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Le Rendez vous

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Aimjé

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Il était arrivé en avance, il n'était pas question de rater cette soirée.
Ce premier rendez vous avec une femme qu’il connaissait à peine le faisait trembler comme un gamin. Il se souvenait de son premier rendez-vous avec une jeune fille, il avait les mains moites et la bouche sèche tellement c’était nouveau et inattendu. Il avait peur. Peur de faire une gaffe, peur de la décevoir, peur de n'être pas à la hauteur. Pourtant cela faisait plusieurs mois qu’ils échangeaient des e-mails ou qu’ils chataient sur la toile. Jamais ils ne s’étaient vus, elle ne voulait pas de rencontre vidéo, elle disait qu’elle aurait eu l'impression d'être une hôtesse de site porno. Ce sur quoi il était tombé d’accord.
Ils s'étaient rencontrés sur “JAMAISEULA2”, un site pour adultes d’un âge certain qui souhaitaient rompre leur solitude, c’est du moins ce que la publicité qu’il avait reçu proposait. Mais il n’y avait pas que cela, à en juger par les photographies suggestives des jeunes femmes aux pseudos exotiques proposant des rendez-vous hot.
Depuis que son épouse etait partie, il s’était retrouvé seul après près de quarante années de vie commune. Depuis ce véritable tsunami sentimental il n’avait pu avoir aucun contact avec d’autres femmes. Bien qu’il ne veuille pas remplacer la femme avec laquelle il avait vécu si longtemps, la compagnie d’une femme lui manquait cruellement. Il n’avait pas envisagé que la séparation puisse provoquer cette réaction.
Mais la vieillesse, et la solitude avaient eu raison de ses résolutions. Il ne fallait jamais dire jamais.
Il cherchait une amie pour partager sorties, dîners, visite de musées ou d’exposition et surtout parler de choses et d’autres. Avoir des discussions sur des sujets sans importance lui manquait c'était très bizarre ce besoin puéril. La fiche qui avait attiré son attention et sur laquelle il s'était arrêté concernait une femme plus jeune que lui à n’en pas douter. D'après les informations qu’elle avait indiquées elle était veuve et cherchait la même chose que lui. En mal de relation sociale elle souhaitait rencontrer quelqu’un pour amitiés et sorties. La fameuse phrase “et plus si affinités “ ne faisait pas partie de la description et c’était tant mieux. Il ne souhaitait pas du tout entamer une relation amoureuse ou sexuelle à presque soixante dix ans.
Sa fiche indiquait qu'elle vivait à Cannes. Le portrait qu’elle avait joint à son descriptif montrait un visage agréable, des cheveux noirs courts légèrement ondulés et des lèvres faisant une légère moue. Son visage absent de rides était agréable. Elle portait des perles blanches aux oreilles, mais c'est surtout son regard noir et profond qui l’avait intrigué. Il ne savait pas pourquoi mais il exprimait à la fois de la tristesse et une force de caractère singulière. Elle avait choisi “Fleurisolee” comme pseudo, drôle de choix mais il en avait vu d’autres bien plus explicites.
Sans croire qu'il pourrait l'intéresser, il avait pris son courage à deux mains et envoyé un gentil message de contact. Quelques secondes plus tard il avait eu une réponse. Paniqué par le retour immédiat, il n'avait pas su quoi faire. Il avait écrit des banalités insipides en se deandant ce qu'elle allait penser. Mais elle répondit gentiment avec élégance. Il pensa qu’elle aussi devait avoir envie de rompre sa solitude. C’est ainsi que leur « e-relation » avait débutée.
Leurs échanges devinrent réguliers et petit à petit ils se découvrirent un peu plus tous les jours, enfin à chaque connexion. Elle parlait de sa situation de veuve, mais aimant la vie et les sorties, elle ne souhaitait en aucun cas visiter seule une exposition ou un musée. Elle avait eu l’habitude d’être accompagnée et depuis la mort de son mari les amis qui du temps de son couple venaient régulièrement s'étaient éloignés petit à petit. Les visites s'étaient raréfiées sans raison apparente, à moins qu'elle ne soit devenue un danger pour ces épouses. Une femme libre, encore belle......
