Le crime parfait

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Il arrive à tout le monde d'avoir une idée meurtrière envers un voisin, un membre de la famille ou un collègue de travail. Le cerveau travaille alors avec l'énergie de la colère, de façon consciente et inconsciente, à trouver le moyen de réaliser ce sinistre projet sans se faire prendre. Ça arrive à bien des gens, mais peu passent à l'acte pour diverses raisons. Mais pour ceux dont l'idée devient une obsession quotidienne, il existe plusieurs façons pour eux d’y parvenir. Il est facile de penser: pas de corps, pas de crime. On nourrit un alligator avec sa victime ou on l’incinère pour jeter ses cendres à la mer. Mais qui élève un gros lézard dans son bain? Ou possède un incinérateur entre son réfrigérateur et son poêle? Une autre possibilité est de croiser une personne totalement inconnue qui cherche aussi à commettre un meurtre. «Tu me débarrasses de l’épine dans mon pied et je m’occupe de la tienne». Donc, aucun motif des deux côtés avec des alibis coulés dans le béton. Résultat: deux crimes parfaits. Mais il y a mieux. Beaucoup mieux. Voici cette histoire:

Le manoir De Vaudreville se trouve érigé au 44 rue de l'Orage depuis deux-cent-treize ans. Dix générations de De Vaudreville y ont vécu. Chacun a laissé sa marque dans le village environnant comme bâtisseur. La richesse de cette famille semble démesurée, mais surtout enviée. Plusieurs pourraient être poussés jusqu’à l’assassinat pour la posséder.

Il y a plus de trois générations, le nom De Vaudreville était associé à la générosité et la bonté. Ils aimaient tourner le dos à la grande classe. De grandes soirées se déroulaient au manoir où on invitait les villageois. On y célébrait aussi des bals de finissants des écoles environnantes. Des donations en argent étaient versées régulièrement aux hôpitaux et aux orphelinats. La famille richissime investissait aussi dans plusieurs projets de commerces. Ils se mêlaient à la population, buvaient dans les bars, allaient au cinéma, bref, ils étaient comme les cousins riches qui visitent de temps en temps. Hélas, ce sont des histoires du passé, et, malheureusement, oubliées. L'avarice a rongé cette famille auparavant noble et l'égoïsme l'a étranglée.

Aujourd’hui, la mention De Vaudreville équivaut à dépravation, corruption et criminalité. Maintenant, on crache sur leurs dons (après les avoir acceptés avec un sourire). Ils ne sortent plus au village de peur d'être hué par les habitants. Une rumeur court comme quoi deux petites filles auraient été violées par l’héritier De Vaudreville. Un chèque de 7 chiffres aurait fait taire l’affaire. Un autre potin, assez crédible, raconte que la matriarche par alliance aurait tué un fermier et ses jeunes enfants lorsqu’elle conduisait en état d’ébriété. Il est facile de contrôler l’information quand le journal local nous appartient, mais aucune force naturelle ne peut taire les rumeurs. Quant à la fille, c’est sexe, drogue et rock & roll. Le feu brûlerait l’argent moins rapidement qu’elle et ses « amis ». Le père n’échappe pas aux mauvaises langues. Son argent serait en partie investi dans la vente d’armes aux rebelles de divers pays, car les gouvernements « légitimes » paient deux fois moins cher. La nouvelle a paru dans le New York Times, mais a été démentie par la suite. Une mauvaise réputation engendre du mépris, de la colère et des ennemis.

Dans le salon principal de la résidence aux cent-douze chambres, on y admire les peintures des aïeux De Vaudreville. Tout le mobilier, les rideaux et les tapis proviennent du temps de la Renaissance. Une statue du David de Michel-Ange (d'un mètre de haut) figure dans un coin. Le goût pour les antiquités a traversé les générations accompagné par l'odeur du cigare du salon qui y règne en roi. La vue y est superbe en direction du terrain de golf privé. C’est la pièce favorite du père. Il a juré, un jour, que ce serait le meilleur endroit au monde pour mourir.

Hélas, son souhait a été exaucé. Georges De Vaudreville a cessé de respirer sous les yeux figés de ses ancêtres encadrés.

Un appel, et la police envahit la résidence tel un morceau de sucre attirant les fourmis. Tous les détails du lieu du crime sont inspectés et photographiés. Le trou dans la tempe droite de Georges ainsi que le révolver à ses côtés confirment la cause de sa mort. Les efforts de faire croire à un suicide ont été vains. Un bleu aurait découvert la supercherie en un coup d'oeil. L’absence de poudre noire sur l’index de la victime et la position du corps indiquent une seule conclusion: un homicide.

