Le pouvoir des fées

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Ecrire, lire, comprendre le monde à venir et sans doute ne pas vraiment y arriver. Car, comme le disait Guglielmo Ferrero, " l'humanité marche à reculons vers l'avenir, les yeux tournés vers le  [+]

Après mille deux ans passés à dormir sur une étoile, la fée majuscule s'éveilla et descendit sur la terre. Elle atterrit dans un champ de blé mûr au lieu-dit de Dingier, sur les hauteurs de la petite commune de Salavre, dans le département de l'Ain. Puis, soulevant son nez vers le ciel, se trouva dépourvue devant l'immensité qui s'offrait à ses yeux et se mit à pleurer. Il n'y a rien de plus attristant qu'une fée perdue, rien de plus attendrissant et pour tout dire rien de plus joli aussi car le monde est ainsi fait qu'il mélange souvent toutes les choses entre elles.

- Où suis-je ? se lamenta-t-elle.

La mère Caudicot ouvrit ses volets, l'esprit en chiffon et les cheveux défaits.

- Ben ça alors qu'est-ce que c'est donc que c'te bête-là ? Se dit-elle en apercevant la fée au beau milieu du champ où était plantée sa maison.
- Caudicot viens voir, bougre de feignant, viens voir donc !

- Quoi qu'y a à gueuler comme ça de bon matin la gluante ? Caudicot, Maurice de son prénom, se pencha à son tour à la fenêtre, tout inondée du soleil naissant apparu entre les hauteurs des arbres.
- Ben vingt-diou de vingt diou, c'est quoi donc que c'te bête là ? Dit-il à son tour.
Puis il se hasarda :
- on dirait une fée.
- Une fée ? Ce que tu peux être benêt desfois Maurice...
- Et moi je te dis que c'est une fée, j'en sais ce que j'en sais.

Maurice Caliquot, fils unique, avait pris la suite de son père, mais sa constitution fragile et ses allures délicates l'auraient plutôt incité à entreprendre une carrière à Paris. Enfant, il lui arrivait de déclamer au milieu des maïs; son père l'avait surpris un jour, l’œil en feu, la houppe dressée, donnant la réplique à un vieux chêne. Le docteur Catherine, de Coligny, au chef-lieu de canton, avait dit : « tranquillisez-vous, Georges, ça lui passera ».
Mais ça ne lui était pas passé.
Longtemps Maurice rêva d'une vie d'acteur, de peintre, d'écrivain et de toutes ces existences d'artistes où il se serait promené, un foulard autour du cou dans de grandes avenues sous des lampadaires. Mais rien de tout cela n'était arrivé.

La fée majuscule indifférente à la dispute dont elle ne percevait, depuis le milieu du champ où elle se tenait assise sur un caillou et la tête entre ses mains, qu'un gazouillement léger, continuait à sangloter. La mère Caudicot, en femme pratique et avisée, hocha la tête, referma la fenêtre et on n'en parla plus. Elle avait la journée à commencer et ne prévoyait pas de se déranger pour une fée. Maurice, tout en tartinant son pain, surveillait de l’œil la Germaine.

- Pourvu qu'elle ne se sauve pas, pensa-t-il. J'irai la voir tout à l'heure quand la grosse sera à l'étable pour la traite du matin.

La Germaine souleva son énorme fessier, ramassa quelques miettes de pain en faisant un coin avec sa main droite.

Maurice attendit que sa femme eût passé la porte menant à l'étable, puis quand il fut certain qu'elle ne reviendrait plus, se dirigea vers la fenêtre. La fée était toujours là, elle s'était mise sous un pommier.

- Psst, psst ! Hé, vous là-bas ! Héla-t-il. La fée, toujours occupée à ses sanglots, ne l'entendit pas.
- Psst, psst ! Il enjamba la fenêtre et se dirigea en direction du pommier.

Quand il fut tout près, il lui toucha l'épaule – la petite ne s'était aperçue de rien, tout occupée à son immense chagrin – elle sursauta, fit trois pas en arrière, dévoilant son visage. C'était la plus jolie fée que Maurice ait jamais vue.

- Qui êtes-vous ? Dit-elle.

Elle avait de beaux cheveux noirs, brillants et soyeux qui lui descendaient jusque sur les hanches, une petite figure allongée, toute mince comme en ont toutes les fées, des yeux en forme d'olive, très noirs eux aussi et très brillants, de jolies lèvres bien rondes; des fossettes avaient un peu creusé ses joues lorsqu'elle avait ouvert la bouche, mais juste comme il le fallait.
- Je suis Maurice, dit Maurice qui n'était pas bavard.
- Bonjour Maurice. Dit la petite. Elle ne pleurait plus.
- Je suis la fée Majuscule ajouta-t-elle. Je suis tombée de mon étoile, c'est bien triste.

Maurice, intimidé, ne sut que répondre.

