Le tumulte

il y a
10 min
9
lectures
0
C'est l'histoire d'un orage qui monte, des insectes qui le sentent et se soulèvent de la détresse.

J'avais atteint les limites de mon humanité. Il m'était devenu trop difficile de faire semblant. Je n'arrivais plus à me souvenir de mon passé, sans cesse écrasé par mon imbécile présent. J'avais toujours trouvé que la folie originelle était la seule chose qui valait la peine d'être envisagée, mais, trop obnubilé, trop orgueilleux pour saisir ma propre insignifiance, je m'étais toujours retenu de la laisser s'exprimer. J'avais un besoin impérieux de devenir le véritable héros d'une saga. Mais il n'y aurait qu'un seul épisode n'est-ce pas ? Et si je déviais ne serait-ce qu'un peu de mon chemin ? Je devais confirmer cette prémonition sourde qui grondait en moi ou l'étouffer à tout jamais. J'étais prêt à abandonner mon cœur et à devenir mon propre bandit. Entendez-vous battre le ressac au fond de mon crâne ? C'est le tumulte qui s'annonce et qui tout entier va m'engloutir. Bienvenue dans le théâtre des illusions, dans ce tourment égocentrique qui oublie tout le reste. Attention à la marche ! On a vite fait de trébucher et de s'en sortir différent.

Mon initiation débuta dans ce marché. Les camelots s'apprêtaient à ranger leurs étals alors que la nuit s'effondrait. Avec une étrange tendresse, je m'approchai de l'un d'entre eux en récitant mes cantiques à la volée, dans l'espoir incertain qu'ils me porteraient chance. Une légère brise se leva. J'aperçus une petite boussole rouillée et tendis la main en surveillant du coin de l'œil son propriétaire, qui ne me prêtait pas attention. S'il pouvait entrevoir les lueurs inconscientes qui m'agitaient, il se montrerait moins altruiste. Ce soir je rompais les cierges. Il était temps de rendre les coups. Dans un spasme, je saisis l'objet et pris la fuite. Ecartez-vous ! Je plongeai dans une foule sans fête. Le grand bain de notre ère. Être personne en étant quelqu'un. Mais faites place, vous dis-je ! J'avais besoin d'air. J'avais besoin de voir et de croire. Le marché n'était plus en vue depuis un moment mais je ne m'étais pas arrêté. Je poursuivais ma course, encore et encore, m'abandonnant à ce sentiment nouveau. Je tremblais, je transpirais, je vivais. Allais-je franchir la nuit ainsi ? Vite, il m'en fallait plus. Je me laissai guider par ma boussole. Le sud serait ma croix et avec elle, j'arrivai au port.

