Le séminaire

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Engoncée dans mon tailleur inconfortable que ma mère m’a forcée à acheter pour l’occasion, je serre docilement toutes les mains des collaborateurs qu’on me présente sans retenir un seul prénom. J’affiche pourtant un sourire de façade et répète en boucle le petit discours que j’ai préparé et appris par cœur :
- Bonjour, je m’appelle Juliette et je suis la nouvelle stagiaire de l’équipe Marketing relationnel. Je suis ravie de venir travailler parmi vous et j’espère que nous aurons l’occasion de faire plus ample connaissance.
Le terme "ravie" est évidemment quelque peu exagéré. Jusqu’ici, je m’étais toujours sentie plutôt dans mon élément sur les bancs de l’université, entre les prises de notes, les révisions et les soirées étudiantes. Et ce même si je ne savais pas très bien ce que toutes ces années finiraient par m’apporter, ou sur quel métier la faculté d’économie permettrait de déboucher.
Et puis, l’heure du stage en entreprise avait sonné. Réticente au début, la curiosité avait fini par l’emporter et j’avais provoqué une immersion totale en choisissant d’intégrer... le milieu bancaire ! J’avais décidé de prendre cette opportunité comme une expérience scientifique, une sorte d’étude de mes congénères en milieu hostile.
On m’avait en effet prévenu, rabâché de nombreuses fois :
« Juliette, le monde de l’entreprise est un univers à part, avec ses codes, sa hiérarchie, un ensemble de règles tacites à respecter. Surtout une banque ! Tu vas voir, ça va te changer des études. »

Première constatation : le code vestimentaire est difficile à appréhender. Si certains semblent penser que l’habit fait le moine et que le port de la cravate équivaut à montrer son degré d’efficacité, il s’avère que les experts en data science, informatique ou digital se reconnaissent à l’aide de leur uniforme. Celui-ci se compose habituellement d’un jean au degré d’usure inversement proportionnel à l’expérience professionnelle de celui qui le porte, d’un t-shirt affichant allègrement des propos plus ou moins douteux et bien sûr des indispensables baskets. Sans oublier le petit air hautain de ceux qui s’y connaissent en intelligence artificielle...
Pour la suite, je ne vais pas avoir le temps d’observer grand-chose. En effet, on ne cesse de me répéter à quel point je suis chanceuse : demain, nous nous rendons tous dans un lieu tenu secret à l’occasion du séminaire d’entreprise. Le département entier est concerné, soit un peu plus de cent vingt personnes. Les consignes ont été envoyées par email : il faut venir en tenue décontractée, et avec sa bonne humeur ! Pour ce qui est du secret, il ne me faut pas moins de dix minutes pour le percer à jour puisque absolument tout le monde est au courant. Engagement contre l’empreinte carbone oblige, la Direction a troqué les lieux sympathiques des dernières années (Nice, Séville...) pour la Fondation GoodPlanet située dans le bois de Boulogne, et accessible en car.

Dès le lendemain, nous nous retrouvons donc tous dans la navette, mes collègues aussi excités que des collégiens aux prémices d’une sortie scolaire. A l’arrivée, de gentilles hôtesses nous débarrassent de nos manteaux et nous font signer une cession de droits à l’image, en insistant tout aussi gentiment. Et je comprends aussitôt pourquoi en voyant l’équipement du photographe attitré de la journée.
Après l’autographe forcé, nous avons droit à des petites viennoiseries et un brouhaha envahit bientôt la salle de réception. Chacun y va de sa petite prédiction sur le planning de la journée. Quand celui-ci est enfin révélé, c’est une petite déception pour moi. Pas de cueillette champêtre ou de paintball sauvage en guise de team-building, mais des ateliers collaboratifs en vue de booster notre efficacité collective. Nous sommes répartis en groupe de dix personnes, sous différents thèmes allant de « Mutualisation et synergies de moyens » (?) à « L’utilisation du management visuel » (??), en passant par « Les bonnes pratiques agiles » (???). Je relis encore et encore les intitulés mais rien à faire, aucun d’entre eux ne me parle. Voyant tout le monde s’installer, je m’inscris à la hâte et sans entrain sous la thématique « Espaces partagés physiques et virtuels : une ressource insuffisamment exploitée », et rejoins les autres participants assis en cercle comme dans une réunion des Alcooliques Anonymes.
