Le Père Noël, il existe - 2. Le presque - retour des Y.

il y a
6 min
148
lectures
24

J'ai toujours su qu'un jour je dirais NON Ce jour est venu le 1er octobre 2015 Voilà Il ne faut savoir que cela  [+]

Aux lecteurs :
Je vous invite à lire d’abord, si ce n’est pas déjà fait, « Le Père Noël, il existe », ainsi que « Où va le monde ? », deux nouvelles qui sont sur ma page.

- Julien, il faut faire quelque chose !
- Mais Papa tu m’as dit d’arrêter mes bêtises !
- Oui c’est vrai... Mais le Père Noël, quand même, tu avais exagéré !
- Si peu... c’était pour faire plaisir à Maman !
- Oh ça ! Tu lui as fait plaisir ! Mais depuis elle se doute...
- Tu crois Papa ?
- Oh que oui ! Mais là il faut faire quelque chose... Et je ne sais pas quoi...
- Pourquoi ?
- Ben, parce que ce monde part en vrille...
- Et tu penses que moi, un enfant de 6 ans, je peux faire quelque chose ?
- Tu peux faire revenir le Père Noël ! répondit le Papa de Julien, un brin moqueur
- OK, je vais voir, répondit Julien sur le même ton.

Julien appuya sur le bouton de sa montre.

Y201 et Y215 patrouillaient paisiblement à quelques centaines d’années-lumière de la Terre. La surveillance galactique les gonflait un peu. Alors ils se remémoraient leurs aventures épiques et particulièrement le message d’Y2, Julien, le fils d’Y1, qui leur avait demandé de venir faire le Père Noël, parce que le plan de sa maman avait échoué à cause de rennes qui l’avaient écrasé...

Du grand n’importe quoi ! Mais ils étaient venus. Impossible de dire non à un enfant. Cet enfant en qui ils avaient placé l’espoir de tout un peuple. L’espoir d’une colonisation en douceur. Pas comme l’autre fois...

Y215 riait encore d’avoir vu son co-navigateur Y201 enfiler la combinaison rouge, et surtout d’avoir essayé de positionner les ballons gonflables sur son ventre pour ressembler à ce dit Père Noël. Y201 rageait un peu à chaque fois, mais finissait toujours par rire, lui aussi.

Le transcommutateur sonna dans le vaisseau. C’était Julien qui appelait.

- Oui Y2 ?
- Il faut que vous reveniez les amis !
- Ah non ! Ce n’est pas un peu fini tes bêtises !
- Mais là c’est important !
- Ouais, ouais, comme le coup du Père Noël ! Tu ne vas pas nous le faire deux fois ! C’est bon, les rennes, tout ça, c’est bon... on a donné !
- Mais si je vous dis ! Il s’agit cette fois de l’avenir du monde ! Enfin de la Terre je veux dire...
- Pfff ! L’avenir de la Terre... Tu m’en diras tant. Et puis on s’en fout ! Ce monde, on va le coloniser de toutes les façons !
- Mais si le monde entre en guerre ? Vous ne pourrez rien coloniser du tout. Je vous rappelle que les humains ont l’arme atomique...
- Nous ne te croyons pas Y2...
- Comment pourrais-je faire pour vous convaincre ?
- Nous ne savons pas... montre nous ! Tu ne nous auras pas deux fois !

Et ils raccrochèrent (Raccrocher n’est pas le terme approprié pour leur technologie de dingues, mais je n’en ai pas trouvé d’autres).

Julien fut pris au dépourvu, et pourtant la bise ne fut venue. Pas encore, mais elle allait arriver ! Papa avait toujours raison. Comment pouvait-il convaincre les Y de revenir ?

Mais c’était bien sûr ! Il allait leur faire écouter la radio ! A la radio on peut entendre toute la misère du monde !

Il rappela les Y, et colla sa montre sur le poste radio. Dans le vaisseau, les Y entendirent l’émission de Bourdin. Bourdin direct.

- On arrive Y2 ! On arrive tout de suite !

Julien n’eut même pas un mot à dire. Ce matin-là, l’émission radio portait sur le Code du Travail, d’horribles abattages d’animaux et les Belges qui voulaient fermer leur frontière à cause de migrants qui allaient être évacués d’une jungle. Si les hommes vivaient dans la jungle, c’est que l’heure était grave.

L’interview de Jacques Attali fut décisive. Ce grand penseur humain avait dit qu’il prévoyait une guerre entre la France et l’Allemagne d’ici la fin du siècle si les accords de Schengen étaient remis en cause. Et clou du spectacle, les propos d’un joueur de foot contre son coach.

Il ne fallait pas exagérer. La coupe était pleine. Oui, l’heure était grave. Y2 avait raison. Les hommes devenaient fous. Et des esprits fous à coloniser ce n’était pas facile. Ils avaient déjà essayé, il y a très longtemps, avec les Atlantes, et cela avait fini en eau de boudin, au fond d’un océan aujourd’hui disparu.

- Allez ! Vitesse lumière ! On y retourne !

Julien souriait à l’autre bout de l’espace.

- Bon, ils arrivent. Mais pour faire quoi ? Se demandait-il.

Dans le vaisseau Y201 et Y215, le plus malin des deux (je vous rappelle que c’est Y201 qui avait enfilé la combinaison du Père Noël...) réfléchissaient. C’était assez rare, mais quand la situation l’exigeait, ils en étaient capables.

