Le coeur des Mojaves

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C'est pas simple d'écrire une biographie, donc je vais la jouer facile et mettre une citation que j'ai trouvé en tapant "citation livre" sur internet : "Quand je vois tout ce qui me reste à lire  [+]

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Désert des Mojaves, 1858

Le soleil irradiait la terre rocailleuse qui s'étendait sans fin devant le cavalier. La chaleur étouffante avait même eu raison des quelques plantes qui courageusement avaient réussi à s'adapter à ce rude climat.
Les yeux couverts par son chapeau et semblant endormi sur sa monture, Lester Steele s'avançait toujours plus loin dans ce désert en un endroit que nul n'avait encore cartographié. Chercheur d'or aguerri, il avait fait fortune avec la première vague de prospecteurs qui avaient creusé de fond en comble la Californie. Et comme on extrait la moelle des os, il avait extrait la fortune de la terre.
Mais ce sol qui semblait être un filon sans fin s'asséchait. Les plus grosses pépites avaient été extraites et tels des vers passant d'un squelette à une nouvelle carcasse, les prospecteurs s'attaquaient à des territoires plus lointains et plus riches.
Cependant, le retour d'Henry Folsom quelques jours plus tôt allait créer la vague de prospecteurs la plus importante que la Californie n'ait jamais vue.
Un convoi postal l'avait trouvé gisant sur la route et ramené à Judas Tree, la ville la plus proche.
Le corps brûlé par le soleil, aveugle et presque incapable de parler, il tenait contre lui la plus grosse pépite que la Californie avait daigné accorder à un homme. Mourant, il avait trouvé la force de dire là où il avait découvert son trésor. Au cœur des Mojaves se tiendrait comme une forêt de plateaux de pierres rouges, et en son centre le plus grand serait creux et contiendrait de l'eau et de l'or à même le sol. En se redressant une dernière fois et saisissant le col du médecin, il avait éructé : « Le fantôme des Mojaves » avant de s'effondrer sur son lit. Ce dernier effort lui coûta la vie.
Lester Steele se trouvait alors à Judas Tree afin de préparer sa retraite. Il avait trouvé bien assez d'or pour un homme et il n'avait pas d'intérêt pour la folle course à la richesse qui s'étendait plus avant. Mais la mort d'Henry Folsom vint bouleverser ses plans. Il était l'homme qui, il y a dix ans, lui avait tout appris sur le précieux métal et sa recherche. De vingt ans son aîné, il lui avait servi de modèle et sa mort le touchait comme celle d'un père.
Ce ne fut donc pas l'avidité, mais le désir de venger son mentor qui le poussa à tout tenter pour vaincre le cœur des Mojaves et lui arracher son trésor.
Mais il n'était pas le seul à avoir pris connaissance des derniers mots du prospecteur. Ainsi à l'oasis de Mara, dernier point d'eau avant l'inconnu des Mojaves, il avait croisé des chercheurs d'or à la réputation hors pair qui, comme lui, comptaient vaincre le désert. Cette dernière conquête prit alors pour Lester l'apparence d'une course-poursuite dont seul le premier arrivé tirerait profit. Face à lui, Joseph Kinman, un homme taciturne toujours couvert d'un chapeau noir et à la sinistre réputation, ainsi que les frères Thomas et John Hillman, deux gaillards aux visages burinés par le soleil et qui connaissaient mieux que quiconque la vie dans le désert. Et au-delà de ces trois rivaux, c'étaient tous les chercheurs d'or d'Amérique qui bientôt se lanceraient dans l'aventure. L'histoire d'Henry Folsom se répandait déjà à travers le pays et à chaque ville passée la rumeur accorderait une once de plus à la pépite.
C'est conscients de cette adversité que les quatre hommes avaient partagé un verre à la lumière du feu et s'étaient souhaité le « bonne chance » le moins honnête qui ait résonné sur cette terre.
Lester était parti alors que le soleil n'était pas encore levé en n'accordant qu'un bref regard aux tentes de ses rivaux. Six jours s'étaient écoulés depuis son départ, six jours qu'il avançait courageusement dans ce désert. Il voyait chaque mile parcouru comme un ticket de loterie, et il y aurait bien un gagnant. La chaleur grandissante ne le ralentissait pas. Habitué aux conditions extrêmes, il n'était inquiet qu'à cause de ses rivaux. En effet, les nombreuses rumeurs qui couraient sur cet endroit le faisaient sourire. Les récits les plus fous se partageaient tard dans les saloons à propos de cet endroit abandonné de Dieu : disparition d'une troupe entière de cavaleries, plantations du cactus qui rendent fous des Indiens Shoshones, et surtout le domaine du fantôme des Mojaves. Ces racontars n'étaient là que pour effrayer les aventuriers les plus inexpérimentés. Que Folsom ait évoqué le spectre était dû à son corps et à son esprit mourants, non pas une parole éclairée de lucidité et de calme. Quant aux disparitions au sein de ce désert, que des prospecteurs débutants s'égarent et n'en ressortent jamais ne l'étonnait guère.
Mangeant sur sa selle, il n'arrêta sa course qu'une fois le soleil couché. Profitant de la soudaine fraîcheur pour se monter un bivouac, Lester appréciait chacun de ces instants. C'était sa dernière expédition, celle qu'il n'avait pas prévue. Et c'est en souriant qu'il alluma son feu.
Après un repas simple, mais chaud, et s'être occupé de sa monture, Lester confirma ses impressions du matin : il allait bientôt devoir rebrousser chemin. Ses réserves d'eau, malgré sa consommation raisonnée, avaient en effet grandement diminué depuis son départ. Il pouvait se permettre d'avancer encore un jour ou deux, mais se condamnerait alors à un retour sous le signe du plus strict rationnement. Il se rendit alors compte qu'inconsciemment il avait accordé beaucoup de crédit aux paroles de Folsom et à l'eau qui peut être se cachait dans cet océan aride et sec.
Reposant ces réflexions comme un homme qui sait que ce n'est pas en s'inquiétant que l'on résout ses problèmes, il s'allongea en reposant sa tête sur sa selle déjà au sol. Demain, demain, l'or se répétait-il alors que des rêves propres au désert commençaient à l'assaillir...