Il se tenait devant elle, tortillant sa casquette entre ses mains, regardant de droite et de gauche, et pour se donner une contenance leva les yeux au ciel :

- Ben, des étoiles, y'en a plus, faut attendre la nuit.
- Elle s'appelle Octambule, c'est par là je crois, dit-elle en balayant l'air avec ses mains.
- Et tu t'appelles comment ?
- Majuscule, je vous l'ai déjà dit. Je suis la fée Majuscule.
- Ah oui, excuse-moi, des fées je n'en ai jamais vu finalement alors Majuscule c'est ton nom ?
- Ben oui.

Maurice ne répondit rien. La petite ressemblait à une fée mais ça n'était pas non plus très sur finalement. Par exemple, elle n'avait pas d'ailes. En principe les fées ont des ailes transparentes, comme les libellules.

- Elles ont dû brûler dans la descente, lui répondit la fée qui avait le pouvoir de lire dans les pensées mais ne le savait pas vraiment. Et elle se mit à nouveau à pleurer.
- Jamais je ne pourrai rentrer chez moi. Des ailes ça ne repousse pas, je crois. Et elle se remit à pleurer.
- Allons, allons, y faut pas pleurer comme ça. On va ben trouver une solution. Mais d'abord, faut que j'aille causer à la Germaine.

Maurice craignait la réaction de sa femme. Ils vivaient chichement tous les deux sur quatre lopins et avec vingt-trois vaches, dix-huit poules, un peu de mais par-çi par-là, c'était loin d'être suffisant. Une fée, même toute menue, c'était une bouche à nourrir et pour les bras, autant dire qu'y en avait pas, ça qu'est-ce qu'il allait répondre à ça ?

- Elle a des pouvoirs magiques, dit-il, serrant plus fort la petite par la main.
- Des pouvoirs magiques ? C'est y vrai ça ? Germaine enfouissait son œil dans l’œil de la petite qui se tenait devant elle, un peu tremblante, toute fée qu'elle était.
- Ben, je sais pas.

Les véritables fées sont incapables de mentir. Germaine avait lu ça dans des livres.

- C'est une fée, dit-elle.
- D'où venez-vous ?
- D' Octambule, c'est par là, tout en haut.
- Nous voilà bien avancé, dit la Germaine en hochant sa grosse figure. Bon, va falloir travailler...tu sais coudre au moins ?
- Coudre ? Non, je ne sais rien faire.
- Alors tu vas apprendre, chez nous on n'aime pas les feignants.

Et c'est ainsi que la fée Majuscule prit racine chez les Caudicot.

Comme elle l'avait prédit, ses ailes n’avaient pas repoussé. Au début Maurice et la Germaine avaient bien tenté quelques questions, mais la petite répondait à tort et à travers. Elle disait que les fées n'ont pas d'adresse précise, pas de parents non plus et que le véritable lieu de leur naissance est un mystère, y compris pour elles-mêmes. Elle connaissait seulement le nom de son étoile où elle avait dormi mille ans et deux autres années encore et puis en s'éveillant un vent violent l'avait emporté sur la terre. Maurice et la Germaine, qui n'avaient pas d'enfants, l'adoraient.

Au village les choses en allèrent tout autrement. Majuscule suscitait bien des interrogations.

- C'est une fille adoptée, disait-on parfois
- Non, les adoptions c’est interdit pour les vieux, ma sœur travaille à la D.A.S.S, elle en sait quelque chose.
- Alors c'est une émigrée.
- Mélissa est en classe avec elle, elle dit que c'est pas une émigrée mais une fée.
- Bah, tout ça c'est ben du pareil au même...

L'instituteur se refusa à accroire à la rumeur publique. Il accueillit Majuscule avec bienveillance. Ses convictions politiques et son instruction lui conféraient un devoir supérieur d'éducation des masses superstitieuses.

- J'entends des choses qui ne sont pas acceptables, avait-il dit le premier jour de classe. Je vous présente à tous Majuscule, et je vous prie de lui réserver le meilleur accueil. Majuscule, présentes-toi, s'il te plaît.
- Bonjour, je m'appelle Majuscule. Je viens d' Octambule. Octambule est une étoile par là et si vous ne me croyez pas, je m'en fiche. Les fées ne mentent jamais.

Jamais Majuscule ne consentit à dire autre chose, au grand désespoir de monsieur Jacquemard, l'instituteur et de tout le système éducatif. Les parents furent convoqués, on les accusa de pratiques superstitieuses, on les somma de consulter un spécialiste; ils acquiescèrent, bien obligés. Majuscule fut envoyée en consultation à la ville voisine, une fois par semaine. Elle ne dévia pas d'un pouce. Devant tant d'obstination et d'obscurantisme, l'école finit par se désintéresser de son cas et l'on n'en parla plus. Il n'y eut hélas bientôt plus personne pour la défendre non plus.
Car elle était l'objet de quolibets quotidiens de la part de ses camarades. Les parents s'en plaignaient mais n'étaient plus écoutés.

