la surface. Dit elle.
- La traversée du tunnel est longue, mais je suis certain que demain matin nous progresserons assez jusqu’à l’objectif pour assister à un beau soleil une fois arrivé à Memphis. Lui dit Meg avec un sourire.
- Quelqu’un a une idée de nos chances de réussite ? Je veux dire, pour tuer une Reine Mère ça ne doit pas être très facile. Demanda timidement Andrea.
- Elles sont minces, mais il ne faut pas désespérer. Allez, tout le monde au lit. Ordonna Brad.
Et ils passèrent la nuit dans leurs duvets, en ayant pris soin de désigner Meg et Lyddie pour ce qui est des tours de garde. Meg se mit à faire la cour à la belle tireuse mais cette dernière repoussait toutes ses avances. Finalement, il abandonna l’idée de la séduire et se remit à son poste.
Le temps s’écoulait, et le tunnel était plutôt calme. Pas d’extraterrestre à l’horizon, c’était déjà une épine en moins dans le pied pour le groupe. Lyddie se balada dans un couloir et fut attirée par une mystérieuse lumière dorée qui émanait d’un coin du tunnel. Elle s’approcha et émis un cri.
- Que se passe t-il ? Demanda Meg en accourant sur les lieux où le cri avait été entendu.
- Là... Je crois que c’est une inscription ancienne mais il y a un cadavre au pied.
- Et depuis quand tu as peur des cadavres ?
- Je tire à distance, je n’aime pas le contact des morts tu le sais bien.
- Ah oui, c’est vrai, tu me l’avais... jamais dit.
- Bref, allons réveiller les autres.
Très vite, la totalité d’Esperance se rassembla autour de l’étrange inscription. Brad lut à haute voix :
«  Vous, terriens, de la planète Terre avez du sang sur les mains. Durant vos nombreux millénaires d’existence, vous n’avez su que détruire ce qui était beau. Il est temps pour nous, peuple de la planète Sirius, de vous laisser à la merci de potentiels envahisseurs. Très bientôt, vous serez envahi par des extraterrestres d’origine inconnue qui prendront votre place sur cette planète. Ainsi vont les choses, ainsi va la vie. »
L’inscription semblait dater d’une époque antérieure à la naissance de Brad, et elle jeta un grand froid sur l’équipe.
- Alors, nous avions des protecteurs et ils nous ont abandonné ? Questionna Andréa.
- C’est à peu près ça, dit Brad. Ils nous laissent mourir sous prétexte que nous n’avons pas pris soin de la planète sur laquelle nous vivons. Nous ne pouvons compter que sur nous même, de toute façon. Peut être que tout est perdu d’avance, mais je ne me laisserai pas impressionner par nos ennemis. Nous devons redoubler d’efforts et atteindre Memphis avant le lever du jour.
L’Esperance reprit sa route au sein du sinueux tunnel qui devait les amener jusqu’au cœur du territoire adverse. Ils durent lutter avec le sol qui devenait de plus en plus instable à mesure qu’ils progressaient. Les passages devenaient de plus en plus étroits, et lorsqu’ils virent la lumière du soleil au bout du souterrain, ils firent éclater leur joie.
- Ne criez pas victoire trop vite, je crois que nous sommes attendus.
Sans qu’ils aient eu le temps de souffler, une troupe extraterrestre leur barra la route.
- Arrêtez vous, terriens, ou nous vous exterminerons.
La troupe fut encerclée et elle déposa les armes, surprise par cette attaque inattendue.
- La Reine Mère vous attend. En route.
- Chouette, ils nous emmènent directement jusqu’à l’objectif. Ironisa Brad.
La plaisanterie ne fut pas du goût de l’un des aliens qui lui envoya un coup de ses tentacules dans l’entrejambe. Brad dut se mordre la lèvre pour ne pas crier. On les envoya tous dans des capsules et un autre voyage commença, non prévu par nos héros.
Fin de l’épisode 4.
Conséquence fâcheuse de ne pas avoir éliminé tous les éclaireurs aliens, nos amis se retrouvèrent désormais capturés par l’ennemi. Ces derniers ne prirent même pas la peine de leur bander les yeux, étant donné leur grande confiance en la puissance de leur empire et leur foi en leur Reine Mère. Ils n’imaginaient pas une seule seconde que les humains réussiraient à leur nuire. Ils traversèrent donc de grandes étendues sableuses avant de rencontrer pour la première fois depuis leur départ, le Nil, majestueux. Une navette aquatique vint à leur rencontre, et ils embarquèrent pour Memphis.
- Et maintenant, qu’est ce qu’on fait ? Dit Meg.
