Le train

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Depuis que j'ai huit ans j'ai toujours écris. Au début seulement pour passer le temps puis par passion. Je suis souvent celle dont on ne se souvient jamais du nom, celle au fond de la classe, celle  [+]

Je suis montée à bords alors que je ne savais pas encore marcher. Je venais à peine d’ouvrir les yeux qu’on m’embarquait déjà me promettant de découvrir le monde. Tout semblait calculé, tout semblait déjà écrit alors en grandissant j’ai continué à suivre cette voie ferré pensant qu’il s’agissait du seul itinéraire possible. Mais pourtant la vérité était tout autre, une infinitude de chemins s’élançait devant moi, chacun différents des autres. Certains étaient sinueux, d’autres droits, certains semblait même tourner en rond. Le train dans lequel j’étais m’a emmené découvrir de nombreux paysages, de vastes pays. Nous sommes ensembles passés par l’enfance. Le voyage fut court et parsemé d’embuches mais malgré les encombres il fut tout de même doux et beaux. J’y ai croisé de nombreuses personnes qui même si elles ne sont restées que peu de temps, ont marqué ma vie, ont laissé une empreinte indélébile dans mon histoire, dans mon cœur. Arrivé à la frontière de l’adolescence, mon convoi a pris le choix de faire un détour et m’a emmené directement dans le monde des adultes. Je n’ai pas compris cette décision, ce pays m’ouvrait grand les bras mais étant coincé dans mon wagon, je n’ai pu le traverser. J’ai suivi la voie que l’on m’imposait. Je me suis souvent demandé pourquoi on souhaitait m’empêcher de découvrir ce nouvel endroit mais avec le temps je me suis faites a l’idée. De grandes responsabilités m’attendait et il n’y avait pas de temps à perdre. J’ai néanmoins l’impression de m’être fait voler une partie de ma vie.

Dans ma cage de verre et de métal, j’ai appris à observer le monde, à analyser les autres, à venir en aide à ceux dans le besoin mais j’ai aussi appris à m’oublier. Je voyais le monde et la beauté en chacun mais de là où j’étais, personne ne me voyait, personne ne faisait attention à moi. Plus le temps passait, plus je pensais à ma vie et plus j’étouffais alors j’ai tenté d’ouvrir la fenêtre. Je me suis muni de ma bulle afin de me protéger du monde extérieur mais le vent l’a fait éclater alors j’ai refermé la baie vitré et je suis retourné dans ma vaste prison. Plus tard j’ai retenté l’expérience en me couvrant de plus de couches mais une fois de plus ça n’a pas marché. J’aurais pu abandonner mais je n’en ai pas trouver le courage. L’envie de m’en sortir était plus forte que tout. Je voulais découvrir le monde, ses côtés positifs comme négatifs quoi qu’il m’en coûte. J’avais l’intime conviction que la bas dehors quelque chose de beau m’attendait.

J’ai ouvert ma fenêtre encore et encore et chaque fois c’était la même histoire, ceux que je laissais entrer dans ma vie attendaient juste le bon moment pour poignarder ma bulle et mes espoirs. Alors je me suis confiné à l’intérieur de mon wagon, j’ai fermé les grandes baies vitrées à clefs, je les ai barricadées. Mais, dans un coin de ma tête j’ai néanmoins gardé l’espoir qu’un jour quelqu’un viendrait me rejoindre dans ma prison de verre et d’acier et viendrait briser mes chaînes, quelqu’un de différents de tout ceux qui avaient croisés ma route, quelqu’un de bien, quelqu’un de vrai. C’est cette conviction qui m’a poussé à ne pas baisser les bras même si je savais dorénavant que j’allais me protéger beaucoup plus qu’à l’origine. Ce jour là j’ai aussi commencé à parler à la lune et aux étoiles, je savais qu’elles ne me répondraient pas mais converser avec elles c’était aussi un moyen de mettre des mots sur chaque chose, sur chacun de mes ressentis.