- On ne peut rien pour ces gens-là, avait décrété une fois pour toutes l'inspecteur d'Académie qui les avait classé dans la catégorie des intégristes.

La grande Bérengère, unanimement désignée comme la plus jolie fille du village et dont on ne disait plus rien depuis l'arrivée de Majuscule, s'en donna à cœur joie et la harcelait sans crainte d'être punie.
Majuscule, en bonne fée obéissante (elles le sont presque toutes) ne répondait pas. Elle aurait pu, si elle l'avait voulu, transformer cette garce de Bérangère en serpent à sonnettes par exemple, mais cela lui avait été formellement défendu par Maurice, surtout et par Germaine, un peu .
Elle passait toutes ses récréations seule, assise dans un coin à compter, le nez au ciel, des étoiles imaginaires. Les gens de la terre sont méchants, disait-elle.

- Il ne faut pas généraliser, lui répondait Maurice.
- Il y en a des bons aussi, renchérissait Germaine, même si elle n'y croyait pas vraiment.
- Bon ça passera tout ça. Une si gentille petite, si c'est pas malheureux ! Répondait Maurice avant d'éteindre la lampe de chevet.

A la maison, Majuscule apprenait vite. Elle sut en un clin d’œil coudre, repriser, faire la lessive, mener les vaches aux champs. Elle était au fil des années devenue une charmante jeune fille, n'avait toujours pas d'amis, sauf un dont nous reparlerons, mais cela lui suffisait pour être heureuse. Les fées, les véritables fées sont joyeuses et aptes au bonheur presque tout le temps. C'est encore un de leurs avantages.
Les filles, surtout, ne l'aimaient pas car elle était réellement très jolie.


Majuscule possédait des pouvoirs. Elle savait par exemple déplacer la ferme Caudicot dans les airs. Au cours de ces voyages, la Germaine et son époux se tenaient à la fenêtre du salon et Majuscule, assise sur le bord du toit, sa baguette à la main, les prévenaient des péripéties du voyage : « attention ça descend, attention ça monte ! » ; la maison voguait ainsi de haut en bas et de bas en haut selon la logique des fées, laquelle n'a rien à voir avec la nôtre. Et les parents criaient, s'émerveillaient; on survolait l’Égypte, le Kazakhstan, la Suède, l'océan du Pacifique sud, les terres gelées du Groenland, la Papouasie orientale, tous ces mondes inconnus depuis les champs de Dingier.

Elle savait encore, nous l'avons dit, lire dans les pensées. Maurice avait pourtant prévenu, en père attentionné :

- si tu peux t'en empêcher, c'est mieux.

Sur Octambule, où il n'y a que des bonnes pensées, ce pouvoir ne porte pas vraiment à conséquence, mais sur la terre, le conseil du vieux Maurice prenait toute sa vérité.

Mais venons-en maintenant à l'essentiel de ce récit ; tout est lié, vous verrez.

Il y eut une année une grande sécheresse sur tout le pays de l'Ain et jusqu'en Suisse voisine. Les récoltes brûlaient sur place, les champs, dévorés de soleil, se desséchaient. Deux mois entiers que cela durait. Tout juin, tout juillet et avec août on n'espérait rien de bon. Maurice, Germaine avaient donc ce matin-là, la tête des mauvais jours.

Le vieux Maurice, la Germaine, tout le village, commençaient à se faire un sang d'encre. On allait à la ruine à ce train-là.

On fit des prières et des processions mais Dieu et tous les saints sollicités ne répondirent pas aux multiples appels de fidèles qu'on ne voyait d'ailleurs plus jamais aux offices; ils firent même pire : la chaleur redoubla, le début d'Août fut terrible, on n'avait jamais vu ça. Des chaleurs de quarante degrés pendant trois jours de suite et pas un orage. Les nerfs étaient à vif.

A la nuit venue, au bar du « Montfleury », chacun y allait de sa litanie. Tout y passait : le gouvernement, les dérangements du temps à cause des déchets industriels, L'Amérique, les satellites, on repassa les proverbes selon des habitudes. Hélas, chacun dut en convenir, toutes ces bonnes raisons n'y changeraient rien.

Le vieux Caudicot lui il aurait bien pensé à quelque chose mais sa fierté l'en empêchait. Quand on a une fée à la maison, on est un peu à son avantage, les idées vous viennent plus facilement... Par un de ces effets pleins de mystère de la transmission des pensées intimes dont l'usage semble parfois distillé à petites gouttes aux simples mortels, ce qu'il avait en son âme lui vint depuis le fond du comptoir; dissimulé dans l'ombre de la pièce que le soleil terrible venait de quitter, le petit Joubart, pharmacien de son état, lâcha :

- mais dites-moi, Maurice... vous n'avez pas une sorte de fée à la maison ?

Comme il était justement en train d'y penser tout seul le nez dans son pastis, Maurice, trop surpris pour répondre, fit mine de n'avoir pas entendu.