- On se laisse emmener par ces types et on bute leur Reine dès qu’on la voit. Répondit Lyddie.
- Avec quelles armes ? Dit Brad. On n’a même pas un lance pierre pour s’en prendre à elle.
- Et que dites vous d’un lance roquette ? Dit Andréa en leur montrant l’objet de taille réduite qu’il avait réussi à dissimuler aux gardes.
Tous le regardèrent, surpris.
- Bon, on a un lance roquette miniature pour l’atomiser, ça ne devrait pas être trop difficile après tout. Dit Brad avec enthousiasme. Mais où as tu trouvé ça ?
- Sur le marché de Babylone pour cinq couronnes, je me suis dit que ça me serait utile un jour. Dit Andréa.
Ils arrivèrent enfin à Memphis. La ville resplendissait par sa beauté mais, hélas elle était désormais infectée par le virus et on trouvait par terre des bouts de cadavres humains, des soldats pour la plupart mais aussi des femmes et des enfants. Ceux qui ne gisaient pas à terre étaient devenus fous, et les aliens rigolaient en les voyant perdre la raison. Heureusement, la troupe était protégée par l’antidote de l’Interzone. L’un de ces malheureux infecté se retrouva face à la troupe de l’Espérance et leur dit :
- Je ne suis pas un oiseau, je suis un serpent ! Et j’adore les publicités !
- Bah mon vieux, je crois que tu devrais consulter. Dit Meg.
- Le pauvre, c’est insensé ! S’exclama Lyddie.
Ils furent ensuite amenés jusqu’au palais royal, où ils furent habillés en costume de cérémonie par des femmes extraterrestres faisant visiblement partie du milieu des courtisanes du palais. Andréa prit soin de camoufler son jouet destructeur, quant à Brad il essaya d’échafauder un plan pour se sortir de cette mauvaise passe. Il se dit à lui même qu’il était étrange qu’on les habille de cette façon, puis il demanda une tasse de thé et se rendit avec les autres du côté de la salle de réception de la Reine Mère.
La Reine Mère était d’une taille imposante, mais gardait des traits féminins. Elle était vêtue d’or de la tête aux pieds, et un large diadème ornait sa tête. Elle les reçut avec courtoisie :
- Bienvenue à Memphis, humains. Je vois que vous avez fait un long voyage, aussi je vous serai gré de mettre de côté nos différents l’espace d’un instant afin de contempler ma gloire.
Un esclave humain androgyne apporta un hologramme, et on put y voir des scènes de combat, ce qui ressemblait à une guerre en direct. On faisait état de nombreux morts dans les avants postes babyloniens, et la situation était plutôt critique.
- Comme vous le voyez, dit la Reine d’un ton supérieur, votre espèce laissera bientôt la place à la nôtre.
- Pourquoi un tel mépris de la race humaine ? Dit Brad. Vos pratiques sont ignobles, et vous êtes là à vous pavaner avec tout l’or volé à notre civilisation. Qu’attendez vous de nous?
D’un seul coup, le diadème de la Reine Mère se mit à briller d’un éclat étincelant. Toute la troupe d’Esperance fut projetée à terre et ils eurent ce qui ressemblait à des hallucinations. Le diadème retrouva son état normal et ils sortirent de l’état de transe dans lequel ils étaient plongés.
- Silence ! Hurla la Reine Mère. Vous étiez le dernier espoir de l’Interzone, mais désormais vous êtes mes esclaves. Et comme il y en a déjà beaucoup ici, je vais vous faire condamner à mort dans l’arène ! Emmenez les.
Et les gardes les emmenèrent jusqu’à des cellules situées sur une aile distincte du palais royal, en attendant leur triste sort. Serait-ce la fin ?
Fin de l’épisode 5.

Quarante mille aliens s’étaient rassemblés pour l’événement majeur que représentait une exécution d’humains. Ils pariaient sur l’humain qui tiendrait le plus longtemps dans l’arène, et ce fut Meg et ses gros bras qui avaient le plus la côte.
- Ma force surpasse celle de mes compagnons, je parviendrai à vaincre toutes les bêtes qu’on nous enverra. Dit-il.
- Heu, n’oublie pas qu’on est censés survivre ensemble. Lui dit Brad.
L’éxécution débuta par un balet des meilleures danseuses aliens. Elles envoûtèrent le public par des danses étranges, presque tribales. Vint ensuite le moment où la Reine Mère fit son apparition dans le cadre d’un discours adressé aussi bien aux humains qu’à ses congénères.
