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Le dernier roi de Korathamaton

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Dehors, la rumeur s’est tue.
La bibliothèque a fermé, les étudiants sont partis. Certains se sont arrêtés à la terrasse du café à l'angle de la rue, ils ne tarderont pas à rentrer ou peut-être se laisseront-ils entraîner vers des lieux plus animés.
À travers la fenêtre, Anna observe le grand réverbère qui soir après soir éclaire l'unique banc de la petite place. On aurait l'impression que sa tête pendante au bout de son grand corps courbé s'incline de plus en plus, qu'il va finir par toucher le sol. Edgard disait qu'il se tordait ainsi pour nous saluer avec courtoisie. Aujourd'hui, Anna a plutôt l'impression qu’il croule sous le poids des âges, fatigué de veiller ainsi toutes les nuits pour rassurer les rares passants qui ne lui prêtent même plus attention.
Plongée dans l'obscurité, elle s’installe au bureau face à la fenêtre. Elle aussi restera éveillée toute la nuit. Elle l'a promis à un vieil ami.
« Je travaille sur ce livre depuis des années, sans doute depuis toujours, sans m'en rendre vraiment compte, lui avait-il écrit dans sa dernière lettre. Mon appartement est à ta disposition, prends le temps qu’il te faudra. »
Dans la pièce, tout est soigneusement rangé : les livres dans la bibliothèque classés par auteurs, le courrier sur le bureau scrupuleusement ouvert, le stylo favori de Edgard et le manuscrit posé bien en évidence.
Anna allume une lampe, découvre une nouvelle fois la première page presque vierge ; il n’y a pas l'habituel pseudonyme qu’utilise Edgar, juste un titre : Le dernier roi de Korathamaton.
Cela faisait bien longtemps que ces mots ne lui étaient pas apparus, une trentaine d'années sans doute. Elle se revoit alors en cette fin d'après-midi de juin, assise là, sur le banc au pied du réverbère, plongée dans la lecture d'un livre dont le titre aujourd'hui lui échappe, cela n'a de toute façon pas réellement d’importance.