- Ah ben tiens, mais ça c'est vrai ça !, renchérit Traquenol qui possédait cent trente bêtes, sans compter le reste. - Maurice, notre sauveur ! Et il leva son verre en signe de victoire.

Tous les visages se tournaient maintenant vers Maurice. Il y avait là Fernand, dit « le boiteux », Marcel, un colosse de plus de cent vingt kilos, propriétaire de quinze hectares à la ferme Mazoyer, Arthur, dit le « roi » à cause de son nom et de son air prétentieux, Philistin, petit homme fluet qui ne parlait jamais, Hector qu'on appelait, sans doute à cause d'une erreur de syntaxe « Pollux », le petit Quinquin, comme il en existe bien un dans chaque village. Lui c'était une vraie saloperie, tout par en dessous, l’œil mauvais, il se baladait sur son vélo à l’affût de la moindre embrouille en lissant sa moustache. Une vraie crevure. Il était employé de la SNCF mais on ne l'avait jamais vu vraiment travailler.

- Alors Maurice ? Dirent-ils tous en chœur.
- Alors allez-vous faire foutre !, répondit-il en crachant par terre. Sur ce, il prit la porte du « Montfleury » et s'engouffrant au-dehors du bistrot, la claqua avec violence.

Des jours suivants, on n'avait pas revu Caudicot au bar du « Montfleury ». Un jour qu'il était en train de récurer des éprouvettes, le petit Joubart fut dérangé par Quinquin, l'employé des trains.
- Il s'en passe des drôles chez les Caudicot, dit-il, la moustache fébrile.
- Et quoi donc ? Répondit le pharmacien qui n'aimait pas être embêté dans ses calculs et se méfiait de ce petit bonhomme, toujours prompt à chiffoinner ici ou ailleurs.
- Il pleut.
- Comment ça il pleut ?
- Comme je vous le dis. J'étais sur mon vélo à suer à grosses gouttes,j'en étais en haut de la côte de Vergongeat, celle qui mène à la ferme Caudicot et voilà déjà que je sens dans l'air comme une sorte de vent marin. Du vent marin mais sans le sel qui va avec, si vous...
- L'odeur de la pluie quoi...
- Arrivé là-haut, à peine que j'avais basculé et j'étais tout trempé, trempé de la tête aux pieds, trois mois que ça m'était pas...
- C'est la fée.
- L'émigrée ?
- Non, la fée.
- Je pensais... avec votre science... bref, je dois dire que je m'attendais à autre chose...
- La science ne peut pas tout, mon petit Quinquin. Les fées ont des pouvoirs, tout ça est parfaitement connu et la science n'est pas contre.
- Il faut voir là-bas ! Les blés sont déjà tout droits, le maïs itou et les herbes folles ont envahi les bas-côtés...
- Le vieux, il nous en veut... on n'en tirera rien. Je le connais le Maurice, c'est du coriace !
- Alors tant pis ! Lâcha l'autre... si la même la science est impuissante.

Et il remonta sur son vélo.

A la ferme Caudicot, l'ambiance était effectivement à la fête. Majuscule, sollicitée par son père, avait essayé une formule.
- On verra bien si ça marche, dit-elle.
Elle s'était placée sur le bord du champ, celui de la maison, avait lancé ses doigts en l'air, mais d'une certaine façon et elle faisait ça d'instinct sans savoir vraiment. Aussitôt le ciel tout bleu s'était noirci et de l'eau en trombe s'était abattue sur toute la propriété des Caudicot.

De joie, les Caudicot, père, mère et fille s'étaient mis à danser sous la pluie, sous l’œil méchant de Quinquin, caché dans un fourré.

Maurice en était si content qu'il avait filé dans la grange, en était ressorti avec son chevalet et avait immortalisé la scène. Mais je m'aperçois que j'ai omis de vous dire que le vieux Maurice, s'il avait à peu près renoncé à ses rêves de gloire et de se promener sous des lampadaires, n'en avait pas moins conservé le goût de la chose artistique ; l'arrivée de Majuscule avait réveillé en lui des désirs de peinture et la petite se prêtait au jeu, posant pour lui avec bonheur. Parfois, s'essayant à l'art moderne, il lui faisait un nez en forme de chien ou des yeux avec des lampes à huile à l'intérieur, ce qui ne plaisait pas du tout à Majuscule.

Ce soir-là, devant le tableau à peine achevé, les Caudicot, regardèrent tomber la pluie. Il régnait à l'intérieur de la maison une atmosphère indéfinissable où l'amour se mélangeait à la joie, un de ces moments d'intense communion, pourtant habituel chez les Caudicot, mais que la vision d'un ciel embrumé et chargé d'humidité portait à des hauteurs extatiques et c'est à peine si la gluante se fâcha un peu parce que son mari l'avait peinte sous les traits d'une autruche à poil long avec un long cou surmonté d'une tête de jument.

Le lendemain, en ouvrant les volets, Maurice et Germaine purent constater, non sans joie, qu'il pleuvait toujours.