L'inspecteur Beaudet est reconnu comme un homme droit et intègre. Il n'a pas hésité à dénoncer deux de ses agents pour avoir accepté des pots-de-vin. Né à quatre-cents milles d’ici et descendant de trois générations de policiers, sa vocation était établie avant sa naissance. Gradué avec palmes à l’académie, son transfert dans ce patelin après vingt-cinq ans à New York, plus deux comme inspecteur à Boston, devait être des vacances. Loin des crimes crapuleux de la grande ville, il cherchait une fin de carrière aisée pour mieux profiter de ses dernières années avant sa retraite. Vive la routine des billets d'excès de vitesse et de rapports de broutilles entre voisins! À son arrivée, il ignorait tout de la «notoriété» des De Vaudreville. Très tôt, on le parfuma des rumeurs au sujet de cette famille de riches. Depuis, son cœur de flic de la grande ville était en continuelle quête d'une preuve ou d'un témoin de toutes infractions mineures pour invoquer un mandat d’arrestation afin de traduire ces criminels, de la haute société, en justice.

La récente veuve est la première suspecte. Évidemment, puisqu’elle hérite de presque tout: du manoir, des actions en bourse, les usines d'armes, des habitations en Floride, à Malibu à Monaco. Pour les enfants, il ne reste que quelques miettes selon le notaire qui parle trop après trois verres. Avant d'être '' invité '' dans cette famille, l'avenir de la future dame De Vaudreville était sombre. Son père l'a forcée à abandonner l'école à 14 ans pour travailler comme serveuse dans un restaurant minable. Jusqu’au jour où elle tomba dans l’œil de Georges. Elle avait vingt-et-un ans et lui trente-cinq. Était-ce l’amour ou l’argent qui les a unis? Le fait d’avoir signé un contrat prénuptial expliquerait-il tout? Peut-être ou peut-être pas. Un cocktail de solitude et d’ennui l’a poussée vers la bouteille. Elle devait élever les jeunes De Vaudreville dont la mère est décédée naturellement, deux ans plus tôt. Saoule du matin au soir, elle pouvait à peine sortir de son lit. Si elle y arrivait, elle passait sa journée à regarder la télé. La belle-mère abandonna donc l’éducation des enfants à des nounous. Ses yeux étaient fermés aux nombreuses infidélités de son mari avec la bonne et d'autres femmes. En riposte à cette insulte, la dame s'est trouvé un amant: leur banquier. Le mari cocu venait de découvrir ce secret et lança une menace de divorce. Motif: la cupidité. Son alibi, elle faisait une sieste « seule » dans sa chambre située au troisième étage quand le coup de feu l'a réveillé.

Le fils De Vaudreville a été exclu de plusieurs écoles. Tout son temps était utilisé à faire la fête. Ce bon à rien entraînait ses amis dans la déchéance. Ses absences répétées à ses cours lui ont causé des échecs à ses examens. Incapable de contrôler le résultat de sa semence, le géniteur a soudoyé un directeur pour que son rejeton acquière un diplôme universitaire. L’unique intérêt du jeune était la dépravation. Le garçon utilisait l'argent du paternel pour organiser ses orgies au collège et parfois au manoir avec la bonne et plusieurs serviteurs. Il prenait goût à défier et enrager son père tous les jours et reçut en retour des menaces d’être radié du testament sans les arrêts immédiats de ces folies. Est-ce que ce chantage lui aurait fait commettre un patricide? Motif: vengeance. Alibi: il testait sa nouvelle Ferrari rouge au moment du crime.

La petite De Vaudreville n’a rien à envier à son grand frère. Rapidement, le paradis de la drogue l’engouffra. Toujours plus « high » était sa devise. À trois reprises la mort vint la visiter (en raison de surdoses), mais repartit les mains vides. Son groupe d’amis, peu recommandable, était gâté par sa générosité et ils firent, avec elle, la fête tout le long d'un voyage autour du monde l'an dernier. Rien ne leur était interdit. Récemment, ces « amis » ont reçu l’interdiction de venir au manoir. Est-ce que ces derniers l’auraient poussé au meurtre? Motif: peur. Alibi: elle était à la bibliothèque, au jardin et à la cuisine selon les différentes versions des policiers. En vérité, le taux de toxicité dans son corps état trop élevé pour se souvenir du lieu exact ou ce qu'elle faisait. Si elle a tué son père, elle l'a oublié.

Depuis qu'il a mis les pieds sur le lieu du crime, Beaudet sent que sa bataille silencieuse envers la famille De Vaudreville se conclura bientôt. Sa satisfaction d'être proche de son but est quasi aphrodisiaque. À quelques occasions dans le passé, il fût à deux doigts d'épingler le fils, mais les témoins de ces actes criminels étaient trop craintifs pour témoigner. Cette fois, son instinct de flic lui dit que le résultat sera différent.