Alors que nous nous regardons déjà dans le blanc des yeux, légèrement mal à l’aise, notre animateur débarque. Comment décrire le personnage ? On aurait dit un mélange entre Francis Cabrel et José Bové, le tout étriqué dans une chemise hawaïenne bien trop petite pour lui, un micro devant les lèvres. Mais c’est à partir du moment où il ouvre la bouche qu’il me surprend le plus.
- Ok guys, alors vous avez devant vous des paperboards, des papers et des pens, et vous allez travailler avec les people autour de vous.
Non, non, Francis Cabrel n’a pas changé de nationalité pour aller s’installer aux States, c’est juste qu’il se donne un genre. Il continue, imperturbable.
- Nous allons appliquer la méthode agile du design sprint. Les règles sont simples. Première étape, vous partez du thème imposé et écrivez sur des post-it le maximum d’idées qui vous viennent à l’esprit.
Je croise les bras d’un air entendu. Un brainstorming, ok, je connais.
- Ensuite, vous allez vous mettre d’accord pour dessiner un persona, c’est-à-dire la personne type à qui sera utile la ou les solution(s) que vous envisagez pour répondre au problème. Troisième étape, vous illustrerez le genre de problèmes que va rencontrer votre persona sous forme de storyboard (BD). A partir de là, il faudra vous focuser sur la story qui vous paraîtra la plus pertinente, et la transcrire sous forme d’une phrase punchy.
Mon sourire disparaît, je suis déjà larguée. Je tourne la tête vers notre tableau blanc (oui, je suis comme ça moi, je le dis à la française) et relis en vain le sujet de départ : « Espaces partagés physiques et virtuels : une ressource insuffisamment exploitée ». Mais José Cabrel enchaîne sans me laisser le temps de réfléchir :
- Cinquième étape : vous allez prendre une feuille de papier vierge et tracer trois colonnes. La première s’intitulera #crazy (ce qui est fou d’imaginer pour répondre à la problématique), la deuxième #easy (facile et rapide à mettre en place) et la dernière #lazy (ce qu’on peut faire sans efforts). En partant de votre phrase d’accroche, vous remplirez une idée par colonne et la passerez à votre voisin afin qu’il la complète.
Je tourne la tête vers les collègues qui m’entourent et dodelinent de la tête pour acquiescer. Mais c’est quoi bordel, une secte ?!
- Pour finir, vous allez choisir la meilleure idée dans le tableau final et l’illustrer par un schéma que vous nous expliquerez à tour de rôle sur l’estrade.
Alors, attendez que je résume. On part d’un thème, on en fait des post-it, un dessin, une BD, une phrase, des hashtags et un schéma... pour quoi faire déjà ? Ah oui, du design thinking.
Francis Bové nous explique ensuite qu’il nous donnera un certain laps de temps pour chaque étape, et qu’avec la pause de onze heures, on devrait en avoir pour trois heures trente à tout casser. Alors qu’un brouhaha empli des discussions des collaborateurs reprend déjà, il nous rappelle à l’ordre.
- Attention ! Chaque fois que le temps imparti sera écoulé, je vous le signalerai avec ce klaxon (alors là, je ne comprends plus, notre anglophone a prononcé "klaxon" comme "maison").
Afin d’illustrer ses propos, il sort de sa poche une espèce de pouet pouet pour chien (je ne saurais le décrire en un terme plus technique), qu’il agite devant nos yeux ébahis. L’effet est immédiat, tout le monde se tait. Mais ce n’est visiblement pas suffisant pour notre cher animateur agile.
- Quand vous entendez ceci, vous levez la main et agitez les doigts pour montrer que vous avez compris, et le silence doit régner.
Vraiment ? Il ne préfère pas qu’on agite la queue ?
