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James Wouaal

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En compétition

Pierre partageait depuis sept ans, avec six livres de poésie et un jeu de fléchettes, une chambre chez sa grand-mère. Elle était concierge, avenue de Versailles, d’un immeuble propret plein d’antiques et acariâtres bourgeoises. Toutes, plus veuves les unes que les autres, se disputaient le jeune homme à coups de sourires amovibles et de flatteries surannées. Il était devenu le soleil de cet univers aux rances senteurs d’encaustique. Le messager d’un monde aigre, fait de marches d’escalier assassines qui vous déposaient, essoufflé et inquiet, face à des corridors sombres et froids comme des tombeaux. Plus loin, dans des salons figés et sous de lourdes et infatigables pendules, de beaux militaires à moustaches posaient comme des paons sur les tablettes en marbre de cheminées désaffectées. Là, au creux de tasses périmées à la porcelaine ridée, fondaient tous les après-midi du monde entre des doigts tordus d’arthrite et d’angoisse.

Mais lui préférait l’odeur de la rue à celle de cet antre mourant. Il avait, à force d’obstination, déniché un poste d’homme de ménage à la Sorbonne et s’acquittait de cette tâche avec une sorte de passion respectueuse. Il se levait chaque nuit à deux heures et traversait la moitié de Paris pour se rendre à son travail. Au matin, ses petits travaux accomplis, il croisait les premiers arrivants. C’était de beaux jeunes gens de son âge qu’il mitraillait de timides bonjours, tout en les écoutant évoquer Mao et de Gaulle comme s’ils avaient dîné à leurs tables la veille.

Ce mois de mai s’annonçait mal. Les couloirs ne désemplissaient plus. L’ambiance était lourde et électrique. La veille, on avait tenté d’incendier un local au cœur même de la prestigieuse université. Depuis, on ne parlait que de milices fascistes et de tentatives de meurtre, on appelait à la résistance et on lâchait parfois ce mot qui serait celui du mois : Révolution. Pierre se dépêchait, dans quelques minutes, il irait boire un café au Dauphin et se poserait en terrasse. Il regarderait les filles trottiner vers leurs mystérieuses vies de filles et ses frères éboueurs jeter dans leurs camions à bennes les peaux mortes du monde. Ensuite, il ferait quelques flippers puis rentrerait dormir deux ou trois heures avant de se relever pour une journée toute neuve. C’était un contemplatif aux goûts simples. Il aimait lire des poèmes, se promener au hasard des rues en se les récitant et regarder les fesses des filles qui marchaient devant lui. Il aurait bien aimé aborder une de ces merveilles qui le croisaient parfois en souriant et en se donnant des coups de coude, mais il ne doutait pas qu’elles se moquaient de lui. Il souffrait de la modestie des idiots. Il était si grand, qu’il dépassait la plupart des hommes de deux têtes. Son corps avait hérité, d’ancêtres laborieux, tout un tas de muscles longs et puissants. Son regard était noir et ses yeux plus encore, mais il avait le visage d’un archange bienveillant. Il marchait parfois comme un roi, pris par le rythme de quelque poésie guerrière, mais il baissait la tête et rentrait les épaules dès que son dernier vers mourait entre ses lèvres.

Il était beau, mais se croyait laid depuis un jour brûlant de son passé où son amour lui avait ri au nez. Elle s’appelait Nadège, il la trouvait belle et il s’était risqué à lui caresser la main dans le bus qui les menait au collège. Cette scène, il l’avait revécu chaque jour de sa vie. Il s’était résolu, pour trouver le courage de ce geste, à avaler une grande rasade d’un cognac oublié dans le placard à alcool de sa grand-mère. Lorsque le liquide bouillant avait fait irruption dans son estomac, pour s’y confronter à son café au lait du matin, il avait bien pensé mourir. Chacune des cellules de son corps s’était alors enflammée. Ravalant sa bile, il avait bondi sur le palier, aussi décidé que s’il partait combattre les Maures aux portes de Grenade pour en revenir en héros épouser sa Chimène. Il fut défait par un rire stupide et niais. La main de sa Nadège s’arracha à la sienne comme si une guêpe venait de la piquer. Il en fut si malade, si bouleversé, qu’il en garda une peur phobique des filles dont il tombait amoureux.