Une tempête semblait approcher, agitant les mats des navires dans une moiteur angoissante. Certaines tourmentes sont salutaires, pensais-je. Je m'assis dans un cabaret sans nom, brouillé par les vapeurs de pipes et d'alcool. Est-ce là que les vivants se rendaient ? Je consommais abondamment des flasques d'or, sans doute dans l'attente de me voir briller de l'intérieur. Je tentais de m'abrutir pour que mes pensées refleurissent. Et puisque personne ne se libère seul, un marin et un soldat se joignirent à la compagnie. Aux purs pétales. Qui sont ces gens ? Qu'importe, nous allions nous entendre. Ils puaient la vie. Je me saoulais de leurs mots pour ne plus avoir à penser tandis qu'autour de nous chantaient les tziganes. Je lorgnais sur les galons, me demandant s'il y avait besoin d'un uniforme pour être en guerre. A tous les minets tragiques, nous demandions en quel siècle nous vivions. Et pour la première fois depuis longtemps, j'avais quelque chose à dire. Je leur contai mes amours esseulés qui m'avaient fait grandir et ils me répondirent que sur les chemins sans risque, on n'envoyait pas les faibles. Nos désirs semblaient si pressants, nos rimes si célestes. Nous n'étions que des chouettes malmenées par l'orage. Mais nous ne sommes jamais sûrs d'échapper au désastre et aux sons des violons, nous montâmes sur la table. La chaleur, ça se partage. Danse, danse comme un seul homme, folle barrique. Que l'on fasse des copeaux d'éclats des scintillements de nos vies. Messieurs, vous êtes ma plus belle coïncidence. Nous étions les fils de la nuit, les héritiers sans nom qui firent l'impossible. Voilà les canailles qui se jettent à bras ouverts sur les balançoires de ce monde. Vous croyiez nous subjuguer ? Vous pensiez pouvoir nous faire taire ? Nous, les hommes qui s'épuisent à ne rien croire ? Mais les histoires sont écrites pour être lues et à force de haine, on finit par faire des choses absurdes. Je lançai ma boussole au visage d'un autre rêveur à une table voisine, lui imprimant les points cardinaux sur le front. L'irresponsabilité est mon luxe. L'homme se leva, visiblement échaudé et s'approcha en titubant. Pas de moqueries les vilains ! Rappelez-vous qu'il n'y a rien de plus lucide qu'un homme qui trébuche. Le soldat s'interposa, faisant rugir ses galons. L'orchestre se tut. J'en profitai pour pousser mon preux chevalier qui entraîna dans sa chute l'homme aux point cardinaux. Ils s'effondrèrent sur une table de jeu et la brisèrent, faisant virevolter les atouts dans une tempête de cendres. Le soldat se retourna vers moi, incrédule. Les gens aiment qu'on les trahisse, cela donne du tragique à leur vie. La couleur était annoncée et bientôt ce fût le chaos. Maintenant battons-nous ! Un homme se jeta sur moi et entreprit de rectifier ma dentition. Je saisis un tabouret et récompensai d'une caresse cet artisan de l'éphémère. Je n'aimais pas ces médecins qui avaient toujours l'air de sauver une vie. Je me relevai, hagard, et frappai sans distinction tous ceux à ma portée. En avant, que tout le monde monte sur le ring ! Je me baissai juste à temps pour esquiver un banc et chargeai mon assaillant. Je le renversai sur des tessons de verre, au pied de l'orchestre, et serrai mes mains autour de sa gorge. Et puisque je ne voyais pas cette nation d'âmes pâles et de souffreteux se rompre sans musique, j'exhortai les gadjos éternels à poursuivre de plus belle. La symphonie reprit alors qu'un prêtre m'envoya polir le comptoir. Toujours, on abusait de ma complaisance mais moi, je ne m'autorisais pas à douter de la sainteté de qui que ce soit. Tirant le prêtre par sa soutane, j'écrasai son visage contre le comptoir, et bestialement, lui arrachai une oreille avec les dents. Au cœur de cette furie, j'exultais d'une joie incommensurable. Je me mis debout sur le comptoir et hurlai à la lune, la bouche pleine de sang. Dans la confusion la plus totale, j'entrepris une de ces danses qui font chavirer. Une ronde brune, rouge et safran. Oui, c'est cela, je déclencherais des tempêtes jusqu'à ce que les boussoles s'affolassent. Je me cramponnai au dos d'un géant qui m'enseigna des comptines d'étoiles. Je me sentis l'étoffe d'un chaperon rouge moderne qui emportait ses galettes de la disgrâce vers la beauté. Mais vous êtes le loup n'est-ce pas ? Tout ceci fait semblant d'être les mémoires inachevées d'un véritable ivrogne et pourtant elles le sont. A travers mon vertige ensanglanté, je me faufilai à quatre pattes hors du cabaret. J'avais quelques carries en moins et une dame de cœur plantée dans l'épaule.

