2 lectures

1

Dieu a crée la Terre. Dieu a créé l'Homme. Et l'Homme a dû s'adapter. S'adapter à quoi, à qui? Au final, l'Homme est un loup pour l'Homme. Gorgé de sentiments qui bataillent sans cesse au plus profond de son être, il s'éleve afin de sortir de la noirceur qui pourrie son âme. Et parmis ces sentiments, celui qui s'avère être le plus destructif, c'est bien celui de l'impuissance. Car au contraire de la peur, qui peut nous rendre plus forts, l'impuissance nous fait réaliser à quel point nous sommes faibles. Elle nous fait comprendre qu'il y a des choses que l'on ne peut pas controler, que l'on ne peut pas prédire et surtout, que l'on ne peut pas changer.
Quelle belle introduction pour commencer l'histoire de ma mort, n'est-ce pas? Je ne sais pas encore quel jour, quelle heure et comment je succomberai, et c'est ce qui me terrifie le plus.
Voilà trois jours, peut-être plus, que je recherche des réponses à ce qu'il m'arrive. C'est vrai quoi. Où suis-je? J'avais pourtant lu et entendu pleins d'histoires sur les kidnappings et tous ces tarés qui peuvent un jour vous tomber dessus. Maman me disait toujours que je ne devais pas marcher toute seule la nuit, qu'il fallait faire attention à qui je parlais dans la rue, que je ne devais pas porter de tenues trop “provocantes” afin de ne pas donner envie à certains prédateurs de me sauter dessus la nuit tombée.
Vas te faire foutre Maman. Je revenais du sport, je portais un jogging noir troué au niveau des genoux, tout mon corps luisait de sueurs, personne ne m'a adressé la parole, et putain, il était seize heures.
Je ne me souviens pas de tout, de comment je suis arrivée ici, mais je sais que je n'ai pas pris le chemin habituel du retour. J'avais décidé de contourner le parc. Pourquoi? je n'en sais rien bordel. Il y avait surement trop de monde et je n'avais pas envie de croiser cette marée humaine. J'étais bien, seule avec mes écouteurs. Je crois que j'écoutais I Want to break free de Queen, que j'entamais ma dernière barre au chocolat et que...plus rien. Un grincement de pneus, une voix, quelques mots et un coup à la tête.
Trois putains de jours. Trois jours consécutifs dans la même pièce. Trois jours qui m'ont paru une éternité. Notre corps, au fil du temps, s’habitue au rythme de vie qu'on lui impose. Il se règle comme une alarme. Chaque signal nerveux est un message qu’il veut nous faire passer. Et maintenant, il me dit que je devrais manger. Je n’ai aucune indication de l’heure ici. Quand je me suis réveillée le premier jour, je n’avais plus mon telephone sur moi. Ah, j’imagine les centaines de messages et appels manqués de Maman. Elle qui est du genre à s’affoler pour un rien. Tenez, par exemple. Le mois dernier alors que j’étais en cours de physique chimie, Félix, un des pions du bahut a fait eruption dans la classe avec, entre ses mains, mon livre de chimie. Je l’avais oublié sur la table du salon en préparant mes affaires le matin.
− C’est à toi, non? Ta mère vient de nous l’apporter et nous a bien fait comprendre que sans ce livre tu ne pourrais pas travailler.
La honte. J’avais bien vu que je n’avais pas mon livre en ouvrant mon sac. J’avais donc demandé à Mathieu si on pouvait partager son livre. Biensur, il avait accepté.
Enfin. Vous voyez de quel genre est ma mère. Elle a toujours voulu me protéger depuis que je suis gamine. Elle me surveillait continuellement. J’allais ici, elle le savait. J’avais mangé telle ou telle chose à la cantine, elle le savait. Limite si elle savait de quelle couleur était le string que je portais. Cette façon de faire la police, pour elle c’était la meilleure chose à faire pour garder en sécurité sa fille.
Et bien bravo Maman. Ca à marcher à ce que je vois. Non, je ne m’en fais pas; tu viendras me chercher d’ici quelques heures et tout rentrera dans la l’ordre. Vas te faire foutre Maman.





































Ramirès fixait le ventilateur qui tournait au plafond dans sa chambre de neuf mètres carrés. Tendit le bras sur le côté pour attraper une cigarette. C’était un effort considérable mais il avait pris l’habitude de ne soliciter qu’une partie de son corps pour des taches comme celle-ci. Les palmes du ventilateur venaient couper le nuage de fumée grisatre et dispersait l’odeur de la cigarette partout dans la pièce.
