Le moment venu

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Ecrire n'est rien si ça reste du papier et de l'encre  [+]

Amanda était assise à son bureau à pianoter sur son ordinateur. Elle attendait, sans se l’avouer, un message de son prétendant. Cela troublait sa concentration, un œil sur son téléphone portable, l’autre sur l’outil multimédia.
Elle avait rencontré Sébastien il y a maintenant trois jours, mais elle se touchait déjà chaque soir en pensant à lui. Trois jours, c’était le temps qu’elle se donnait avant d’accepter de coucher. Comme si en trois jours on avait l’opportunité de connaître quelqu’un.
Pourtant elle était déjà sous le charme de ce jeune musicien de vingt-six ans. La première fois qu’elle l’avait aperçu d’ailleurs, c’était dans un petit club de Nice. C’était l’invité de la soirée, le « guest », comme on dit en discothèque ; ironique car « guest » veut dire client dans sa traduction littérale.

Amanda n’était pas le genre de fille à s’enticher du premier bellâtre qu’elle croisait. Elle regardait, commandait, consommait, jetait. En quelques sortes, elle agissait comme un homme. Son caractère aurait fait d’elle une fille facile si elle ne mettait pas un point d’honneur à s’imposer quelques règles pour justement sauver la face.

Son téléphone s’illuminait. Un texto ! C’était lui ! Elle ouvrit le message. Il l’invitait à dîner. Ce soir. « Chouette ! » Puis « Qu’est-ce que je vais me mettre ? » Une citation dit que « lorsqu’une femme porte des sous-vêtements assortis, ce n’est pas l’homme qui a choisi de faire l’Amour ».
En même temps, ce n’est jamais l’homme qui choisit de faire l’Amour ; si ?
Il savait déjà pour la règle des trois jours. Il avait donc toutes ses chances de conclure : ce soir, les dessous d’Amanda seraient parfaitement assortis.
Il était déjà dix-huit heures. Elle avait rendez-vous à vingt heures, à vingt minutes d’ici. Autant dire qu’elle était déjà à la bourre.

Arrivée à l’entrée de l’immeuble, Amanda scruta l’environnement autour d’elle. Le bâtiment était récent, propre, presque luxueux. A travers la vitre, elle avait vue sur l’intérieur : parquet impeccable, plantes entretenues, décoration moderne.
Elle se demanda un instant s’il ne vivait pas encore chez ses parents. Comme quoi trois jours ne suffisent pas à savoir l’essentiel sur une personne.
Elle prit son téléphone pour appeler Sébastien. Oui, c’est idiot, mais les jeunes appellent sur le portable, même si l’interphone est à portée de leurs doigts. Il actionna l’ouverture de la porte et l’invita à entrer et le rejoindre.

Il était au téléphone, mais se hâta de raccrocher, venir l’embrasser et la débarrasser de ses affaires. Dans la foulée il lui demanda :
« Mon meilleur ami va venir nous rejoindre, ça ne te dérange pas ? »
Que pouvait-elle répondre à par un hésitant : « non, pas du tout », un peu gênée. De deux choses l’une : soit Sébastien n’était pas du genre « sûr de lui » et préférait remettre à plus tard leur séance de galipettes ; soit il avait l’intention de lui proposer directement un plan à trois.

Elle n’était pas vraiment prête pour ça, peut-être simplement n’en avait-elle pas envie. D’un autre côté, ces trois jours qu’elle s’était infligée à attendre avant de consommer lui avait fait de l’effet. La température était en train de grimper dans son string rouge.

A peine avaient-ils eu le temps d’entamer une discussion que le meilleur ami sonnait à l’interphone. Alors il devait être plus âgé.
Sébastien appuya sur le bouton pour déverrouiller la porte de l’immeuble et se hâta vers l’entrée de son appartement pour ouvrir à son copain. Deux bises et une -trop longue- accolade plus tard, il présenta Hugo à Amanda. Finalement, il n’était pas si vieux, peut-être vingt-huit ans. Il n’avait pas la tête d’un type qui sonne sciemment à l’interphone en tous cas.

Ils se dirigèrent tous vers la salle à manger. Il y avait trois couverts, donc apparemment pas de parents, c’était déjà ça.
Sébastien laissa un instant Hugo et Amanda pour préparer des Cosmopolitains (cocktails à base de Cointreau ).

« Sébastien m’a beaucoup parlé de toi, tu es dans la décoration d’intérieure, c’est ça ?
- Oui... je travaille pour un cabinet sur Nice... et toi ?
- Je suis dans la communication digitale. Il y a longtemps que tu as terminé tes études ?
- Deux ans, j’ai eu la chance d’être embauchée directement à la suite de mon cursus ».
Sébastien arriva avec trois cocktails et quelques mises en bouche. Amanda était toujours inquiète, bien qu’Hugo soit très sympathique et avenant avec elle.

Pendant le repas, bien que l’ambiance soit à la détente, Amanda ne parvint pas à complètement lâcher prise. Elle se demandait pourquoi Sébastien avait invité Hugo à ce dîner, bien qu’il soit de très bonne compagnie. La situation lui semblait grotesque, surtout que Sébastien ne pouvait s’empêcher de la déshabiller du regard.

Il regardait avec insistance ses yeux verts, avant de descendre plus bas et scruter la mince partie de son soutien-gorge rouge à peine visible. Il faisait naviguer son regard ensuite sur son entrejambes. Sous sa jupe noire, il pouvait apercevoir sur fond rouge le cameltoe* qu’Amanda avait mis en évidence pour lui, dans l’espoir d’une autre soirée que celle qu’il était en train de lui offrir.
*Terme argotique anglais, littéralement « orteil de chameau » désignant la forme des grandes lèvres d'une femme vue sous des vêtements moulants.

