Le pays du soleil bas

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En compétition

Richard Oberriede  [+]

Image de Été 2020

Je me levai la première ce matin là. Je sortis de dessous les peaux en essayant de ne pas réveiller Guy, Robert et les petits. Une fois enfilé mon pantalon léger et une chemise à la couleur douteuse, je m’échappai de la tente. Il faisait beau, le ciel était dégagé, le vent ne soufflait pas trop fort. J’adore ses trop rares journées d’été quand le soleil ne se couche pas et que la banquise s’est disloquée. Une journée parfaite pour se laver et prendre un bain de soleil. Je relevai la température de 10° Celsius, la vitesse du vent de 30 kilomètres par heure et je l’inscrivis avec une pointe d’os de skua sur la peau de phoque pompeusement intitulée « Bulletin météorologique ». Le baromètre avait rendu son âme mécanique depuis longtemps. Je mis un point d’interrogation dans la colonne « pression atmosphérique ». Je retournai dans la tente et fis une entrée très remarquée.
— Debout là-dedans, bande de flemmards. Aujourd’hui, après une petite collation matinale, bain de mer et de soleil pour tout le monde ! Et on va faire du savon pour notre douche annuelle. »
Guy grogna. Robert se leva en sursaut. Quand au petits, ils ne se firent pas prier pour se lever et m’embrasser. Puis nous mangeâmes tous un peu de viande d’adélie et du lait de phoque fermenté. Liliane, suçant je ne savais quoi me demanda d’un air faussement candide.
—  Maman, alors pas de clache auchourd’hui ? »
— Primo, on ne parle pas la bouche pleine. Secundo, vous avez classe aujourd’hui, Geneviève et toi. Papa Guy vous fera faire beaucoup d’exercices ! »
Je souris à leurs mines défaites.
— … Des exercices physiques plus précisément, ajoutai-je.
— Chouette ! crièrent les deux fillettes en cœur même si elles n’avaient jamais vu cet oiseau de leur vie. Liliane en cracha son morceau de cartilage de phoque.
— Ramasse ça et va le jeter plus loin, lui dis-je. Il doit être à moitié pourri !
— Oh, non, maman. Il a juste une semaine !
Elle le ramassa tout de même et le jeta loin de la tente. Puis, toute nue au soleil, elle suivit sa sœur qui courait sur les rochers.
Le petit dernier de la fratrie s’accrocha à ma jambe.
— Moi aussi, maman, je vais au soleil ?
— Bien sûr ! Comme ça, tu ne seras pas rachitique et tu seras aussi fort que papa Guy et papa Robert.
Je l’embrassai et lui donnai une tape sur les fesses pour qu’il suive ses sœurs aînées.
Guy, toujours allongé, m’attrapa la jambe.
— Et moi aussi je peux sortir, maman ?
— Ne m’appelle pas ainsi, ça me vieillit de dix ans !
J’étais un peu vexé. Ce grand dadais de Guy m’agaçait souvent. Robert, profitant de la courte disgrâce de Guy, m’embrassa. Guy, bien loin d’être chagriné par ce spectacle, sortit tout de même à poil de la tente, car ce n’est pas tous les jours que la peau peut faire de la vitamine D grâce au soleil.
— Je vais voir si la cellule photovoltaïque a fini de produire la soude, me dit Guy.
En attendant son retour, Robert m’aida à ranger la tente et à allumer l’ounakrit, la lampe à huile de phoque. J’accrochai la marmite au-dessus de ce feu et mis de gros morceaux de graisse de phoque à fondre.
— Cela va puer encore un peu plus dans cette tente ! me fit remarquer Robert.
— Le vent est faible, j’aurais pu sortir le feu, mais cela sèchera la tente, lui dis-je.
Guy revint et me donna le flacon de soude. Je versai doucement la soude et l’huile de phoque chaude dans un même récipient en aluminium quand brusquement la réaction chimique s’emballa et le mélange prit feu. Je mis un couvercle dans l’espoir d’arrêter cela, mais sans résultat. Robert prit rapidement le récipient grâce à une peau et le vida loin de la tente. Puis il le rinça dans la mer entre deux morceaux de banquise.
— Je viens de me rappeler que la soude attaque violemment l’alu ! nous expliqua-t-il. Ma mémoire de chimiste et de géologue s’effrite un peu, soupira-t-il.
— Ne te plains pas, lui répondit Guy. Moi, ça fait dix ans que je rêve d’une radio à tripoter. Fini les télécoms pour moi !
— Françoise ! me dit Robert. Je vais voir si je peux trouver de la stéatite dans les montagnes pour te fabriquer un récipient pour faire ce savon. »
— Je n’ai plus qu’à rebrancher la cellule photovoltaïque pour refaire de la soude, me dit Guy.
Le petit Jean rentra et me regarda d’un air très sérieux.
— Maman, il fait encore faim !
Guy le prit dans ses bras.
— On va s’habiller tous les deux et on va aller chercher des nids d’adélies. Je t’apprendrai à choisir les œufs. Et on se fera tous une grande omelette de décembre !
— Soyez prudents tous les trois, leur dis-je.
— Allons ! Ne t’inquiète pas, me dit Robert. Les montagnes nous protègent du vent catabatique et ce n’est pas la saison des tempêtes. Je te promets de faire attention aux éboulis.
— Quant à nous deux, me dit Guy, on va prendre une lance. On ne sait jamais.
Une fois tous vêtus, ils partirent dans des directions opposées. Robert alla vers la montagne, son marteau de géologue à la main. Guy et Jean partirent vers l’Ouest en suivant le rivage. Quant aux filles, je les voyais de la tente en train de s’asperger d’eau entre deux glaçons, au grand étonnement d’un adélie perché sur un promontoire de glace. Après avoir habillé les filles, elles m’aidèrent à sortir toutes les peaux pour les faire sécher au soleil et au vent. Je tannai une peau de phoque grâce à notre propre urine fermentée. Les filles m’aidèrent sans se trouver incommodées par l’odeur d’ammoniac. Moi, par contre, cette odeur continuait à me répugner, surtout en été. Depuis dix ans, je n’avais pu m’y faire.
— Allez vous rincer les mains maintenant ! leur dis-je. Je finirai le tannage toute seule.
Liliane et Geneviève ne se firent pas prier et elles se dirigèrent vers le rivage.