- Hier soir, c’était de la simulation, non?
Pas de réponse.
- Allez, je sais que je tu ne dors pas. Donc réponds-moi.
- Oh! Doucement mon beau! C’est quoi cette question?
- Ta respiration était différente et lorsque tu m’as regardé à la fin, ton sourire n’était pas le même que lorsque tu jouis réellement.
- Le costume de détective te colle à la peau bordel. Tu analyses vraiment tout à chaque fois qu’on baise ou quoi? Parfois, t’es flippant j’te jure. Pas étonnant qu’on t’appelait “le parasite” quand t’étais flic.
Ramirès le parasite. Un surnom qui le suivit pendant six ans à la criminelle et qui apparemment reste d’actualité.
Pedro Andrea Ramirès, ancien lieutenant à la brigade des moeurs de Lyon, il avait été licencié de son poste trois ans auparavant pour consommation excessive de drogue, aussi bien pendant son temps libre que sur le terrain. Le chef l’avait pourtant prévenu qu’un jour tout se paie, et que ceux qui dirigent d’en haut le vireraient à cause de ses petites folies. Mais ramirès s’en fichait. Il avait vu et connu les pires atrocités que les humains pouvaient mutuellement se faire. Et les folies étaient les seules choses qui lui permettaient de quitter pour un lapse de temps ce monde de rapaces.
Au début c’était seulement quelques joints pendant les prises de filatures. Et quand il en eu marre de se faire toujours engueler par ses collègues, il avait commencé à taper dans la dure. Aujourd’hui, il suit une cure. Mais les marques sur ses bras et même sur les jambes étaient bien trop prononcées pour ne rien soupçonner.
Il avait tenu au total treize ans au sein de la police. Il avait commencé aux stups en tant que bleu. Ses chefs avaient décelaient en lui une veritable forme exagérée d’empathie lors de différentes missions où il fut appelé. Le parasite. Cette bête qui rentre dans le corps des êtres vivants sans se faire remarquer pour ne faire plus qu’un avec son hôte: Ramirès était arrivé à point où il fut même parfois soupçonné d’être le meurtrier sur certaines affaires. Il voyait les choses que les autres ne voyaient pas ou ne voulaient pas voir. Mais ce don était aussi devenu un fardeau. Au début, il se contentait d’imaginer le meurtrier, son profil, sa façon d’opérer etc. Mais au fil des missions, il entrait aussi dans la peau de la victime. Il fut suivit par un psychologue, on lui donnait beaucoup de pauses, car même si son cerveau arrivait à supporter ces chocs traumatiques, son corps lui, n’y arrivait pas.
Lors d’une mission à Villeurbanne où l’on avait retrouvé le corps d’un étudiant totalement découpé. Il n’en restait que le buste. La tête était posée à côté. Cette scène macabre fit tourner de l’oeil plus d’un mais Ramirès avait fait quelque chose d’invraisemblable. Il s’était allongé à gauche du tronc avait pris la tête entre ses mains et avait fermé les yeux l’espace d’une minute. Cette histoire circule encore dans les couloirs de la brigade. Ramirès, les yeux fermés, était entré dans une sorte de transe morbide. Quand il reprit ses esprits, il raconta à son supérieur tout ce que le pauvre étudiant avait vécu. De son enlèvement jusqu’à son dernier souffle. Au début tout le monde pensait qu’il délirait. Qu’il avait encore pris un hallucinogène de trop. Il s’avérait qu’il disait toujours la verité. Donc pendant un temps, on le laissait faire, car sa méthode aussi glauque soit-elle portait toujours ses fruits. Il parvenait à savoir quelle arme avait été utilisée, combien de temps le supplice avait duré, si le tueur était une femme ou un homme, quelle taille et quelle force l’individu avait. Ce qui permettait de faire un portrait robot concret et rapide de la personne recherchée.
Mais six ans à se torturer soi-même, personne n’en ressort indem. Ramirès avait donc dû entamer une cure pour pouvoir calmer ses pulsions.
- Oui.
- Oui?
- Je n’ai fais que simuler hier soir.
- Ce n’est pas grave, dit Ramirès. Mais dis moi, comment tu fais?
- Je ne saisis pas tout là. Quelle heure il est d’ailleurs?
- Il est 8h42. Tu veux un café?
