Le troisième oeil

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Finaliste
Jury

Il y a souvent trois temps en toute chose… Comme cette valse qui nous prend de l’enfance, porte vers l’adolescence, pour nous hisser vers l’âge adulte… jusqu’à étourdir nos sens  [+]

Le manque inassouvi d’une journée sans elle, pour parfaire chaque instant de vie à ses côtés. Le poète se défend, la muse semble bien loin... Six pieds d’alexandrins... ou bien six pieds sous terre.
Le vent n’a pas cessé dans les allées désertes. Les mines déconfites ont fini de jouer à qui pleurerait le plus. Des valises sous les yeux, des mentons tremblotants, le carnaval hideux de sombres comédiens pour signifier aux gens combien, elle était gaie. Mais à cet exercice, on ne tient bien longtemps. Sauf à être celui qui n’était pas sans elle, et dont l’absence soudaine pâlit toute espérance.
Je suis cet énergumène prostré, face à ma belle endormie. Mais de sortilège qui ne puisse être levé. Le plus charmant des princes se verrait ridiculisé dans la minute. Quand douze tonnes de marbre immaculé recouvre impudiquement ce corps tant aimé... faudrait être un Hercule, doublé d’un Petit Prince version catatonique (« dessine-moi du mouron... ») pour réussir soudain quelque gentille porte de sortie. Mon cache-col humide, lourd des derniers sanglots versés, me rappelle au présent. Il fouette là devant moi mes impressions tranchées : qu’on aurait la vie devant soi, qu’on vivrait pour cette seconde écoulée qui déjà nous ramène au passé. Ca c’était avant. Elle détestait les fleurs, là voilà submergée d’une marée multicolore de pétales malodorants à l’en étouffer. Je n’ai rien dit vraiment, c’est inutile. Ecoutaient-ils au moins ? Une semaine après sa descente en sous-sol, et déjà elles pourrissent en pot. La migraine me prend. Et quelque rage soudaine. A deux pas des poubelles, je fais ainsi place nette et c’est non sans plaisir que je rends finalement grâce à Anna et à son allergie aux pollens. Leur aide à tous autant qu’ils sont m’est juste insupportable. Quelle justice ? Quelle relaxe ? Quel crime pour cette surtaxe ?! J’en paye le prix fort...
Ma plaidoirie heurtée face au bourreau des âmes. Peine à perpétuité. Ma vaine vie sans elle, amour tôt envolé...
Soudain l’assaut réconfortant d’un rayon de soleil sur ma pâle figure. Nos draps pour seul linceul : je n’ai fait que rêver cette impossible allégorie. Mon salut clignote en affichage digital. Sept heures et demi. Accompagné d’une sonnerie stridente. A nouveau deux pour d’autres matinées égales. Pour mon plus grand bonheur...

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Søkswen · il y a
Je ne suis pas certain d'avoir tout compris, mais j'ai lu ; c'est l'un des buts de ce site, non ? A bientôt.
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Pseudo123123 · il y a
Merci en tout cas, la lecture fait vivre nos écrits !! Chacun y trouve sa perception... suffisamment sans doute pour donner la chance à ce texte de pouvoir participer à la grande finale des Livres en Tête ce jeudi (catégorie "Plaidoiries imaginaires"). En arriver là, il tient déjà sa victoire à mes yeux. Bonne continuation, écrivain ou/et lecteur que vous êtes ;-)