- Et ça va s'arrêter quand ? Demanda la Germaine avec son esprit pratique.
- Ben je n'en sais rien, lui répondit Majuscule.

Les fées font les choses, elles sont loin de tout calculer, la plupart du temps elles s'en remettent au destin.

En menant les bêtes aux champs, Majuscule se sentit un peu triste. Il pleuvait toujours sur les terres Caudicot et l'on voyait dans le lointain briller d'ardeur terrible un soleil énorme. Là-bas vivait aussi Benjamin. Il était le seul ami de Majuscule. En revenant du champ, Majuscule, après avoir retiré ses bottes toutes crottées, s'en alla se confier à son père.

- Papa, tu sais, il faudrait aller voir Benjamin. C'est un gentil garçon.

La mère Calicot faisait sa vaisselle. Elle tendit l'oreille.

- Il ne pleut pas chez lui, ça me chiffonne. Il n'a pas besoin de ça.

Benjamin était un brave garçon de Dingier ; il avait perdu ses parents un soir où la foudre, du temps où il pleuvait, leur était tombée dessus. Il n'avait pas dix-sept ans. Aidé par une vieille tante durant deux ou trois années, elle était décédée à son tour, il y avait un an à peine, des suites d'une mauvaise bronchite. Depuis il était seul. Maurice l'aimait bien. Il lui donnait un coup de main de temps en temps. C'est comme ça que Majuscule l'avait connu. La Germaine trouvait que tout ça c'était bien mais qu'il fallait quand même voir à voir.

- Tu as raison, j'allais t'en parler. Allons faire pleuvoir là-bas, répondit Maurice avec humilité.

Ils partirent tout aussitôt et au bout de dix minutes de marche, ils avaient atteint les limites de la propriété. Soudain étourdis de lumière et de chaleur, ils progressèrent ensuite sous le soleil de plomb dans le chemin qui menait chez Benjamin. L'herbe était jaune, les maïs semblaient se tordre de douleur, la terre, craquelée, paraissait un désert africain. Trois vaches faméliques beuglaient à la mort devant la maison.

Benjamin, assis sur le seuil de sa porte, se tenait la tête à deux mains. Il les vit arriver de loin, se leva, les accueillit, la mine triste et défaite.

- Majuscule, Maurice, je suis bien heureux de vous voir ! Qu'est-ce qu'on va faire, qu'est-ce qu'on va faire mon Dieu ?
- Pleuvoir ! Répondit Majuscule. Enfin j'espère...
Benjamin manifestement n'était pas au courant du miracle de la ferme des Caudicot.
La fée Majuscule se mit en place. Elle choisit un champ à côté de la ferme, lança ses doigts en l'air mais d'une certaine façon et elle faisait ça sans trop savoir mais avec beaucoup d'amour. Car, bien sûr, dans le fond de son cœur de fée, elle aimait en secret Benjamin.
Il ne s'était pas écoulé une minute que d'immenses nuages noirs vinrent couvrir la propriété, laissant se déverser des trombes et des trombes d'eau. On dansa comme l'autre jour, les vaches aussi. Le père Caudicot avait oublié ses pinceaux et parfois on dira que ça n'est pas plus mal.


La propriété des Caudicot, située à Vergongeat, sur les hauteurs de Dingier, à l'aplomb du village, verdissait de jour en jour. Cela faisait quinze jours maintenant qu'une petite pluie fine s'y déversait sans discontinuer. Il en était de même au « déversoir », chez Benjamin, sur la colline d'en face. On avait donc la vision, depuis le village, de deux taches vertes perdues dans un océan désertique et cela mettait les habitants hors d'eux.
On n'avait pas vu Maurice depuis la scène du café.
Au « Montfleury », Traquenol s'emporta :

- bon Dieu de merde, alors on fait rien c'est ça ! Avait-il lâché sans préambule. On laisse l'émigrée nous piquer notre eau, hein, c'est ça que vous voulez, allez, tiens ! Et il cracha par terre.
- Calme-toi Émile, lui répondit un grand sec, qu'est-ce tu veux qu'on y fasse ?
- On va signaler le fait aux autorités. Traquenol a raison, y' a sûrement une justice, l'eau c'est l'eau, elle est à tout le monde !, monta d'un ton Auguste Malenbrun, le maire, sans doute aussi inquiet de voir que Traquenol, son principal rival aux élections, cherchait par des manœuvres dilatoires à profiter de la situation.
- J'irai voir le préfet aujourd'hui même, c'est un ami personnel, ajouta-t-il, plaçant à son tour son petit effet.

Le préfet avait justement ce jour-là sur son bureau la une du « Progrès Libéré » : « Dingier, la fée qui fait pleuvoir ».

- Alors Auguste, c'est quoi ?
- C'est la fée qui fait pleuvoir comme c'est marqué là. Je sais Georges, tu ne vas pas me croire mais personne n'y comprend rien !
- L'eau du ciel n'appartient pas au ciel, dit le préfet, elle appartient à la république ! Il va falloir rétablir l'ordre républicain à Dingier, Malenbrun !