Réveillé dès l'aurore, il se mit rapidement en chemin afin de profiter quelque peu de la fraîcheur nocturne encore présente et qui bientôt s'effacerait face aux acérés rayons de soleil qui baignaient cet endroit. Après une heure de route, Lester discerna à l'horizon des taches rouges déformées par la chaleur. Comme dansant devant lui, de gigantesques blocs de roches pourpres se dressaient. Son cœur s'emballa, la forêt qu'évoquait Folsom. Le cœur des Mojaves s'étendait devant lui. Résistant à l'envie de lancer son cheval au galop, il se mit à serrer ses rênes aussi fort qu'il put. Il devait économiser les efforts de sa monture. De chaleur et d'excitation, son sang bouillonnait dans ses veines. Devant lui, plus visible à chaque mile, s'étendait sa revanche pour Folsom et sa victoire plus absolue en tant que chercheur d'or.
Mais alors que la forêt s'approchait doucement de Lester, celui-ci sentit son cœur follement accélérer et les lames aiguisées du doute frappèrent sa détermination. La sueur due à la chaleur fut instantanément remplacée par celle insidieuse de l'inquiétude et du tourment. Entre lui et les plateaux de pierre, Lester distinguait les restes d'un bivouac à seulement cinq cents miles de son objectif. N'en pouvant plus, il lança sa monture au galop afin de rejoindre le funeste campement. Se jetant au pied de sa monture, il se dirigea en courant vers les cendres qu'il devinait. Il constata avec un profond soulagement que ces dernières dataient de la veille. Il n'avait donc que quelques heures de retard. Buvant quelques gorgées d'eau déjà brûlante, il se mit à genoux, gourde en main, et tenta de discerner quelques traces sur la piste rocailleuse. Un cheval seulement. Joseph Kinman le devançait. Se relevant, il contempla les gigantesques monolithes, derniers gardiens de l'ultime source d'or.
C'est le reflet particulier du soleil sur le métal qui lui sauva la vie.
Reconnaissant cet éclat, il se jeta par réflexe au sol alors qu'une balle traversa l'espace ou un instant plus tôt sa tête se dressait.
Trébuchant sur le sol, il se réfugia derrière le seul rocher qu'il aperçut. Ce dernier, particulièrement bas, lui offrait une protection des plus pauvres. Jetant un bref regard autour de lui, il sursauta alors qu'une balle vint s'écraser sur sa fine protection rocheuse. Déjà, son cheval s'enfuyait, effrayé par le bruit. Son chapeau et sa gourde gisaient à quelques mètres de là.
Affolé, il tenta de réfléchir. Joseph Kinman était un ancien militaire que l'on disait radié suite à deux meurtres. La cour martiale ne l'avait cependant pas condamné plus avant du fait de ses excellents états de service, notamment suite aux nombreuses batailles qu'il avait menées face aux Indiens. Reconverti chercheur d'or, sa piètre réputation fut rapidement affirmée par des rumeurs de vol et de tuerie que personne bien sûr n'avait jamais pu soutenir devant un juge.
Portant son colt près de son visage pour se rassurer, Lester comprenait doucement la situation dans laquelle il était.
Retirant péniblement sa veste du fait de sa position allongée contre le rocher, il arracha sa chemise afin de l'agiter au-dessus de son roc.
Un rire cruel et sonore suivi d'une balle arrachant son vêtement blanc de sa main fut la seule réponse qu'il obtint.
Alors qu'il se rhabillait piteusement, une quatrième balle vint transpercer sa gourde. Le précieux liquide qui en ces lieux valait son poids en or vint alors humecter une terre qui peut-être n'y avait encore jamais goutté.
Pestant, Lester commença à crier aussi fort que possible « Enflure !! Sale rat !! Que les Indiens te scalpent et te fassent vivre les tourments de l'enfer !! Fils de putain !! » Un long rire que coloraient le sentiment de victoire et la satisfaction cruelle fut une nouvelle fois la seule réponse qui lui parvint.
Alors Lester se mit à prendre conscience de l'horreur de sa situation : piégé en plein cagnard, sans chapeau et sans eau. De rage, il se releva d'un coup et se mit à tirer piteusement en direction du plateau couleur sang qui accueillait son assassin. Une nouvelle balle de Springfield le fit se dissimuler à nouveau une fois son chargeur vide. Alors les larmes de dépit et d'angoisse, se mirent à couler. Les yeux cachés dans son coude, Lester pestait contre le destin et l'ennemi qui cruellement le tuait. Déjà, sans protection, le soleil commençait à le peser alors qu'il n'y était exposé que depuis quelques minutes. Ses chances de survie ainsi exposé étaient quasi nulles, et si par miracle il échappait à son tireur, sans monture et sans eau les Mojaves le tueraient sans faillir.
Les minutes passèrent, se dissimulant du mieux qu'il pouvait des âpres rayons qui tels des balles le tueraient, Lester faiblissait doucement. Suant à grosses gouttes, il commença à souffrir de maux de tête. Puis sa vue se troubla. Les déformations que porte la chaleur à la vue se furent de plus en plus fortes et bientôt, il fut incapable de distinguer l'enfer l'entourant autrement que troublé et dansant. Se prenant la tête dans les mains afin de lutter contre les lances qui lui transperçaient le cerveau, il se mit à se tordre de douleur. Son estomac se retourna alors et il vomit sur le sol. Dans ce dernier effort, il s'évanouit.

