12
min

Le judas du paradis

Image de Manodge Chowa

Manodge Chowa

200 lectures

15

Ce jour-là, à l’instar de tous les autres, il apparut et tout le reste s’effaça comme par enchantement ! C’était une énigme que les autres tentèrent en vain de résoudre. Mais, Edward n’était pas le moins du monde incommodé par cela et s’y faisait volontiers ! Il troquerait sa place contre rien au monde... sauf peut-être pour cette Ford Mustang V8 Convertible à laquelle il vouait une adoration sans bornes surtout depuis le dernier Salon de Paris qui s’est tenu au pied de la célébrissime Tour ! Un amateur forcené des quatre roues propulsées par un moteur surpuissant même si la planète devait trinquer. A sa décharge, c’était un des rares excès qu’il s’autorisait sans trop se culpabiliser!

Une fois que le village Bon Espoir, les bien-nés, eut fondu dans son rétroviseur, il arriva à hauteur du vieil écriteau rubigineux ne tenant que d’une vis presque en fin de vie ; il abaissa la vitre côté conducteur juste assez, davantage pour être salué que pour saluer. On dirait quasiment un président fraîchement élu tentant tant bien que mal de contenir cette fierté frisant allègrement la vanité. Il se portait comme un dard et sa voiture flambant neuve de couleur gris anthracite ne laissait personne de marbre ; encore moins ceux avec lesquels, dans une précédente vie, il s’adonnait à cœur joie à la cueillette de juteux ananas dans les champs de Monsieur Bach au grand bonheur des touristes de Cap Malheureux ! Ceux-ci en étaient fous bien que les prix fussent quelque peu gonflés... de sueurs froides ! Ces quelques ananas extorqués, une sorte de taxe des pauvres sur les parvenus, étaient loin d’appauvrir ce richissime descendant d’esclaves. Il se résolut, néanmoins, à recourir à des malabars notoires lesquels rivalisèrent d’imagination quant au sort réservé au pauvre malheureux cueilli en flagrant délit ! D’ailleurs, c’était un sujet tabou, décrété d’un commun accord par les victimes elles-mêmes ! Aller savoir !

« Les voilà ! Qui position ? » aboie presque Edward aux ‘anciens combattants’ que ses yeux écarquillés croisèrent et en cherchèrent d’autres sans ciller sous peine de les rater et de s’en vouloir jusqu’au matin suivant. Cela lui procurait un bien fou car il prenait la mesure du chemin parcouru depuis. Impossible de rester sur ses acquis ! Il était empli d’une incompressible énergie telle un geyser en quête de cieux immaculés à défier.

« Bah ! C’est mieux qu’un conte de fée ! Pourvu que cela, rêve ou réalité, perdure à jamais ! » Il n’en croyait pas ses billes exorbitées ! Il avait l’étrange sensation que tout cela n’était que le décor d’un film à grand budget dont il était la figure de proue et tous ces gens-là n’étaient que des figurants ou silhouettes plantés avec minutie par un producteur de blockbusters.

Il put se rassurer grâce aux habituels bruits abrutissants. Faisant abstraction de ce tintamarre, il zooma sur cet éblouissant défilé de « mannequins » comme si ces derniers hurlaient leur refus d’être en marge de cet évènement historique qui se profilait. Les couleurs vives agressant les yeux à souhait, trahissant presque une peur panique de finir en ombres chinoises d’où ces soins tirés à quatre épingles réservés à ce plumage si cher et qui devait, hélas, engloutir bien des salaires. Cette surenchère de couleurs n’allait, pour sûr, pas s’estomper de sitôt. Pour percer ce folklore quelque peu maussade, il fallait s’ouvrir à une once d’empathie. Ces cols d’un bleu délavé se précipitaient vers leur lieu de travail qu’ils ne quitteraient que bien après le crépuscule, dans un état de fatigue zombiesque.

