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Mitch31

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En compétition

Je ralentis devant le numéro quarante-huit et trouve une place pour me garer quelques dizaines de mètres plus loin. Tout en remontant le trottoir à pied je constate que l’immeuble en question parait moins fringant que sur la photo trouvée sur Google Street. De style fin dix-neuvième siècle, la façade fait illusion, elle aurait besoin d’un ravalement. La porte d’entrée est entrouverte. C’est curieux, en général il faut sonner à l’interphone pour qu’un résident vous ouvre. L’interphone est bien là, mais les noms sont à demi effacés ou inexistants. Celui que je cherche n’y figure pas. J’ai un instant d’hésitation avant de pousser doucement le battant, de m’engager dans un couloir sombre et étroit aux murs écaillés qui débouche sur une entrée dallée. Au sol de grands carreaux noir et blanc donnent l’impression de marcher sur un échiquier géant. Des dalles usées et pour certaines fendues. Sur ma droite il y a une douzaine de boites aux lettres en bois, au vernis craquelé. À ma grande surprise, je repère tout de suite sur une étiquette défraîchie le nom qui m’intéresse, mais qui ne précise pas l’étage. Ainsi, il habiterait toujours cet immeuble ?
Une fenêtre aux vitres opacifiées éclaire l’amorce d’un escalier en bois aux marches éculées et sales. L’immeuble qui paraissait correct en façade camoufle bien la vétusté de ses entrailles. Je m’engage avec prudence sur les premières marches. La rampe est si branlante que je retire ma main de peur qu’elle ne s’arrache. Ce décor d’un autre âge me donne l’impression de remonter le temps. Je souris. C’est bien ce que je suis venu faire, non ?
Arrivé au premier palier je cherche le nom sur une des trois portes. Par chance, la première est la bonne, je n’aurais pas à grimper les trois ou quatre étages suivants. Au sol il y a un paillasson qui a perdu la plupart de ses poils.
J’hésite un moment avant de frapper. Je ne connais rien sur ce Frank Carignan, cet oncle caché. Seulement ce que ma mère m’a murmuré à l’oreille juste avant son décès il y a dix jours à cinquante-deux ans. Il est plus âgé qu’elle et elle ne l’a plus revu depuis son adolescence, depuis ses dix-sept ans, quelque temps avant notre naissance, ma sœur jumelle Emilie et moi. Je n’ai pour l’instant retrouvé aucune photo, aucun document le concernant dans les affaires laissées par ma mère. Je ne suis même pas sûr que ce frère existe vraiment. Ma sœur et moi n’avons eu pour seule famille que notre mère et un beau-père qui nous a adopté, donné son nom et qui est parti vivre ailleurs l’année de nos quinze ans. Quant à notre père biologique, une aventure d’un soir, il a disparu bien avant notre naissance. Notre mère n’a jamais su son prénom, disait-elle. Elle n’avait plus toute sa tête les derniers jours, la maladie, les médicaments, l’ont menée à une sorte de délire entrecoupé de fenêtres de lucidité. Au cours de l’une d’elles, j’ai noté rapidement cette adresse à Montpellier et le prénom de cet oncle. Pourquoi ne nous a-t-elle jamais parlé de lui ? Elle a simplement dit qu’ils étaient fâchés sans en donner la raison malgré toutes mes questions.
Je cogne à la porte et je patiente. Je n’ai aucune idée de la façon de me présenter et encore moins de la façon qu’il aura de me recevoir. J’entends des pas qui glissent au sol, saisis une petite lueur dans l’œilleton. Un verrou se tourne et la porte s’ouvre lentement. La première chose que j’aperçois est un petit aquarium avec un poisson rouge posé sur un meuble d’entrée et un parapluie qui pend d’une patère. Puis s’intercale le visage d’un homme aussi grand que moi malgré son buste affaissé. Ses traits sont marqués, son regard clair et son expression neutre. Il est presque chauve et porte une chemise à carreaux trop grande pour lui.