J’ai donc poursuivi ma route dans le monde des adultes entre appréhension et espoir. Chaque jour j’ai essayé de voir la beauté du monde, la beauté de chaque chose que ce soit une simple goutte d’eau tombant dans une immensité humide et propageant ses ondes tout autour d’elle ou un oiseau volant au-dessus d’une montagne peinte par les couleurs de la nature et nuancée par les teintes d’un coucher de soleil. J’ai photographié toutes ces belles images à l’aide de mes yeux et je les ai gravées dans mon esprit comme s’il s’agissait d’un disque dur. J’ai puisé mes forces dans les nuances de couleur du monde et mon essence dans chaque petite chose que la vie avait à m’offrir.

Le pays des grandes personnes que je pensais triste et monotone m’a offert avec le temps bien plus de choses que je ne le pensais. Avec lui j’ai découvert que derrière chaque nuage de pluie se cache un arc en ciel, qu’il n’existe pas uniquement des nuances de gris mais que le monde est rempli de couleurs qu’il faut savoir apprécier et bien d’autres choses que je vais prendre plaisir à-vous conter. A travers les livres et les expériences des autres, j’ai réalisé que tout est possible tant que l’on se laisse porter par la volonté et l’espoir, qu’il ne faut jamais se fixer de limites, se restreindre sous un plafond de verre, qu’il ne faut jamais cessé de croire. J’ai également réussi à trouver du positif dans chaque chose négative. Vous avez du mal à me croire ? Laissez moi vous expliquez. Imaginez vous un monde où tout serait beau, où les problèmes n’existerait pas, où chacun pourrait avoir et faire ce qu’il veut. C’est bon ? Maintenant que vous avez cette image en tête, pensez-vous que vous apprécierez autant tous ces moments ? Ce qui fait que nous sommes capables d’appréciez chaque chose est le fait que ce ne soit pas constant, que tout soit toujours différents. Passer par une mauvaise période, une mauvaise expérience permet de rebondir, de se relever plus fort et d’apprécier encore plus le moment d’après. Je me suis aussi rendu compte que la voie que j’ai suivie jusqu’à maintenant m’a permise d’être celle que je suis et de prendre conscience de tout cela et qu’il n’appartient qu’à moi de sortir de ce train et de prendre un nouveau chemin.

J’ai donc pris mon courage à deux mains, j’ai cherché une clef, la clef de ma liberté et une fois l’avoir trouvé j’ai ouvert la porte. Sortir de mon wagon n’a pas été facile, je ne dirais pas le contraire. Je n’ai aucune intention de vous mentir. Sortir de ses habitudes, aller vers l’inconnu peut faire peur. Mais sur ce nouveau chemin je n’étais pas seul, à mes côté une figure qui ne m’était pas inconnue m’accompagnait dans cette nouvelle aventure qu’est la vie, l’espoir.
Sur ce chemin de pierre qui ne semblait pas ou peu accueillant, j’ai découvert l’amour et il ne m’as pas quitté depuis ce jour. J’ai découvert qu’il est dans chaque chose, qu’il est le fondement de tout, que sans lui plus rien n’a de sens. Il n’y a pas de tristesse sans amour mais sans lui il n’y a pas de joie non plus. Il est présent dans le manque, dans l’amitié, dans chaque sentiments, dans chaque émotions. Après lui, le bonheur a suivi. C’est un sentiment doux qui apporte bien être et sérénité. Il me fait parfois faux bons mais il fini toujours par revenir. Il me montre l’importance de chaque moment et m’apprends à apprécier les choses mêmes les plus infimes parce que rien ne dure toujours.

Dans mon wagon, j’avais toujours été seule et si je n’avais pas eu le courage de passer le pas, rien n’aurait changé. Je ne regrette pas ma décision. J’avance sur mon petit chemin, je fais mes propres choix. Je croise parfois la route de personnes avec qui je marche un temps, avec qui j’évolue, avec qui j’apprends. Certaines personnes resteront, d’autres partiront. Quoi qu’il en soit, chaque rencontre laisse des traces mais quoi qu’il arrive chacune d’entre elle est bénéfiques et me permet de grandir. Il n’y a pas d’erreur, il n’y a pas d’échecs, il n’y a que des expériences.

J’ai longtemps pensé que quelqu’un viendrait me sauver, me sortir de mon wagon, briserait mes chaines, mais tout ce temps cette personne c’était moi ! Moi seule peut décider de ce que je veux faire de ma vie. Je suis mon propre héro.

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