Lui aussi lui disait tout ce qu’il faisait, c’était finalement peu de chose, beaucoup de lectures, de promenades solitaire au bord de la mer et des mots croisés. Quand il rencontrait ses enfants sur Skype la plupart du temps, il ne leur parlait pas de cette relation amicale qu’il avait noué. Non pas que ses enfants soient contre, mais il se sentait un peu gêné d’avouer que la solitude était un poids trop lourd à porter. Leurs emplois du temps ne leur laissaient guère de temps pour venir le voir. La technologie avait tout de même du bon et puis il y avait les petits enfants qui commençaient à être de plus en plus intéressants.
Cela durait depuis plusieurs mois, ils ne s'étaient jamais rencontrés physiquement. Cette relation "sans contact visuel" lui pesait et il lui fallait la convaincre d’une rencontre. Il ne pouvait pas comprendre que l’on ne puisse être en connexion que virtuellement.

Après un temps qui lui parut raisonnable il lui avait proposé un dîner amical. Ce fut un soulagement lorsqu'elle accepta, et c'était justement ce soir. Il s'était habillé sobrement mais avec bon goût, il se devait d'être à son avantage. Même sa vieille voiture avait été nettoyée, briquée et aspirée. Elle était tout à fait présentable.
Elle lui donna rendez vous à la gare préférant venir à Nice en train, elle n’aimait pas conduire la nuit. Surpris par ce “drôle d’endroit pour une rencontre “ il lui proposa de la raccompagner si elle le souhaitait. Contre toute attente elle ne refusa pas cette proposition non plus. Il avait réservé une table dans un bon restaurant de la ville mais pas trop huppé. Il pensait que pour un premier rendez-vous il fallait la mettre à l’aise.

Il s'était posté à la sortie des quais pour qu’elle puisse le retrouver sans difficultés. Le train qu’elle lui avait indiqué était déjà arrivé et tous les voyageurs sortis. Il consulta l’écran d’affichage pour s’assurer que c’était bien celui qu’elle lui avait indiqué. Elle devait sans doute être encore dans le tunnel de sortie il n’y avait pas lieu de s'inquiéter. Plusieurs minutes s'écoulèrent et le train quitta son emplacement pour se diriger vers la destination suivante. Il dû se rendre à l'évidence, elle n’était pas là. Il pesta contre son incrédulité, comment pouvait-il penser qu’elle se rendrait à un rendez-vous avec un inconnu ? Il était vraiment un idiot et à son âge c'était de la sénilité précoce. Si cela se trouvait elle était très jeune et était réellement une hôtesse du site, entretenant des dizaines de relations avec des dizaines d’idiots comme lui.
Il ne savait pas quoi faire - partir ? Rester ?- il consulta de nouveau le tableau d’affichage des trains au moment où celui-ci fit retentir son cliquetis de castagnettes. Il respira en voyant qu’un autre train en provenance de Cannes était annoncé une vingtaine de minutes plus tard. Il lui donna une autre chance, il se dit qu’elle avait dû prendre le suivant, un TGV plus confortable.
Il s'assit sur un siège en plastique rouge froid, laid et inconfortable comme seule la SNCF savait les choisir. Il se demandait qui pouvait avoir de si mauvais goûts.
Le bruit ou plutôt le vacarme s'était estompé en attendant la prochaine arrivée. Le grand hall était calme, froid et presque vide. Seules quelques personnes déambulaient sans but précis. Il était perdu dans ses réflexions mobilières quand une voix nasillarde incompréhensible annonça dans des hauts parleurs mal réglés l'arrivée du TGV. Des cris d’enfants, des coups de sifflets, le choc de wagons et des freins qui crissent indiquèrent que le train, était à quai.