— Monsieur Carignan ?
— Oui ?
— Bonjour, je m’appelle Thomas Malbec. Je suis le fils de Sylvie, Sylvie Carignan. Je suis… votre neveu.
Il reste de longues secondes immobile, son visage est impassible mais ses yeux s’agitent en tous sens. Je ne sais si c’est de la surprise ou de la peur. Je le rassure en répétant mes propos et j’ajoute :
— Sylvie vient de décéder. Je sais que vous vous étiez perdus de vue. Je suis simplement venu vous l’annoncer.
Il reste toujours silencieux. Un début de gêne s’installe. Je me demande soudain si je ne me suis pas trompé d’appartement. Si c’est le cas pourquoi ne dit-il pas que c’est une erreur ?
— Vous êtes bien le frère de Sylvie ?
— Oui. C’est moi. Mais c’est très loin tout ça.
— Bien sûr. Ça ne vous ennuie pas qu’on se parle un peu ?
Il se tortille, sa bouche tremble comme s’il était sur le point de prononcer des paroles difficiles. Il ne fait même pas mine de me laisser entrer.
— Je… je ne sais pas.
— Je ne suis pas là pour vous ennuyer, vous savez, juste discuter. Maintenant que ma mère est partie, il y a des choses que je souhaiterais connaitre. Elle ne m’a rien donné d’autre que votre adresse…
— Écoutez, je ne pense pas que ce soit utile…
— Vous ne souhaitez pas savoir quelle a été la vie de votre sœur ?
— Non.
Le ton sec me fait sursauter.
— Laissez-moi tranquille. Allez-vous-en !
Il est sur le point de refermer la porte. Par réflexe mon pied vient la bloquer.
— Monsieur Carignan, vous ne souhaitez vraiment pas qu’on se parle ? J’ai besoin de savoir… et vous aussi certainement.
— Non, pas du tout. N’insistez pas. Partez maintenant.
Il force sur la porte. J’ôte mon pied et tente de résister mollement avec les mains, mais elle se referme et j’entends le verrou claquer. Je frappe à nouveau plusieurs coups et m’entends dire :
— Je vous en prie Frank… S’il vous plait… Mon oncle…
Mon oncle ! C’est sorti tout seul sur un ton presque implorant. Un dernier espoir pour l’amadouer ou bien un appel de détresse ? Je pose le front et les deux mains à plat sur le battant :
— Je suis votre neveu, ça ne compte pas pour vous ? Et puis vous avez aussi une nièce, ma sœur jumelle Emilie. C’est important pour nous, vous savez. Notre mère ne nous a jamais parlé de son enfance, on a vraiment besoin de savoir d’où l’on vient, quelle était notre famille…
Un lourd silence suit. Je guette le moindre bruit derrière la porte. Je me redresse et contemple le paillasson, usé par mille pas et qui pourrait en raconter des choses sur cet homme.
Et puis soudain, je n’ai qu’une envie : partir. La curiosité qui m’a poussé à rencontrer cet oncle s’évapore. Qu’est-ce que je fais ici ? Quelle est ma véritable motivation ? Accrocher un parent sur un arbre généalogique inexistant ? Un arbre sans branche puisque nos grands-parents sont, parait-il, décédés dans un accident de voiture. Mais quelle est la vérité ? Si ma mère a été capable de nous cacher tant de choses sur sa jeunesse, alors pourquoi au bord du trépas nous avoir parlé de cet oncle ? Quel intérêt d’ajouter un mystère à tant d’autres ?
Finalement la seule question que j’ai à me poser est : qu’est-ce qui m’importe le plus ? Réponse : ma famille. Celle de ma femme, celle de ma sœur, mes enfants, mes neveux. Et à ces derniers, que leur importera de savoir qui était ce grand-oncle ? J’ai autre chose à vivre que de me plonger dans un passé qui se refuse à moi et qui, à y bien réfléchir, ne me concerne pas vraiment. Que ma mère repose en paix avec ses secrets.