Hugo, quant à lui ne remarquait pas -ou faisait semblant de ne pas voir- ce qui s’opérait à la table. Il faisait la conversation. Ses sujets de discussions n’étaient ni déplaisants, ni inintéressants ; juste inopportuns.
Sébastien imaginait-il vraiment Hugo dans les plans jusqu’à la fin de la soirée ? Il n’avait pas l’air d’être là pour baiser en tous cas. Il ne l’avait même pas reluqué depuis le début, ce qu’elle finissait par trouver presque vexant. « Peut-être était-il gay finalement ? »

La soirée avançait. Les discussions s’enchaînaient. Hugo avait cette facilité à poser des questions pertinentes sans jamais être indiscret. Amanda avait l’impression qu’il l’avait mise à nue alors qu’il n’avait pas posé le regard une seule fois sur ses seins durcis, endoloris par l’excitation.
C’est simple en quelques heures, il en avait appris plus sur elle que Sébastien en trois jours : « ces gays, quels génies ». Il faut dire que sans arrières pensées, il est plus facile de s’intéresser à la personnalité d’une femme qu’en suivant des instincts primaires, basiques et son envie de coïter.

Il n’y avait pas de répits, pas un moment d’ennui qui aurait pu signifier que la soirée entre amis touchait à sa fin. Amanda commençait à ressentir une certaine frustration de ne pas connaître l’issue de ce repas. Ça n’aurait pas été un dîner de cons si elle avait su par avance qu’elle ne baiserait pas. Elle aurait vécu la situation différemment.

A force d’agir comme un homme, elle pensait comme eux. Dans ce cas précis par exemple, elle n’arrivait pas complètement à s’immerger dans les conversations. Elle ne pouvait pas profiter pleinement du moment sans savoir ce qui était prévu pour la suite.

Sébastien recommençait avec ses regards plein de vices et Hugo continuait à ignorer la conversation non verbale qui s’opérait. Amanda aurait voulu qu’il parte, sans pouvoir exprimer ce désir. Elle ne comprenait pas pourquoi Sébastien ne faisait pas le nécessaire pour passer à la suite de la soirée ? Peut-être qu’il avait tout calculé ; qu’il la rendait impatiente, rien que pour l’exciter d’avantage. Si c’était le cas, son plan fonctionnait à merveille.

Elle ne pouvait plus se contenir et sentait ses sous-vêtements devenir moites. Sébastien matait sous sa jupe. Peut-être remarquait-il que le tissu mouillait à vue d’œil ? C’est peut être ça qu’il attendait ? Ce serait peut-être le déclencheur ?
Il débarrassa la table, puis vint s’assoir à côté d’elle. A l’abri des regards commençait un jeu de mains peu catholique. En face, Hugo continuait à diriger la conversation. Peut-être même ne se rendait-il pas compte qu’Amanda et Sébastien étaient en train d’échanger beaucoup d’informations par le langage corporel.

A deux heures, Sébastien raccompagna -enfin- Hugo à la porte. Les deux amis discutèrent un moment à l’écart. Le ton semblait solennel. Puis son chéri revint :
« Je suis désolé Amanda, je sais que ce n’est pas la soirée que tu attendais ».
Elle ne sut que dire, presque persuadée à force que ce n’était qu’un jeu malsain. Il reprit :
« Hugo a appris il y a quelques heures la mort de son père, c’était la seule famille qu’il ait encore. Je ne voulais pas qu’il reste seul ce soir »
Il était sincère, il était sensible, elle craquait complètement pour lui :
« C’est donc lui que tu avais au téléphone quand je suis arrivée ?
- Oui, il était sous le choc. Tu as du remarquer ?
- Je comprends...»

Elle le serra dans ses bras, comme une mère protège son enfant. Il détacha ses cheveux bruns pour glisser son visage à l’intérieur et sentir son odeur. Elle le comprima contre elle.
Ils restèrent un moment, comme ça, immobiles, comme incapables de se décoller l’un de l’autre. Leurs rythmes cardiaques s’accéléraient progressivement, comme s’ils reprenaient leurs souffles après une longue apnée.

Les mains de Sébastien descendirent sur les hanches d’Amanda. Ils étaient synchronisés. Leurs gestes étaient lents et doux, comme si leurs esprits avaient été embrumés. Ils étaient en symbiose parfaite.

Ses mains glissaient maintenant progressivement sur les fesses d’Amanda. C’était le troisième jour et peu importe ce qui s’était passé avant, le moment était venu, l’envie était arrivée.
Alors qu’ils étaient encore dans la salle à manger, Sébastien lui enleva le haut et libéra enfin ses seins parfaits pendant qu’elle lui retirait son pantalon. Les caresses se voulaient de plus en plus pressantes et orientées. Il l’embrassa, comme si sa vie en dépendait : leurs langues se cherchèrent, se frôlèrent pendant que leurs lèvres se pressaient et leurs salives s’échangeaient dans une harmonie digne d’un opéra.

Les vêtements jonchaient la pièce quand Sébastien pris Amanda par la main pour l’emmener dans la chambre à coucher. Il n’alluma pas la lumière, se mit à genoux pour retirer délicatement son string avec les dents, en conservant une certaine intimité. Puis il se releva pour enlever son caleçon à son tour. A présent tous les deux nus, il coucha Amanda sur le lit pour caresser son con délicatement. Son mont de Vénus s’humidifiait à nouveau. Il la prit par la taille, la souleva avant de se retourner. Il la posa avec toute la délicatesse possible dans l’excitation. Elle écarta légèrement les cuisses et ils eurent leur premier rapport sexuel sur la commode.
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