De retour à Dingier, Auguste s'appropria la formule et dit d'un ton grave :

- l'eau du ciel n'appartient pas au ciel mais à la république ! Monsieur le préfet arrive mercredi et l'ordre sera rétabli !
- Il était temps... murmura Traquenol entre ses dents. Et il cracha par terre.

Le mercredi, par une chaleur de quarante-cinq degrés, le préfet débarqua à Dingier. Il était accompagné d'une escorte de vingt-trois adjoints administratifs. On avait mis les gros moyens. Il se fit montrer le chemin de la ferme Caudicot par Malenbrun.
Une brise agréable les accueillit tout en haut, au lieu-dit de « Vergongeat ». Il pleuvait un peu et la température était de vingt degrés.

- Monsieur Caudicot ?
- C'est moi, dit Maurice en ouvrant la porte.
- Georges Lemaître, chevalier de la légion d'honneur, préfet du département de l'Ain ; j'aurais à m'entretenir avec vous et avec... hum... hum... la... la... fée... de toute urgence, permettez-moi d'entrer !
- Mais, monsieur le préfet, s'il vous plaît, entrez donc, entrez donc ! Ne restez pas à la pluie, entrez donc, mais déchaussez-vous s'il vous plaît, vous allez salir partout sinon et la Germaine va encore gueuler.

Le préfet exposa avec gravité les choses. Maurice risquait au minimum dix ans de prison pour détournement lié à l'utilisation frauduleuse de l'environnement.

- Vous savez comment sont aujourd'hui toutes ces associations de défense de l'environnement, cher ami. Non, croyez-moi, vous avez tout intérêt à obtempérer.
- Obtempérer ? Ma foi, moi je ne dis pas non. Mais les autres-là, y sont jamais rien venu me demander non plus. Et puis d'ailleurs, ça fait bien longtemps qu'on est mis de côté par toute cette vermine, alors s'il faut obtempérer je vais obtempérer mais c'est tout ! Lâcha Maurice, sur de son fait tandis que Majuscule passait sa petite mine inquiète de derrière le rideau.
- C'est que moi, je suis sûr de rien, dit-elle en baissant les yeux.
- Ah, voilà donc la.. .la... fée ? Dit le préfet, - ma foi une bien charmante personne...
- Oui, les fées sont très jolies et Majuscule est la plus belle, renchérit Maurice et j'en sais quelque chose.
- Alors mademoiselle, qu'entendez-vous par ces paroles ?
- Que je ne sais pas vraiment faire pleuvoir.
- Allons, allons...
- Ça n'est pas si simple, mais je veux bien essayer. Je n'aimerais pas que mon père aille en prison.
- Et bien c'est parfait ! Commençons donc tout de suite, s'il vous plaît.
- Il faut que j'aille dans un champ...
- Et bien allons dans un champ, dit le préfet, en se pinçant le nez.

On descendit au village. En tête le préfet et les vingt-trois adjoints administratifs, tous l'air grave et la mine sévère, pénétrés de la haute importance de leur mission. Maurice et la petite suivaient. La Germaine était restée à étendre du linge, profitant d'une accalmie. Elle avait dit : "la république, j'en ai rien à foutre". Le préfet n'avait pas osé lui répondre. Il n'avait pas eu son café.

Malenbrun, entouré de tout le conseil municipal et de la population, avait mis l'écharpe tricolore. On attendait Majuscule. Il allait bien falloir maintenant, devant les autorités, qu'elle fit pleuvoir de la pluie républicaine et démocratique.

Majuscule se mit dans un champ, juste en face de la mairie. Elle lança ses doigts en l'air, un peu comme ça, sans vraiment savoir. Il faisait une chaleur écrasante. Tout le monde suait à grosses gouttes. Le préfet, les vingt-trois adjoints administratifs dénouèrent un peu leur cravate.

- Oh, là-bas, un nuage ! Cria le préfet.
- Sauvés, nous sommes sauvés, exulta la foule.

Le nuage s'approcha, fit une ombre sur les têtes renversées en direction du ciel et chacun s'attendait à recevoir une goutte dans l’œil. Il s'arrêta, semblant hésiter, puis un énorme vent se leva et l'emporta d'un coup, d'un seul, là-haut, chez Caudicot.

- Ça n'a pas marché, dit la fée.
- Mademoiselle, essayez encore. Cette situation est grotesque, enfin tout de même.
- Je vais essayer un autre endroit, dit Majuscule.

Tous la suivirent dans un champ, un peu plus loin. Un champ tout bosselé, dur comme du fer. Majuscule se mit en position, lança ses doigts en l'air, tira la langue, fit ceci et cela, n'importe quoi, tout ce qu'elle pouvait mais le fluide - elle le sentait bien – n'y était pas.

- Je... je ne sais pas... je suis désolée... ça ne marche toujours pas.