Je dis haut et fort « Désolé de vous avoir dérangé » et fais demi-tour pour m’échapper dans la rue. Je pousse un soupir de soulagement et repars le cœur plus léger, pressé de retrouver ma vraie famille, bien réelle et bien vivante.
***
Quelques jours plus tard, dans le tiroir d’un meuble de notre mère qu’on destinait à la revente, je trouve un livret de famille. Le cœur battant, je l’ouvre avec précaution. C’est celui de mes grands-parents : André et Monique Carignan, nés tous deux à Montpellier avant la guerre et mariés en 1963. Je ne suis pas surpris, je connaissais leurs noms, mais comment ce livret était-il en possession de ma mère ? Encore une question qui restera comme beaucoup d’autres sans réponse. Je tourne la page suivante et là sont inscrits trois noms de naissance : Frank, Sylvie et Valérie. Je suis stupéfait. Ma mère nous a aussi caché une tante ! Pourquoi nous révéler l’existence de notre oncle et pas de notre tante ? Moi qui pensais ne plus avoir à me soucier de ce Frank, d’oublier son existence pour mieux me consacrer à ma famille, voilà que le mystère est relancé. Frank est né trois ans avant ma mère et Valérie un an après elle.
En parcourant le livret, je constate que l’adresse où logeaient mes grands-parents est celle où demeure Frank. Il aurait donc hérité de l’appartement. Les raisons du silence de ma mère me paraissent de plus en plus obscures. Je ne peux plus faire comme si cela ne m’importait pas, il me faut des réponses. En premier lieu, cette tante est-elle toujours en vie ?
Pour le moment, je décide de ne pas parler à ma sœur de cette découverte. Ni à ma femme d’ailleurs. Du moins pas avant d’avoir effectué quelques recherches. Je décide de retourner voir ce Frank.
Aussi deux jours plus tard, je profite de quelques heures de liberté pour lui rendre une deuxième visite. La porte de l’immeuble est toujours ouverte. Je grimpe au premier étage et frappe à celle de l’appartement. Pas de réponse. Je frappe à nouveau avec insistance. Je ne perçois aucun bruit à l’intérieur. Peut-être est-il sorti ? Je suis sur le point de redescendre lorsque j’entends sa voix qui me dit :
— Qu’est-ce que vous me voulez encore ? Je vous ai dit de me laisser tranquille.
— Je sais, mais j’ai seulement une question à vous poser : où puis-je contacter votre sœur Valérie ?
Plusieurs longues secondes de silence avant qu’il ne réponde :
— Je ne sais pas. Je ne l’ai pas vue depuis très longtemps.
— Même pas une idée de l’endroit où elle vit ?
— Non. Et je n’ai pas envie de le savoir. Alors allez-vous-en.
— Écoutez Frank, j’ai besoin de savoir. Pourquoi notre mère nous a caché votre existence à tous les deux ? Vous devez bien le savoir ? Je voudrais juste une réponse et ensuite je partirai.
— Foutez-moi la paix.
Il a presque crié. Il y a dans le ton une exaspération glaçante. Je décide de ne pas poursuivre et ressors de l’immeuble. Mais je ne peux pas me contenter de ce nouvel échec. Pour quelles raisons cette fratrie s’est-elle divisée ? Ce mystère va me travailler tant que je n’aurai pas trouvé de réponse. De retour dans l’appartement de ma mère, je fouille plus en profondeur dans ses papiers et fini par dénicher, joint à l’acte de propriété, une lettre datée d’une trentaine d’années avec ces quelques mots :
«  Sylvie,
C’est la première et dernière lettre que tu recevras de moi. Dans la tienne tu souhaites reprendre contact, mais ça ne se fera jamais. La mort de nos parents a été une telle délivrance. Quant au reste, je ne peux ni ne veux revivre à travers toi, ce que furent ces horreurs. Tu comprendras que je ne peux non plus pardonner. Si de ton côté tu peux vivre avec tout ça, c’est ton affaire. Je te souhaite néanmoins de trouver ce bonheur que je n’aurai jamais. Adieu donc.
