Le Greffier

il y a
1 min
160
lectures
4
Finaliste
Jury

Des chats, des mots, un rêve. Une feuille, un stylo, un voyage... Ah non ! C'est nul archi nul ! J'en raye jusqu'à griffer la table ! Des jours de sommeil, des nuits d'attente vaine. Des démons  [+]

Je m’adresse à vous monsieur le Greffier, car ces victimes, juges et jurés ne m’intéressent absolument pas !

Je vous prie d’interrompre vos exclamations et de faire disparaître ces vilaines grimaces de vos mines outrées. Cela perturbe le cheminement de mes pensées.

Je m’exprime avec autant de théâtralité, que vous avez mis de passion pour m’accuser !

Monsieur le Greffier, vous êtes le garant incontesté de mes propos... Du crime dont je suis coupable je ne me défendrais pas, mais j’insiste pour que vous m’écoutiez, avec vos doigts en derniers.

Avant d’être meurtrière, je fus victime, de cela, l’accusation en a à peine parlé.

Au-delà d’une quelconque compréhension, il est indispensable que je porte à votre connaissance ce qui a introduit la complexité sadique et irrémédiable de mon geste. Peut-être alors, pourrez-vous le concevoir.

Autrefois, j’avais un greffier à moi.

Un greffier ? C’est ainsi que l’on appelle un chat !

Voyez, je vous interpelle sur ce vocable à défaut de pouvoir vous interpeller par la suite, sur la similarité homme/animal.

Mon tendre matou partageait ma vie depuis de nombreuses années. Une ère de douceur féline durant laquelle je fus productive, et pus vivre correctement de mes écrits.

Le chat de l’écrivain n’est pas un mythe, c’est un fait incontestable.

N’avez-vous pas vous-même un chat, monsieur le Greffier ?
Un chat qui accompagne vos soirées de délivrance littéraire ?
Un chat qui jamais ne critique vos phrases dénuées de styles et d’intérêts ?

Et bien mon chat, cet amour seul et véritable, est mort agonisant dans mes bras. Cette créature que je chérissais par-dessus tout a cessé d’être, empoisonnée par mon voisin ; le fils de madame là-bas au premier rang.

Je dois reconnaître à mon voisin au moins une qualité respectable : il ne s’est pas caché d’avoir délibérément tué mon compagnon pour des raisons stupides, et indignes de compassion.

Cet homme a cessé d’être empoisonné par mes soins. Lui ne s’est pas éteint dans mes bras, il est mort seul, tel un scélérat !

La salle s’insurge ? Un mot pour conclure...

Voici une légende avérée : faites du mal à un chat et vous serez châtiés.
Notez bien ma dernière phrase, monsieur le Greffier, avec la mention de mon sourire s’il vous plaît.

4
4

Un petit mot pour l'auteur ? 2 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Dami
Dami · il y a
Merci d'avoir, par ce texte, vengé tous mes chats assassinés par des fils de voisins !
Image de Venusfortuna
Venusfortuna · il y a
Continue à écrire, ma belle ! <3