- Une bonne journée commence avec un bon café, s’exclama Dorothée.
- Comment tu fais pour recréer le Plaisir? Même s’il est faux, et même si je suis un peu fou, n’importe quel guignol tomberait dans le panneau et se dirait qu’il fut un dieu cette nuit là.
- Tu sais mon beau. Dans mon métier, pour que ça marche, il faut être bon acteur. Savoir à qui l’on a faire. Si le client est puceau ou non. S’il aime le trash ou est plutôt calme. Quels sont ses fantasmes. Mais tu devrais savoir tout ça, c’était pareil pour toi avant.
- Alors tu aurais fait une excellente flic.
Dorothée se retourna sur le côté en prenant toute la couette.
- Petite sieste et je pars.
Tant pis pour le café se dit Ramirès.
Il regarda Dorothée se rendormir et se dirigea vers le salon en enfilant sa paire de charentaises. C’était un cadeau que Dorothée lui avait offert, parce qu’à force de marcher pied nus dans l’appartement, Ramirès c’était fait quelques blessures. Et comme il est compliqué de refuser un cadeau, surtout venant de quelqu’un qui l’avait aidé à remonter la pente, il accepta sans rechigner.
Quel vieux garçon je fais, se dit Ramirès en allumant une deuxième cigarette.
Quand il recracha la première bouffée par la fenêtre. Une gorgée de café, une taffe, c'était la régle. il se rendit compte à quel point la ville pouvait être un terrain de jeu super lorsqu’il fait beau comme aujourd’hui.
Ramirès habitait au quatrième étage d'un vieil immeuble à Gambetta. C’était un quartier qui réunissait principalement des familles d’immigrés et d'étudiants. Il avait son havre de paix dans son modeste appartement de quarante mètres carrés. Lorsqu’il enménagea, il y a cinq ans, il avait fait repeindre tous les murs, avec l’accord du propriétaire, en blanc pour que la lumière du jour puisse se réfléchir.
Alors que Dorothée dormait toujours, son portable sonna.
- Ram?
C'était une voix qui lui semblait familière mais il n'arrivait pas à l'associer. Pour communiquer avec Ramirès, il n'y avait que deux moyens, soit on le croisait dans la rue et on pouvait entamer une discussion, soit on l'appelait sur son portable. Mais peu de gens avait son numéro. En fait, il avait deux portables. Un dont il changeait le numéro tous les deux semaines, et un numéro qu'il avait communiqué seulement aux personnes auquelles il avait entièrement confiance.
Quand il était encore actif, il avait mis beaucoup de monde derrière les barreaux et s'était aussi fait un nombre incalculable d'ennemis. Et aujourd'hui, on peut avoir le numéro de n'importe qui. Donc il changeait régulièrement de numéro comme ferait un dealer de rue.
- C'est Sophie, on peut se voir?
- Je suis plus dans les services, laisses-moi. Si c'est pour une affaire, tu as tapé le mauvais numéro.
- Ram.. j'ai besoin de ton aide. Je sais que t'es plus chez nous mais là il n'y a que toi qui peut m'aider. Et je vois que tu as gardé le même numéro.
- Qu'est-ce-que tu ne comprends pas? C'est fini pour moi tout ça. Ca fait trop longtemps. Je me sens mieux maintenant. Alors s'il te plaît raccroches.
- Juste quelques questions et après je te fous la..
Ramirès raccrocha. C'était une merveilleuse journée qui venait de commencer mais il n'a suffit d'entendre qu'un nom pour que son passé refasse surface. Sophie Legrand était son ancienne coéquipière sur le terrain mais avant tout sa meilleure amie. Il lui racontait tout ce qu'il voyait quand il venait sur les scènes de crimes. La seule qui ne le jugeait pas ou ne le voyait pas comme un “monstre”. Mais après son départ, elle ne lui avait pas demandé de ces nouvelles. Comment oses t-elle, se dit-il. Ils avaient passé cinq ans ensemble à travailler sur les mêmes affaires, ils se connaissaient pratiquement par coeur. Ramirès s'était un soir demandé s'il tombait amoureux. Alors, quelques jours avant son licenciement, il l'avait invité au nieuvième art, un magnifique restaurant deux étoiles, pour lui dire ce qu'il ressentait. Mais dans l'après-midi, ils avaient été appelé sur une affaire. Le soir, ils étaient tous les deux épuisés, donc ils durent reporter leur repas. Une semaine plus tard, Ramirès quittait la crime et ne pu jamais lui avouer ses sentiments.
