Le premier geste

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On ne distinguait pas au premier coup d'œil la magie de sa main gauche. Elle ressemblait en tout point à la main droite. Elles étaient toutes deux d'une blancheur si fine qu'elles en prenaient des reflets bleutés. Les doigts étaient raisonnablement longs, proportionnels à la grandeur du corps qu'ils terminaient gracieusement par des ongles carrés et brillants.
Pour saisir la particularité de la main gauche d'Hermina, il fallait prendre ses deux mains dans les siennes. On sentait alors que la gauche dégageait une chaleur saisissante : une température bien plus élevée que celle du corps, avoisinant sans doute les 40 degrés.
Si la main droite était douce, la gauche était rêche comme du lin brut, comme si elle appartenait à une vieille femme qui aurait beaucoup travaillé de ses mains. Mais Hermina était une jeune femme d'une trentaine d'années et elle n'avait pas beaucoup travaillé. Le vieillissement de sa main gauche trouvait sa source dans son premier geste, dont elle ne se souvenait pas.


Hermina se pressait dans les rues pour éviter à la fois les gouttes violentes de cette journée pluvieuse de juillet et les milliers de touristes qui faisaient leurs achats détaxés dans les grands magasins parisiens. Elle arriva à l'hôpital, essoufflée, mouillée malgré le parapluie, excédée. Elle tenta de se ressaisir dans l'ascenseur qui la portait jusqu'au département oncologie. Elle devait être sereine et disponible pour sa mère.
A chaque fois qu'elle pénétrait dans cette pièce, la fille recevait de plein fouet l'image morbide de sa mère. Elle avait beau venir depuis plusieurs semaines chaque jour, elle ne s'habituait pas à cette vision. Une toute petite personne, une toute petite personne sans cheveux : voilà ce qu'était devenue la grande dame rousse. Le silence l'avait emporté sur la voix gaie, les paroles volubiles et enveloppantes. Le sourire s'était changé en un petit rictus plissé et pitoyable. La maigreur avait gagné sur ses rondeurs sensuelles, rondeurs qu'elle avait combattues toute sa vie : quelle ironie ! Toutefois, quand elle percevait Hermina entrer dans sa chambre, ses yeux s'entrouvraient et une lueur y brillait un instant. La fille prenait alors sa mère dans ses bras, lui susurrant des mots tendres, les mêmes qu'elle avait entendus petite. Elle s'asseyait sur une chaise près du lit de la malade et lui posait la main sur les poumons, ceux là par qui la mort rôdait. La douleur s'évanouissait presque aussitôt. Les deux femmes ne se quittaient pas du regard, elles restaient muettes. La mère semblait apaisée.
Mais approchons-nous d'Hermina et découvrons un chemin brûlant de sueur qui part de sa main gauche, remonte le long de son bras, dans sa nuque, pour finir au sommet du crâne. Son front, ses tempes, ses pommettes étaient écarlates, d'un rouge dont la violence était accentuée par la multitude de gouttes d'eau les couvrant. Hermina brûlait d'un feu intérieur. Cela ne l'inquiétait pas : elle avait appris à le dompter depuis longtemps.
Enfin, au bout de quelques minutes, la jeune femme laissait sa main gauche glisser le long du corps de sa mère, s'attarder sur le ventre, les articulations, les pieds, la nuque. Elle terminait en caressant son visage et le rictus ressemblait un peu plus à un sourire. Les deux femmes commençaient alors à parler, lentement, de banalités.

Aujourd'hui, le médecin chef de service entre dans la chambre et demande à parler à Hermina.
— Il n'y a plus d'espoir de guérir votre mère, elle le sait et a demandé à mourir chez elle. Si vous signez les papiers, elle peut rentrer dès aujourd'hui. Je vous souhaite du courage, ce ne sera pas long.