L’adélie sur son bout d’iceberg se décida à plonger puis à monter sur le rivage. Profitant de l’occasion, les filles tentèrent de l’attraper, mais il se rebiffa et émit une suite de « ka ka ka » agressif en reculant vers le rivage. Subitement, un léopard des mers sortit des flots et se jeta sur le manchot, l’attrapa par une patte, le lança en l’air et l’avala d’un coup de mâchoire. Les filles se mirent à hurler et s’enfuirent vers la tente. Je leur criai de venir vers moi. Une fois dans mes bras, elles se calmèrent un peu. Cela n’avait pas duré plus de dix secondes. Le léopard nous regardait d’un air intrigué. Vu son instinct, la fuite des filles impliquait que cela soit des proies potentielles. Soudain, il s’avança vers nous en reptation rapide. Je pris une des lances en barre d’alu que je gardais toujours plantées devant la tente et la lui fichai dans la gueule. Le léopard agita sauvagement la tête en reculant. De peur qu’il aille mourir au fond de l’océan, je pris une autre lance des deux mains et je lui transperçai la tête de toutes mes forces. Après quelques soubresauts, le prédateur ne bougea plus. Liliane et Geneviève crièrent de joie. Elles sautèrent sur l’animal, retirèrent les lances puis Liliane suça son sang et Geneviève farfouilla dans sa cervelle avec ses doigts pour manger les méninges encore chaudes. Une joie culinaire illuminait leurs visages. Je m’assis sur une pierre. J’étais à bout de nerfs à force d’adrénaline et le spectacle de mes propres enfants me répugna. J’eus honte de moi-même d’éprouver ce sentiment. Je me mis à pleurer. J’avais envie de me foutre à l’eau. Survivre comme cela depuis dix ans, était-ce vivre ? Et mon ancienne famille en France, mari, enfants, qu’étaient-ils devenus ? Cette pensée me torturait encore. Mes filles, barbouillées de sang et de cervelle, vinrent me voir.
— Qu’est-ce que t’as, maman ? me dit Liliane
Je les pris dans mes bras.
— Rien, les filles. Maman se rappelait sa jeunesse, loin d’ici, il y a longtemps déjà.
— Dans le pays vert ? demanda Geneviève.
— Vert comme les aurores australes ? renchérit Liliane.
— Oui. Vert comme les aurores d’hiver.
— C’est vrai ce que m’a dit papa Guy ? demanda Geneviève. Que chaque jour, on rencontrait des gens inconnus, en Fance ? »
— Pas en Fance, en France ! lui dit Liliane, fière du savoir de ses sept ans.
— Oui, il y avait des millions de gens en France.
— C’est quoi des millions ? demanda Geneviève du haut de ses six ans.
— Papa Robert m’a dit que c’est autant que de cailloux sur la montagne ! lui répondit Liliane. Je séchai mes larmes et me relevai.
— Nous allons dépecer le léopard. Tous au travail. Mais, d’abord, allez vous laver les mains.
En plein travail, nous vîmes Robert revenir bredouille une heure plus tard.
— Pas de stéatite, me dit-il. Tu feras le savon dans une pierre creuse, mais ce sera plus long à façonner. »
Il prit un simple morceau de granit au bord de la tente qu’il ouvragea à coup de marteau de géologue. Il travailla en silence, comme toujours. Robert n’avait jamais été bavard. Les filles en avaient l’habitude et ne lui dirent rien. Et aucune question de sa part à propos du léopard, ce qui m’agaça prodigieusement.
— Tu ne me demandes pas ce que vient faire ce léopard que je dépèce ? lui demandai-je.
Il me regarda avec un petit sourire.
— Je ne suis pas le commissaire Maigret, mais l’adélie que tu as extrait de son estomac m’indique qu’il devait être en chasse côtière quand tu l’as tué. De plus, je reconnais le plumage bizarre de l’adélie. C’est celui que j’ai vu ce matin. La curiosité l’a perdu, sans doute. Ainsi que celle du léopard, d’ailleurs !
La suffisance de Robert me mit en colère.
— Le léopard s’est attaqué aux filles et il n’y avait pas un homme pour les défendre. À part cueillir des œufs et casser des cailloux, vous ne faites rien de bon !
Piqué au vif, Robert me regarda durement.
— Après tout, c’est vous la spécialiste des pinnipèdes, docteure Joyeau ! Au lieu de les protéger, comme avant-guerre, maintenant tu les tues ! Françoise, tu es injuste ! Les filles ne risquent rien sur la terre ferme. Et puis c’est plus facile de tuer un phoque antarctique à terre que dans l’eau même s’il s’agit d’un léopard des mers. Il n’avait aucune chance contre toi. »
Vexée, je me détournai de lui et continuai le dépeçage de la bête quand subitement un oumiak se profila dans la baie entre deux icebergs. Les occupants de l’embarcation agitaient les bras et criaient. Robert, les filles et moi, nous nous précipitâmes vers le rivage en sautant, criant, et agitant les bras en tous sens. De la visite, des humains qui nous fassent un peu oublier que nous étions dans le coin le plus isolé de la planète. Là où la moindre erreur se paye de la vie. Nos familles se dispersaient l’été pour chasser et faire des réserves puis elles se regroupaient dans les stations antarctiques pour survivre à l’hiver. Rares étaient les visites en été. Bien vite l’oumiak se rapprocha du rivage à grand coup de rames. Nous reconnûmes Guy et Jean à la proue du petit navire. Les rameurs nous étaient inconnus. Le bateau arriva sur le rivage et nous aidâmes à le tirer sur la terre ferme dans les cris et les exclamations de tous. Les enfants étaient fascinés par ces trois étrangers. Ils nous embrassèrent et nous étreignirent comme si nous étions de vieilles connaissances.
— Welcome ! leur dis-je. You live in Casey Station ?
Les trois hommes se regardèrent et éclatèrent de rire.
— Niet ! me dit le grand blond, Mirny Station ! Et, en se tournant vers les autres Russes, il fit les présentations.
- Leonid, Guennadi and I’m Edouard !
— Et tous trois, grands amateurs d’œufs, rajouta Guy. Je ne les aurais pas découverts s’ils n’avaient pas eu une envie d’omelette de décembre, eux aussi.
Robert leur demanda en anglais ce qu’ils faisaient si loin de leur base. Comme explication, Edouard alla chercher dans son embarcation un harpon d’une taille exceptionnelle et ne prononça qu’un mot.
- Orc !
Je poussai un juron. Ils ne devaient pas avoir faim l’hiver à Mirny !
Leonid nous dit alors dans un français approximatif :
— Chasse plus dure que phoque !
Alors tout le monde se regarda et éclata de rire. La comparaison était cocasse entre une énorme baleine tueuse et un phoque de Wedell que l’on peut facilement assommer dans son sommeil sur la banquise. Nous fîmes la fête ce jour d’été comme si le gel ne devait pas revenir, simplement heureux d’être en vie et d’avoir passé encore un hiver. Une orgie d’œufs et de viande de léopard jusqu’au tout relatif coucher du soleil derrière les monts de la côte de Wilkes. Et nous bûmes de la vieille glace fondue non radioactive que Robert agrémenta de quelques sels minéraux pour en améliorer le goût.
Laissant les autres discuter de la neige et du beau temps, je passai la courte nuit sous la tente en compagnie du jeune Guennadi qui n’avait pu masquer son trouble en me voyant, sous les yeux compréhensifs de Guy et Robert. La génétique l’imposait, nous le savions tous, sinon nos descendants péricliteraient de consanguinité. Le sentiment est un luxe dans la survie et la raison, une nécessité. Guennadi, malgré son inexpérience, eut la gentillesse de joindre l’agréable à l’utile.
— No Women in Mirny ? demandai-je après nos étreintes.
Il poussa alors un profond soupir.
—  Only five for forty men, me répondit-il.
Je ris et je lui dis : - Ten women for thirty men in Dumont d’Urville station.
Il leva les mains au ciel et plaisanta :