- Depuis quand tu reçois des appels autre que les miens?
- Mauvais numéro. Je t'ai réveillé?
- Je ne dormais pas vraiment. Je peux prendre une douche avant de partir? J'ai un client à midi.
- Tu connais le chemin.
Dorothée se leva du lit et se dirigea vers la salle de bain. Sur le chemin elle prit une bouffée de la cigarette de Ramirès en plein visage. Elle le fixa sensuellement. Ramirès detourna le regarda qui la fit rire.
- T'es sexy quand tu fais ton timide.
Ramirès ne dit rien et entama une nouvelle cigarette.
- Cette merde va te tuer.
- Ma pauvre si tu savais.. Sur cette terre, il existe un monde encore pire que la mort.
- Dis moi tout chéri.
- La connerie humaine. J'te parle pas des meutres que les gens commentent, car c'est plus compliqué que ça. J'te parle pas non plus des guerres, de la famine, de la pauvreté et toutes ces conneries qu'on entend à la radio, car tout ça, ma belle, ça existera toujours.
- Mais biensur que si, on peut éradiquer tout ça!
- On ? Ah parce-qu'en vendant ton cul tous les soirs tu penses pouvoir changer quelque chose?
- Je prend une douche et je me casse.
Dorothée claqua la porte de la salle de bain en soupirant. Ramirès resta debout et n'instita pas. De toute façon ce n'était pas pour lui ces discussions philosophiques qui te font prendre bonne conscience. Il était resté bien trop longtemps seul pour avoir un réel jugement sur ce qu'il se passait dehors. Il observait ce monde à travers un écran, à travers des bruits qu'ils entendait de sa radio, des mots écrits dans le journal, mais il ne prenait jamais le temps pour prendre du recul. Un incendie à Limoges? Une association pro LGBT à Nancy? Un nouveau café bio et équitable à Paris? Qu'est-ce-qu'on en a foutre, se disait-il. Avant de vouloir créer un monde meilleur, peut-être faudrait-il détruire celui de maintenant. La connerie humaine était une gigantesque machine, et Ramirès en était un des roulements.
Il repensa vaguement à la conversation qu'il avait eu avec Sophie. Avait-il fait le bon choix d'ignorer son appel à l'aide. Il avait fui ce monde depuis un moment, alors pourquoi y retourné? Malgré le fait que cette rupture lui avait du bien, et il le savait, quelque chose en lui, vraiment profond, lui disait qu'il devait repartir de l'avant et retourner sur le terrain.
D'un geste brusque, il renversa son café qui était sur la table.
- Putain!
Il regarda vers la salle de bain comme si son cri avait dérangé Dorothée. Il alla chercher un torchon pour essuyer la tâche. En arrivant, on tocqua à la porte.
- Ramirès tu es là ?
C'était Sophie. Pas de réponse.
- Ramirès je sais que tu es là, je sens d'ici l'odeur déguelasse de tes vieilles clopes.
Il se dirigea vers l'entrée et regarda par son judas. C'était bien Sophie.
- Qu'est-ce-que tu fous là? Tu sais l'harcelement est puni par la loi.
- J'ai vraiment besoin de ton aide sur ce coup-ci.
- Vas-t'en. Je n'en ai rien foutre.
- Je crois qu'”il” est revenu.
- “il”?
- “Le collectionneur”.
Un froid s'installa entre eux. Un froid qui ne dura pas longtemps mais assez pour faire remonter un tas de souvenir dans la tête de Ramirès.
- Je peux entrer?
Ramirès ouvrit la porte lentement.
- Tu veux pas ouvrir un peu les fenêtres ici? Comment tu fais pour vivre avec cette odeur? Ah, tu as eu de la visite à ce que je vois.
Ramirès se retourna et vit les sous vetêments de Dorothée traîner dans le salon. Il se remorer alors la soirée d'hier. Dorothée avait frappé à sa porte. Il lui ouvrit sans hésiter, car il savait que c'était elle. Pour elle, pas besoin de regarder par le judas, son parfum était si puissant qu'il pouvait le sentir et le reconnaître dans une foule en plein concert. Elle avait mis une robe rouge, on pouvait voir son soutien-gorge en dentelle noire à travers. Pas de collants. Des longues bottes noires qui lui donnait cinq centimètres de plus. Le rouge. La couleur préférée de Ramirès. Elle savait comment lui faire plaisir et l'exciter. Ni une ni deux, ils s'embrassèrent. Il la tenait par les hanches tout en se dirigeant vers la chambre. Pendant ce chemin toride, elle se déhabillait petit à petit.