Il quitta son siège et retrouva sa place pour l'accueillir. L’attente fut interminable, il y avait beaucoup de monde et les effusions heureuses cachaient la vue gênant le passage des personnes pressées de rentrer chez eux après un long voyage. Enfin il n’y eut plus personne et comme précédemment le train quitta le quai sans qu’elle n’apparaisse. Elle n'était pas descendue de ce train là non plus.

Il n’avait eu aucun message pour le prévenir, elle avait dû sans doute réfléchir et n’avait pas voulu le rencontrer en chair et en os. Ou bien elle était effectivement une jeune étudiante exerçant le métier d’hôtesse pour payer ces études. Il avait deja vu un reportage qui parlait de cela. Mais c'était toujours mieux qu’un robot doué d’une intelligence artificielle capable d’entretenir une conversation avec n’importe qui, soit son interlocutrice du net. Les algorithmes étaient de plus en plus efficaces à ce qu'on disait.
Il avait peut-être discuté avec un robot depuis des mois, mais comment savoir ?
Il décida que non il ne pouvait pas s’être fait berner de cette manière. C'était une personne avec qui il avait échangé des dizaines de mails racontant ses envies et ses souvenirs. Il lui semblait impossible qu’un robot puisse exprimer des sentiments humains et surtout puisse avoir des souvenirs si precis de lieux, de dates ou de situations.Les remarques qu’il faisait ou les questions qu’il se posait ne pouvait pas à son avis être comprises, analysées et répondues par un robot. Nous n’en étions pas encore là, du moins il le pensait, mais il avait un doute tout de même.
Il était dépité et triste mais surtout s’en voulait d’avoir pu croire qu’une inconnue allait le rejoindre pour un dîner.
Il était trop tard de toutes les façons, le prochain TER venant de Cannes n’arriverait pas avant deux bonnes heures. Il composa nerveusement le numéro du restaurant pour annuler la réservation.
Il regagna le parking et reprit sa voiture. Le parking mal éclairé, était presque vide et un sentiment d’épouvante le saisit. Il se reprit et se dit que c’était sans doute à cause de ce rendez-vous raté, qu’il avait un sentiment pareil. Cela ne lui était jamais arrivé avant ce soir. La soirée qu’il avait imaginé, s'était transformée en visite de la gare et ses sièges, la consultation des horaires des arrivées ou des départs. Tant pis pour lui, c’était trop beau pour être vrai. Il aurait dû se méfier d’internet, le virtuel resterait toujours virtuel. Néanmoins il avait passé de bons moments lors de ces échanges électroniques. Et si c’était un robot il tirait son chapeau aux ingénieurs qui l’avaient conçu. Il monta dans sa voiture respirant le propre et lui parla comme à une personne- tu as eu ton bain de l’année mais elle n’est pas venue, tu ne la connaitras pas - . Il consulta son Smartphone, il n’y avait pas eu d’intrusion dans sa villa. Aucune alarme et rien à signaler. Il pouvait rentrer dormir. Seul.

&&&

Tournant lentement la cuillère dans son bol de café ,le regard perdu au loin à travers la baie vitrée il repensait à ce qui lui était arrivé la veille au soir.
Il ne savait pas ce qu'il devait faire ou ce qu'il allait faire. Naïvement il avait pensé que son rêve de rencontre allait se réaliser sans embages! Quelle stupidité, il s'en voulait de vouloir qu'un rêve se réalise! Mais les rêves sont des chimères qui nous entraînent dans des chemins inconnus et tortueux de notre âme. Sans rêves quel sens donner à notre vie?
Il avait faim, il sourit intérieurement et beurra grassement des tartines de pain. Il déjeuna de bon coeur entre oublia presque sa mésaventure .