—  It’s the Islamic paradise !
— You have radio in your station ? me demanda-t-il.
—  No. All electronic hardware destroyed by nuclear electromagnetic pulse. That’s the same in your station ?
—  Yes. And I'd seen a space thermonuclear explosion in the sky.
Il me montra sa cataracte précoce à l’œil droit que j’avais déjà remarquée. Je lui caressai les cheveux et lui dis que nous aurions un avenir sur ce continent de glace, que nous allions vivre comme des humains jusqu’au bout et qu’un jour, le monde se rappellerait de nous et viendrait nous rechercher. Je parlais en français et il ne comprit pas un mot, mais il me sourit tout de même en me disant que ma langue était agréable à son oreille. Par la suite, il devint mon troisième mari. Il mourut quelques années plus tard lors d’une chasse à l’orque quand un grand mâle brisa son oumiak d’un coup de gueule. Il rata cette dernière cible, car il n’y voyait plus clair que d’un œil. Il m’a laissé Natacha que Guy a élevée comme sa fille jusqu’au décès de ce dernier d’une maladie que nous ne pûmes soigner. Les radiations peut-être… Robert le taiseux est devenu encore plus taciturne avec l’âge.
— C’est toujours les plus joyeux qui partent les premiers, me dit-il un jour en s’excusant presque d’être le dernier survivant de mes maris. La communauté des chasseurs de baleines s’est agrandie de tous mes descendants. Les Australiens de la station Casey nous ont maintenant rejoints. Génétiquement, je pense que nous allons dans la bonne voie, car j’ai arrangé tous les mariages polyandres de manière scientifique. Je ne suis pas docteure en biologie pour rien. Je suis vieille maintenant et je ne sors plus de la station Mirny. J’ai fêté mes cinquante-neuf ans hier, mais je ne crois pas que j’atteindrai soixante ans. Le climat polaire use et les radiations usent encore plus sûrement. Je laisse ce court récit d’un moment de ma vie sur cette peau de phoque comme témoignage à ceux qui, peut-être un jour, se rappelleront des oubliés de l’Antarctique. Ils trouveront mes relevés météorologiques gravés sur des centaines de peaux de phoques. Mais mes enfants ne croient plus aux humains d’au-delà de l’Océan. Quant à mes petits-enfants, ils écoutent mes histoires de sauveurs futurs comme si je leur parlais de lointains messies. Avant de mourir du scorbut, lors du terrible hiver dernier, Robert m’a dit que nous étions probablement les derniers humains, les derniers « inuits » comme on dit en langue eskimo. Il fallait nous habituer à couver nos œufs sur nos pattes dans la glace comme les manchots empereurs. Il devait avoir raison, mais, jusqu’à la fin, je regarderai l’horizon maritime vers le Nord tant que le soleil n’y a pas encore disparu.