L’amant-banquier de Madame est un joueur invétéré de course de chevaux. Criblé de dettes de montants faisant envier les pays en voie de développement, il volait à même le compte de banque de cette riche famille, pour couvrir les pertes de ses paris. Il était une vraie sangsue à argent. Au tout début, c'était de petites quantités pour passer inaperçu jusqu’à tout récemment où il avait quintuplé les retraits quotidiens. Monsieur De Vaudreville venait de découvrir ces transactions douteuses en plus de l’infidélité de son épouse. En vérité, ces deux événements se sont déroulés la même journée la semaine dernière. Aurait-il commis le crime pour éviter la perte de son emploi et l’humiliation devant sa femme et ses enfants? Manigança-t-il ce terrible projet avec son amante? Ou pire, aurait-il été manipulé par elle? Motif: cupidité. Alibi: au moment du crime, il discutait de la pluie et du beau temps avec madame dans le jardin.

Le nom de la bonne est revenu souvent lors des interrogatoires. Elle fait presque partie de la famille, puisqu'elle est descendante de plusieurs générations de serviteurs. Un de ses ancêtres est peut-être un De Vaudreville. Rumeur vraie ou fausse, toutes preuves auraient été supprimées pour échapper au scandale. À l'exception d'une lettre de sa grand-mère qu'elle a trouvée récemment. Sans aucune pudeur et trop bavarde, son admission d’être l’amante des quatre De Vaudreville et sa participation aux orgies du manoir ont fait rougir les enquêteurs. Il y a six mois, elle tomba enceinte, et Georges l’a convaincue d’avorter. Plus tard, ce geste fut regretté amèrement et son dédain pour le père grandissait dans son coeur. Motif: haine. Alibi: elle faisait un ménage à trois avec les deux jeunes quand le patriarche a été assassiné. C'est le travail d'une bonne de faire le ménage, non?

Tous les employés demeurent fidèles aux membres survivants de la famille. Un peu trop même. Plusieurs d'entre eux jurent avoir vu les principaux suspects à différents endroits.

Après s'être fait gaver une soupe de mensonges, de confidences, de secrets intimes et de contradictions, l’inspecteur Beaudet se tourne vers les faits de la scène du crime. Selon sa théorie, l’assassin aurait pénétré dans la pièce tout naturellement, déposé le révolver sur la tempe de Georges, qui lisait le New York Times, et tiré. Aucun signe de bagarre. La victime s’était assoupie ou bien connaissait l’agresseur pour l’avoir laissé approcher si près. Puis, le tueur a délicatement posé l'arme dans la main droite de De Vaudreville.

L’arme : un « hk usp 45 », appartient légalement à Georges qui craignait pour sa vie depuis qu'il a reçu des menaces de mort il y a une semaine. Quand M. De Vaudreville ne le portait pas, le révolver était remisé dans un tiroir du bureau au premier étage selon la veuve. La famille et les serviteurs étaient au courant de son existence, mais seule sa femme connaissait son endroit secret. Curieusement, le tueur possédait une confiance déconcertante. Il n'a pas eu peur qu'on entende le coup de feu. Les fragments, autour de la plaie, montrent clairement qu’aucun oreiller n’a été utilisé pour amoindrir le son. Le salon n’ayant pas de porte, le bruit a été entendu jusqu'au jardin et par au moins la moitié des dix serviteurs ou d’un membre de la famille. De plus, il aurait pu jeter l'arme et s'enfuir. Il savait que tout le monde s'empresserait de venir ici. Mais il a pris soin de créer la mise en scène d'un suicide pour éviter une enquête sur un meurtre.

Aucun étranger n’est entré ou sorti du manoir cet après-midi-là selon les témoignages des deux chauffeurs privés. Aucune effraction n’a été découverte. De plus, le meurtrier savait où Georges cachait son arme. Tous ces indices mènent à une conclusion inévitable: l’assassin fait partie de l’entourage des De Vaudreville. Et résoudre la question de Beaudet: « à qui profite le crime? » donne toujours le nom du coupable.

La première théorie de l'inspecteur invoque que seule la future veuve aurait pu assassiner son conjoint puisqu'elle était la seule à savoir où se trouvait l'arme. De plus, elle savait exactement où chaque occupant se situait à ce moment pour ne pas se faire prendre. La seconde implique un complot entre le banquier et l'épouse éplorée de commettre le meurtre, mais leurs alibis diffèrent pour une raison étrange. Par contre, la date des menaces de mort correspond avec la découverte de l'infidélité de Madame. De son côté, sur un coup de rage provenant de multiples conflits avec son paternel, le fils aurait pu fouiller la chambre de ses parents et trouver l'arme pour ensuite attendre le bon moment pour passer à l'acte. La mère aurait pu convaincre la fille au meurtre en lui fournissant l'arme. Elle se serait (ou aurait été) droguée pour avoir le courage de tuer son propre père! Finalement, en faisant le ménage, la bonne aurait pu trouver l'arme par hasard et sa colère auraient monté jusqu'au point de tuer pour sa vengeance personnelle et le bien de tout le monde.