Celle qui fut ta sœur… Valérie. »
Ce texte est terrible. Une rupture violente. De quelles horreurs parle-t-elle ? Ma mère se serait-elle rendue coupable de quelque chose… d’impardonnable ?
Le tampon sur le timbre est celui de Carcassonne. Sur un moteur de recherche je tape le nom de ma tante ainsi que celui du département. Au début rien n’apparaît. Normal, vingt-huit ans ont passé, elle a eu le temps de changer de région ou même de nom si elle est mariée. Puis en affinant je découvre une Valérie Carignan chargée de communication au conseil général de l’Aude. Une photo s’affiche. Au premier coup d’œil, la ressemblance avec ma mère est frappante : même sourire, même nez et un menton en pointe, trait que nous a transmis notre mère. Loin de m’emballer, je poursuis mes recherches et apprends qu’elle est aussi présidente d’une association culturelle vouée aux arts picturaux. Suivent son adresse et son numéro de téléphone. Je préfère ne pas appeler, plutôt lui rendre visite pour la voir en face et tant pis si ce n’est pas ma tante, j’aurais au moins essayé.
Pour être plus sûr de la trouver chez elle, je passe en début de soirée. Elle habite une maison de plain-pied dans un lotissement en périphérie de Carcassonne. Sur la boite aux lettres deux noms, le sien et celui d’une certaine Julie Viognier.
Après avoir sonné au portail, la porte d’entrée s’ouvre et apparaît une femme qui semble plus proche de mon âge que de celui de ma tante. Sans doute Julie. Sa fille ? Sa compagne ? Elle s’approche, je me présente, lui explique succinctement ma venue. Elle semble gênée, voire méfiante :
— Attendez un instant s’il vous plait, je vais lui demander si elle veut bien vous recevoir
Elle fait demi-tour. Dans la minute qui suit, Valérie apparaît. Elle a les cheveux plus courts et plus bruns mais c’est elle. Elle me fait signe de pousser le portail. J’entre et lui tends la main.
— Je suis Thomas, votre neveu.
— Tu as les yeux de ta mère, dit-elle en me dévisageant
Ma femme m’a souvent dit la même chose.
Elle me fait pénétrer dans un grand salon avec une cheminée en pierre. Aux murs sont accrochés des photos en noir et blanc et quelques tableaux aux couleurs sombres visiblement réalisés par le même peintre. Nous nous asseyons, moi sur un canapé, elle sur une chaise de l’autre côté d’une table basse.
— Ma mère, votre sœur, est décédée le mois dernier.
— Je sais.
Je ne cache pas mon étonnement.
— Vous l’avez su comment ?
— C’est elle qui m’a appelée dès son hospitalisation. Je n’avais plus de nouvelles depuis vingt-huit ans. Je suis passée la voir quelques jours plus tard à l’hôpital, mais elle était déjà dans le coma. Les médecins ne lui donnaient aucun espoir. Je pense qu’elle savait et qu’elle a voulu me revoir une dernière fois.
— Vous savez que j’ai retrouvé votre frère Frank, il habite dans l’appartement de vos parents. J’ai voulu lui parler, mais il n’a pas accepté. Contrairement à vous il a refusé catégoriquement de me recevoir…
Elle secoue la tête sans me répondre.
— Ma mère m’a dit quelques mots avant de mourir. Elle a évoqué Frank, l’appartement de votre enfance. Je crois qu’elle n’a pas eu le temps de me parler de sa sœur.
— Tu ne sais donc pas ?
— Quoi donc ? J’ai trouvé votre lettre dans laquelle vous ne voulez plus la revoir. Je n’en sais pas plus. C’est la raison de ma présence ici.
