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LE DERNIER PROPHÈTE

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Toute histoire commence un jour, quelque part,Ali est né et trente ans plus tard, il s’éveilla à la vérité profonde de sa vie. Il fît le constat de la grande injustice qui régnait en ce monde et de la grande souffrance que cette injustice provoquait chez les gens. Sa mission était claire et nette. Il faut sauver le monde. Pour se faire Ali se retira des hommes, se priva de sexe, de nourriture et d’eau. Il vécut dans le dénuement total pour sauver les hommes. Selon lui : pour sauver les hommes, il faut être plus qu’un homme. Pour être plus qu’un homme, il faut donc mortifier la plus grande faiblesse de l’homme : son corps. Ainsi, il fut subit à son corps toute sorte d’épreuve et d’ascèse.
Ce qui avait de la valeur à ses yeux c’était son esprit. C’est pourquoi il médita pendant dix ans loin des humains et proche des animaux et des végétaux. Àla fin de la dixième année Ali s’éveilla une seconde fois à sa mission profonde. Celui de sauver le monde. Il jugea avoir acquis la sagesse nécessaire pour la transformation du monde. Il reprit le chemin des hommes pour leur enseigner sa grande sagesse.
Arrivé parmi les hommes, il alla s’installer à la place publique et enseigna :
« Le monde est mauvais et les hommes sont faux. Le monde est mauvais et les hommes souffrent. Je suis celui-là même qui s’éveilla à la vérité profonde de ce monde. Je suis la vérité profonde du monde. Suivez-moi et le monde sera sauvé. Suivez-moi et le mal quittera ce monde.»

« Je suis le guide ! Je suis la lumière ! Je suis la vérité ! Je suis venu pour extirper des bonnes graines les mauvaises. Je suis venu pour l’ordre et la justice car je suis l’ordre et la justice.»

« Je tranche comme une lame et j’apaise comme la mort. La vérité de ce monde se trouve dans mes mains. Venez que je vous guide ! Venez que je vous bénisse ! »

« Le monde des hommes est celui du mélange de l’or et du gravier. L’or dans cette condition perd sa pureté et est souillé. Le gravier s’autorise la parole en présence de l’or ! Abomination ! Abomination ! Tu es gravier et tu resteras gravier ! Tu es esclave et tu resteras esclave. L’eau pure se doit-être pure. La vérité doit-être écartée du mensonge. Je vous le dit, la paix règnera dès qu’il aura deux mondes : un monde du bien et un monde du mal. Il le faut ! »

« Que le paradis commence sur terre ! N’attendons pas le ciel pour nous présenter l’enfer ou le paradis. Divisons le monde et écartons les méchants. Ils sont méchants parce qu’ils font le mal. Et, le mal est contagieux. Débarrassons-nous de cette maladie ! Débarrassons-nous de ces démons ! Débarrassons nous des impures ! Ainsi nous seront pures. »

« L’ère de la maturité de notre monde a sonné. Il faut savoir et pouvoir prendre de grandes décisions. Oh toi guide du peuple, laisse-moi te guider. Oh toi espoir des sans voix, laisse-moi être ton espoir ! Oh toi boussole, laisse-moi t’orienter ! Car je suis le promoteur de l’ordre. »
« Là-bas, loin des hommes, j’ai appris à écouter le silence. Là-bas, prêts des animaux, j’ai connu la loi. Là-bas, proche des végétaux, j’ai vécu la paix. Là-bas, je me suis éveillé à un monde sans le mal. Alors je suis combattant du bien et ennemi du mal. Alors, que tous les faiseurs de maux quittent la ville pour se créer une nouvelle ville ! Que tous les méchants quittent le pays pour un nouveau pays ! Que tous les injustes quittent le monde pour un autre monde ! J’extirperai le bien du mal. Que les bonnes personnes demeurent en ce monde ! Que règne la vérité, la justice et le bien en ce monde ! »Ainsi parla Ali.
Personne ne l’écouta et Ali alla méditer dans les bois. Pendant trois jours et trois nuits Ali médita. Au bout de la troisième nuit, un être étrange avec des grandes ailes lui apparut :
« Je suis Bodgattaga, l’ange des prophètes. Je rends effectif la prophétie et la vision des prophètes. Tu es prophète et visionnaire alors je me présente à toi. Quels sont tes désirs ? Quelles est ta visions du monde ? Que veux-tu que je fasse pour toi ? Je suis capable de réaliser tous tes vœux mais sache que je ne suis pas capable de remonter le temps. Une action posée par moi reste éternellement posée. Ainsi parla Bodgattaga. »

« Ô être divin de nature supérieure ! Ô grande sagesse ! Moi si faible en face de toi, je peine à conduire mon peuple. Les hommes sont devenus sourd à la vérité de la vie. Les méchants côtoient les gentils, les justes et les injustes font chemin ensemble, le mal et le bien s’entrelace. À cette allure toute l’humanité risque de tomber dans l’abime obscur du mal. Je désire sauver le monde. Mon vœu c’est que le mal disparaisse de la terre. Je souhaite, Ô être divin de nature supérieur, que le monde soit divisé en deux monde. Je souhaite qu’il y ait le monde du bien et le monde du mal. Que les habitants du monde du mal ne puisse jamais pénétrer et avoir accès au monde du bien et vice-versa. Tel est ma vision du monde, un monde des justes et un monde des injustes. »