Elle eut beau essayer dans le champ près de l'école, celui de la maison du maire, un peu partout, rien n'y faisait. Le ciel était toujours aussi bleu. Il faisait plus de quarante-huit degrés.

- Il lui faut de l'amour, dit une voix.
- Oui, c'est ça, reprit Majuscule, je savais bien qu'il manquait quelque chose. Je n'y arriverai pas sans amour.

C'était Benjamin. Il avait compris depuis longtemps d'où venait le pouvoir des fées. Il avait compris d'où venait le pouvoir de la plus belle fée du monde, la femme qu'il aimait.

- Sans amour, elle ne peut rien faire.

L'amour ! Personne n'avait pensé à ça. On n'y pense jamais pour régler les ennuis des gens et c'est bien désolant.

Ce soir-là, tout le monde rentra chez lui, la tête basse et avec une boule dans la région du cœur. Le préfet en montant dans sa voiture murmura à Malenbrun : « la république est vaincue ».


Le lendemain, dans l'église pleine à ras bords, le curé prononça la plus belle homélie jamais entendue dans tout le département. Il fit pleurer Auguste et Traquenol, qui tombèrent dans les bras l'un de l'autre et il se mit en colère aussi. Le pouvoir des fées, disait-il, obéit à des règles divines et si les hommes, de tout temps, avaient un peu mieux écouté les anges et toutes les fées qui peuplent les bois et les forêts, on n'en serait pas là. Il dit des choses très belles et tout le monde baissa la tête. La grande Bérengère tournait ses yeux mouillés de larmes vers Majuscule en lui faisant des petits signes; c'était magnifique.

En sortant de l'église, la fée Majuscule prit sa place. Elle lança ses doigts, compta trois fois, fit ce qu'elle savait faire, inventa, dit une chose, une autre et termina par «rataplaplapla » parce que ça l'amusait et qu'elle était heureuse. Les fées sont rarement malheureuses mais ce jour-là, avec tout le monde qui l'aimait autour d'elle, elle dépassait, et de très loin, son bonheur ordinaire.

Une pluie bienfaisante s'abattit sur le village; elle était sur les toits, elle bondissait sur les herbes sèches et sur les voitures, on aurait dit qu'elle chantait. Tout le monde se mit à danser sous le nuage noir, à se tenir par l'épaule en tapant du pied dans les flaques, on était heureux. Tous vinrent faire des excuses sincères à Majuscule pour leur conduite passée et Benjamin, qui n'avait pas d'excuses à lui faire, la prit par la main et l'emmena à l'abri dans la grange du père Traquenol, sous l’œil inquiet de Germaine.

- laisse donc, lui dit Maurice, qui connaissait sa Germaine. Ça ne te rappelle donc rien ? Tiens ! je vais aller chercher mon chevalet, ça fera un joli tableau tout ça.

L'année d'après, la fée Majuscule mit au monde un beau petit garçon. Elle ne savait pas quel nom lui donner alors elle laissa faire Benjamin. Les fées toutes seules ne savent rien faire, c'est bien connu.

Il s'appela Jérémie. Jérémie comme la pluie disait Benjamin. Parfois, lui aussi, il disait un peu n'importe quoi.

Maurice en fit un tableau de ce petit ange. Assez ressemblant pour une fois, sauf qu'il avait placé dans le reflet de chaque œil, en tout petit, l'image d'un type portant un foulard déambulant sous un lampadaire.

- Bah! L'est pas trop mal celui-là, Avait dit Germaine.
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de l air · il y a
C'est drôle, bien écrit, gentiment politiquement incorrect, ça part dans tous les sens avec le pouvor de l'amour en toile de fond, des trouvailles, what else ?
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A ALASKA · il y a
Mille fois merci, De l'air!
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Le cacographe · il y a
Émouvant ! Vraiment ! Pourquoi seulement 12 cœurs ?
Et ce "L'eau du ciel n'appartient pas au ciel, dit le préfet, elle appartient à la république ! Il va falloir rétablir l'ordre républicain", que c'est beau ! Notre président lui même n'aurait pas dit mieux !

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A ALASKA · il y a
Je m'aperçois avec horreur que je ne vous ai jamais répondu. Merci infiniment Le cacographe!
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Mickaël Gasnier · il y a
Comme cette fois j'avais 17 min devant moi...
Que dire ?...
Oui, sans amour et sans conviction nos prières ne seront exhaussées...
Un style assez direct, une intervention de la narratrice et des brins d'humour...
Vous êtes une Fée du conte avec une Majuscule !
LOL pour " J'ai remis " la pluie... Superbe petit nom d'Ange...

À bientôt sur nos pages respectives si le Cœur vous en dit...

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A ALASKA · il y a
Merci Mickaël, vraiment un grand merci. Oui à bientôt, dès que je peux!
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Camille Berry · il y a
Un conte charmant. On veut y croire. Que pouvons nous faire sans l'amour...?
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A ALASKA · il y a
Pas grand chose non ? Merci Camille de votre passage.
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Martyne Dubau · il y a
une belle réussite ce conte , c' est vrai que le temps ne semble pas long à lire ces aventures féeriques , j'ai bien aimé ! l'idée est bonne , la morale excellente Tout est bien narré juste une phrase qui accroche à la lecture par la répétition du son "a"
L'instituteur se refusA A Accroire A lA rumeur publique. ..