Ce 3 mai, il eut un mal fou à accéder à sa Sorbonne. Elle était, plus encore que la veille, envahie d’exaltés qui tous semblaient prêts à guillotiner un roi. Des étudiants de Nanterre, accompagnés de leurs leaders, étaient attendus en renfort. On s’apprêtait à repousser les assauts de troupes fascistes qu’on disait déjà en marche. On s’armait de tout ce qu’on trouvait et l’on se disputait déjà un peu, avec les maoïstes, sur la façon de gérer le monde post révolutionnaire. Pierre, qui commençait à se demander si tout ce chambard n’allait pas le priver de sa prochaine paye, se mit quand même au boulot sous l’œil ahuri des étudiants. « On tient la Sorbonne » ! ne cessaient-ils de répéter. Lui tenait à son job et il était bien décidé à faire sa tournée habituelle.

Il s’entrava dans Rochelle. Elle dormait en chien de fusil dans le grand placard de rangement où il remisait ses balais. Elle se redressa brusquement avec un cri de chiot... lui fit un pas en arrière. C’est de là, de cette perspective plongeante, dans cette pénombre, qu’elle lui apparut, assise, ses yeux mauves écarquillés, cherchant dans sa mémoire où elle pouvait bien se trouver. Elle était si belle, que tel un soldat fataliste pris d’un courage suicidaire, il refit son pas vers l’avant. Il alluma le réduit tout en bafouillant de vagues propos avec des mots faits de consonnes. Elle s’éclaira d’un sourire désolé et piteux. Elle avait une coupe à la Jean Seberg dans « À bout de souffle », le seul film qui comptait pour lui. Elle lui dévoila une rangée de perles minuscules où se distinguaient deux canines pointues qui lui donnaient un air cruel et adorable. Il fut pris de panique et ordonna à ses jambes de s’enfuir... elles refusèrent.
— Oh... je suis désolée. J’en pouvais plus de toutes ces AG.

Elle ne dit rien de plus, comme si elle venait, par cette étrange sentence, d’expliquer la marche du monde. Elle lui tendit une main pour qu’il l’aide à se redresser et il chercha, là encore, à prendre la fuite. Elle se refusa à la retirer. Il s’en saisit enfin comme d’un morceau de son passé à qui le destin venait d’accorder une seconde chance. Lorsqu’elle fut debout, minuscule, face à lui si grand, elle regarda en souriant ce petit bout d’elle-même qu’il avait fait prisonnier et qu’il ne semblait pas décidé à lui rendre. Il devint d’un seul coup plus rouge qu’un drapeau et la lâcha brusquement. Il cracha un étrange borborygme, constitué lui, presque exclusivement de voyelles et, pour la troisième fois, il prit la fuite sans faire un geste.
— J’ai besoin d’un café ! Tu m’accompagnerais ?
— Vraiment ? Je veux dire... tu veux vraiment que je t’accompagne ? Enfin non... Je veux dire... oui !
Ils n’avaient pas fait dix mètres sur le boulevard qu’elle glissa de nouveau sa main dans la sienne. Il la prit comme il avait pris un grillon, un jour lointain, dans sa vie d’enfant, celle d’avec ses parents, pour le ramener chez lui et le montrer à sa petite sœur.

Ils burent des cafés et se burent l’un l’autre. Ils partirent au hasard des trottoirs et il lui avoua, comme on avoue un meurtre, aimer les poètes. Indulgente, elle ne songea pas à en rire. La matinée, puis l’après-midi ne durèrent que quelques secondes. Ils se retrouvèrent enfin, sans même avoir compris comment, aux abords de la Sorbonne à crier avec une foule qui faisait face à plusieurs centaines de gardes mobiles. Lorsque les policiers commencèrent à évacuer les étudiants piégés dans la FAC, elle l’entraîna à sa suite pour participer à la résistance. Entravés par leur amour naissant, ils furent parmi les premiers à être jeté dans les fourgons. C’est là qu’elle lui posa un léger baiser sur les lèvres et qu’il crut en mourir. Tout devint flou, il était ivre. On les relâcha dans la nuit et ils la finirent, de rue en rue, tout en haut du Sacré-Cœur. Paris s’éveille, chantaient quelques transistors, eux se séparèrent enfin pour s’en aller dormir.

Il continuait à se lever tôt et gagnait sa Sorbonne où il s’occupait, en attendant qu’elle et le soleil se lèvent, à nettoyer distraitement des morceaux de couloir. Lorsqu’enfin elle débarquait, elle se jetait dans ses bras puis lui rendait cette main qu’il avait décidé d’adopter. Ils vivaient alors quelques heures d’amoureux. Ils ne savaient toujours rien l’un de l’autre. Ils ne parlaient que d’Apollinaire, un peu, et des événements, beaucoup.

