Le syndrôme de la femme seule

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Bonjour, je m’appelle X., j’ai 40 ans un peu passés et je souffre du syndrome de la femme seule.
Cette sournoise maladie qui ne se voit pas à l’extérieur mais vous grignote à l’intérieur...

Ca commence un jour sans crier gare quand tu te retrouves un beau matin “seule” entre tes quatre murs avec ces merveilleux enfants que vous avez fait à deux. Ces petits bouts de chou qui n’ont rien demandé à personne et que tu protégeras, défendras, élèveras, ouvriras au monde avec tout l’amour de maman qui est le tien. Ces enfants pour lesquels chaque jour (à part quelques uns par mois assez faciles à dénombrés puisqu’ils sont au nombre de 4) tu seras la maman douce, rigolote et aimante, la maman stricte, qui interdit et qui guide, la maman gâteau qui prépare des bons petits plats et des jolies douceurs sucrées, la maman qui console, qui soigne les bobos et qui prend les rendez vous médicaux... Un vraie maman quoi mais qui en même temps doit un peu, non pas prendre la place du père, mais jouer ce rôle au quotidien pour ne pas se laisser déborder parce que tous les enfants même ceux de parents divorcés ont besoin d’un cadre et de repères rassurants qui les structurent pour les aider à grandir.
Toute ta vie est chamboulée et rien ne sera plus jamais comme avant. Tu assumes tes choix et tu fais chaque jour de ton mieux et là deux possibilités s’offrent à toi. Tu peux penser à toi, vivre enfin ta vie de femme que tu avais parfois mise entre parenthèse pour être une bonne épouse et une bonne mère, faire garder tes enfants pour profiter des sorties entre amis et faire plein de rencontres... Oui mais... Déjà il faut que tu aies la possibilité soit par le réseau des grands-parents ou de la famille soit grâce aux baby-sitter de les faire garder et là parfois ça se complique... Tu regardes autour de toi et tu fais le point... La famille ? aux abonnés absents... Les baby-sitter ? tu n’en as pas les moyens. Le tour est vite fait et tu mets entre parenthèse les sorties entre amis. Nul besoin il est vrai de sortir pour profiter de tes amis, tu peux aussi les inviter à la maison ou être conviée chez eux et ainsi les liens restent et ne sont jamais rompus...
Certes... Mais... Au début tu es pleine d’entrain et tu invites à tour de bras. Ca tombe bien tu adores te mettre aux fourneaux et mijoter de bons petits plats pour ceux que tu aimes... et puis vient le jour où ça t’épuise parce qu’une fois tout le monde parti à toi le rangement, la vaisselle, le ménage tout ce que tu fais déjà chaque jour, seule... Et tu n’as plus le courage d’en rajouter à l’ampleur de la tâche qui te semble au quotidien déjà chronophage et pénible... Parce que tu as 3 enfants qui vivent dans ta maison, qui vivent et un enfant qui vit ça joue, ça dérange, ça salit... et c’est bien normal.
Alors parfois tu attends les invitations... tu attends... tu attends... et...
- “Salut ça va ? Tiens je fais une petite soirée avec des potes samedi, tu viens avec nous ?”
-”Cool ! Oui c’est sympa. Tu fais ça quand ?”
-”samedi prochain”
-” ah j’ai les enfants samedi prochain”
-”oh dommage c’est sans enfant. Ben tant pis ce sera pour une autre fois...”
-”Ok... ce sera pour une autre fois”
Dommage... oui dommage...
Et puis il y a ceux qui invitent leurs amis, avec leurs enfants et qui pensent que “non on ne va pas l’inviter, la pauvre se retrouver seule qu’avec des couples elle va se sentir mal” ou bien “je t’aurais bien invité mais les 3 couples d’amis qui viennent ils ont déjà 5 enfants plus les miens... si tu viens avec tes trois ça fait beaucoup, mais j’aurais bien aimé que tu sois avec nous en plus ça t’aurait changé les idées”
Oui... se changer les idées... voilà à quoi aspire la maman solo...
Mais voilà lentement et insidieusement... le vide se fait... tu vois de moins en moins tes amis... tu n’invites plus, tu n’es pas invitée... Et soudain tu te sens de trop... Tu n’as plus ta place...
Oh bien sûr, tu reçois toujours des sms ou des petits coups de fils, des “salut ça va ? Ca fait longtemps. Comment vas tu ?...”, des “Ah oui je comprends que ce soit soit dur mais accroche toi tu es forte”, des “je t’admire pour tout ce que tu gères, à ta place je ne sais pas comment je ferais”, des “J’ai pensé à toi l’autre jour, on est allé diner chez bidule et on a parlé de toi”.... mais plus le temps passe et plus ils se font rares ces petits messages.
Et puis tu as les appels à la bonne copine, qui, comme elle est dispo, te répond jour et nuit quand tu n’as pas le moral, te soutient, te conseille, est présente dans les moments difficiles, une oreille attentive ça fait du bien quand on ne va pas bien. Alors la maman seule endosse ce rôle et elle a l’impression d’exister et de servir à quelque chose, tant pis, même si elle ne partage plus les chouettes moments, les sorties ou autres activités au moins elle garde le contact même si ce n’est que pour aider à passer les caps difficiles.
Elle se dit qu’après tout chacun à sa vie et que tout ça c’est normal. Elle se dit qu’elle comprend qu’on n’ait pas envie de s’encombrer de la maman seule et encore moins de la maman seule et de ses 3 enfants... Et en plus, on sait bien que la femme seule elle n’a pas le budget pour aller à ce resto sympa où on a envie d’aller, alors il ne vaut mieux pas lui proposer...
Mais elle, dans son coin, à quoi pense-t-elle ? Que fait-elle ? Comment vit-elle ?
Elle, elle mène sa barque comme elle peut avec les difficultés du quotidien et elle essaie d’assurer chaque jour le bien être de ses petits rayons de soleil!
Et vient le moment où les rayons de soleil partent chez papa et là... c’est là, à ce moment précis, qu’elle se retrouve confronter à la réalité de la solitude, à la réalité du vide qui s’est fait autour d’elle. Certains lui disent “c’est cool, tu vas pouvoir en profiter”... En profiter ? En profiter pour quoi ? “pour sortir” lui répond-on... Sortir ? Oui elle pourrait mais sortir seule elle n’en a pas le goût, pas l’envie, pas l’énergie... parce que sortir seule c’est assumer sa solitude aux yeux du monde et à ses propres yeux, alors sa solitude elle la garde à l’intérieur de chez elle entre ses 4 murs...
Et parfois il y a cette étrange impression que la femme seule fait peur... alors rassurez vous ce syndrôme n’est pas du tout contagieux, on ne l’attrape pas en fréquentant la femme seule... La femme seule n’est pas non plus un danger potentiel, non, non je vous assure. Ce n’est pas parce qu’elle est seule que la femme a des vues sur tous les hommes qu’elle croise et encore moins sur le votre... Parce que la femme seule avant d’être seule elle est surtout votre amie !
Le syndrôme de la femme seule n’est pas une maladie, non c’est vrai, il y a tant de choses plus graves et plus douloureuses mais c’est une triste réalité à vivre quotidiennement. Alors si vous avez dans votre entourage une maman seule, tendez lui parfois la main parce que la maman seule elle a appris à se débrouiller seule et elle ne viendra pas solliciter votre aide et votre soutien. Par contre soyez sûrs qu’elle sera toujours présente pour vous...
A toutes les femmes-mamans seules...
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