- Comment pourrions-nous changer les choses ? demanda Y201 à Y215, pendant qu’il actionnait le propulseur en direction du trou de ver qui les conduirait juste à côté de la Terre d’ici une heure
- Et si nous les faisions rêver ? Répondit Y215
- Comment ça rêver ? Demanda Y201
- Et bien, si le Père Noël a marché pour une humaine, la maman terrienne que nous avions choisie pour Y2, peut-être qu’en réveillant certains de leurs vieux contes cela pourrait faire changer les choses..., pensait à voix haute Y215
- Leurs vieux contes ?
- Mais oui, genre Blanche Neige, Cendrillon, la Belle au Bois Dormant...
- Mais que racontes-tu là ? C’est n’importe quoi...
- Mais si ! Cela va marcher, affirma Y215
- Et ces vieux contes, tu les connais toi ?
- Attends... Je vais chercher dans la mémoire du vaisseau les histoires en question. Voyons ça...

Y215 appuya sur l’écran tactile (c’est bien le moins dans un vaisseau aussi sophistiqué).

- Alors..., voyons ça... Terre, Galaxie Voie Lactée, Soleil 3ème, contes... ça y est ! J’y suis...
- Blanche Neige : Jeune femme qui vivait avec des nains et qui croqua une pomme
- C’est quoi des nains ? Demanda Y201 hébété
- T’es vraiment nul toi... Mais les nains tu ne pourras pas les faire tous, et il faudrait te rapetisser. Et moi jouer Blanche Neige... Je ne vois pas comment..., se dit Y215
- Vraiment Y215, tu me prends pour un idiot ! Bien sûr que je pourrais faire un nain ! Affirma Y201, la mine offusquée
- Arrête ! Tu ne sais même pas à quoi ressemble un nain. Je pourrais peut-être te mettre dans la presse, mais je ne suis pas sûr que tu aimerais ça..., riait Y215. Et puis il faudrait choisir lequel des 7 nains !
- Ah non ! Je ne veux pas faire l’objet d’un article sur le journal de bord avec une photo de moi déguisé en nain !
- Mais pas cette presse-là idiot..., la presse hydraulique !

Y215 se demanda comment Y201 avait fait pour obtenir son diplôme de co-navigateur.
Y215 passa les nains en revue et, de son air savant, évalua les possibilités :

- Joyeux : sûrement pas ! Tu râles tout le temps Y201. Y215 écarta immédiatement cette hypothèse
- Grincheux alors ? Dit Y201 au-dessus de l’épaule d’Y215 pour tenter de voir l’écran, avec l’air de ne pas y toucher
- Non tu vas faire peur aux enfants de la Terre, et puis t’es déjà assez moche comme ça !
- Timide ?
- Non plus, quoique tu pourras te taire alors, et ne pas dire de bêtises. Ça nous ferait des vacances !
- Ah non ! Si en plus je dois me taire ! S’offusqua Y201 en rajoutant :
- Atchoum alors ?
- C’est impossible, nous ne tombons jamais malades, alors éternuer tout le temps, ce ne serait pas crédible ! Il faut que nous soyons crédibles Y201 ! Cré-di-bles, t’entends ?
- On laisse tomber aussi Prof alors... j’imagine..., rajouta Y201, faisant là la preuve de sa grande sagesse...
- Oui... je vois que tu commences à comprendre ce qu’est la nécessité d’être crédible ! Explosa de rire Y215, qui rajouta difficilement tant il riait :
- Il reste Dormeur !
- Qu’insinues-tu par là ? Tu crois que c’est toi qui fais tout ici ? Y201 était en colère...
- Pas du tout... enfin si tu dors tout le temps, tu ne feras pas ta mission de sauvetage, pauvre idiot !
- Heureusement que tu es là Y215, que ferais-je sans toi..., dit Y201 l’air sérieux avec un souffle d’intelligence, sans que Y215 ne sache si c’était du lard ou du cochon
- Il ne reste plus que Simplet ! Le profil idéal pour toi Y201 ! Conclut Y215
- T’es vraiment con Y215, vraiment, et bien si c’est comme ça, ce ne sera pas Blanche Neige !

Julien prévint son père qu’il avait appelé les Y et qu’il avait réussi à les convaincre de venir.

- Comment as-tu fait Julien ?
- Oh je n’ai même rien eu à dire !
- Pourtant je me disais que nos navigateurs étaient des gens difficiles à convaincre ! Ils sont si intelligents. Sais-tu que pour devenir navigateur il faut être parmi les meilleurs ? Alors comment as-tu fait pour les convaincre ?
- Je leur ai fait écouter la radio !
- Quoi ? La radio ? C’est tout ?
- Oui, moi aussi j’ai été surpris de leur décision immédiate de venir nous aider
- Ils ont dû sentir l’urgence... Ils sont vraiment trop forts !
- Si tu le dis Papa...

Dans le vaisseau, la conclusion de renoncer à Blanche Neige fut, après bien des débats extrêmement complexes et subtiles, difficile à prendre. Mais c’était la bonne décision (Désolé pour Blanche Neige, ses qualités personnelles n’ont rien à voir là-dedans).

Mais cette discussion avait généré une dispute entre les deux Y navigateurs. Et par mégarde Y201 avait appuyé sur le bouton d’autodestruction du vaisseau. Ils avaient déjà failli appuyer à plusieurs reprises sur ce bouton, et avaient même alerté le centre de contrôle Y des risques encourus par la position pour le moins inappropriée de ce foutu bouton.

Et là... Bing ! L’improbable se produisit, au plus mauvais moment... Juste à l’entrée du trou de ver.

Une explosion colossale se produisit. Les Y retournèrent au néant. Ils ne reviendraient jamais sur Terre, laissant les hommes à leur triste destinée, loin de l’intelligence merveilleuse qu’aurait pu leur apporter la science Y.

Julien les attendit longtemps, mais le transcommutateur ne donna plus jamais de réponse.

Qu’allait devenir la Terre ? Qu’allaient devenir les Hommes ?

Nous verrons bien.

24

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,