Avant d’attaquer l’exercice dont je n’ai toujours pas compris les tenants et aboutissants, il nous propose un petit jeu pour briser la glace. Pardon, un ice breaker, donc. Par groupe de deux, nous nous observons pendant une minute. Puis, dos à dos, il nous faut changer un ou plusieurs aspects de notre apparence. En se retournant, chaque personne doit trouver ce qui a été modifié chez l’autre.
Dix minutes plus tard, la salle s’est transformée en club de strip-tease. Je ne sais pas si c’est l’objectif voulu, mais je me sens vite ridicule avec mon pull à l’envers, une seule boucle d’oreille et les cheveux attachés en palmier. Enfin, l’explication de l’exercice est dévoilée :
- Alors, avez-vous vu ce qu’il se passe lorsque l’on vous demande de changer quelque chose ?
Silence.
- Votre premier réflexe est d’avoir peur. Peur du changement.
- Aaaaaaah, murmure la foule.
- Le deuxième est d’enlever quelque chose. Comme si tout changement équivalait à une perte.
- Aaaaaaah, murmure de nouveau l’audience.
- Puis, dès l’instant où votre partenaire a trouvé ce que vous aviez changé dans votre apparence, vous vous empressez de tout remettre à sa place... parce que vous ne vous sentez pas bien dans votre nouvelle version de vous. Vous avez compris où je veux en venir ? Vous avez des questions ?
Oui, moi. Vous avez fait beaucoup d’études pour nous pondre une connerie pareille ?

Bon. Je me suis calmée et ai mis toute la bonne volonté du monde pour faire ce qu’on me demandait. Après tout, si cela fait partie de l’expérience, autant le faire jusqu’au bout, non ?
Donc, avec mon groupe nous avons isolé un problème dans le problème, qui a été défini comme le suivant : comment mieux organiser nos répertoires partagés pour pouvoir trouver facilement les dossiers, travailler sur un même fichier à plusieurs et libérer de l’espace disque. Oui, tout ça pour ça. Là où ça coince c’est quand il s’agit de trouver des solutions. Je propose d’utiliser les outils Google : idéal pour partager un document, modifications en temps réel avec alertes et commentaires...
On ne m’entend pas. On parle de créer une nomenclature de nommage des fichiers, puis on dérive sur le tri des dossiers. Catherine, la cinquantaine, fait l’unanimité lorsqu’elle annonce qu’il lui faudrait de l’aide pour s’organiser.
- Par exemple, je ne sais pas comment on fait pour trier ses documents par taille et par date de modification. Je suis preneuse de conseils !
Les bras m’en tombent. Je veux bien croire qu’il y ait des écarts de génération, mais là on part de loin. Très loin.
Je prends mes distances et intervient de moins en moins. La situation me dépasse, un mal de tête me prend entre les discussions simultanées des différents groupes entrecoupées des coups de klaxon (prononcez comme vous le voulez) du coach agile. Finalement, la solution retenue est de payer des consultants experts, plus connus – ou pas – sous le nom de business angels pour aider les collaborateurs à faire le ménage. Voilà... Faire. Le. Ménage.
Le pouet pouet retentit et tout le monde s’empresse d’agiter son membre (...). C’est tout fiers que mes coéquipiers s’avancent joyeusement sur la scène pour faire part de leur brillante idée à nos collègues. Envahie de honte, je me fais discrète et attend le partage des autres groupes pour qu’enfin les autres s’aperçoivent du ridicule de leur proposition. Un à un, chaque petit comité présente son œuvre.
Et là, c’est la surprise. Aussi incroyable que cela puisse paraître, nous ne sommes pas les pires. Il y en a qui proposent de trier leurs emails en les classant par sujet et par priorité (prenons le contrôle !), d’autres de faire sonner une alarme au bout de cinquante-cinq minutes de réunion (se réunir moins, mieux, différemment), quand un troisième groupe expose... à vrai dire, je ne sais pas. L’intervenant se contente de balancer des mots appartenant au vocabulaire d’entreprise au hasard, tandis que tout le monde hoche la tête d’un air entendu.
