Le livre de Marie ( 2)

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se lancer, écrire, se défier, écrire, se faire plaisir, écrire... Je vous invite sur cette page avec plaisir :-) Shinji NB : les textes publiés sur cette page sont protégés  [+]

Le reste de la journée a été très étrange pour Marie, elle ne savait pas si elle avait bien fait de montrer son trésor à papa et maman.
C’était curieux, elle sentait au fond d’elle-même que c’était une bonne chose, mais que cela causait du souci à ses parents.
*
Le jour du marché était toujours un jour amusant. Papa et maman conduisaient la vieille jument à pied, Marie et Rodéric étaient assis dans la cariole au milieu des provisions et des cages des animaux à vendre.

Marie avait sa petite valisette en carton entre ses jambes, celle qui contenait les mouchoirs brodés.
Elle adorait les confectionner pour les mamies qui lui donnaient un ou deux sous pour les initiales et les fleurs qu’elles avaient choisi d’avoir sur le mouchoir.

Maitresse Elisabeth était là aujourd’hui, elle s’est approchée de la cariole : elle souriait toujours à Marie, elle était sévère mais juste, les parents disaient qu’elle était une très bonne institutrice. Papa l’a saluée, maitresse Elisabeth a fait les gros yeux à Roderic qui a baissé la tête. Papa et maman semblaient gênés. Papa a sorti un papier de sa poche. Marie ne pouvait pas entendre la conversation, mais elle était sûre que papa parlait d’elle à la maitresse.

Pendant ce temps, madame Germaine lui a donné trois sous pour le mouchoir, trois ! Marie était rouge pivoine, son bouquet de campanules avait vraiment plu et elle était récompensée pour son travail de la semaine dernière. Quel cadeau ! Marie à donné les pièces à maman, qui lui en a remis une dans sa main, en la fermant dans sa paume. Elle était rugueuse mais chaude.
Papa et maitresse Elisabeth avaient fini leur conversation. Maitresse Elisabeth a plié le papier que papa lui avait remis, c’était celui d’hier ! Marie a pincé ses lèvres et froncé les sourcils, maitresse Elisabeth l’a regardée et lui a fait un gentil sourire et... un clin d’œil.
Marie a regardé derrière elle, à droite, à gauche, « c’est pour moi ce clin d’œil maitresse ? » mais la maitresse avait disparu dans la foule des badauds avant que Marie n’ait ouvert la bouche.
*
Une semaine a passé, comme toutes les autres semaines.
Les matins étaient froids, les après-midis ensoleillées mais les champs ne dégelaient pas en totalité.
Roderic n’embêtait plus Marie avec sa boite. Il était très sérieux durant la séance de devoirs, Marie brodait en écoutant et maman préparait les repas.

Il pleuvait ce dimanche, très fort. Maman toussait beaucoup, alors papa et Roderic sont partis seuls au marché. Marie a veillé sur sa mère toute la journée en lui apportant des tisanes aux plantes et en maintenant le feu allumé. Elle rentrait rarement dans la chambre de ses parents. Elle se faisait toute petite au milieu de la pièce. On sentait le feu et le bois de châtaigner. Marie souriait car c’était elle la petite mère aujourd’hui.
Maman avait arrêté de tousser et dormait.
Comme elle avait le temps, Marie s’est levée et avec d’infinies précautions, sans faire craquer le parquet. Sous son lit, elle a récupéré la boite qu’elle a rapporté dans la chambre des parents. C’était le moment de continuer l’histoire, son histoire.
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LJB · il y a
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Star seeker · il y a
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