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A ALASKA · il y a
Merci Martyne! Je vais aller corriger ça! (en me relisant l'autre jour, j'en ai vu d'autres, il faudra que je reprenne deux ou trois trucs encore...)
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Brune Hilde · il y a
Délicieux ce petit conte politico-philosophique. Les personnages sont admirablement croqués. La plume est guillerette. L'humour comme j'aime... et je n'ai jamais su décrire cet humour là. J'imagine que vous vous êtes franchement amusé. Bravo !
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A ALASKA · il y a
Merci beaucoup Brune! Amusé, oui, oui, oui et puis ces lieux sont ceux de mon enfance, non loin de là où je vis encore aujourd'hui; je connais bien ces gens-là, ils sont pas méchants au fond...
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Chateau briante · il y a
merci A.
vous avez le pouvoir
de commander aux mots
qui, sous vos doigts de fée, (si j'ose dire : je n'ai pas trouvé le mot "fée" au masculin )
nous prennent par la main
et nous emmènent au loin,
dans un champ de blé mûr
au lieu-dit de Dingier,
où Germaine et Maurice
nous accueillent à grands cris
tandis que Majuscule
...
vous connaissez la suite

c'est magique !
ah ! j'ai trouvé : magicien peut-être ?
ou génie ?

wiki me dit
"féetaud \fe.to\ masculin (pour une femme on dit : fée)
Équivalent masculin de la fée .
Certains témoignages attestent de l’existence de fées mâles, ou féetauds, mais ces derniers sont très minoritaires, et leurs pouvoirs, indéfiniment moins étendus que ceux de leurs sœurs et compagnes."

je suis enchantée, charmée, abonnée..

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Safia Salam · il y a
Bonjour Marie Christine, j'imagine que vous n'êtes pas très familière avec l'univers d'Harry Potter, dans lequel le mot "sorcier" a une connotation des plus positives. Je vous le concède, c'est pour le moins de tradition récente et trouvant hors de cet univers assez peu d'emploi. Neanmoins, la langue française étant vivante, je pense qu'on ne devrait pas hésiter à jouer de tous les registres pour formuler nos pensées avec precision.
Si vous hésitez encore, je le tente, moi :
Monsieur Alaska, ce conte de fée a été assurément écrit par la baguette magique d'un maitre sorcier !

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Chateau briante · il y a
ok pour maître sorcier, Safia
si si, j'adore Harry Potter
le seigneur des anneaux
dans un autre genre
Willow
j'aime beaucoup les BD
les univers fantastiques
...

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Safia Salam · il y a
Oh, très bien alors. Je profite du calme et de l'harmonie de cette page pour vous dire que vous avez vous-même quelque chose d'une bonne fée, à chaque fois que vous likez un de mes commentaires, c'est comme si je voyais un sourire bienveillant en face de moi.
Bonne soirée !

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Chateau briante · il y a
merci Safia
mais la seule douce Fée que j'ai rencontrée ici c'est Brocéliande... que vous connaissez, je gage
https://short-edition.com/fr/auteur/broceliande

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A ALASKA · il y a
Non là c'est trop, je vous interdis ! :))) Bon, redites-le encore une fois... Vraiment merci, merci Chateaubriante!
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Safia Salam · il y a
C'est le meilleur conte de fées que j'ai jamais lu !

La lecture était un régal du début à la fin. Les dialogues excellents, les personnages très vivants et réalistes, les images, le vocabulaire... Je ne sais pas quoi dire, votre nouvelle était trop longue pour que je lui donne le commentaire qu'elle mérite, vous avez parsemé le récit de remarques pertinentes, délicieusement absurdes ou poétiques, et vous m'avez surprise à chaque paragraphe, à ne pas dévoiler où vous emmeniez le lecteur.

J'ai particulièrement apprécié les divers parallèles avec l'actualité. Et aussi ce côté si ingénu, si innocent et frais...

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A ALASKA · il y a
Mais que fais-je ? Je ne répond point, quelle honte! Merci mille fois Safia, c'est trop gentil et sincère je le sens alors encore un grand merci!
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Joëlle Brethes · il y a
C'est charmant ! 😊💖😘
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A ALASKA · il y a
Ah oui, merci Joëlle! Quand je vous disais que j'aimais les contes moi aussi! :)))
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Joëlle Brethes · il y a
Et les vôtres sont plus "convenables" !!! 😉😁
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Tess Benedict · il y a
Ça coule comme une source vivifiante, ce conte de fée moderne, écrit avec beaucoup d’humour.
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A ALASKA · il y a
Merci beaucoup Tess! Désolé de n'avoir pas vu votre commentaire avant!