- L’important c’est de changer les mindset, d’avoir une vision one step beyond drivée par la blockchain. De disrupter les leads et de valoriser les écosystèmes, tout en développant des synergies avec des accélérateurs.
De quoi ?
Les suivants proposent comme « clé du succès pour la collaboration entre chapters », la création d’un happying morning, c’est-à-dire qu’on prendrait des cafés un matin par semaine avec un groupe imposé pour partager notre état d’esprit et participer pourquoi pas ensemble à un cours d’éveil musculaire de cinq minutes. Dire bonjour au soleil en montrant sa lune, quelque chose dans ce goût-là.
Mais le pire reste à venir. Alors que je m’enfonce de plus en plus sur ma chaise, emplie de désespoir à peine contenu, le dernier groupe s’avance sur l’estrade. Ils ont préparé une petite scène de théâtre pour sortir du lot. La situation : un stand-up meeting, ce genre de réunion ou comme son nom l’indique, les collaborateurs échangent en position verticale. Des études sérieuses avaient prouvé l’efficacité de ce fonctionnement : du fait de l’inconfort de la position, on allait droit au but et on finissait la réunion plus vite.
A l’ordre du jour, l’avancée du BAU (Business As Usual) et des projets de chacun. Un code couleur élaboré permettrait à l’équipe d’indiquer s’il était in progress, done, en stand-by... Pas de fantaisies ! On paierait, grassement j’imagine, un coach de management visuel afin de dessiner des schémas et d’associer cheque petit carré avec une légende claire et compréhensible par tous. Chaque semaine, on avancerait donc son petit post-it d’une ou plusieurs cases en fonction de ses progrès.
La petite troupe reçoit un tonnerre d’applaudissements du public. Quelle solution innovante ! Coller des papiers rose et vert pour montrer à son chef comme on a bien travaillé. Je me demande s’ils distribueront des images aux meilleurs collaborateurs.

Encore une fois, je tente de synthétiser l’ensemble des informations ingurgitées depuis le début de la journée. Un séminaire, c’est donc une centaine de cadres supérieurs qui se réunissent devant leurs supérieurs hiérarchiques pour leur annoncer avec fierté que, malgré leurs diplômes, leur expérience et leurs compétences, ils sont incapables de classer leurs emails, ranger leurs documents, participer efficacement à une réunion et définir leurs priorités. Quand je pense à leur niveau de salaire moyen, les bras m’en tombent.
Mais l’heure du déjeuner arrive enfin, et c’est la délivrance (temporaire).

L’après-midi est consacrée à des activités écologiques, dans l’air du temps. La fondation commence par nous remercier pour nos efforts, et je m’aperçois vite que l’entreprise subventionne leurs projets. Je ne suis pourtant pas sûre qu’on mérite des félicitations parce qu’on boit notre café (produit par des enfants sous-payés, importés du Guatemala et conditionnés dans des capsules en aluminium) dans des mugs au lieu de gobelets en plastique. Mais bon.
Les animations prévues me semblent quand même plus sympathiques que les ateliers du matin. Cours de cuisine avec des produits de saison, dégustation de pâte à tartiner bio, fabrication de cosmétiques zéro déchet et création d’une ville éco-responsable. L’hypocrisie des actions est palpable (je ne saurais dire combien de post-it ont été utilisés dans la matinée), mais au moins, on peut potentiellement s’amuser.
Je passe effectivement un bon moment à l’atelier dégustation animée par un naturopathe (oui, ça existe !), même si la découverte à mon arrivée de substances marrons de différentes textures dans des bols transparents me donne un fou rire que j’ai du mal à maîtriser. Mais lors du debrief informel avec mes collègues, je m’aperçois que malgré le cadre et les activités, les fourberies ont déjà repris le dessus. C’est à qui rigolera le plus fort aux blagues vaseuses du chef, qui sabotera son savon artisanal pour ne pas réussir mieux que lui, ou qui se mettra en valeur en clamant haut et fort qu’il expérimente des toilettes sèches chez lui.