C’est toujours par un café au Dauphin que commençaient leurs journées. Ils traversaient ensemble les décombres du monde, enjambant les gravats et saluant poliment les ouvriers chargés de faire disparaître les pitoyables barricades qu’ils aideraient à reconstruire tout à l’heure. Pierre traversait ces rues et ces soubresauts du monde dans un état d’hébétude absolue. Il lui semblait que tous les amis de sa Rochelle ne cassaient cette ville que pour eux, pour la mettre au diapason de la violence de leurs sentiments. Ils semblaient vouloir faire table rase avant de reconstruire là, sur toute la surface du Quartier latin, un gigantesque écrin de liberté à la mesure de cette délicieuse et douloureuse déflagration qu’ils repoussaient de jour en jour. Tous deux sentaient confusément que cette apothéose marquerait le sommet de leur existence. Cette frustration, qu’ils s’infligeaient heure après heure, les tourmentait tellement qu’ils devaient parfois, pour ne pas s’abattre sur un trottoir et l’assouvir à la face du monde, se jeter dans des cages d’escalier et s’entre-dévorer de caresses jusqu’à ce que leurs deux cœurs se décident à jouir. Ils repartaient alors dans les rues dévastées, plus souffrants encore, en s’infligeant d’interminables préliminaires au travers de leurs deux mains enlacées.

L’après-midi, c’en était fini de la romance, Rochelle prenait les choses en main. Elle l’entraînait jusqu’au cœur des émeutes. Elle l’avait présenté à tous ses amis. Ceux-là le regardaient comme un de ces tableaux surréalistes auquel on ne comprend rien, mais qu’on affirme trouver sublime. Il devint en peu de temps, pour leur petite bande tout du moins, le représentant du prolétariat. On s’appliqua donc à le laisser dans un coin pour décider de son avenir. Il ne s’en offusquait pas, il vivait ailleurs, dans un monde myope d’où seul un visage émergeait. Chacune de leurs journées semblait aussi vaste qu’un continent et aussi courte qu’un soupir. Rochelle s’était improvisée infirmière, elle lui promettait de se tenir loin des affrontements, mais, de blessé en blessé, elle finissait toujours par se rapprocher du front. Lui ne servait à rien, il se contentait de la respirer des yeux et de courir derrière elle lorsqu’il leur fallait abandonner une position à l’ennemi.

Le 10 mai, la nuit ne tomba pas. Le monde s’était repeint de gris et transformé en déflagrations, en cris, et en toutes sortes de sonorités. Rochelle, une musette pleine de pansements et de mercurochrome en bandoulière, semblait une Gavroche descendu du ciel pour adouber la révolution. Cette fois, le sang coulait, il trempait même les pavés qu’on n’avait pas encore eu le temps de jeter. Il s’efforçait de toujours l’éloigner du danger, mais elle était de cette étoffe qui fait les héroïnes de guerre et elle soignait, de gré ou de force et en pleurant parmi les gaz, tout ce qui ressemblait un peu à une égratignure.

La foule des émeutiers, tantôt affolée tantôt agressive, respirait maintenant d’un seul souffle et se déplaçait d’un même et ample mouvement. Chargée, elle poussa un grand cri avant de refluer vers le haut du boulevard. Pierre tenta d’arracher Rochelle aux pavés et à son blessé du moment, mais elle se débattit. Lorsqu’il se résolut à l’enlever et à la jeter sur son épaule, les matraques brandies les menaçaient déjà. Il eut beaucoup de mal à arracher son grand corps lesté d’insomnies à l’attraction terrestre. Lorsqu’il y parvint, le bruit des bottes des gardes mobiles frappait déjà celui de ses propres pas. La masse d’en face semblait, elle aussi, avoir pris vie et passait à l’attaque. C’était maintenant deux entités qui s’affrontaient là. L’une, jeune et folle, s’ébrouait en tous sens comme une génisse lâchée dans son premier pâturage de printemps. L’autre, abasourdie de rage et d’incompréhension, frappait comme un vieux buffle cerné de chacals affamés. Il entendit comme un bruit sourd et ignoble juste derrière sa tête, mais il ne ressentit aucune douleur. Il accéléra sa course et s’arracha à la meute.