«Pouah ! Je l’ai échappée belle. » Soupira-t-il en peinant à s’imaginer même pour une nano seconde entre ces quatre murs monochromes. Il préférait avoir les cheveux au vent et surtout le vent en poupe ! Porter les vêtements que l’on veut au travail est sans nul doute un luxe que n’importe qui ne peut se payer. Plus on est petit plus grandes sont les contraintes et l’inverse est, on s’en doute, tout aussi implacable.

En fait, chaque minute devenait interminable tant il y avait de l’intensité et de la profondeur dans ces réminiscences qui l’éloignaient de plus en plus de ce présent du point de vue temporel et non spatial n’avait, à vrai dire, rien de surprenant. Les émotions explosaient en lui comme seul le feu d’artifice du Stromboli en avait le secret.

« Garçon ! Garçon ! » Retentit soudain côté adjacent du chemin minci par des trottoirs noirs de monde. Il chercha tant bien que mal à discerner l’origine de ces cris entre deux passants. Et sans crier gare, un visage bien que sculpté par les intempéries de la vie mais débordant de tendresse lui explosa à la figure !

« Tout corek Tonton ? » freina-t-il avec vigueur en laissant échapper ces paroles qui sonnèrent comme une douce musique. Edward se remémora les sempiternels sermons trop généreusement prodigués par ces « grands-frères » presque grand pères, avec un casier judiciaire aussi long qu’un bras de pelleteuse. Ceux-ci se caractérisaient par une grande sagesse malgré leur palmarès à faire pâlir n’importe quel apprenti caïd. Ils avaient hérité la vie de leurs parents en pire à cause de la brièveté du temps passé sur les bancs de l’école ; ce qui ne les empêchait pas d’avoir des propos d’une grande clairvoyance. Si seulement on faisait, au moins, mine de s’intéresser à eux au lieu de rajouter de la souffrance à leur souffrance... Si leur situation est tout sauf enviable, ils nous démontrent que le bonheur n’est pas forcément l’apanage des richards. Ils semblent avoir parfaitement intégré en substance cet enseignement d’Einstein. Il n’y a pas de gros soucis car il y a toujours plus gros que gros. Cette relativisation est sans nul doute à l’origine de ce sourire qui illumine leur visage somme toute marqué par des cicatrices, chacune pouvant à elle seule être la trame d’une nouvelle de Maupassant.

Arrivé au dernier hectomètre de ce qui s’apparentait à une haie d’honneur, l’envie de faire demi-tour l’empoigna tant ce besoin de reconnaissance était criant pour ne pas dire violent. A ce moment-là, son cœur vivait l’ascenseur émotionnel comme un toxicomane descendu de son euphorie et qui n’avait qu’une seule préoccupation...

« Maintenant, je pourrai aller travailler après ce trop-plein d’émotions. »
Comme s’il pouvait travailler sans jamais s’arrêter. Il s’engagea dans le familier cul-de-sac qui déclamait avec fierté les couleurs du quadricolore. Il aperçut son école qui se mettait sur son trente et un pour rendre un hommage appuyé à ceux qui n’ont pas lésiné sur les sacrifices suprêmes pour nous arracher cette liberté que d’aucuns, aujourd’hui, ont malheureusement tendance à prendre pour argent comptant. C’est devenu un produit consommable comme il y en a plein les étagères des grandes surfaces ! Les vieux diraient que tout se casse la figure. Ce qui confirme que le monde part en vrille pour de vrai.
En effet, les oriflammes serpentaient et enveloppaient généreusement tout ce qui leur tendait les bras. Les peintures rupestres de nos Monet à nous s’évertuaient à redonner vie à ce pan d'histoire pour le moins gênant voire scandaleux. On croisait les charrues surchargées de cannes à sucre sirupeuses tirées par les majestueux bœufs aux impressionnantes cornes... A peine un demi-siècle nous sépare mais force est de constater que la planète a accusé des changements bouleversants.

De cette période finalement pas si lointaine, ce serait l’authenticité qui nous ferait défaut de nos jours. La célébration imminente du jubilé de l’indépendance de l’ancienne Ile de France se devait être à la hauteur de l’Evénement.

