Le manipulateur (fin)

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Mon métier est d'écrire . Ma passion est d'écrire des nouvelles, à l'opposé de ce que je peux écrire chaque jour. J'aime l'écriture érotique tout comme sa lecture. Mes nouvelles ne sont pas  [+]

Pendant plusieurs mois, Jade soulagée, se reconstruisait. Elle se maudissait d’être restée, enfermée dans sa relation qui lui avait fait plus de mal que de bien. Elle ne comprenait pas, comment elle avait pu être aussi stupide. Sa vie était plus calme, plus sereine, elle respirait enfin. Ce calme n’allait pas durer. Un jour, elle apprit que Paul avait loué avec son père la maison accolée à la sienne. Elle en était sidérée, son entourage avec. Paul qui ne s’était jamais forcément occupé de son père, avait sûrement besoin d’avoir sous sa coupe, une fois encore quelqu’un à maltraiter. Son père vivait avec sa femme à l’autre bout de la France. Le couple se déchirait depuis des années. La mère était fâchée avec son fils depuis des années. Son père venait toujours seul deux fois dans l’année. Jade l’avait hébergé plus d’une fois. L’entente entre elle et lui était bonne. Il mettait son fils sur un piédestal et Jade ne lui avait jamais dit ce qu’elle vivait avec son fils. Il ne l’aurait sûrement pas cru. L’avenir lui montrera qu’elle avait raison. La dernière fois, ou elle avait reçu le vieil homme, les rapports entre Jade et Paul étaient plus que tendu. Jade pleurait beaucoup. Un midi, elle s’écroula devant le père et le fils. Le père mit ça sur le compte de la fatigue. Le fils savait lui pourquoi elle était en pleurs et s’en amusait. Il avait toujours ce sourire narquois quand il blessait quelqu’un. Elle avait spécifié à Paul, lorsque son père serait là, son peu de disponibilité le midi pour faire le déjeuner, de part son travail. Un midi, elle demanda à Paul de s’occuper du déjeuner. Il sorti deux assiettes, s’occupa de faire à déjeuner pour son père et lui. Jade arriva dans sa cuisine et découvrit que si elle voulait déjeuner, elle devait se débrouiller. Elle craqua. Elle recevait, nourrissait, hébergeait les deux hommes chez elle, et en remerciement, Paul machiavélique, ne lui préparait pas son déjeuner. Elle lui dit : " et moi, je ne mange pas " ? Il répondit sournoisement : "je m’occupe de nous et ensuite je m’occuperais de toi ". " Pourquoi sortir deux assiettes, préparer pour deux alors que nous sommes 3 ". Paul ne répondit jamais. Elle apprit quelques jours après le départ du père que celui-ci avait laissé un billet pour la remercier de l’avoir nourri et logé mais Paul avait jugé bon de le garder pour lui. Paul était parfait.
Tout le temps de leur relation, elle avait entendu Paul dire que sa mère était folle, qu’elle pourrissait la vie de son père, qu’il fallait le sortir de là, etc. etc. Quand Jade disait à Paul : « pourquoi tu ne descends pas chez tes parents et tu parles à ta mère " ? Il répondait : "elle est folle, elle va me tuer si elle me voit "! En fait, Paul était un lâche. Il avait peur de sa mère. Il aimait dire aux gens, " mon père est au plus mal avec ma folle de mère. Je l’appelle régulièrement pour le soutenir ! Le pauvre homme "!
À plusieurs reprises Jade lui avait dit : « au lieu de dire mon pauvre père, va le chercher, affronte ta mère » ! Mais il répondait à Jade, « tu ne connais pas ma mère, sinon tu ne dirais pas ça ». Pour se donner bonne conscience et montrer aux gens car il ne faisait jamais rien sans s’en vanter et toujours mine de rien, il avait fait une main courante auprès des gendarmes pour expliquer ce que vivait son père. Pendant 5 ans, Jade lui a conseillé de faire venir son père dans la région, pour que sa fin de vie soit plus heureuse qu’elle l’était. Cinq ans sans que Jade ne soit entendue. Et un jour, elle apprend que Paul avait été chercher son père et qu’ils s’installaient tout les deux juste à côté de chez elle. L’entourage de Jade s’inquiétait. « Attention à ce que Paul ne fasse pas en sorte que tu t’occupes de son père à sa place. Tu vas encore te faire avoir ».
Ils emménageaient et il ne fallu pas quinze jours au père pour s’apercevoir que son fils était « malade ». Le fils qui se pensait si intelligent, a brillé. Il insultait son père, lui faisait vivre un véritable cauchemar. Même sa femme avouait le vieil homme à Jade, n’était pas aussi méchante. La cohabitation se passait très mal. Alors que les deux hommes devaient partager les frais, le père se retrouvait à payer avec sa retraite toutes les charges. Le fils se faisait ses repas, et laissait son père qui n’avait jamais cuisiné de sa vie, manger des sandwichs. Le pire est qu’il faisait payer les courses au père et lui interdisait ensuite de toucher à ses achats. A la fin de leur cohabitation, il allait jusqu'à mettre ses courses dans de grand carton et les mettait dans sa voiture.