Elle lui avait promis qu’ils le feraient ce soir. Elle n’avait pas voulu lui dire où. Il l’aurait portée jusqu’au bout du monde, il l’aurait couchée sur le sol de la lune pour enfin pouvoir mourir en elle. Ses poumons, moins romantiques, lui posèrent un préavis de grève, ses jambes implorèrent pitié. Il abandonna les boulevards et s’en alla déposer son fragile fardeau dans une ruelle près du Luxembourg. Lorsqu’il vit le sang dans ses cheveux et sur son visage, il comprit enfin d’où était venu ce bruit mat. Il chercha d’abord, tout autour de lui, un trou dans le temps par lequel se faufiler pour revenir en arrière. Elle était inconsciente, la matraque lui avait ouvert le crâne sur plusieurs centimètres. Elle avait perdu sa musette et lui perdit la tête. Un jeune garçon vint lui mettre une main sur l’épaule tandis qu’il ne cessait, encore et encore, de cracher sur son mouchoir et d’essuyer son front. Il lui laissa sa garde et partit en courant.

Trois policiers l’arrêtèrent alors qu’il venait de fracasser la vitrine d’une pharmacie. Il leur résista comme une mère louve empêchée de rejoindre ses petits. On le jeta dans une immense cage où d’autres saignaient comme lui en insultant les murs et les flics. Avant même d’avoir compris ce qui lui arrivait, il fut mis dans un train en partance pour l’Allemagne. Là, on l’habilla en soldat pour lui apprendre à défendre ce pays qui venait de le trahir.

Il dut attendre quatre longs mois avant de revenir à Paris. Elle avait disparu, tous ses amis avaient disparu, le printemps lui-même avait disparu. La Sorbonne seule était encore là, mais elle refusa de le reconnaître. Il lui fallut encore près de deux ans pour retrouver sa trace. Mai était revenu lorsqu’il l’aperçut enfin, lui tournant le dos, derrière les grilles d’une riche propriété du Poitou. Elle tenait un garçon par la main, un grand type blond qui lui souriait tendrement. Lorsqu’il remonta dans son train, deux heures plus tard, il pleurait sans larmes et sans but. Il étreignait, tout au fond de sa poche et d’une main orpheline, un vieux mouchoir couvert de taches brunes. Rochelle se retourna et lâcha la main de son frère. Une grande silhouette, comme elle croyait en voir si souvent, sembla disparaître là-bas, derrière la grille de la propriété. Décidément, elle ne guérissait pas de lui. Elle se mit à pleurer.

Paris s’est rendormi. On a drapé les deux boulevards rebelles de longs et noirs étendards de bitume. Les pavés, patients, sommeillent en dessous.

PRIX

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F. Gouelan · il y a
La fin est subtile.
L'ensemble est très bien écrit, les personnages creusés, l'ambiance bien dessinée. Un style plaisant.

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James Wouaal · il y a
Merci Françoise !
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Joëlle Brethes · il y a
Terminer sur un quiproquo qui sépare de nouveau les deux protagonistes est affreusement cruel, James ! On devrait pouvoir retirer des votes à l'auteur coupable de ce genre de crime textuel ! ;)
Ceci dit, bravo pour l'écriture, brillante notamment au début ("Wouah"(al) m'a d'ailleurs échappé ! ;) avant la triste chute.
Jolie et discrète critique, au passage, de la sphère sociale :)
Bravo !

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Zutalor! · il y a
Endiablé, ce texte ! Enwouaalé, même !
Du lourd, au bon sens du terme...
(cru voir deux petits trucs :
- ils s'attendaient à être jetéS
Et, peut-être :
- avant d'avoir compris ce qu'IL lui arrivait.)
:O)

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James Wouaal · il y a
Merci de ta lecture et d'avoir relevé ces petites fautes mon Zut !
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RAC · il y a
Très bien écrit et très fluide, Kom Dab !
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James Wouaal · il y a
Merci !
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M. Iraje · il y a
Une poésie permanente déverse son émotion entre chaque pavé.
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cath44 · il y a
Coucou James, c'est vraiment une très belle histoire d'amour, qui en plus nous plonge dans une période où j'étais encore trop petite, pour avoir quelques souvenirs. Agréable lecture, de bon matin !
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James Wouaal · il y a
J'en suis enchanté... vraiment !
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Bruno Malivert · il y a
Sans voix ! mais ******
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michel jarrié · il y a
Etreignant en diable ! On parcourt votre texte partagé entre le naïf et l'angoisse le tout sublimé par ce merveilleux Amour. Bravo !
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Hellogoodbye · il y a
un texte ciselé pour un mélange d'amour et de rébellion ! bravo +5
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jusyfa *** · il y a
Beaucoup d'émotions dans cette jolie romance, votre plume est accrocheuse, bravo ! *****
Julien.
Si votre temps vous le permet : https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/que-la-mort-soit-de-la-fete
en lice du GP été 2019. (plus que 2 jours )
Merci.

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