Cette journée n'aurait d'ailleurs certainement rien eu de mémorable si quelque hasard n'avait pas conduit Edgard à s'asseoir à l'autre bout du banc, sans doute perdu dans une de ses grandes réflexions avec lui-même. Ils ne se connaissaient pas vraiment, de vue seulement – tout au plus quelques regards fuyants à la bibliothèque – pourtant, contenant un sursaut de panique en prenant conscience de sa position, Edgard lui esquissa un sourire crispé en guise de salut – elle ne comprit que bien plus tard qu'il avait alors fait preuve d'une fougue incommensurable au regard de son code de conduite habituel.
Un peu gênés, ils s’enquirent machinalement l'un de l'autre, parlèrent de choses banales : d'abord du temps – Anna se rend compte que jamais plus elle n'entendit Edgard se soucier du temps, il était de toute façon toujours habillé de la même manière –, puis des cours qu'ils suivaient à la fac, de la musique qu'ils aimaient.
Ce simulacre de conversation légère semblait condamné à se fondre dans un silence aussi pesant qu’inéluctable jusqu’à ce que Edgard remarque le livre posé à côté de la jeune fille. Il sauta sur l'occasion pour relancer leur conversation et leur échange prit une tournure plus sincère. Le jeune homme évoqua ses auteurs favoris, ses expériences littéraires, jusqu'à ce que le fil quelque peu décousu de ses pensées l'amène à évoquer un illustre aïeul – non sans un brin de fierté contenue –, un intellectuel un peu fantasque qui, avec une bande d'artistes, de libres-penseurs, d'hédonistes et autres personnes ayant un penchant plus ou moins affirmé pour les travaux intellectuels, se rêvaient comme les instigateurs d'une pensée nouvelle.
— C'était bien plus qu'une sorte d'association ou de club. Ils s’étaient créé leur propre univers et prétendaient avoir constitué un véritable royaume qu'ils avaient appelé Korathamaton. C'est du grec, ça veut dire « pays des merveilles », avait-il expliqué avec un tel enthousiasme qu'Anna eut du mal à retenir un fou rire. Je dis leur royaume, mais il ne s'agissait pas vraiment d'un pays, la politique n'avait rien à voir avec leurs intentions. Ils voulaient étudier le monde avec un regard nouveau, se défaire des conventions en réinventant la manière d'utiliser les mots. Tout devait passer par les mots, c’était leur ambition, et ils semblaient persuadés que l'irrationalité et l'incohérence étaient des éléments indispensables à la formulation des choses sérieuses. Mais excuse-moi, je dois t'ennuyer avec mes histoires d'ancêtre.
— Non pas du tout, continue. Ce n’est pas tout les jours que je rencontre le descendant d'un personnage aussi illustre, répondit Anna avec une pointe d'ironie.
— Je n'en sais hélas pas beaucoup plus. Mais selon les rumeurs, ils auraient commandité la construction de cette bibliothèque, juste en face de leur lieu de réunion, désignant l'immeuble en face d'eux. 
Edgard sembla sur le point de se lancer dans de grandes explications, puis il marqua un temps et s’assombrit un peu.
— Apparemment ils tenaient des comptes rendus de leurs assemblées. Mais nous ne le saurons sûrement jamais car ils sont restés dans l'appartement situé là, juste en face de nous quand mon grand-père a eu la brillante idée de le vendre, dilapidant d'un seul coup tout ce qui constituait l'héritage familial.
— Qu'est-ce qui s’est passé ? Je veux dire, pourquoi il n'a pas conservé ces documents ? demanda Anna curieuse.
— Pour les comptes rendus je crois qu'il n’y apportait pas une grande importance. Pour le reste, rien de très romanesque : il avait beaucoup de dettes et peu de revenus. Encore un poète qui cherchait l’inspiration dans l’alcool, les jeux et les femmes, sans rencontrer un franc succès auprès de la critique. Je l’ai peu connu et je n’ai jamais su si mon père le haïssait ou s'il lui vouait une admiration sans bornes. 
Ils restèrent là un long moment à discuter – Anna aurait juré qu'il ne s'agissait que de quelques minutes – et il fallut le léger grésillement électrique du réverbère en train de s'allumer pour qu'ils prennent conscience que le soleil – la Terre ayant, elle, gardé son rythme normal de circonvolution – commençait à disparaître derrière les immeubles.
— Il se fait tard, il faut que j’y aille. Est-ce que tu es libre ce soir ? avait alors subitement déclaré Edgard un brin crispé. J'ai des amis qui organisent une petite soirée, ou plutôt une sorte de réunion. Si tu veux, tu peux venir avec moi, ça devrait t'intéresser. 
Anna se sentit prise de court, elle hésita. Cette rencontre inattendue avait certainement quelque chose à voir avec le Destin, mais l'idée de se référer à de telles superstitions la mettait mal à l'aise. Pourtant, prise subitement dans un conflit majeur avec ses convictions, incapable d'établir un arbitrage entre les convenances et ses désirs réprouvés, elle n'eut d’autre choix que de s'en remettre à cet avatar imprévisible.
— D'accord, dit-elle d'un ton qu'elle voulut le plus détaché possible.
— Très bien. Retrouve-moi ici vers 22 heures.