***

Dans le salon de la mère, les volets ne sont jamais fermés car elle a demandé à profiter du jour et de la nuit sans aucune barrière. On a installé deux lits côte à côte, face à la baie vitrée. Hermina peut rester auprès de la mourante nuit et jour tantôt assise, tantôt couchée, mais lui tenant la main de sa main gauche, inlassablement. Hermina fait la lecture, elles écoutent de la musique, regardent des albums photos, parlent doucement. Mais la mère dort de plus en plus longtemps, de plus en plus souvent. Elle ne souffre pas, elle n'a pas peur. La main d'Hermina est là.

***

Une trentaine d'années plus tôt, des cris et des pleurs d'enfants. Une foule de personnes dans une seule pièce. Des jeux attrayants, des couleurs vives, des livres : l'entrée en maternelle. Hermina ne veut pas lâcher sa mère. Elle est obligée pourtant. Les adultes s'en vont, promettent de revenir très vite. Les pleurs et les cris redoublent dans la classe malgré les paroles apaisantes de la maîtresse et de la dame de service. Hermina ne pleure pas, elle se sent déchirée, il lui manque un morceau d'elle. Elle a l'impression qu'on pourrait entrer en elle, qu'elle n'est plus protégée par son enveloppe. Elle se dirige vers le coin lecture, prend plusieurs coussins et peluches qu'elle dispose tout autour d'elle bien serrés et étreint son doudou. Elle ne sait combien elle reste là, au milieu de son nid de fortune. La maîtresse vient la chercher et lui dit de se ranger avec Camille, une petite fille dont les larmes n'arrêtent pas de couler, pour aller dans la cour. Il faut prendre Camille par la main. Hermina la saisit de sa main gauche. Alors un picotement, dans le poignet, le bras, la nuque envahit Hermina. Elle a chaud, elle transpire maintenant. Camille ne pleure plus et arbore un visage apaisé. Elle demande à aller jouer « plus vite ! » dans la cour.
La maîtresse avait observé la scène. Elle teste par la suite le pouvoir d'Hermina en l'asseyant auprès d'enfants malades, tristes ou nerveux. A chaque fois, sans qu'on lui demande, Hermina écoute les manifestations de l'autre puis pose sa main gauche sur un ventre, un front, une main. On a l'impression que quelque chose circule entre l'enfant malade et Hermina. Celle-ci vit un enchaînement de sensations qui se répètent à l'identique : chaleurs jusqu'à la brûlure, rougeurs et sueurs. Ensuite, la petite s'endort dans un sommeil profond qui ne dure que deux ou trois minutes. Elle s'éveille calme et reposée comme si rien ne s'était passé.

La tentation est grande d'utiliser la magie d'Hermina dans toute l'école. Très vite, elle est appelée dans des classes différentes, dans la cour. Hermina n'évoque jamais ces épisodes et personne ne songe à prévenir sa mère. Elle est finalement avertie par la maman d'un petit garçon dont Hermina a calmé une fièvre forte. Elle comprend pourquoi Hermina n'a pas d'amis et pourquoi les groupes de personnes se taisent quand elles arrivent devant l'école. Elle en parle avec sa fille. Hermina ne se souvient de rien, hormis de grandes chaleurs et des nombreuses petites siestes qu'elle fait à l'école. Elle demande à sa mère qui des autres enfants ont raison : ceux qui la traitent de sorcière ou ceux qui l'appellent « la fée » ? La mère décide de la changer d'école.

***

Aujourd'hui, la mère ne souffre plus et Hermina dort contre elle, la tête dans le creux de son cou.