Il descendit dans sa chambre pour prendre sa douche, en arrivant au bas de l'escalier il jeta un coup d'oeil à l'ordinateur . L'écran etait noir. Il hésita un instant mais se détourna et s'adressa avec véhémence à la machine- Inutile de me regarder comme ça aujourd'hui je ne t'allumerais pas- et il se dirigea vers la salle de bain.
Toute la matinée il passa et repassa devant la machine toujours muette. À chaque passage il regardait l'écran noir en maugréant - Non je ne regarderais pas mes mails.
La journée s'effilocha comme si rien ne s'était passé. Le soir arriva, solitaire,
sombre et silencieux. Il dinna légèrement et s'installa devant son poste de télévision, sans grand intérêt pour les images qui défilaient devant lui. Étendu sur son canapé ,son esprit était ailleurs. Son cerveau n'arrivait pas à se concentrer sur les images du téléviseur, sans cesse il se remémorer ce que son épouse lui disait - Tu crois trop au virtuel ,et un jour tu te perdras, le reel est têtu . Même si il n'était pas toujours d'accord avec elle, il devait convenir qu'aujourd'hui elle avait sûrement raison.
Lui qui dormait comme un bébé malgré son âge, eu du mal à trouver le sommeil cette nuit la. Il tournait et retournait dans son lit. Finalement il se leva au beau mieu de la nuit et se planta devant son MacPro. Bon tu as gagné lui dit-il et appuya sur le bouton marche. Le fond d'écran qui montrait ses enfants apparus. Il regarda longuement l’image des ses enfants souriants et hésita avant de frapper son mot de passe sur le clavier.
Immédiatement il se précipita sur l'icône du courrier . Comme de bien entendu à part les publicités innombrables il n'y avait aucun signe de Fleurisolee. Après tout c'était lui qui avait demandé cette rencontre. Cette rencontre etait son idée à lui, il avait tout gâché encore une fois. Fallait-il lui ecrire? Lui demander des comptes? Il commença un courrier
'Ma Chère Fleurisolee
Hier soir je vous ai attendu et vous n'êtes pas venu. Je ne vous en veux pas mais je m'étais fait une joie de vous recontrer. Il me semblait que nous avions un tas de choses à partager. Le proverbe dit " l'homme propose et la femme dispose" . Vous avez choisi et je respecte profondément votre décision.'
Il s'arrêta et relut ce qu'il venait d'écrire.C'était idiot. Cette rencontre arrivait sans doute trop tôt, elle ne devait pas encore être prête à nouer une relation.
Non décidément c'était une mauvaise idée, pourquoi lui demander des comptes, de quel droit? Il referma le mail sans l'envoyer.
Il soupira profondément et se rendit sur le site de rencontre, il n'y avait pas de message non plus. Il réfléchit un instant puis rageusement supprima intégralement son profil. Il était inutile de vouloir trouver une amie sur le net, mieux valait faire confiance au hasard. Il y avait bien d'autres moyens de faire des rencontres. Avec les dizaines d'associations seniors qui existaient, il devrait pouvoir rencontrer des personnes de son âge. Il fallait juste faire l'effort d'y aller. C’était ca le hic, encore fallait-il s’y rendre, prendre son courage à deux mains et oser se présenter aux autres. Mais voilà il avait toujours était timide, trop timide. Il ne voyait pas comment changer à son âge. Pourtant il avait souvent fait des efforts pour les besoins des uns ou les autres, et ce n’était pas si difficile. Songeur il referma son ordinateur et retourna se coucher. Il s'endormit instantanement.

&&&

Cela faisait plusieurs mois que sa mésaventure s'était passée. Il avait dû batailler avec le service comptable du site pour résilier son abonnement. Ces gens ne voulant pas perdre un client idiot qui leur rapportez des euros! Mais sa détermination eu raison du comptable et des nombreux mails de relance qu'il reçu pendant de longues semaines.