« Soyez les bienvenus pour la quarante septième exécution depuis le début de notre invasion sur cette planète. Nous avons avec nous la troupe de l’Espérance, que l’Interzone à Babylone considérait comme la dernière carte à jouer pour vaincre notre glorieux empire. Soyez dans la joie, car aujourd’hui ils vont mourir devant vos yeux ébahis. »
C’est alors qu’on lâcha les bêtes dans l’arène. L’une d’elle était pourvue d’une dizaine de cornes, tandis qu’une autre était très imposante et couverte d’écailles impénétrables.
- Sans mon sniper, je suis foutue. Dit Lyddie.
- Pas de panique. Andréa, tu as toujours ton lance roquette miniature ? Dit Brad.
- Oui mais je n’ai que trois munitions.
- Alors garde les pour plus tard. J’ai une idée.
Brad n’avait pas baissé les bras. Son désir de retrouver sa femme et sa fille étaient plus forts que tout, et même dans cette situation délicate il avait su garder son sang froid. Son plan était simple mais risqué. Il allait tenter d’approcher un garde afin de lui prendre une arme, et ensuite il foncerait sur les monstres pour les occuper tandis que ses amis attaqueraient la Reine Mère d’une façon ou d’une autre.
- Je m’occupe de créer une diversion. Dit-il avec assurance.
Brad fonça droit sur un garde, lui décocha un uppercut sur le menton et il récupéra son arme à proton. Il tira ensuite sur un fil relié à une bâche qui abritait les spectateurs du soleil cuisant d’Egypte. Cela créa une panique qui dégénéra lorsque l’une des bêtes, celle aux dix cornes, se mit à rugir sur la foule.
- C’est le moment. Occupez vous de la Reine, je m’occupe de ceux là.
Andréa sortit son lance roquette et tira sur la loge royale. Le premier projectile toucha une partie de la loge mais la Reine Mère fut protégée par sa garde rapprochée, qui se sacrifia pour la protéger.
- Zut, manqué. Dit Andréa. Meg, je crois qu’elle se fait la malle cette Reine, peut être que si on la pourchasse on pourrait l’avoir.
- Bonne idée petit, dit Meg, prenons ces escaliers pendant que la foule s’enfuit elle aussi. Voilà notre chance.
Lyddie, Meg et Andréa se dirigèrent vers l’escalier en prenant soin d’éliminer les gardes qui les empêchaient de s’enfuir. Brad, lui, était occupé par le mastodonte recouvert d’écailles. Il esquiva la première charge de l’animal, et lui tira sur l’oreille. La bête émit un gémissement puis retourna à l’assaut. Cette fois, Brad sauta sur son museau et se mit sur son dos tout en lui stipulant des ordres afin que la bête lui obéisse. Ce faisant, il combattit la bête à dix cornes dans un duel qui ferait pâlir les récits anciens.
Toute l’Esperance se rassembla enfin et ils récupérèrent leurs anciennes armes. Lyddie tira sans discontinuer sur des ennemis lointains avec son sniper, Meg préféra utiliser un poing babylonien pour vaincre ses opposants et Andréa tira au lance roquette sur une patrouille venue pour les empêcher de s’échapper, ce qui donna lieu à un spectacle de carnage rarement atteint.
- Vite, pourchassons la Reine. Cria Brad.
La Reine Mère fut emmenée jusqu’à un vaisseau et tenta de quitter les lieux, mais toute la troupe des humains arrivèrent avant que les réacteurs du vaisseau ne soient mis en état de fonctionnement.
- Il me reste une roquette. Dit Andréa.
- Alors vise bien ! Dirent à l’unisson tous les autres.
L’explosion du vaisseau fit flancher la Reine Mère et son escorte qui tombèrent à terre. Brad pointa son blaster en direction de leur pire ennemie et il dit simplement :
- Quittez cette planète et stoppez le virus, ou vous mourrez dans d’atroces souffrances.
La Reine obtempéra. La détermination de ces humains l’avait surprise et elle préféra vivre plutôt que de se prendre une décharge qui lui aurait été fatale.
Trois jours plus tard, Un traité fut signé entre les deux civilisations, l’une humaine et l’autre extraterrestre. Les vaccins de l’Interzone permirent à des milliers de personnes d’être guéries de l’infection, et la population était dans une liesse totale. La fin de l’espèce humaine avait été évitée de justesse, et Brad et ses amis furent décorés pour service rendu à l’humanité. Les vaisseaux aliens quittèrent la surface de la Terre et la Mésopotamie ainsi que le reste du monde retrouvèrent leur tranquilité. Meg se maria avec Lyddie, Andréa devint général d’une armée nombreuse, quant à Brad il retournera auprès de sa famille.
Happy End !

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