Quand elle revint à 22 heures – passées des quelques minutes qu'il convient de respecter aux premiers rendez-vous –, Edgard était déjà là, grossièrement ponctuel, assis sur le banc seulement éclairé par le vieux réverbère, ne pouvant retenir un enthousiasme vulgairement sincère en apercevant la jeune fille. Lui, de toute évidence, n'avait jamais rien appris sur ces usages curieux, mais universellement admis comme indispensables, qui incombent aux rituels de la séduction.
— Allons-y, dit-il en essayant de se donner de l’assurance. C'est à cinq minutes d'ici. 
Ils marchèrent en silence et arrivèrent devant l’entrée d'un immeuble dont la façade aurait mérité quelques travaux de rafraîchissement. Pas d'interphone, il suffisait de pousser la porte pour pénétrer dans un hall éclairé par une seule des quatre appliques posées aux murs. Ils contournèrent l'escalier principal pour se retrouver devant une porte sans numéro derrière laquelle on pouvait entendre une voix déclamer des vers avec ferveur.
Edgard frappa sèchement plusieurs fois avant qu'un grand type, portant des vêtements trop larges au regard de sa carrure, ne vienne leur ouvrir.
— Je te présente Félix, fit fièrement Edgard. Philosophe et poète à ses heures, c’est également notre hôte.
L'autre, qui remonta machinalement une épaisse paire de lunette avec l'index de sa main gauche, ne parut pas surpris par l'attitude exagérément révérencieuse de son ami et adressa un rapide « Salut » à Anna qui lui répondit d'un air amusé.
— Ne fais pas attention au désordre qui règne dans la pièce, tu remarqueras vite que Félix est davantage porté sur la poésie surréaliste que sur l’ordre ménagé, dit Edgard sur le ton de la confidentialité. 
En effet, la pièce principale, à peine éclairée par une ampoule qui pendouillait du plafond, servait à la fois de salon, de chambre, de cuisine et, plus généralement, de débarras : des piles de livres, cahiers, pages remplies d'une écriture nerveuse et autres journaux divers s'étaient formées çà et là. Les convives, deux garçons et une fille, étaient assis à même le sol autour d'une table basse sur laquelle trônait une bouteille de rhum accompagnée de sa cohorte de verres à la propreté très relative.
À peine arrivé, Edgard sortit de sa serviette une deuxième bouteille qui fut accueillie avec beaucoup d'enthousiasme. Il voulut faire les présentations mais, d'un geste de la main, Felix leur intima de s'asseoir – leur arrivée avait interrompu la lecture d'un de ses poèmes et il voulut couper court à toute tentative de discussion qui aurait pris le monopole de l'attention.

La soirée se passa ainsi, chacun à leur tour, les membres de l'assemblée présentèrent des textes de leur composition. Au début, Anna se sentit gênée de ne rien pouvoir proposer mais on convint unanimement qu'elle était leur invitée et, en tant que telle, elle était dispensée de toute « obligation littéraire » – c'était en tout cas les termes qui avaient été utilisés. L'autre fille, Joséphine, une grande brune un peu garçonne, lut des passages d’un roman très sombre dont elle avait entrepris la rédaction quelques mois auparavant. Jean-Baptiste, un beau garçon au regard vif, les cheveux en bataille, déclama en gesticulant un long poème en prose grinçant et audacieux. Théo, plus réservé derrière de petites lunettes rondes, se lança quant à lui dans la lecture de quelques textes, sortes de nouvelles qui laissaient entrevoir une érudition pointilleuse.
Les lectures étaient suivies d'une discussion. Il ne s'agissait pas de juger mais de commenter, argumenter, débattre ; ils avaient dans l’idée de définir leur propre école de pensée, influencés par les théories de Edgard. Quand ce fut à lui de lire des chroniques fraîchement écrites, il se leva et tout le monde écouta presque religieusement celui qui, de toute évidence, s'était imposé comme leur chef de file.
À un moment, alors que les échanges étaient vifs et passionnés, Jean-Baptiste se rapprocha d’Anna :
— Nous n’avons pas l'habitude de voir de nouvelles têtes à nos petites réunions. Est-ce que Edgard t'a parlé de nos ambitions ?
— Pas tellement, il est resté très allusif, répondit Anna. Je crois qu'il avait peur que je me sente mal à l'aise. Tout à l'heure il m'a parlé d’un parent pour qui il a l'air d'avoir beaucoup d'admiration et de cette sorte de royaume…
— Korathamaton, reprit le jeune poète. Quand Edgard nous a parlé de cette histoire, on a pensé que c'était une de ses nouvelles lubies. Puis on s'est mis à se réunir ici, au début de temps en temps et finalement une fois toutes les deux semaines. Rapidement on a compris que tout ça avait une signification, je ne saurais pas te dire laquelle exactement, mais on le sent, il se passe quelque chose. Ça peut paraître stupide de parler d'un royaume ou je ne sais quoi, mais quand nous sommes réunis ici, nous sommes dans notre territoire, à Korathamaton, là où seuls les mots ont réellement de l’importance, là où l'élocution est la seule monnaie d'échange et, comme tu peux le constater, notre cher Edgard a magistralement pris la relève de son ancêtre à la tête de cet idéal parfaitement inutile mais génialement exaltant. 
Au début timide, Anna finit par s'immiscer dans les discussions. L'alcool aidant, elle prit position, croisa de temps en temps le regard admiratif et complice de Edgard. La soirée passa vite et tout le monde se décida à partir au moment où il n'y eut plus de rhum pour remplir les verres désespérément vides.
Edgard et Anna se dirigèrent machinalement vers la bibliothèque marchant d'un pas mal assuré, se tenant l'un l'autre, riant de leur ébriété alors que le piaillement des oiseaux annonçait l'aube. Une fois arrivés, ils s'assirent sur le banc toujours éclairé par le vieux réverbère et restèrent un moment sans parler. Le silence n'avait alors rien de gênant, au contraire, il y avait quelque chose d'apaisant après cette nuit où la parole et les mots avaient été plus que jamais à l’honneur. Il fallait alors un peu de silence pour se dire les choses que parfois les regards ont le don de mieux savoir exprimer. Ils s'embrassèrent là, longuement, avec la maladresse qui incombe aux amours débutants, sans pouvoir deviner que ce premier baiser plein de promesses serait également le dernier.