***

A l'école élémentaire Camille Claudel, Hermina se fait quelques amies : ce sont toutes de petites filles tristes, porteuses d'un grand malheur ou de maladies chroniques. Inlassablement, Hermina éloigne leurs souffrances. Elles butinent autour d'Hermina comme des abeilles cherchant à sucer le nectar d'une fleur rare et sucrée qui sait leur rendre le calme après les tempêtes qu'elles traversent.
Hermina apprend à cacher son don, elle sait déjà en user avec parcimonie. Bien qu'elle ait demandé à ses amies de faire silence, elles ne peuvent s'empêcher de vanter la magie de sa main gauche. Il ne faut pas moins d'un an pour que l'on chuchote, que l'on rie, qu'on s'effraie, qu'on s'écarte sur son passage.
La petite fille demande à ses parents de la changer de quartier afin de ne plus jamais croiser personne qui pourrait la reconnaître. Elle ne voit plus ses anciennes amies et décide de ne plus jamais utiliser son pouvoir apaisant. Sauf pour sa mère. C'est une personne gaie, rayonnante de santé mais elle souffre parfais de vilaines migraines qu'Hermina fait disparaître d'une caresse. La mère l'appelle son petit ange et n'en parle à personne. La petite fille traverse son enfance plus calmement. Elle n'a pas beaucoup d'amies, quelques unes à l'école puis au collège. Elle n'invite personne chez elle et ne va pas dormir chez les unes ou les autres.
Elle ne se sent bien, entière et apaisée qu'en prenant la main de sa mère et en plongeant son regard dans le vert de ses yeux.

***

« Maman ? Maman ? »
Hermina vient de s'éveiller brutalement. Elle s'inquiète, se demande si sa mère est déjà partie. Elle approche sa tête de son visage et sent le souffle fragile de sa mère sur sa joue. La jeune femme se redresse un peu et regarde l'aube pointer. Dans le tilleul du jardin, deux tourterelles roucoulent. Hermina se souvient de celles qui habitaient le grand pin de la maison du Sud. Tous les matins des vacances, au petit jour, elle aimait les écouter s'aimer, effrontément heureuses. Un été, Céline était venue passer quelques semaines avec elles. Elles avaient surnommé les tourterelles Louis et Elsa en hommage au poète et à son amante.

***

Elle avait dix-sept ans quand elle rencontra Céline. Elle habitait alors un grand ensemble d'immeubles modernes parisiens.
C'est une après-midi de mai. Hermina révise ses cours d'histoire. Elle regarde machinalement par la fenêtre au-dessus de son bureau. Elle voit alors une silhouette sur le toit de l'immeuble d'en face. Hermina se précipite, elle descend de chez elle, traverse le jardin et entre dans l'autre bâtiment. Elle prend l'ascenseur jusqu'au 12 ème étage, puis l'escalier qui mène au toit. La porte est entrouverte, Hermina la pousse et se retrouve, aveuglée par le soleil, près d'une jeune fille, assise au bord du vide.

La jeune fille lui lance un regard provoquant :
— Qu'est-ce que tu veux ? Tu crois pouvoir m'empêcher de sauter ?
Hermina arrête sa marche et répond :
— Je ne sais pas. Je t'ai vue depuis ma chambre et j'ai eu envie de te rejoindre. Je peux m'asseoir près de toi ?
— Tu ne vas pas essayer de m'attraper de force, hein ? Sinon, on va être deux à sauter, je te préviens !
— Non, je veux juste être à côté de toi.
— O.K.
Hermina s'installe à la droite de la jeune fille.
— Je m'appelle Hermina, je suis en terminale. J'étais en train de réviser mon bac : les cours d'histoire. Silence. J'en suis à Pompidou, c'est rasant. Silence. Et toi ? Silence. Comment tu t'appelles ?
— Céline.
— T'as fini le lycée déjà ?
— Oui, il y a deux ans.
Silence
— Et tu fais des études ou bien tu travailles ?
— Je suis en droit à la Sorbonne. Silence. J'ai fini mes partiels en juin. Silence. On aura les résultats en juillet.
— Et tu penses avoir réussi ?
— Je ne sais pas. Silence. Il est possible que je doive repasser des épreuves en septembre.

