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Le Pastis

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Charlie

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La jeune fille se réveillait difficilement. Malgré la dure nuit qu’elle venait de passer, elle restait jolie. Julie avait de longs cheveux roux et de magnifiques yeux verts dans lesquels il était facile de se perdre. Elle regarda où elle se trouvait mais ne reconnu rien, elle ne parvint pas à se rappeler de ce qu’il s’était passé avant qu’elle ne s’endorme. Elle se trouvait dans un vieux hangar réaménagé rapidement, il y avait un canapé, une télévision, un lit et une petite cuisine. Elle tenta de se lever mais fut retenue par des liens. En effet, ses pieds étaient accrochés aux pieds de la chaise et ses mains retenues derrière son dos. Elle comprit enfin que quelque chose n’allait pas et la peur commença à s’installer en elle.
Soudain la porte dans son dos s’ouvrit. Elle se tétanisa, ferma les yeux et n’osa même plus respirer. Elle entendit des bruits de pas venir vers elle, cela ressemblait à ceux d'un homme. Tout à coup, Julie reçut une gifle comme si l'homme avait voulu l'a réveillée. Elle eut un petit soubresaut et ouvrit les yeux. Elle regarda attentivement cette homme, de haut en bas. Il devait avoir environ cinquante ans. Il portait des habits simples, un jean, des baskets et un sweat-shirt. Il y avait des cheveux bruns mais on pouvait distinguer des mèches blanches, ce qui l'étonna étant donné son âge. Elle s’attarda sur son visage, il était fatigué et on voyait sur ses traits durs qu’il avait vécu des choses douloureuses durant sa vie. Un court instant, la peur partit et elle ne ressentit que de la compassion pour cet homme qui avait l’air tellement amoché par la vie. Cependant, quand elle croisa son regard vert, elle n’y vit que deux choses: de l’excitation et de l’impatience. Ses yeux avaient l'air plein de vie ce qui contrastait avec le reste de sa personne. Il était, en effet, impatient mais à ce moment-là, la rousse ne savait pas pourquoi. Cela ne tarda pas, il la refrappa au visage. Elle ne comprenait rien de ce qu’il se passait et avait simplement peur et mal. Il recommença encore et encore. On pouvait voir dans ses yeux qu’il y prenait plaisir. Alors que le sang coulait sur le visage rempli de taches de rousseurs, il lui adressa enfin la parole.
- Alors, tu aimes? lui cracha-t-il au visage avec un petit sourire narquois.
Elle ne répondit rien, sous le choc, des larmes silencieuses coulaient sur ses joues. Il éclata d’un rire fort et qui sonnait faux. Puis il alla s’installer sur le canapé et regarda la TV comme si elle n’existait pas.
Julie en profita pour tenter de mettre ses idées au claire. Elle tenta d'analyser la situation : elle s'était réveillée dans un hangar, ligottée, elle ne se souvenait pas de la veille au soir et un homme la frappait.
Elle se rappela tout d’un coup que sa meilleure amie lui avait proposé de sortir fêter la fin des examens. Julie avait accepté et elles étaient donc parties dans leur restaurant habituel. Mais après cela plus rien. La jeune fille eut l’impression qu’un souvenir tentait de remonter à la surface mais son agresseur revenait déjà vers elle ne pouvant attendre plus longtemps pour recommencer son supplice.
Il recommença à la frappa mais cette fois-ci, il s’attaqua à tout son corps. Puis, il se dirigea derrière elle et revint avec un petit couteau bien aiguisé. Voyant cela, elle ne put retenir un cri d’effroi. Un sourire sadique se logea sur le visage de son agresseur, content de l’effet du couteau sur la jeune fille. Il ne voulait pas la tuer, il ne lui fit donc que de petites entailles là où cela fait vraiment mal.