— Elle ne t’a donc pas dit ce qui nous est arrivé ?
— Non. Elle a toujours refusé de nous parler de son enfance. Je sais seulement que vos parents sont morts dans un accident de voiture. Qu’est-ce qui vous est arrivé ?
Son visage se ferme,
— Si ta mère ne t’a rien dit, ce n’est pas à moi de le faire.
— Mais pourquoi ? Si elle a voulu garder pour elle vos secrets, je peux comprendre, mais maintenant qu’elle n’est plus, quelle importance ?
Elle a un petit sourire triste :
— Toute vérité n’est pas bonne à dire.
Et si cette dernière phrase était une incitation pour que je pousse plus loin ? J’insiste :
— Vous savez, je n’ai plus dix ans, je suis capable d’entendre beaucoup de choses. Qu’est-ce qui pourrait me choquer à mon âge ?
Elle plonge son regard dans le mien :
— Tu as des enfants ?
— Oui, deux. Un garçon et une fille, Hugo et Iris.
— Le garçon est l’aîné ?
— Oui, trois ans de plus que sa sœur
— Tiens donc ! Et tu es heureux ?
— Bien sûr, très heureux. J’adore ma femme et mes enfants.
— Alors c’est parfait. Que ça continue comme ça.
Elle est sur le point de se lever. Je me lève à mon tour.
— Je vous en prie. Vous ne pouvez pas me laisser dans l’ignorance. Plus maintenant.
J’ose une hypothèse que je rumine depuis quelques jours :
— Vos parents se sont si mal comportés pour que vous refusiez de m’en parler ? C’est ça ?
Ses yeux fixent un point au sol. Ses lèvres tremblent, sa respiration change de rythme. Elle pousse un soupir et se rassoit.
À cet instant j’aperçois Julie qui se tient dans l’encadrement de la porte du salon.
— Valérie ?
Le ton est celui du reproche. Ma tante lui fait un geste d’apaisement et se penche vers moi :
— À seize ans, je me suis retrouvée enceinte. Mes parents étaient très cathos, ils n’ont pas accepté et m’ont chassée de la maison.
— C’est ignoble ! On ne jette pas une fille mineure à la rue. Vous êtes…
— Tu comprends pourquoi je ne tiens pas à parler d’eux. Mais crois-moi, c’était beaucoup mieux aussi. Heureusement j’ai été prise en charge par une association et des gens qui ont pris des risques énormes pour moi et m’ont aidé à avorter.
— Et ma mère ?
— Ta mère ? Elle était mon aînée, mon modèle, et elle n’a rien fait pour m’aider. Elle avait fugué de la maison peu avant, en me laissant seule, désemparée, face à mes parents. Je ne lui ai pas pardonné. Voilà. Tu comprends pourquoi j’ai tout fait pour ne jamais les revoir ?
— Oui. Je comprends.
Malgré le début de gêne que je ressens, je lui demande :
— Et votre frère ? Il était majeur à cette époque, il ne vous a pas aidé ?
Elle a un rictus :
— Il est resté avec les parents. C’était le préféré, il avait tous les droits… lui.
Ses mains tremblent. Elle se mord la lèvre inférieure en fermant les yeux. Elle n’a pas l’air bien. Je m’en veux de lui imposer cette épreuve du souvenir. Et pourtant j’ai encore des milliers de questions à lui poser. Après un silence elle ajoute :
— Mon frère ? Tu veux vraiment savoir pour mon frère ?
Julie toujours présente lui prend la main et lui dit :
— Tu es sûre ?
— Oui, je dois le faire.
Valérie me fixe et dit :
— Mon frère ? Il a m’a violé.
Ma respiration se bloque. On touche au sordide. Il est là le malheur. Pas un instant je n’ai pensé à ça. Face à une telle révélation, je ne trouve pas les mots qu’il faut pour lui répondre. Elle semble s’être libérée d’un grand poids. Des larmes silencieuses coulent soudain sur ses joues.