Jade, un jour, l’âme médiatrice tentait de parler à Paul. Que croyait-elle ? Elle espérait peut-être encore avoir face à elle quelqu’un d’intelligent ? Que nenni ! Voyant quotidiennement le vieil homme, elle savait qu’il ne se nourrissait que très peu. Elle en parlait à Paul. Paul toujours parfait qui lui répondait : « mon père m’insulte, ne me respecte pas, ne se rend même pas compte de ce que je fais pour lui etc. etc., qu'il se débrouille ».
Bien sûr que le vieil homme avait un côté pénible, qu’il n’était pas facile à vivre, Jade le voyait assez pour le savoir mais de là, à dire que son père avait tout les torts, elle hallucinait de voir qu’encore une fois Paul ne se remettait pas en cause et était encore une fois, la victime. Elle savait qu’il provoquait son père. Elle entendait ce qui se passait à côté. Elle avait même dit à Paul que lorsqu’il insultait son père, il était plus prudent de fermer les portes car elle entendait tout. Un soir, les deux hommes invitaient Jade à un apéritif. Alors que la discussion était sereine, son père racontant une histoire sans aucune animosité, le fils donna un grand coup sur la table et se mit à hurler qu’on lui voulait du mal, qu’il faisait toujours tout mal... Il joua sa victime une fois de plus mais ne récolta que le départ précipité de Jade devant un comportement de fou furieux qui s’était énervé comme ça, sans que personne ne sache pourquoi. De ce jour, Jade évitait Paul comme la peste. Elle côtoyait toujours son père qui au fil des jours, devenait de plus en plus triste et avait de plus en plus des envies de suicide. Il convia à Jade que son fils l’avait menacé de le pousser dans les escaliers s’il trouvait son père dans la salle de bains alors que lui désirait y aller. Il convia également qu’alors qu’il devait partager les charges, Paul ne donnait rien. Il voyait son compte en banque fondre. Jade lui conseilla d’imposer à son fils qu’il règle comme convenu sa part. Pendant 6 mois, Paul a vécu aux crochets de son père et le jour ou il a dû payer sa part, la violence verbale envers son père monta d'un cran. Il vola en toute conscience son père. Lui faisant des comptes d’apothicaire qui démontrait que son père réglait deux fois ce qu’il avait déjà payé. Son père fatigué des conflits, la peur au ventre dés qu’il devait avoir une discussion avec son fils, laissa faire. Jade a qui il parlait beaucoup du désespoir de voir le vrai visage de son fils, lui raconta alors ce qu’elle avait vécu pendant cinq années avec Paul. Elle lui dit : " si je vous l’avez dis sur le moment, m’auriez vous cru "? Le vieil homme répondit " non mais aujourd’hui oui ".
La guerre entre les deux hommes était déclarée et le fils aimait mettre son père à bout et ricanait quand celui-ci lui disait qu’il allait se foutre en l’air tant il était désespéré. Plus Paul faisait du mal à son père, plus il était heureux. Il donnait bien sûr, une tout autre version aux gens, disant que son père le maltraitait.
Paul avait depuis sa rupture avec Jade, une autre femme dans sa vie. Il l’avait rencontré avant que sa relation avec Jade cesse. Celle-ci ne venait jamais chez lui, son père refusant de la rencontrer. Paul passait du temps avec elle et à plusieurs reprises, son père dit à Jade, « il est parti hier soir en catastrophe, sa copine est à l’hôpital ». Jade se dit alors, qu’elle avait eu assez de cran pour, elle, ne jamais tenter de mettre fin à ses jours car dans l’entourage de Paul, c’était devenu monnaie courante. Sa femme, son père à bout a pensé longtemps à passer à l’acte et cette femme avec qui Paul est encore aujourd’hui, qui a deux reprises, su par son père, est allée à l’hôpital. Jade aujourd’hui n’a plus ses voisins, ils ont déménagé chacun de leur côté et là aussi, ça s’est fait dans la douleur. Le vieil homme a dû faire son déménagement seul, son fils lui ordonnant par courrier de quitter la maison avant la date de départ pour que lui fasse son déménagement. Paul a encore réussi à faire croire à son entourage qu’il avait pris huit jours de vacances pour déménager son père. Un mensonge de plus car celui-ci a dû se débrouiller seul et à même été chassé de chez lui. Le vieil homme aujourd’hui essaie d’oublier cette année de cauchemar et est abasourdi d’avoir découvert un fils qu’il ne connaissait pas. Il le pensait aimant, aidant, sociable, gentil, il a découvert, un homme violent, méchant, blessant, bousculant, volant son propre père. Le vieil homme et Jade ne comprennent toujours pas aujourd’hui comment quelqu’un peut avoir deux faces, montrer un aspect positif en société et être aussi sombre en privé. Paul donne le change mais de moins en moins. La folie le gagne de plus en plus. Il n’arrive plus à se contrôler. Ces accès de démence vont l’emmener jusqu’ou ? Comment peut-on être persuadé d’être quelqu’un de bien lorsqu’on fait autant de mal autour de soi, que l’on détruit les gens. Comment peut-on encore se regarder dans une glace ? Jade ne cherchera plus la réponse. Elle a échappé au pire et souhaite qu’une chose, que le psy fasse son travail, arrête de se faire berner par ce triste personnage car un jour, il y aura un drame qui aurait pu être évité. Jade sait qu’elle ne peut changer les gens, elle n’essaiera plus, ne restera plus dans une relation de la sorte si par malheur elle retombait sur le même style de personne. Le vieil homme est en sécurité et le pire a été évité car Jade le sait le père était à bout et prêt à commettre l’irréparable.
Fin
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