Céline soupire. Hermina pose alors sa main gauche sur la cuisse de Céline. Celle-ci regarde la main puis Hermina. Elle se demande qui est cette fille et ce qu'elle veut. Mais en même temps, un grand calme l'envahit. Elle a envie de saisir cette main étrangère. Elle hésite un instant puis pose sa main sur celle d'Hermina.
Hermina reprend alors la conversation. Elle amène doucement Céline à parler de Benoit, ce garçon dont elle était très amoureuse et qui l'a quittée hier soir. Mais surtout elle raconte Sébastien, son frère aîné, qui s'est tué l'an passé, à Noël, dans un accident de voiture.
— J'étais avec lui. Nous étions au ski avec nos parents. Le 26 décembre, histoire de nous changer un peu des réunions de famille, Sébastien m'a proposé d'aller en boîte retrouver des amis à lui. En sortant, nous avons croisé la route d'un type qui roulait trop vite et beaucoup trop au milieu de la route. Sébastien a fait un écart violent pour l'éviter. On a fait des tonneaux et on a percuté un arbre. Je me suis réveillée à l'hôpital avec une minerve et un plâtre autour du bras gauche. J'ai compris en voyant mes parents que Sébastien n'avait pas eu ma chance.  Il n'y a pas un jour où je ne pense pas à lui et, quand bien même je l'oublierais, les douleurs dans mon cou me le rappelleraient immédiatement. J'ai l'impression d'avoir sa mort en moi, là, derrière ma tête.

Hermina pose sa main gauche sur les cervicales que Céline vient de montrer. Céline se laisse faire. Hermina prend la douleur de la jeune fille. Elle brûle, tremble, sue tandis que Céline sent sa souffrance s'éloigner.

Les deux jeunes filles se taisent un moment puis se mettent à converser sur l'absence, les garçons, leurs familles. Pour la première fois, Hermina confie son secret : son don, les possibilités et la solitude qu'il engendre, sa promesse de ne plus jamais en user (sauf pour sa mère). Céline promet de n'en parler à personne.
Les heures passent, les deux amies descendent du toit en fin d'après-midi après avoir échangé adresses et numéros de téléphone et convenu d'un rendez-vous le lendemain soir.

Depuis ce jour, Céline fait partie de la vie d'Hermina. Elles se voient constamment, passent des vacances ensemble. Hermina accepte même de dormir parfois chez son amie. Désormais, elles seront deux à profiter du don d'Hermina.

***

Les tourterelles ont déserté le tilleul. C'est une journée d'été étouffante. Hermina se lève pour aérer la pièce. Les montants de la vieille fenêtre en bois résistent et cèdent dans un craquement brutal qui réveille la mère. Elle regarde, fascinée, la silhouette de sa fille dans le contre-jour.
— Hermina ? C'est toi ? Tu ressembles à un ange baigné de soleil. J'ai toujours su que tu étais un ange.
— Ne dis pas de bêtises, Maman.
— Si, si ! Depuis ta naissance, je le sais. Quelque chose comme une poussière d'étoiles ou de magie a dû tomber sur toi ce jour là. Il faut que je te dise tout. Mais avant, donne-moi un verre d'eau s'il te plaît...
Hermina se dirige vers la cuisine pour prendre de l'eau fraîche. Quand elle revient, sa mère s'est à nouveau endormi.