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Christian VALENTIN · il y a
Par son univers post-apocalyptique, par cette manière que vous avez de dévoiler les détails au compte-goutte mais aussi par sa qualité, ce texte m'a rappelé "une lettre des Cleary" de Connie Willis, grande dame trop méconnue en France.
Mes remerciements et mes félicitations pour cette histoire remarquable

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Rupello O · il y a
Merci de vos appréciations. Je ne connaissais ni cette auteure ni cette nouvelle mais vous avez senti l'époque car j'avais écrit ma nouvelle en 1987 quand la guerre froide et l'URSS existaient encore. Puis oublié au fond d'un tiroir. J'avais grandi en "Apprenant à ne plus m'en faire et à aimer la bombe" comme sur l'affiche du film Docteur Folamour.
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Ginette Flora Amouma · il y a
Une immersion glaciale dans un univers étonnant et très peu mis en avant ce qui donne un relief intéressant à votre texte .
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Felix Culpa · il y a
Une épopée fascinante, très bien écrite, qui ne nous laisse pas de glace !
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M. Iraje · il y a
Une nouvelle ... rafraîchissante.
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Paul Thery · il y a
Un texte intéressant et bien écrit qui témoigne de solides connaissances sur l’Antarctique. Étonnant !
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Rupello O · il y a
Solide, je ne suis pas sûr mais en mélangeant mes recherches sur les voyages polaires Nord et Sud, j'ai eu cette idée des derniers êtres humains, inuits du Pôle Sud. Merci à Paul-Emile Victor et ses nombreux ouvrages ainsi qu'à Jean Malaurie pour Les derniers rois de Thulé.

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