Malgré l’arrivée de la start-up nation, on baigne encore et toujours dans un monde puéril, politique et machiste. Il faut visualiser le monde de l’entreprise aujourd’hui comme un lycée américain des années 90 : un langage particulier, des codes à respecter, un groupe de gens populaires qui mènent la vie dure aux marginaux, des professeurs responsables qui vous pourrissent la vie, mais qu’on peut soudoyer, sans compter les lèches-bottes, les intellos qui restent après la fin des cours, les éternels absents, ceux qui passent leur temps à raconter des potins et à lancer des rumeurs...
Pour finir de nous achever, on nous propose deux heures trente de conférence avec en alternance, des intervenants qui nous disent qu’il faudrait travailler mieux, des collaborateurs qui nous disent qu’ils travaillent bien, nos patrons qui nous disent qu’on travaille mais pas assez. Le big boss fait une métaphore pas si subtile que ça :
- Quand le poisson est pourri, on le relâche dans la rivière.
A partir de là, je passe le reste du temps à transformer tous les visages en face de moi en saumon, carpe, raie et anguille. Mais quelqu’un me pousse du coude. Apparemment, une dizaine de collègues manquent à l’appel. Le temps que l’info se propage dans la salle, qu’on se renseigne et que le feedback remonte jusqu’à nous, je m’assoupis trois fois. Il s’avère que les petits chanceux se sont endormis dans une salle de la fondation devant un documentaire animalier. Ils n’ont pas osé débarquer en retard et se sont donc octroyé une bonne sieste aux frais de la princesse.
J’en suis verte de jalousie.
Enfin, les lumières se rallument et nous sortons de la salle. La nuit est tombée et le buffet s’est rempli. Les festivités vont pouvoir commencer.

Je m’écarte quelques instants alors que les préparatifs de la soirée s’installent. De la musique, un espace photo, mais surtout de l’alcool à foison, histoire d’encourager tout le monde à commettre des impairs qui seront rapportés à la machine à café demain matin.
Sans le vouloir, j’intercepte une conversation dans le couloir entre un collègue visiblement en train de se justifier devant son boss.
- No worries, j’ai un action plan pour atteindre ma deadline. Faut pas oublier qu’on est partis from scratch, il y avait tout à faire. Vu la charge de travail, j’ai décidé de partir sur un MVP (Minimum Valuable Product), il faut encore checker deux ou trois trucs mais je te forwarderai la version de la prez updatée avec les derniers chiffres.

Rien à faire, je crois que ce monde n’est pas pour moi. Alors c’est vrai, on a évolué depuis l’époque où nos grands-parents vénéraient les patrons. On est passé en mode projet, en mode agile, en mode squad, on élabore des partnerships pour collaborer, on fait des workshops, on sort des open-spaces pour créer des espaces de coworking, ou bien on fait du home office mais pas seulement chez soi, également dans le train, au bord de la piscine, aux toilettes... On tutoie le CEO (Chief Executive Officer) qui ne s’appelle plus PDG (Président Directeur Général) parce que visiblement on ne comprend plus le français. Et comme on s’est aperçus que c’était humiliant de pointer pour faire ses horaires (de toute façon, on ne travaille pas par obligation mais parce qu’on aime VRAIMENT ce qu’on fait), on ne compte plus ses heures et à la place, on s’autorise des plages de ressourcing. On se déconnecte, quoi.
Et ça nous conduit à quoi au final ? Au burn-out ? Au bore-out ? A inventer d’autres mots vides de sens tirés de l’anglais ? A brasser de l’air encore et encore, à créer des job descriptions qu’on peut lire mille fois sans comprendre en quoi consiste le travail qu’on nous demande ?
J’attrape mon manteau et me dirige dans la nuit noire vers la sortie du château. Je n’ai eu besoin que de quarante-huit heures pour comprendre que je ne m’adapterai jamais à cet univers vide de sens. Si je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais faire de ma vie, il me reste au moins une certitude.
Celle de savoir que je le ferai ailleurs.
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