Plus jamais il n'eut de nouvelles de " Fleurisolee". C'était fini et bien fini. Toutefois il se demandait parfois lorsqu'il y repensait pourquoi cette simili histoire s'etait-elle terminee ainsi. Qu'avait-il fait ou dit qui puisse entraîner une fin si brutale? Au plus il y pensait et au moins il comprenait, il se souvenait alors des mots de son Medecin 'j'ai renoncé à comprendre les femmes, parce qu'elles sont incompréhensibles '. Il avait sans doute raison. Il n'y pensait plus, tout du moins plus qu'épisodiquement.
Il était assis sur un banc face à la mer, en train de lire quand une femme vint s'assoir à côté de lui. C'était une belle femme, d'une cinquantaine d'années, avec une chevelure rousse, abondante, ondulée presque frisée. Elle avait de grands yeux verts, les mains etaient soignées et les ongles faits. Elle portait une tenue sport mais plutôt chic. Il lui adressa un sourire et se replongea dans la lecture de son livre. Elle lui rendit son sourire , sorti une revue et se mit elle aussi à lire. Rien ne se passait, et seul le bruit des voitures sur la promenade venait troubler la quiétude de ces deux la. Au bout d'un moment elle se tourna vers lui et lui demanda
- C'est drôle mais on entend pas le bruit des voitures lorsqu'on est ici!
- Oui c'est la mer qui les absorbe pour nous laisser tranquille
Elle sourit et continua la conversation,
- Vous venez souvent ici?
- Assez souvent, j'habite à deux pas d'ici et j'aime beaucoup lire face à la mer. Lorsque le soleil est plus chaud je descend sur la plage et on y est encore mieux. Et vous?
- Moi je suis de passage, j'ai eu envie de me balader depuis le centre ville et je suis arrivé ici. J'ai décidé de prendre une pause avant de retourner à la gare.
- Si vous voulez y aller plus vite vous pouvez prendre le bus numéro 12 il vous y conduira directement , sauf si vous aimez la marche. Si ce n'est pas indiscret vous venez de loin?
- Pas vraiment j'habite Cannes
En entendant prononcer le nom de la ville, immédiatement il se raidit imperceptiblement .
- Vois connaissez Cannes?
- A peine, je n'y suis pas allé très souvent, quelques concerts ou expositions seulement. Et vous qu'est ce qui vous a poussé à venir vous promener ici ?
- Et bien je n'en sais rien, je me suis rendu à la gare et j'ai pris le premier train qui partait. J’avais besoin de m’évader un peu. J’allais devenir neurasthénique. Et me voilà. Franchement je ne regrette pas car moi non plus je n'étais jamais venu alors que c'est si proche.
Il hocha la tête en signe d'approbation. C'est vrai que parfois on connaissait mieux les pays lointains que le quartier où la ville d'a côté.
- Vous auriez pu partir plus loin si le premier train allait à Lille ou Berlin non ?
- Sans doute, je l’aurais fait. Avec une carte bleue on peut partir sans aucun bagage
En tous cas c'était une aventurière au moins.
Ils continuèrent à bavarder comme de vieux amis pendant plus d’une heure.
- Bon ce n’est pas que je m’ennuie mais je vais rentrer ce soir chez moi en rangeant sa revue et en se levant
- Bien ce soir ce ne sera pas à l’autre bout de la France dit il en riant
- Oui mais cela m’a fait beaucoup de bien. Vous venez ici tous les jours ?
- Pas tous mais assez souvent
- Ok alors à demain peut-être lui dit elle en lui tendant la main, si jamais je remonte dans ce train qui sait.....
Il prit sa main délicate n’osant pas trop la garder dans la sienne, malgré un désir intense et soudain. Il voulait lui dire qu'il l'attendrait au même endroit et à la même heure mais il ravala sa salive et lui dit
- Pourquoi pas si le soleil est au rendez- vous...