De nouveau, au bout d’un moment, il repartit mais pour manger cette fois-ci. Julie le regardait avec envie, elle n’osa pas lui demander de peur qu’il ne recommence ses supplices. Comme s’il avait lu dans ses pensées, il se tourna vers elle, une assiette de spaghettis dans les mains, et lui en proposa. La jeune fille dévorait le plat des yeux ne se rappelant plus la dernière fois qu’elle avait mangé quelque chose; elle acquiesça timidement. Il ne dit rien, continuant à la fixer. Puis il éclata de rire et lui demanda si elle croyait vraiment le mériter. Il se rassit et continua à manger en l’ignorant complètement. Julie comprit qu’elle devait se méfier car il aimait la faire souffrir de toutes les manières possibles, autant physique que morale. Elle tenta de se remémorer ce souvenir qui était là avant, mais plus rien. Elle pensa alors à sa famille. Avaient-elles remarquer que la jeune femme était absente? Julie n’en était pas sûre, en effet sa soeur, plus âgée, ne vivait plus dans l’appartement familiale et sa mère travaillait énormément pour payer les études de Julie. Quant à son père, il avait disparu lorsqu’elle avait cinq ans et elle ne se souvenait même pas de son visage. Sa mère n’avait jamais rien voulu lui dire de lui ni de la raison de son départ. Repenser à sa famille, lui rappela un objet qui l’avait toujours aidé lorsqu’elle avait peur, un bracelet avec un petit coeur. Elle l’enleva et le serra dans sa main, il lui donna du courage. Son agresseur revenait déjà vers elle mais il ne la frappa qu’une fois puis partit se coucher. Elle se rendit alors compte du temps qui passait. Elle ne savait pas combien de temps elle avait dormi.
Elle eut beaucoup plus de peine que lui à trouver le sommeil. Mais finalement, épuisée de cette longue journée qui était surement la pire de toute sa vie, elle s’endormit, toujours ligotée sur sa chaise. La jeune captive ne savait pas encore que la journée du lendemain serait bien pire.
Le soleil se levait gentiment et passa bientôt au travers des vitres de l’entrepôt. La jeune fille continua de dormir tandis que son kidnappeur déjeunait, un sourire aux lèvres, pensant à la journée qui s’annonçait. Il savait bien que ce qu’il faisait était mal et qu’il ne devait pas mais il ne pouvait s’en empêcher. Il est ce que l’on appelle un psychopathe, il le savait, un médecin le lui avait dit. Mais il n’était pas assez atteint pour être interner, enfin d’après le spécialiste. Depuis, il devait se rendre chez un psychologue une fois par mois pour voir si sa maladie évoluait.
Soudain, il entendit un bruit venant de sa victime. Elle n’était toujours pas réveillée. Paul, c’était son nom, eut l’idée de la réveiller à sa manière. Il fit chauffer une barre de métal et toucha le bras de la femme. Elle hurla de douleur, les larmes aux yeux. Elle n’arrêtait plus de pleurer et lui reposa une nouvelle fois le fer chaud sur sa peau. Deux cloques rouges se formaient déjà sur celle-ci. Toute la matinée continua de la même manière, lui la torturait et elle hurlait en pleurant. A midi, il partit se faire à manger puis sortit faire un tour. Pour la première fois de sa captivité, Julie pensa à s’échapper. Elle tira sur ces liens mais elle n’avait rien mangé depuis plus de 24 heures et était très faible. De plus, Paul lui avait brisé deux ou trois côtes. Elle s’arrêta finalement, à bout de force, se disant que soit quelqu’un allait venir la sauver soit elle allait mourir ici.
Il rentra une demi-heure plus tard, durant laquelle Julie avait profité pour se reposer. Il recommença rapidement ses supplices mais la jeune fille ne cria pas et aucune larme ne coula; elle s’était résignée à mourir comme cela et attendait simplement la fin. Mais son agresseur n’était pas d’accord avec ça. Il continua donc, encore et encore, sans plus lui laisser de pause. La jeune fille était de plus en plus faible et s’évanouissait souvent. Bien sûr, Paul était là pour la réveiller.