— Les parents n’ont jamais voulu nous croire.
— Nous ?... Comment ça… nous ?
Seize ans ? Ma mère en avait à dix-sept.
Mon sang se glace. Mon corps vient de comprendre avant ma raison comme si on venait de m’annoncer une maladie incurable. Immédiatement vient cette terrible question : comment annoncer ça à ma sœur ?

PRIX

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Djany · il y a
Une nouvelle glaçante. Toutes les familles ont des secrets cachés ou inavouables. coïncidence ou pas je viens d'apprendre un très lourd secret qui pèse sur ma propre famille. Donc cela me touche encore plus toutes mes voix et merci pour votre passage sur ma page. Amicalement
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Mitch31 · il y a
Merci. Dans chaque famille si on creuse un peu on peut y déterrer des secrets. Heureusement pas tous aussi terribles. D'où cette question: si on est heureux doit-on chercher à savoir ou pas ?
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Aline de Cyrano · il y a
Prenante et émouvante nouvelle.
Mes voix..

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Mitch31 · il y a
Merci Adeline. Mes amitiés à Bergerac !
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Mohamed Laïd Athmani · il y a
Je viens de découvrir. Je me suis abonné.
Ah, n'oublions pas nos points, et entièrement, **** ,vous les méritez bien.
Très joli récit qui captive et entraîne.
Je vous invite à votre tour à lire :
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/digoinaises-corps-et-ame

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Mitch31 · il y a
Merci Mohamed. A Digoin aussi on est captivé...
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Eric Lelabousse · il y a
3 voix, j'ai aimé ce récit si bien mené
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Mitch31 · il y a
Merci Eric
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Michaël ARTVIC · il y a
Une nouvelle émouvant par le récit et l'entrainement , bravo +5
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Mitch31 · il y a
Merci. Content de vous avoir ému.
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Paul · il y a
Bravo Mitch.
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Mitch31 · il y a
Merci Paul.
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Bénédicte Bousquet · il y a
Belle intrigue, émouvante et remuante. N’appellerait-elle pas une suite ?
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Mitch31 · il y a
Merci Béné. Une suite ? N'est-ce pas déjà assez horrible comme ça ?? ;-/
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Haruko San · il y a
Parce qu'il est difficile d'avouer ce genre de fait, parce que bien souvent on préfère taire, ne pas savoir, parce que c'est plus facile certainement; parce que le poids d'un tel secret n'en finit pas de s'alourdir et que s'en défaire coûte pour certains(es) bien plus que le poids du silence pendant autant d'années. Je vote pour un texte qui me parle, une écriture que j'ai appréciée. Je vous souhaite bonne chance.
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Mitch31 · il y a
C'est un peu ce que je souhaitais écrire: une quête qui aboutit à une telle révélation est-elle bien nécessaire au risque d'entacher un bonheur sans faille ? Très touché que vous ayez apprécié. Merci
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Haruko San · il y a
-:) Une révélation à double tranchant certes la surprise, l'effroi, l'horreur pour celui qui la découvre et l'entend, et une libération pour l'autre, douloureuse, remuant ce qui était enfoui, mais comment savoir si le silence à jamais était-il une bonne chose, personnellement je dirai non, mais ce n'est que mon avis et il n'engage que moi.
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Cathie Leclerc · il y a
L'intrigue est très bien menée. Bravo! J'ai le coeur en vrac.
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Mitch31 · il y a
Merci Cathie. Attention à ne pas trop défaillir quand même !! :-))
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Keith Simmonds · il y a
Mon soutien pour cette œuvre dense et bien menée, Mitch31 ! Une invitation à découvrir “David contre Goliath” qui est en compétition pour le Prix Portez Haut les Couleurs 2020. Merci d’avance et bonne journée ! https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/david-contre-goliath-2
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Mitch31 · il y a
Merci pour votre soutien.

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