Le sculpteur

il y a
3 min
135
lectures
6

Mon métier est d'écrire . Ma passion est d'écrire des nouvelles, à l'opposé de ce que je peux écrire chaque jour. J'aime l'écriture érotique tout comme sa lecture. Mes nouvelles ne sont pas  [+]

Depuis quelques semaines, l’atelier d’artiste situé dans la cour de mon immeuble accueillait un sculpteur. Il me fascinait. Je voyais les grandes mains de l’homme travailler l’argile à chaque fois que je passais devant l’atelier qui ne cachait aucunement l’intimité de l’artiste. Les grandes baies vitrées permettaient aux habitants de l’immeuble de voir les artistes qui prenaient possession des lieues, peindre, sculpter suivant qui louait l’endroit.

Ce samedi d’été, j’étais assise dans la cour de l’immeuble pour lire mais mon regard était attiré vers le sculpteur, enfin, par ces mains. Il sculptait une statue, je ne savais au moment ou j’ai commencé à regarder ce qui allait en sortir, Serait ce un homme ou une femme ? Lorsque les mains de l’artiste s’attardent sur le torse, je comprends que ce serait une femme.

Devant se sentir observer, l’homme se retourne et nos regards se croisent. J’aurais pu plonger la tête dans mon livre mais j 'assume mon voyeurisme. L’homme me dit : « si vous voulez vraiment voir mon travail, je vous propose de vous mettre sur le banc à votre gauche ». Surprise qu’il cautionne mon indiscrétion, je décide néanmoins d’aller à l’endroit indiqué. C’est vrai que je vois nettement mieux ces mains modeler la terre. Modeler ou caresser car elles caressent presque le corps en devenir.
J’en suis presque troublée. Sous les mains de l’homme apparaît au bout d’un certain temps, une poitrine que l’homme s’attelle à rendre arrogante.
En me regardant, il effleure ces seins généreux. Un frisson de plaisir me parcourt. C’est comme si ces mains étaient entrain d’étreindre ma propre poitrine. Je sens d’ailleurs celle-ci se dresser d’envie. Mes tétons se durcissent. L’homme joue avec moi, à distance. Il insiste sur les mamelons de sa femme d’argile. J’ai l’impression que ses propres doigts titillent le bout de mes seins. Son regard coquin est loin de calmer mon désir naissant et mes pensées érotiques.
Je suis envahie par un désir quasi sauvage. J’ai l’impression d’avoir pris deux tailles de bonnet en 5 minutes. Je ne sais pas si c’est le soleil qui échauffe mes esprits mais l’artiste à quelques mètres de moi, en sculptant de façon si sensuelle, une paire de seins a réussi à éveiller mes sens, plus que parfois un homme n’a pu le faire.
J’aurais aimé être, à cet instant cette statue et me laisser aller dans les méandres du plaisir.
La caresse mammaire dont avait droit ce qui n’était qu’une boule d’argile quelques heures avant me donnait une folle envie de faire l’amour et de subir l’assaut de ces grandes mains sur moi.
Lorsque j’ai senti une chaleur envahir chaque partie de mon corps, un éclair de lucidité m’a fait reprendre mes esprits. J’ai pratiquement fui et couru à mon appartement.

Le lendemain, l’atelier est vide lorsque je pars travailler. À mon retour, le soir, il est là. Je jette un œil à l’œuvre. Elle a bien avancé. La poitrine est parfaitement dessinée, je regrette presque, que ce ne soit qu’un buste. Je me fais le plus discrète possible mais le sculpteur sent ma présence.
« Je suis dans les finitions, si ça vous dit de regarder ».
« Je ne voudrais pas déranger ».
« Ça ne me gêne pas » dit-il d’un air malicieux.
Cet homme m’intrigue et je ne peux m’empêcher de repenser aux sensations provoquées la vieille. Je reste contre la porte et regarde ces mains. Il joue avec sa statue comme si c’était une femme en chair et en os.
Ces doigts comme une douce caresse se posent sur la bouche. La scène est très sensuelle. J’ai l’impression qu’il veut que cette bouche inerte s’ouvre sous la pression de son doigt. Ou j’ai envie que son doigt se faufile en douceur dans ma propre bouche, que je m’en délecte, que je le prépare à aller dans un endroit plus intime de mon corps.
Ma respiration est plus rapide, je perds le contrôle de moi-même. La porte me retient plus que mes propres jambes.
Je respire un grand coup. Je ne me rends pas compte que perdue dans mes pensées, mes yeux se sont fermés. Lorsque je reprends le contrôle, je croise son regard.
Une tension sexuelle pèse dans l’atelier. Une fois encore j’aurais voulu être cette statue. Cet homme joue avec mon envie par le biais de sa création.
Je le vois prendre un pinceau qu’il agite avec douceur sur la poitrine. J’imagine à ce moment, un petit plumeau caressant chaque once de mon corps, Son regard sur moi en dit long. Mon corps cri intérieurement son désir d’être possédé.
Après avoir joué avec son pinceau, ce sont ces mains qui englobent la poitrine parfaite de la statue. Il me regarde, soutient mon regard. Je n’ai plus de doute, nous sommes dans un jeu sexuel. Il palpe, agace les tétons tout en me regardant. J’ai envie qu’il me possède. Il comprend mon désir en voyant pointer mes seins. Il ne s’approche pas pour autant, continuant à jouer avec la sculpture. Je sens mon désir humidifier mon entre jambe. Je me retiens de ne pas glisser ma propre main dans mon intimité. Je contiens mon envie furieuse de m’approcher de lui pour remplacer sa statue. Rien qu’à le regarder faire, à croiser son regard, mon désir s’intensifie, je ne le contrôle plus, une jouissance sourde m’envahit. Je la garde pour moi. Seul mon corps agité trahi l’effet qu’il me fait et le plaisir qu’il vient de m’offrir. Et comme la vieille, je fuis, presque honteuse d’avoir joui même discrètement face à un sculpteur s’amusant avec le torse d’une femme d’argile.
6

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !

Nouvelles

La Terrasse

Hermann Sboniek

C’est une terrasse en bois au-dessus de la jungle Birmane. Elle ceinture une maison construite à flanc de colline. Sa partie la plus large semble posée sur des frangipaniers en fleurs. Puis le ... [+]

Nouvelles

La dernière cigarette

Valoute Claro

II y a quinze ans, mon mari et moi prenions toujours une semaine de vacances au mois d’août. Depuis cinq ans, trois jours semblent nous suffire.
Cette année ce sera… une nuit.
Ça me va. Il me ... [+]