Selon Beaudet, les Moriarty de ce monde sont rares. La majorité des meurtriers proviennent de milieux pauvres et ont reçu peu d’instructions. Ils laissent des traces derrière eux tels des petits poucets. Ceux, dont la carrière ne porte pas au crime et que le meurtre soit un geste spontané ou même prémédité, produisent des erreurs d’inexpérience. Dans ce cas-ci, l’assurance de berner la police vers un suicide a mené l’auteur du crime à être nonchalant. Une empreinte digitale fraîche a été laissée sur le 45. La police a comparé l’empreinte avec celles de tous habitants du manoir ainsi qu’à la centrale informatique criminelle du pays. L’ordinateur a identifié l’individu dans une probabilité de 97%. La personne coupable va bientôt être appréhendée. Beaudet est surpris d’être en mesure de conclure cette affaire si tôt.

Qui de ces suspects a perpétré le crime des crimes? Le fils? La fille? L’épouse? L’amant? La bonne? Avez-vous noté tous les indices? Êtes-vous certain(e) d'avoir découvert le coupable? Pourtant, l'inspecteur a fait une grande erreur. La vraie question à se poser n'est pas celle de Beaudet. C'est plutôt celle-ci: comment sais-je tous ces détails sur cette famille? On cogne. Après un avertissement, deux policiers défoncent ma porte le fusil au poing. Ils me mettent les menottes aux poignets tout en me lisant mes droits et en m’accusant du meurtre de Mr Georges De Vaudreville.

Après quinze ans de prison, pour avoir assassiné trois personnes (elles le méritaient), j'étais paumé. Malgré tout, j’ai fui mon ancienne vie et cherché à la refaire sur le bon chemin. Ça m'a mené dans ce bled perdu. En utilisant l'identité d'une autre personne, j’ai été engagé comme cuisinier chez les De Vaudreville. Là, je roulais bien ma bosse. J’avais en bonus une relation intime avec la bonne qui me dévoilait plusieurs secrets de famille. Tout comme la mère quand elle venait vider la cave à vin près de la cuisine. Éventuellement, un petit malin a découvert sur Internet ma photo, mon vrai nom et mon passé peu glorieux. Les rumeurs ont atteint toutes les oreilles du village ainsi que celles du manoir. La réaction a été stupéfiante. Après une réunion secrète, les villageois m’ont offert de l’argent pour éliminer mon employeur. Durant les jours suivants, l’épouse, la fille, le fils et même l’amant m’ont aussi payé pour occire ce bon vieux Georges. C'est marrant parce que chacun d'eux est venu l'un après l'autre dans ma chambre pour la même demande accompagnée d'une liasse de billets. En vérité, le seul délit du patriarche était son désir de rapatrier la réputation de noblesse des De Vandreville. Ce qui dérangeait la « qualité » de vie des conspirateurs. Ce niveau d'égoïsme m’a dégoûté. Alors j'ai tué Georges pour le soulager de la déchéance familiale.

J'ai tout avoué à Beaudet. Un serviteur est venu m'avertir que le père De Vaudreville faisait une sieste dans son fauteuil favori. L’occasion était parfaite pour aller chercher son 45 à l'endroit que sa femme m'a dévoilé. Appuyer sur la gâchette a été simple. Tout le monde était au courant du meurtre à venir. Le bruit de la balle a simplement annoncé l’exécution inévitable. Pour la réussite du projet (le mien, pas le leur), j'ai laissé une empreinte sur l’arme de façon délibérée.

Mon interrogatoire a extirpé les noms de ceux qui ont commandé l’assassinat au grand plaisir de Beaudet. Son sourire a été mon plus beau souvenir de cet événement. Mes aveux ont permis de réduire ma peine en prison et de condamner les trois membres de la famille et l’amant de madame. Par contre, on ne pouvait pas arrêter tout un village.

Le crime parfait a donc été commis. Parfait pour le village qui n’endurera plus les frasques, sans conséquence, des De Vaudreville. Parfait pour la retraite tranquille de Beaudet. Parfait pour la veuve qui cessa de boire en tôle. Parfait pour les orphelins de père De Vaudreville qui ont beaucoup de temps pour réfléchir sur leurs « modes » de vie en prison ainsi que sur leurs fréquentations. Parfait pour la bonne qui hérita de la richesse des De Vaudreville en raison de la lettre de sa grand-mère. Parfait pour la femme de l'amant-banquier qui a demandé le divorce et gagné beaucoup d'argent. Parfait pour une seconde sortie de prison pour moi avec, cette fois, beaucoup, beaucoup d’argent en poche.
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