Alors que le jeune homme lui envoya son poing dans la tempe, la jeune fille s’endormit d’un coup. Il la gifla pour la ramener à la réalité. Mais rien! Elle ne réagit pas. Il réessaya, mais toujours aucun signe de vie. S’énervant, il lui cria des horreurs au visage, lui ordonnant de lever la tête. Pas un bruit, pas un geste de sa part. Juste le silence. Pour Paul, c’était une attaque à son autorité et il l’a frappa alors de toutes ses forces, lui dévissant la tête. Toujours aucun signe de vie. Alors seulement, il comprit. Il lui prit le poignet pour sentir son pouls, mais de nouveau rien que du silence. Il s’éloigna d’elle, horrifié, et commença à comprendre ce qu’il se passait. Elle était morte et c’est lui qui l’avait tuée. Il secoua la tête, ne voulant pas l’accepter.
- Non! Je ne voulais pas, elle ne devait pas mourir. Ce n’était pas prévu. NON! Non, non, non!
Il avait peur maintenant, comme il n’avait jamais eu peur. Il ne savait plus quoi faire, il était perdu. Là, Dieu seul sait pourquoi, il éprouva l’envie subite d’un pastis, ouvrit le bar, se servit un verre et, après une gorgée, fut attiré par une chose étrange. En effet, le bar se trouvait en face de la chaise sur laquelle le corps, désormais sans vie, était installé. Il remarqua un petit objet en or, les reflets du soleil le faisait briller, déposé sous la chaise. On aurait dit que la jeune fille l’avait laissé tomber de sa main. Il s’approcha doucement et pris l’objet dans ses mains. Reconnaissant ce qu’il tenait, il blêmit.
Il connaissait ce bijou, c’était un bracelet qu’il avait offert à quelqu’un qui lui était très cher. Le bijoutier l’avait fait sur mesure à sa demande. Alors comment cette jeune fille pouvait le posséder. Soudain, il comprit. Ce bracelet, il l’avait offert avec sa femme il y a quinze ans à leur fille. Ensuite, il avait dû les abandonner car sa femme ne voulait plus de lui. En effet, il était au chômage, il l’a trompait et était devenu alcoolique. Elle lui avait demandé de partir de la maison et de ne jamais revenir. Cela avait été dur pour lui de quitter ses filles de cinq et sept ans. De temps en temps, il venait les voir à la sortie de l’école mais on avait fini par le repérer et on l’avait pris pour un pédophile. Il avait été condamné à un an de prison et à sa sortie, il était tombé dans la drogue. Il dealait pour se payer ses doses et avait fait plusieurs séjours en prison. Sa vie avait été gâchée à cause de cette femme qu’il avait pourtant aimée autrefois. Il fondit en larmes et s’excusa auprès de sa fille. Il resta ainsi pendant des heures, lui tenant la main. Puis il se releva, ayant une décision à prendre. Il avait deux choix devant lui: cacher son corps et continuer à vivre comme si rien ne c’était passé ou alors rejoindre sa fille. Il hésita longtemps, ne sachant quoi choisir. Finalement, peu de temps après que le ciel soit devenu sombre, il releva la tête. La décision était prise et plus aucun retour n’était possible. Il savait qu’il n’arriverait plus jamais à vivre normalement. Alors, il prit le couteau encore tacher du sang de sa plus jeune fille et se l’enfonça rapidement dans la ventre. Il retira l’arme et le sang jaillit tout autour de lui. Il reprit la main de sa fille, pour passer le dernier moment de sa vie avec elle. Il posa au sol la lettre qu’il avait écrite pour son autre fille et son ex-femme. Dedans, il expliquait ce qu’il avait fait pendant quinze ans et s’excusait encore une fois. Il racontait également comment il avait drogué la jeune fille dans un bar avant de l’amener ici. Enfin, les dernières forces le quittèrent et il tomba à genoux juste devant sa cadette.
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