« Si seulement elle pouvait regarder à travers le judas du paradis ! Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour qu’elle n’entrevoie au moins cette scène, son souhait le plus ‘spirituel’ presque », se bredouilla-t-il en dirigeant son regard vers le vieux temple d’à côté. Il se sentit comme ankylosé, saisi d’une poignante tristesse et, en même temps, jamais il n’avait éprouvé d’aussi grande fierté !

« Je sens dans mon for intérieur que je suis loin d’être seul. Mon parasol, ma protectrice de mère, campe au-dessus de ma caboche! »
D’un seul coup, une main jaillit de la guérite. Une petite dame bedonnante armée d’un sourire à défier la championne des mauvaises humeurs apparut et ouvrit non sans peine l’imposant portail en fer forgé arborant fièrement : salus scientia est. Et les « Bonjour Monsieur, Good Morning Sir » vrombirent de toute part à donner presque le tournis. Monsieur Edward était un de ces professeurs qui ne pouvaient laisser insensible ! Il jouissait d’un statut particulier de par sa stature, de taille moyenne certes mais une carrure à ne pas s’y frotter. D’autant que pour lui, l’enseignement était sacré et il fallait que cela fût un sacerdoce pour quiconque se trouvant dans l’enceinte. Dans le cas contraire, on pouvait tranquillement passer son chemin sans vouloir lui arracher la moindre conversation sous peine d’atterrir sur les roses, voire un matelas généreux en épines !

S’il y avait quelque chose qui ne souffrait d’aucune contestation, c’était que Monsieur Edward était le nec plus ultra des profs. Il cultivait une aversion viscérale contre la médiocrité et, en même temps, démontrait une bienveillance rassurante. Sa réputation était tout sauf à faire et lorsqu’un problème survenait son nom sortait en boucle de la bouche du proviseur tel un mantra tibétain. Bref, il n’était pas de ceux qui maîtrisaient l’art de l’esquive. Plutôt du genre à risquer un frêle esquif au péril de sa vie à la rescousse des naufragés de la vie ; ce côté chevaleresque le rendait d’autant plus attirant auprès du sexe faible. Il était de cette trempe-là, une espèce en danger extrême d’extinction.

Cette journée-là, une fête était organisée car le Proviseur était sur le point de tirer sa révérence à l’inverse de son épouse qui allait devoir pagayer pour ne pas dire ramer quelques années de plus. Dorénavant, il aurait toute latitude pour se consacrer au bricolage, au voyage et à tout le reste. Contrairement aux idées-reçues, on n’est jamais aussi débordé que pendant la retraite. Cela était d’autant plus vrai, dans son cas à lui, tant il était exigeant, voire intransigeant avec lui-même et un peu envers son environnement. Pour marquer d’une pierre blanche ses dernières heures parmi nous, une fête était prévue, entrecoupée de chansons. Quant aux professeurs timides, il leur était permis de faire un petit discours. Dans le dictionnaire de Monsieur Edward, des expressions telles « poule-mouillée » ou « mauviette » n’avaient aucune chance d’y figurer !

Chez lui, Jacques Brel occupait toujours le haut de l’affiche. Rassurez-vous ! Il ne chanta pas « Les vieux » mais plutôt « Quand on a que l’amour ». Il aurait bien pu le faire car il avait bien plus d’humour qu’il n’y paraissait ; ce qui le rendait redoutablement imprévisible. Cela lui conférait un côté insaisissable et déroutait ses détracteurs, lesquels poussaient comme des champignons. Ils ne laissaient passer aucune occasion pour ergoter et cela commençait à lui taper sérieusement sur le système bien qu’il fît mine de ne pas être concerné.

Une brusque envie de se soulager le saisit. Aux toilettes, il s’efforçait à choisir une des pissotières de gauche comme un besoin impérieux de toujours signifier son attachement à la gauche en dépit des déroutes quasi historiques de ces derniers temps. On pouvait le traiter de tout sauf de girouette. « Fidélité » n’était pas un vain mot chez lui : une valeur immuable malgré les coups de boutoir des années de tentations en tous genres. Son entourage savait à quoi s’attendre de lui. Heureusement que le ridicule ne tuait guère car certains lui reprochaient d’avoir le défaut de sa qualité. Mais, selon lui, soit on l’est ou pas ; le juste milieu n’existe pas ; aucun no-man’s land en matière de loyauté !