- Je ne peux pas passer ma vie tout seul.
- Toi avec une femme? Laisses-moi rire.
Sophie éclata de rire.
- Tu es la personne la plus instable que je connaisse et..
- Et à ce que je sache tu ne connais pas tout le monde. Donc si je suis ton raisonnement, je suis le plus instable des cinquantes personnes dont tu peux facilement tu faire un avis. Ca me va comme ça.
- Tu n'as pas changé.
- Trèves de politesses. Tu as mentionné “le collectionneur”. Pourquoi?
- Tu es prêt à me parler alors.
- Ne me parles pas comme si j'étais un salle d'interrogatoire.
- Non ce n'est pas un interrogatoire, excuse-moi. Oui donc, j'avais besoin de venir te voir car tu es celui qui s'y connaît le mieux sur cette affaire.
- Ca va faire bientôt trois ans.. Putain merde! Pourquoi je te parles pas?
- Je sais ce que tu as vécu et surmonter depuis ta mise à l'arrêt. Et je suis désolé de n'avoir pas donné de nouvelles mais ça on n'en parlera plus tard si tu veux. Tu sais Ram, ne fuis pas ce que tu es.
- Et qu'est-ce-que ce que je suis?
- Le meilleur d'entre nous.
Ramirès se ralluma une cigarette et se regarda vers la fenêtre.
- J'étais un monstre. Tu sais mieux que quicquonque comment c'était de travailler avec moi. Je te dis, c'est du passé tout ça. Je ne peux rien faire pour toi.
- Donnes-moi juste les infos dont j'ai besoin.
- Tu peux accéder aux archives. J'ai tout classifier sur ce taré.
- Combien de fois il faut que je te le dise? Je te connais Ram, tu aimes garder des choses pour toi. Ce que je peux comprendre, car tout n'est pas facile à dire. Mais là, ça peut sauver une vie.
Un nouveau blanc s'installa. Ramirès inspira profondément après avoir écrasé sa cigarette dans le bol qui lui servait de cendrier.
- Es-tu sûre que c'est lui?
- Même mode opératoire. Mais comme il y a trois ans, on ne comprend pas comment il choisit ses victimes. J'ai rapporté des anciens documents. Regardes. Le seul point commun est que les victimes sont toutes des femmes. Mais sinon rien ne les rapproche. Blonde, brunes, minces, enveloppées, différentes couleurs de peau, petites ou grandes. Certaines d'entre elles font des études d'autres non. La richesse n'est pas non plus commune à chacunes. On dirait qu'il jète les dès et qu'il opère selon le résultats.
- Au contraire.
- Pardon?
- Les tueurs en série on une approche très ordonnées et méticuleuse lorsqu'ils opérent. Tu parles de moi en étant le meilleur agent. Mais si j'étais le meilleur, je n'aurai jamais abandonné et j'aurai mis en taule cet enculé.
- tu n'as pas abandonné..
- Qu'est-ce-que tu veux savoir?
Sans avoir le temps de répondre, une ombre apparaissa dans le couloir. Dorothée était sortie de la douche.
- Oh Bonjour, je vous dérange?
- Do, je te présente une ancienne collègue. Mais elle n'allait pas tardé à partir n'est-ce-pas?
Ramirès murmura à l'oreille de Sophie:
- Retrouves-moi au puzzle à dix-huit heures.
Sophie se leva, salua Dorothée et prit la direction de la sortie.
Dorothée avait encore les cheveux mouillés et pour cacher ses atouts, une serviette cachait le tout. Elle passa derrière ramirès et l'embrassa sur la joue et s'adressa à Sophie.
- Je ne veux pas faire de jalouse, ah!
- Je vous souhaite bon courage madame! Au revoir Ram, c'était un plaisir!
Sophie ferma la porte.
- Si tu voulais un plan à trois, tu aurais du me le dire!
- Bon c'est fini? Tu ne devais pas partir?
Dorothée commença à se rhabiller. Elle jeta un coup d'oeil dans la chambre puis dans le salon pour voir si elle n'avait rien oublié. Juste avant de sortir, elle lança:
- Et non je n'ai pas simulé hier.
Ramirès ne dit rien, et alluma la télé.
1

Vous aimerez aussi !

Du même thème

Du même thème