Me redressant avec peine, je repris ma course effrénée. Le vent s'amplifiait, semblant jeter des tuiles depuis les toits. J'entrai dans un bordel poussiéreux. Une maquerelle toute en chair me fit monter dans l'une des chambres et me remit une bougie. Je pénétrai à tâtons dans la pièce et attendis que le noir s'illumine. Aux premiers instants, je ne pus voir que deux perles vertes, transcendant l'obscurité. Comme depuis un rêve, une ombre se forma peu à peu. Je m'approchai pour mieux la distinguer. Peu à peu, son visage apparut. Une cicatrice lui barrait la joue. Elle était belle comme le vent. Elle alla à ma rencontre mais je la fis asseoir lui disant que nous pouvions nous laisser un peu de temps pour nous abîmer. Je lui demandai qui elle serait si elle ne devait être qu'un seul être. Les deux émeraudes me répondirent qu'à cette question, probablement personne n'aurait de réponse. Alors, tandis qu'elle nettoyait mes plaies, je la fis conter son histoire car face à moi-même, je n'en menais pas large. Elle me fit comprendre qu'il y avait des nuits où la vérité ne devait pas montrer son visage et que, si elle avait un passé, c'était le sien. La bougie posée entre nous jetait des ombres fantasques tout autour. Ne pouvant détourner le regard, j'eus l'impression que les ténèbres se refermaient petit à petit sur moi. Lui prenant la main, je dis à la belle que nous devions laisser les sublimes silences se briser aujourd'hui. Même si parfois les mots nous fuyaient, même si nous voulions que les étoiles nous considèrent davantage, nous devions malgré tout essayer. Et si nous ne pouvions nous suffire à nous-mêmes, nous n'avions qu'à devenir les autres. Connaître chacun de leurs bruissements, chaque respiration, chaque égarement, plonger au plus profond d'eux pour tout connaître de leurs pensées, même lorsqu'ils ne savaient plus quoi dire. Et si les hommes ne laissaient pas assez de place aux rêves, nous devions les aimer en dépit d'eux-mêmes. Les volets claquaient contre les fenêtres au dehors, teintant la pénombre d'une lueur oppressante. Mon visage contre le sien, je lui confiais que j'avais passé ma vie à me découvrir, à m'oublier, à m'absoudre et à me retrouver. J'entrais et je sortais de la brume parce qu'après tout, celle-ci n'avait pas de limites, mais j'aurais toujours peur que les riches me haïssent. Je lui dis qu'elle était probablement la femme de ma vie, mais que je ne le savais pas encore. J'eus le sentiment qu'elle pourrait me préserver de ma propre détresse. Les danseurs célestes qui se consumaient dans ses yeux me firent ressentir tous les âges. Chaque détail de son visage me rappelaient les inconnues que j'avais oubliées. Sa balafre miroitait dans la pénombre comme autant de baisers réservés sur des nuages de velours. Je crus que je fus amoureux. Non, je me faisais juste une frayeur. Il y avait une dimension un peu dramatique aux choses, pensais-je. Mais est beau ce qu'on n'a pas envie de posséder. Je me levai, emportant la bougie. La beauté est importante, quoiqu'on en dise. Sur le pas de la porte, pour ne pas rester qu'un souvenir, je lui révélai que j'avais entrepris de terrasser l'orage et que, quand je reviendrais, personne ne pourrait dire si j'avais vécu une aventure ou non. Depuis les ténèbres mordantes, elle me rétorqua que nous étions tous persuadés d'être arrivés quelque part. J'osai un dernier regard vers les deux jades pour me donner du courage et refermai la porte sur la tendresse. A toujours. Je passais ma vie à l'écrire mais c'était toujours celle d'un autre. Mais il est un endroit, un seul, ou nous étions côte à côte dans l'ombre. J'avais bien peur de ne pas comprendre ce que l'auteur voulait me faire dire. Où étaient les didascalies ? Il fallait bien se blottir contre quelqu'un et avec toute la faiblesse dont j'étais capable, je retournai voir la maquerelle et lui demandai la truie la plus laide de sa porcherie. Sans le moindre étonnement, elle me mena jusqu'à une femme hideuse, froide et usée. Je n'eus pas le cœur de laisser la bougie allumée. Dans une tourmente noire, nous nous brisâmes l'un contre l'autre.

Je quittai le bordel, écœuré et sali. La ville était d'un noir nuptial. Seul un logis semblait encore animé. Par la fenêtre, je vis un vieil homme gris osant des entrechats. Ce monde était fiévreux. Bravant le vent, je me réfugiai dans une ruelle étroite. Un mendiant gisait là, au milieu des feuilles volantes, priant pour que la tempête l'épargnât. Je fouillai dans mes poches et y trouvai deux sous que je lui tendis. Il me remercia et je lui souris. Mais la faiblesse était mon poing et je devais devenir ouragan. Je m'employai, avec une brutalité sinistre, à lui rédiger mes poèmes sur le visage. Devant l'urgence nacrée de mes propos, il hurla à l'assassin. A ces mots, je compris que je trouverais peut-être le salut à travers le meurtre et l'effroi et frappai avec une ardeur renouvelée. Puissiez-vous vivre des milliers d'années mon cher comparse ! Mais en silence, car je compose ce qu'il restera de moi. Ça me fait du mal de t'en faire beaucoup, tu sais ? Pour toutes les étoiles qui s'éteignaient chaque nuit, en chœur avec le tonnerre, j'enfonçai mes phalanges dans sa chair fumante. Sous ce déluge de mots, ma poitrine pleine de trous s'ouvrait, à folle allure. Mourir, vivre, mourir, tout ça, c'était trop facile à écrire. A la fin du dernier tercet, j'étais le seul restant sur scène. Je m'écartai, le poing toujours serré. Son visage n'était plus que lambeaux de pureté. Regardez ce que j'ai fait de mon instruction. Il me fallait l'achever. J'entendis un bruit discret, fluet, lointain qui me fit douter. Le son des bottes qui battaient le pavé. La garde ! Essayons de ne pas nous faire dévorer par les chiens ce soir. Entre les éclairs, je m'enfuyai dans des dédales brumeux. L'envers et l'endroit semblaient finalement inversés. J'étais reconnaissant à la patrouille d'être intervenue. Oui, si pour m'absoudre de mes entraves, le sang des justes devait être versé, il fallait que cela soit plus viscéral. Je devais tuer quelque chose de plus intime. Je n'avais plus beaucoup de souffle, il était bientôt temps que je raccroche. A travers un grésillement de lueurs bleues et violettes, je suivis le chemin de briques jaunes jusqu'à ce que la route s'achevât.