***

Hermina pense à ce que sa mère vient de lui dire.
Un ange ! Ce n'est pas tout à fait l'image que les garçons lui ont associée ! Ils ont sans doute murmuré des mots comme « glaçon », « coincée » ou « débile mentale » après avoir tenté leur chance...
Hermina se trompe, on ne l'associait en rien à une fille coincée ou attardée mais davantage à un animal sauvage, insaisissable. Ceux qui tentaient de l'approcher ne récoltaient que sa fuite. Il y a eu Christophe, le musicien aux yeux verts rencontré chez Céline, qui l'a attendue plusieurs heures au café de la Mairie, place Saint Sulpice. L'année suivante, elle quitta précipitamment Jonas devant un cinéma pour un « rendez-vous important ». Plus tard, Etienne a subi le même sort mais avec une excuse différente « pour aller acheter des cigarettes », tout comme Paul pour « se rendre aux toilettes »... Elle baissait les yeux devant les regards séducteurs, elle fermait ses oreilles aux compliments lancés sur son passage... Pendant vingt ans, seuls trois garçons réussirent à l'apprivoiser un peu. Ils avaient en commun la patience, la persévérance et beaucoup de douceur. Le plus important des trois fut Joachim. C'était un grand brun un peu rond au regard perdu qui semblait en permanence demander de l'aide. Il était chaud et enveloppant. Il lui apprit l'amour charnel. Hermina se laissait aller avec lui. Leur idylle aurait pu durer longtemps s'il n'y avait pas eu la présence envahissante de la mère d'Hermina. La fille avait envie de voir sa mère, la mère avait besoin de voir sa fille... Rien n'était calculé mais Joachim se retrouva en marge d'une histoire où il ne pouvait jouer aucun rôle. Il s'éclipsa comme il était venu, discrètement et sans violence. Hermina apaisa sa tristesse sur le sein maternel.

***

La mère s'est éveillée, elle a bu son verre d'eau. Elle tente de se redresser sur son oreiller mais n'y arrive pas. Elle dit d'une voix fragile :
— A ta naissance, avant de partir en réanimation, tu as sorti une main de ta couveuse. Tu l'as tendue vers moi, je l'ai prise et tu m'as regardée. C'était ta main gauche.
Un vrai sourire illumine le visage de la mère. Sans doute le même qu'elle avait échangé avec Hermina lors de cette première nuit. Elle ferme les yeux pour toujours. Les tourterelles sont revenues dans le tilleul.

La nuit suivante, Hermina rêve de sa naissance : elle entend les sons stridents des machines, sent la lumière crue et blanche sur elle, l'affolement des personnes, elle comprend les mots dangereux. Elle voit sa mère sur un brancard, ses grands-parents affolés derrière elle, son père qui essaye de couvrir d'amour sa femme et sa fille. Au matin, elle se met à écrire presque automatiquement un poème.

Dix-neuf heures
J'ai besoin d'air
Quarante minutes
Sortir de toi

Huit heures
Ou rester là ?
Moins vingt
Tout va bien

Aspiration
ha, ha, ha, ha
Inspiration
ha, ha, ha, ha
Expiration
ha, ha, ha, ha
Inspir
ha, ha...
Expir.....
ha...

SILENCE

Noir absorbant
Seule
Noir me noyant
Qu'importe la vie ?

Caresse musicale
Clapotis
Ta voix. Mon bébé, chanson
L'autre voix. Je t'aime, oh c'est drôle !
Ta voix. Tu me chatouilles
Ton rire, l'autre rire
Chansons, musiques, rires ,voix
Ta voix sa voix ta voix sa voix ta voix
Ta voix ta voix ta voix forte FORTE

HURLANTE

Des cris à la surface
Des secousses
Un tuyau
Aspiration
ha...
Inspiration
Ha, ha...
Expiration
Ha, ha, ha, ha...

LUMIERE BLANCHE

Tu es là
Elle va bien maintenant
Je vais partir tu sais
Elle a fait une détresse respiratoire
Donne-moi ta main
Elle est belle tu es belle
Je reviendrai
Elle est sauvée
Je veux te toucher
On l'emmène à l'hôpital
Donne-moi ta main

Regard. Silence. Je plonge en toi.
Là il faut y aller
Serre-moi
Ne me laisse pas
Tu la suis ?

Arrachement

Vacarme

Sirène

***

Quelques semaines après la mort de sa mère, Hermina se trouve auprès de Céline qui souffre une fois encore de ses cervicales abimées. Elle lui pose la main sur la nuque, comme elle a l'habitude de faire. Rien ne se passe. Aucune chaleur, aucun effacement de la douleur.

***

Quand elle sort dans la rue quelques minutes plus tard, elle sent sur elle le regard d'un homme attablé à une terrasse de café. Elle sourit et décide de s'assoir à la table voisine pour boire un verre rafraîchissant.


FIN.

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