« Que ton vœu se réalise mais Ali, tu seras l’unique personne à avoir accès aux deux mondes! »
L’ange disparu et un grand vent se mit à souffler. Il souffla si fort qu’il projeta les bêtes de la forêt d’un lieu à un autre. Il souffla encore plus fort qu’il déterra les plantes pour les replanter d’un lieu à un autre. Il souffla tellement fort qu’il emportait les hommes d’un endroit à un autre. Quand le vent cessa de souffler tous les êtres se retrouvaient prise de panique : c’était les nouveaux mondes.

Le grand vent avait projeté Ali à des milliers de kilomètre de sa forêt. Il se retrouva couché prêt d’un puit dans un endroit reculé. Là, assoiffé, il voulut puiser de l’eau dans le puit mais il fut soudainement aspiré au fond du puit pour ensuite se retrouver dans un autre endroit, toujours au bord du même puit. Il recommença son action et fut encore aspiré pour se retrouver à sa position initiale. Ali comprit que c’était là le chemin d’accès aux deux mondes. Ainsi, Ali commença sa visite des deux mondes.
Le prophète débuta sa quête dans le pays du bien. Très fier d’être à l’origine de cette dichotomie du monde, Il entra en chantant dans le pays où règne la vérité, la justice et le bien. Il alla sur la place publique, traversa le marché, visita des domiciles, côtoya les rues, visita le royaume et fut même reçu par le roi. Après trois jours et trois nuits de visite au pays du bien, le prophète était moins enthousiaste. Il semblait être déçu par ce qu’il avait vu dans le pays.
Calme et pensif, il se dirigea vers le second monde pour vérifier ce qui s’y passait. Là-bas, Ali visita le pays, alla sur la place publique, traversa le marché, visita les rues, visita le royaume et fut même introduit chez le roi. Après trois jours et trois nuits au pays du mal, le prophète, malheureux, s’en fuit pour s’installer au bord du puit. Le puit de la transition, le puit du juste milieu, le puit du passage d’un monde à l’autre. Etant tout seul, Ali parla :
« Le monde était mal fait. Un seul monde où le bien et le mal se côtoyaient me répugnait. J’ai trouvé le monde faux. J’ai voulu un monde plus juste.J’ai rêvé d’un monde séparé du mal et d’un monde devant punir les méchants. Que je suis malheureux aujourd’hui ! Je me croyais sage, j’étais fou ! Je me croyais prophète, j’étais un misérable ! Ignorant, je l’étais ! Ma folie m’a conduit à la séparation des valeurs et du monde. »

« J’ai visité le pays du bien. Dans ce monde il n’y avait ni plaisir, ni projet. Les habitants de ce pays vivaient une vie de sainteté où l’optimisme béant conduisait leurs inactions. Ils ne posaient aucune action concrète. Ils étaient justes, bons, et bienveillants. Trop juste, trop bon et trop bienveillant.L’absence du mal, l’absence de l’injustice, l’absence de la méchanceté faisaient de ce monde, un monde fade. La vie dans le pays du bien était monotone et sans avenir. Cette vie n’était pas faite pour les humains. Elle ressemblait à un monde d’ange. Un monde dépourvu du mal n’a aucun sens. »

« J’ai visité le monde du mal, le monde des méchants, le monde de l’injustice. Là-bas, tout était au rouge. Rien ne donnait l’envie de vivre dans ce pays. Tout était mal fait et tout conduisait au mal. Les populations souffraient de maladie atroce, La guerre déchirait les peuples, la corruption, la paresse et autres maux régnaient en ce lieu. Là-bas aussi il n’y avait ni projet ni plaisir de vivre. En l’absence du bien le mal était fait pour le mal. En l’absence de la justice aucun modèle de justice ne pouvait interpeler l’action des injustes. C’était un monde hideux et laid que j’ai visité. Ce monde n’était pas fait pour les humains.C’est un monde pour le diable. »

« Aujourd’hui je comprends la grande vérité de la vie. Aujourd’hui, je sais ce que c’est que la sagesse. Aujourd’hui je suis sage. Le monde ne doit ni être celui des justes ni être celui des injustes. Le monde a besoin d’équilibre. Les deux mondes en un seul participent de cet équilibre. La vérité c’est que le mal stimule le bien. C’est la souffrance qui pousse les humains à faire des efforts. Le bien à côte du mal permet de corriger et d’améliorer la vie. Être Homme c’est être entre la perfection et l’imperfection. Quiconque considère l’être humain comme un diable est aussi fou que celui qui le considère comme un ange... »
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Felix CULPA · il y a
Je suis heureux d'être le premier à découvrir votre talent et vous soutenir ! La sagesse n'est plus de ce monde, mais elle reniât de votre plume !
Je m'abonne et je soutiens vos oeuvres. Merci de voter pour mon texte en compétition https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/les-droits-de-lame

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