Toujours assise au bureau face à la fenêtre, Anna a du mal à se concentrer sur la lecture du manuscrit, déconcentrée par les souvenirs qui traversent son esprit. Pourtant le récit est limpide, agréable, une autobiographie intime qui ne manque pas de bifurquer vers des envolées fantasques. Edgar y relate la perte de sa mère dont il ne garde que de vagues souvenirs et la découverte de son royaume perdu à travers des épisodes conflictuels avec son père.
Son nom n’est pas mentionné, mais Anna se reconnaît dans certains passages. Cela la met mal à l’aise ; par pudeur elle voudrait arrêter la lecture, par curiosité elle ne peut s’empêcher de continuer.
Elle a surtout peur de sentir le poids de la culpabilité. Après tout, c'était elle qui n'était pas revenue sur ce banc comme ils se l'étaient juré. Dans une lettre peu inspirée, elle lui avait parlé de cette promesse de bonheur qui était arrivé trop vite, sans prévenir. Et puis la rentrée allait les séparer, elle changeait de ville. Mais ils pouvaient continuer à s'écrire. Le Destin les avait amenés à se rencontrer, on pouvait maintenant lui faire confiance, ce nouvel ami ne pourrait pas les trahir.
Ce fut sans doute sa première grande déception en amitié.
Plus tard, elle imagina le Destin sous l’apparence d'un dieu moqueur, gras et libidineux, les joues exagérément tirées laissant échapper son rire grave du haut de son trône doré, se délectant du désespoir des mortels. Il aurait pu en rester là, faire en sorte que leurs vies se séparent définitivement, que leur histoire ne garde que le doux souvenir des amours éphémères. Hélas, les dieux aiment trop jouer avec les tourments des autres, c'est là leur unique distraction.

Comme promis, ils s'écrivirent ; d'abord tous les mois puis une fois par an avant que, sans raison, ils laissent échapper le lien qui les unissait.
Plusieurs années plus tard, le dieu moqueur souffla une nouvelle fois à l'oreille d'Anna. Par hasard, elle alla à ce festival où Edgard était l'invité d'honneur. C'était peu de temps après la naissance de son premier enfant. Ils recommencèrent à s’écrire régulièrement et leur histoire finit par se fondre en une amitié qui ne put jamais se soustraire aux stigmates d'un amour manqué. Ainsi en avait décidé le Destin.
Est-ce que Edgard aura compris à quel point les dieux s'étaient joués d'eux ? Il savait de quoi ces esprits malicieux sont capables pour tuer l'ennuie de l’éternité. Mais aura-t-il compris que leur histoire était écrite d'avance ? Qu'ils n'y pouvaient rien ? Après tout, les simples mortels ne changent pas les règles de la tragédie, c'est ainsi. Ils n'avaient fait que suivre le rôle qu'on leur avait attribué. Rien de plus.