Ma mère vivait en dehors de la ville, dans une ancienne cabane de pêcheur, près du phare. Je progressai en me couvrant les yeux pour les protéger du sel et de la poussière. Et aussi pour que vous ne puissiez pas voir mes larmes couler. Plusieurs fois, je tombais à terre, bouleversé par les éléments, écorchant mes pauvres genoux. Le ciel semblait sur le point de s'ouvrir mais la pluie salvatrice se faisait toujours attendre. J'aperçus enfin la lumière du phare et bientôt je fus au pied de la maison. Sans un bruit, je pénétrai à l'intérieur et attendis que mes yeux se fassent à l'obscurité. Puis, avec précaution, pour ne pas faire craquer le bois du plancher, je m'approchai du lit, où elle dormait encore. Je m'assis sur le rebord et demeurai un long moment dans l'ombre, à considérer mes raisons. Je regardai par la fenêtre, contemplant la mer et les lueurs qui s'entrelaçaient comme de blancs rubans sur les eaux dansantes. J'écoutai la falaise chanter dans le vent tandis que m'assaillaient des vagues de doute. Il me restait encore à faire naître la plume, le rêve et le ciel. Sur les rivages perdus, je jetai ces violettes. Ma sublime révolte devait être poursuivie. Je saisis un oreiller et le déposai sur son visage. Ses yeux s'ouvrirent et me contemplèrent. Il n'y avait aucune surprise dans son regard, seulement une immense douceur. Respire profondément, ne rejette pas cet instant. Et soudain, dans le silence terrible du fracas de l'univers, elle s'éteignit.

Egorger les miens rue de la grande truanderie ne suffisait pas. L'autodestruction devait être l'ultime spectacle. Il y avait quelque chose de terrible à faire couler son propre sang. Celui des autres, c'était facile, ce n'était que de la plastique. Paré d'un vent éternel, je descendis sur la jetée pour le grand final. J'écoutai un instant le cri d'une mer sans horizon. Je sentis l'aurore et la brume, les sentiers de traverse et la margelle des puits, l'espoir frémissant et le couperet des rois. Non, je ne pouvais m'y résoudre. Je ne me laisserais pas exécuter. Et bien que je ne resterais pas sage, je souhaitais encore m'imaginer. Soudain, comme dans les mauvais feuilletons, la pluie tomba enfin, probablement pour accentuer le côté tragique de la scène. Mais les mauvaises histoires sont souvent les plus belles car elles dépeignent toute la détresse de leur auteur. Ce n'était qu'une bruine. Comme si le ciel s'était épuisé en vain. Même là, j'avais échoué. Mon aventure était grotesque. Il me faudrait un déluge pour me laver de mes pêchés. Comme un coquillage murmure des louanges à la mer, je m'agenouillai face à l'absurdité. Puisqu'à présent, celle-ci semblait avoir trouvé un sens en moi, il me faudrait du courage pour affronter l'éternité. Je vomis la haine et le mépris. Celui des hommes et de l'oubli. Et je refusai que mon petit cœur se réchauffe naïvement aux premières lueurs de l'aube, mais je n'étais encore que de l'argile et toutes les bêtes s'apprivoisaient. Après tant de journées à ne pas être, ce qu'il me fallait, c'était peut-être d'avoir suffisamment de haine envers moi-même pour commencer à m'aimer. Le désespoir est un goût que l'on acquière et qui finit par nous nourrir. Mais je ne laisserais plus de fleurs brûler sans raison. Ma propre insignifiance ne me faisait plus peur comme autrefois. J'avais sombré dans le sublime pour y trouver mes éclats et de contempler toutes ces lueurs, c'était comme si j'étais chacune d'elles. Nous étions en partie les restes des rêves non exaucés. J'allais devoir m'écouter moi-même, même si cela ne durait pas, acquiescer à la vie et contenter mes rumeurs innombrables, fuyantes, océanes. Devant la fugue royale du temps qui passait, le plus grand mystère restait nous-mêmes. Je n'écrirais plus avec de l'encre, mais avec ma légèreté. J'avais tenté de faire le mal, mais cela ne m'avait pas réussi. Devais-je prodiguer le bien à présent ? Ne pas faire le mal c'était déjà beaucoup. Je supposais qu'il y aurait encore de bonnes choses ou, tout du moins, que parfois je me consolerais. Je descendrais dans la nuit et jouerais les musiques du ciel. Il est trop long votre scénario et l'odeur du jour commence à poindre. Il était temps d'achever tout cela, en effet. Je me relevai, comme pour la première fois, et prit le chemin de la ville pour libérer les émeraudes, soulevant des nuées de sable qui se perdirent dans le vent comme autant de sanctuaires d'étoiles. Je vous en prie, peuplez mes nuits, lueurs de l'aube et faites pleuvoir au fond de nos cœurs des torrents de tendresse pour qu'y règne l'amour. L'immense amour.
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,