Après avoir mangé comme un chancre, il s’installa sur l’espèce de rocking-chair, fabrication maison d’un professeur vacataire de design et technologie de l’école. Ma foi, elle remplissait parfaitement sa fonction pendant neuf bonnes minutes avant que tous les yeux ne me suppliassent de faire preuve de pitié. Hypnos eut, à peine, besoin de quelques minutes pour le voir dormir comme une souche.

Il avait de plus en plus chaud, baignant dans sa sueur. C’était du moins ce qu’il croyait jusqu’à ce qu’il sentît une chaleur liquide le long de la jambe gauche ! De plus, le dieu Hélios avait initié son travail de sape comme pour dire qu’il devait débarrasser le plancher pour que d’autres acteurs fissent leur apparition ! Les persistantes brûlures sur la joue droite ont fini par avoir raison de sa récalcitrance. Il tournait la tête moins pour ménager cette joue endolorie que pour dire « stop ». Il ressentait un profond dégoût de sa personne, peut-être les prémisses de quelque chose d’important.

« Eh mam, rente to lacase! » lui écorcha le tympan.

Ses paupières visqueuses se décolèrent péniblement comme des volets rouillés d’une vieille usine désaffectée. Fortement incommodé par ce satané de soleil, il aperçut un bras s’agiter comme un éventail au-dessus de sa tête ! Se servant de sa main tant pour faire office de visière que pour se protéger, il fusilla du regard le coupable ! Une violente déception l’envahit au point de le défigurer comme s’il était en train de crier de tous ses poumons sauf que sa voix l’a abandonné en même temps que sa mère. Frida Kalho pourrait bien faire l’économie de son imagination tant celle-ci ferait pâle figure ici.

« Pourquoi ? » ne cessait-il de bégayer tout en titubant. Il faisait peine à voir. Ce corps cachectique aussi épais qu’une planche à pain avec de merveilleuses billes, seul vestige de sa précédente vie. Ses yeux noisette, un don de sa mère, lui attiraient jadis les foudres de ses camarades car il s’accaparait la plus jolie fille de la soirée sans coup férir. On pouvait mesurer l’étendue de leurs frustrations surtout lorsque les jolies filles n’étaient pas légions dans cette région réputée pour son dur labeur.

Sa figure était aussi marquée par ce front proéminent qui, en quelque sorte, validait le désir de sa mère quant à son avenir professionnel. Professeur ou rien d’autre ! Il a choisi d’être rien du tout au grand dam de celle qui l’a peut-être trop couvé, en lui passant tout même certains de ses pires caprices. Elle était presque incapable de lui dire « non », convaincue que cet amour serait son bouclier.

« Mon fils aurait la cravate à son cou un jour ! », lançait-elle à ses sœurs médisantes.

Il aurait volontiers mis en balance tout ce qu’il avait de plus précieux, c’est-à-dire pas grand-chose sinon sa misérable vie, pour ne jamais se réveiller. Cela lui rappelait inconsciemment son paradis perdu, cet endroit douillet comme nulle part où il s’était senti à l’abri des affres de la vie : le ventre de sa défunte mère lui manquait à mort !

Revenant tant bien que mal à cette réalité critique, il revint à ses moutons. Il se complaisait dans ses poignantes complaintes accompagnées d’instruments de fortune, chantant sa cruelle et injuste infortune, à l’ombre de son banian qui repoussait les forces obscures rôdant autour selon ses propres dires. A de rares moments, il n’y avait qu’un fil entre sa violente tristesse et la violence tout court surtout quand le manque dictait sa loi. Cela pouvait virer au gore : se faire courser par un cadavre fraîchement déterré ! Son âme devait découcher depuis des nuits et des nuits déjà. Qu’elle eût envie d’un corps beaucoup plus en chair qu’en os était tout sauf condamnable !