Anna a peur mais le récit de Edgard ne cède pas aux reproches. Au contraire, il dégage un optimisme émouvant, une gaieté juvénile derrière laquelle il avait l’habitude de se réfugier, souverain affable dans son pays merveilleux.
Pourtant, à la lecture du manuscrit elle découvre les années d'errance, cette période durant laquelle ils s'étaient perdus de vue. Avant de connaître le succès, Edgard s'était fait incendier par la critique, pas assez moderne pour certains, trop attaché aux schémas classiques pour d'autres, en d'autres termes bien trop ringard pour une époque qui attendait des expériences littéraires plus ambitieuses. Quasiment sans ressources, il s’était finalement retrouvé impliqué dans une histoire de trafic d'œuvres d'art et avait fait plusieurs mois de prison.
Il en avait tiré son premier succès et, au bout de quelques années, il put réaliser son rêve : racheter ce fameux appartement en face de la bibliothèque.
Malheureusement, les comptes rendus de son ancêtre n'y étaient plus. Edgard se retrouvait souverain d'un royaume perdu qui ne subsisterait que dans ses souvenirs. C'est à ce moment qu'il entreprit de rédiger son dernier livre.
Il y raconte que, presque tous les jours, il allait s'asseoir sur le banc sous le réverbère, lisant ou observant les changements de tons dans le ciel en fin de journée. Il restait là, parfois quelques minutes, parfois plusieurs heures, gardant secrètement en mémoire ce jour où le Destin semblait lui avoir fait tant de promesses.

Contenant ses émotions, Anna termine le manuscrit en voyant apparaître les premières lueurs de l’aube. Elle ne pensait pas en être capable, mais elle est allée jusqu'au bout. Elle l'avait promis.

Le grand réverbère s’est éteint, les premières lueurs du jour mettent fin à son travail, une journée de repos bien méritée avant de reprendre du service. Le banc, lui, pliera une journée de plus sous le poids des passants.
Et progressivement, la ville s’éveille.
Par la fenêtre, Anna observe le cercueil de bois vernis que l’on pose dans le corbillard garé devant l’entrée de l’immeuble. Il est tôt mais beaucoup de monde est là. Quelques étudiants curieux, des amis, des connaissances, sont en rang de part et d’autre du cortège funéraire, le réverbère semble plus courbé que jamais, comme une dernière révérence faite solennellement à son souverain.
Elle relit la dernière page du manuscrit en repensant à la lettre. Comme elle s’en doutait, il n’y avait rien à ajouter. Ou presque rien.
« Je te demande d’être particulièrement attentive à la fin. Tu sais que je ne peux me résigner à mettre un point final. En fait, je ne sais pas comment cela finit, il n’y a que toi qui puisses savoir. »
Anna prend un stylo et écrit d’une traite. Elle décrit la scène qu’elle voit par la fenêtre, le réverbère, le banc, la rue et le cortège autour. Elle s’imagine posant délicatement une rose rouge sur le cercueil avant qu’il ne disparaisse dans son écrin de marbre. Et il faut finir.
Lui vient alors une formule simple, celle que l’on réserve aux grandes épopées :

Ainsi s’en est allé le dernier roi de Korathamaton.

PRIX

Image de Été 2019
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Samia.mbodong · il y a
Une écriture qui nous emporte dans ces flâneries, poésies, romantiques et mélancoliques.
Difficile de se résigner à mettre un point final.
Bravo et merci je soutiens.

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Bringel Mason · il y a
Merci Marcello pour cette histoire que j'ai lue avec la curiosité d'en connaître la fin. Cependant, je trouvais que les dialogues avaient des phrases trop longues pour être représentatives d'un vrai dialogue. Après tout, ce n'est que mon avis.
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Keith Simmonds · il y a
Mes voix pour cette œuvre superbe écrite avec tant de passion et d'émotion, Marcello !
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Marcello C. Jones · il y a
Merci beaucoup Keith!
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Beline · il y a
C'est vraiment un beau texte, poétique, touchant. J'ai beaucoup aimé cette histoire d'amour manqué, d'amitié littéraire ou on devine petit à petit la vie du héros. Merci pour cette belle histoire
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Marcello C. Jones · il y a
Merci Beline, votre commentaire me touche beaucoup.
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Aurélien Azam · il y a
ce texte affiche une ambiance sympathique qui m'a embarqué, entre rêveries et idéalisme, à la manière du cercle des poètes disparus. Ça m'a rappelé des souvenirs. :)
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Marcello C. Jones · il y a
Merci Aurélien pour votre commentaire.
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