Elle sourit et se dirigea vers l'arrêt du bus en se retournant plusieurs fois en agitant sa main. Comment devrait-il se comporter si d'aventure elle revenait demain ? Il trouvait qu'elle serait une compagne agréable, mais il se dit qu'il y avait peu de chance qu'elle prenne le même train et quand bien même elle le ferait pourquoi diable reviendrait-elle ici. C'était stupide.
Il tenta de reprendre sa lecture, mais il avait été ébranlé par cette discussion et surtout sa fin. Il referma son bouquin et se lit en route pour rentrer.

&&&
Le lendemain il décida de descendre sur la promenade au cas où. Il espérait retrouver la jeune femme avec qui il avait parlé si facilement la veille. Il faisait beau, et son livre sous le bras il trottinait guilleret vers le banc qu'il squattait régulièrement. En arrivant au feu rouge il lança un regard vers le banc. Stupéfait il reconnu immédiatement la chevelure rousse. Elle était revenue. IL n’en croyait pas ses yeux, jamais il n'aurait soupçonné qu'elle reviendrait. Que cherchait-elle ? Songeur il rejoignit le banc avec un peu d'appréhension.
- Bonjour vous avez repris votre train
- Oui asseyez-vous j'ai besoin de vous parler
Il se détendit et s'assit lentement. De quoi voulait-elle lui parler aujourd'hui ? Quelque soit les sujets ils seraient les bienvenues. Il voulait parler avec elle puisqu'elle était venue pour cela, peut-être même pour lui. Bon il ne fallait pas rêver. Il allait lui dire combien il était heureux de pouvoir reprendre la conversation précédente quand elle lui dit
- Vous souvenez vous de "Fleurisolee"
Il sursauta en entendant ce pseudo. C'était celui qui lui avait donné des espoirs insensés et qui l'avait renvoyé à sa solitude. Il ne savait que dire, il bafouilla
- Et bien je l'ai un peu côtoyée sur une messagerie, il y a quelques mois mais elle a disparue ou bien elle a changé de pseudo.
- C'est moi
Cet aveu brutal complètement fou le laissa sans voix. Elle n'avait rien de commun avec celle avec qui il avait échangé pendant plusieurs mois. Mais il ne l'avait jamais vu, alors...alors pourquoi pas. Le net est une boîte noire derrière laquelle n'importe qui peut se cacher. Sans lui laisser le temps de répondre elle reprit
- Je suis désolé de vous avoir posé un lapin, mais je ne pouvais pas, je n'étais pas prête.
- J'y ai pensé mais vous ne m'avez donné aucune explications, je crois que j'aurais pu comprendre. J'en ai conclu que vous aviez trouve quelqu'un d'autre ou bien que vous n'étiez qu'une hôtesse chargée d'entretenir des espoirs pour de nombreux hommes seuls comme moi, a des fins lucratives uniquement. Elle éclata de rire
- Non pas du tout, en fait je n'étais pas très fière de moi et je ne savais pas comment vous le dire. Mais vous avez supprimé votre profil et j'en ai déduit que vous étiez très fâché. Du coup j'ai renoncé à reprendre contact. Je sais que c'est idiot mais c'est comme ça.
Surpris par ces explications il lui demanda pourquoi avait-elle attendu aujourd'hui pour le rencontrer. Pourquoi lui avait-elle joue la comédie la veille, avec son histoire d'aventurière. Il était perplexe. Elle le regardait avec ses grands yeux sans rien dire l'air un peu gênée. Finalement il décida que ce n'était pas si grave, que cela ne servirait à rien de ressasser le passé, seul l'avenir valait que l'on s'y intéresse. Il la regarda droit dans les yeux et sortant sa carte bleue de sa poche il lui dit
- Prête pour prendre l'air ailleurs ?
- Pourquoi pas ou allons nous?
- Et bien à la gare voyons.....
Il se leva et lui donna son bras et il s’en allèrent en riant de bon coeur.
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