A l’instar d’un gaou qui venait tout juste d’atterrir, il finit par se tenir debout sur ses frêles pattes vacillantes ; tous les voyants lumineux clignotaient avec fracas le menaçant d’un crash imminent ! Déjouant, bon an mal an, les lois de la gravité, comme il en avait seul le secret, il traîna cette carcasse désarticulée, qui exprimait autant d’horreurs que Guernica, jusqu’aux perrons improvisés de ce qui leur servait de portail.

Au moment où retentit le bruit du loquet, il eut un flash : sa mère lui préparant des crêpes avec une boule de glace à la noix de coco pour son goûter. Il faut dire qu’il avait un appétit pantagruélique à cette époque-là ! A chaque fois que ses narines flairaient l’odeur de noix de coco, il pouvait ressentir, la présence mystique, voire quasi-physique, de sa mère. Ensuite pendant quelques jours, il s’enterrait dans un silence monacal à vous faire perdre votre langue, peut-être même la raison, tellement les cris de son cœur étaient assourdissants !

Ce rare moment de lucidité, si fuyant soit-il, accoucha d’une détermination sans commune mesure.

« Je me dois de le faire, quoiqu’il m’en coûte ! » se martelait-il avec frénésie.

Edward aurait-il pactisé avec Mimer pour une petite gorgée du Saint Calice ? Ou cet amour originel, pour ne pas dire maternel, serait-il capable de plus invraisemblables des miracles ? Toujours est-il que quelque chose d’aussi grand que l’inversion polaire allait se produire à l’échelle de sa vie !

Bon Dieu ! Il allait intégrer un centre de désintoxication afin de sauver ce qui pouvait encore l’être. On les abandonnait hélas à leur sort lugubre ; des damnés qui errent dans l’entre-deux monde sans jamais apercevoir un semblant de lueur comme s’il s’agissait d’un tunnel dont on avait joint les deux bouts ensemble. Rien ne laissant deviner la supercherie car tous les repères ont été délibérément enlevés par ces scélérats qui prétendaient servir le peuple. Aucune absolution n’était pensable. Comme s’il s’agit d’une fête foraine où l’on glisse un jeton dans la tête de la bête pour lui donner un semblant d’existence, des faire-valoir pour amuser la galerie.

La vie est une gigantesque fête foraine à ciel ouvert. Il suffit d’ouvrir les yeux au lieu de faire l’autruche. Ces malheureuses créatures demeurent des acteurs à l’insu de leur plein gré sauf que non seulement ils n’avaient pas choisi le titre du film mais aussi et surtout même pas un centime ne finissait dans leur poche, de toute façon criblée de trous. On dirait des linceuls. Le préjudice était double ; le couteau était baladé avec perfidie de sorte que cette plaie ne se referme jamais ! Faut croire que c’est tout à fait humain comme cruauté. La preuve ! Comme si on est à mille pour cent sûr que l’enfer n’était que le fruit de cette imagination insidieusement trafiquée par les soi-disant fils de Dieu !

L’homme est capable du meilleur comme du pire. Sauf que le cycle de celui-ci semblait particulièrement long ces derniers temps. Comme s’il y avait une précipitation de la Grande Roue et que le compte à rebours du grand coup de karcher était plus que jamais lancé !

« Il faut le crever, cet abcès, avant qu’il n’atteigne mon cœur : temple consacré à la déesse-mère. Ce qui serait juste insupportable ! »

Rendre hommage à cette mère qui caressait cette ‘folle’ envie de voir son fils dans la peau du professeur avec tout ce que cela impliquait socialement. A défaut, il aurait le costume d’un ancien toxico repenti, professant à foison de bons conseils aux jeunes, lesquels ne devenaient que trop souvent les proies des vautours voraces volant au-dessus, notamment à cause d’une vie sans ambitions.

Au nom de son père et surtout de sa mère, il voulait rallumer cette lampe éteinte en lui depuis la nuit des temps ! Il mesurait l’étendu de la tâche herculéenne mais, dans un coin de sa cervelle, cela semblait être le dernier train d’une nuit d’hiver sibérien qu’il valait mieux ne pas rater sous aucun prétexte s’il voulait prétendre à un semblant de noblesse dans sa pauvre petite vie !
« Qu’y a-t-il de plus transcendant que d’éduquer ? » pensa-t-il. Il pourrait servir d’anti-modèle. Ce serait déjà ça de gagner ! Qui mieux que lui pouvait éclairer les lanternes des jeunes désœuvrés, en quête de sensations fortes ? Cette culture encyclopédique en matière d’addictions de tout genre, acquise aux périls de sa vie, allait servir contre Escobar et acolytes. Le combat semble perdu d’avance mais c’est David qui finit par vaincre la condescendance de Goliath.
« Peu importe les moyens seule importe la fin ! » dans ce cas-ci, venir à la rescousse d’innocentes âmes, les mets de prédilection de la mafia qui s’est incrusté dans toutes les strates de la société, à commencer par la classe dirigeante. Lisons les journaux. Pas de fumée sans feu ! La démocratie s’est littéralement vidée de sa substance et s’apparente à la « dollarcratie ». Ces escrocs ne viennent pas nous apporter le développement mais plutôt nous l’extorquer cette liberté qui est la quintessence même de l’humain sans laquelle celui-ci ne serait qu’un vulgaire animal parmi les autres. Et, devinez l’animal que nous avons choisi de devenir ! Celui qui est régulièrement déshabillé et se caractérise par sa couardise : le mouton. Effectivement, on pourrait faire nettement mieux. Soit ! Allons pour la révolution des moutons. Voyons voir ce qu’ils ont sous leur épaisse fourrure. Les apparences pourraient être trompeuses. Voilà quelles sont les bonnes intentions qui l’animent.

A ces pensées-là il esquissa un sourire qui fuyait ses lèvres depuis on ne sait quand. Dorénavant, rien ne saurait être plus important que sauver ces petits êtres vulnérables du chancre de la jeunesse ! Celle-ci censée être le siège du bonheur quand piranhas, hyènes et charognards de toute espèce ne s’entre ’déchirent pour n’en faire qu’une bouchée. Naïfs, voire idiots, ceux qui croiraient que les politiciens seraient immaculés et amélioreraient la vie de qui que ce soit, sinon celle de leurs proches. La part du lion revient toujours à ces chacals qui prolifèrent comme des asticots sur un cadavre en pleine décomposition. Peut-être devrions-nous nous transformer en Amérindiens pour qui les asticots représentent un mets de choix comme une sorte de caviar !

Tout le monde, comme dans le métro, fait de plus en plus semblant de porter des œillères parce qu’un regard indésirable peut mettre le feu aux poudres et vous attirer d’importants ennuis sans que personne ne bouge son petit doigt. Eh oui, le Mal a encore un avenir certain grâce à ceux qui l’ont érigé en idéal et pour qui l’opprobre est une auréole. Force est constater que Victor Hugo avait tout sauf tort !

« Mettons le cap pour le refuge de Chamarel. Voilà à quoi je consacrerais tout mon être pour qu’ainsi mon adorable mère cesse de me hanter et m’habite pour de bon. »

"Tout correk" signifie tout va bien en créole mauricien.
15

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Flore
Flore · il y a
Une nouvelle bien écrite, mais qui aurait pu en faire deux sinon trois, avec le nombre de thèmes abordés, mais si Brel est là avec "Quand on a que l'amour"...
·
Image de Alain Lonzela
Alain Lonzela · il y a
Un texte très touffu qui comporte beaucoup de thèmes.
Oui, la science est importante, mais "science sans conscience n'est elle que ruine de l'âme" ?
Essayez de ne conserver qu'un seul thème dans votre démonstration...
Un très bon début

·
Image de Manodge Chowa
Manodge Chowa · il y a
Merci de l'avoir lue!
Complètement?

·
Image de Lanou Van
Lanou Van · il y a
Texte bien écrit seulement un peu trop détaillés. Mais félicitations !
·

Vous aimerez aussi !

Du même auteur

Du même thème