Lorsque le soleil fut à son zénith, ce fut la terre qui le réveilla. Sa joue, brûlée par le sol, vint le tirer du refuge comateux que son corps avait trouvé. Son visage entier lui paraissait avoir été plongé dans la lave. Ses yeux calcinés ne distinguaient déjà plus rien, ses lèvres aussi sèches que les pierres l'entourant ne pouvaient plus s'ouvrir, sa peau cloquée le tiraillait affreusement. Chaque mouvement desséché de son corps coûtait mille tortures, alors il ne bougea plus.
Lentement, cruellement, sans rien lui épargner, le soleil s'acharna sur ce corps déjà brisé tout l'après-midi.
S'étant évanoui et réveillé plus de fois qu'il ne saurait le compter, Lester ne pensait plus. L'esprit en état aussi mauvais que le corps, il avait cessé de lutter et s'il n'avait pas épuisé les balles de son arme, il aurait déjà mis fin à ses jours. À la dérive dans cet océan de chaleur, Lester sentait son esprit sombrer.
Soudain, un cri de douleur vint tirer sa conscience des tréfonds dans lesquels elle s'enfonçait. Son adversaire avait été touché. Par quoi ? Par qui ? Il n'avait pas entendu de coup de feu. Comme en réponse à cette pensée, six détonations résonnèrent dans le désert. Au bruit, Lester reconnut qu'elles avaient été tirées par un colt, et au rythme probablement par le même. Quelqu'un s'en était donc pris à Kinman ? Celui-ci avait-il riposté ?
Délaissant ces questions, Lester rassembla ses dernières forces pour se relever. Il avait peut-être une chance. S'arrachant à l'étreinte du sol brûlant, il ne put retenir des râles de douleur. Puis, prenant une inspiration qui pourrait bien être sa dernière, il se releva et fit face aux plateaux rouges qui s'étendaient devant lui.
Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'il ose expirer. Alors, sous le soleil qui continuait de l'accabler, le corps perclus de souffrance, ne distinguant que de vagues taches de couleur, Lester reprit sa marche désertique.
L'esprit brisé, ce n'était plus vraiment un homme qui s'enfonçait davantage dans ce lieu qui le tuait.
Le corps couvert de cloques que le soleil avait crevé, les yeux brûlés, les lèvres aussi dures que la roche qu'il foulait, il arriva au pied des plateaux mû par une force presque animale.
Devant lui, Joseph Kinman était adossé au plateau, le pantalon relevé sur la jambe gauche et un début de garrot situé proche de la cheville. Cette dernière présentait quatre petites taches rouges. En face de Kinman se trouvait le cadavre d'un serpent diamantin transpercé de deux balles.
Lester ne distinguait pas ces éléments. Il s'effondra à genoux devant son tortionnaire et fébrilement le fouilla. Aucune trace d'eau. Il remarqua alors que dans sa main droite, Kinman tenait sa gourde et que sous elle, les restes d'une flaque se dessinaient. Tournant hâtivement la tête pour trouver le cheval qui devait se tenir là, Lester dut se rendre à l'évidence, son ennemi l'avait libéré.
Une rage folle s'empara de Lester, dans ces derniers instants, Kinman n'avait eu d'autres préoccupations que le faire souffrir davantage.
Ses mains qui n'étaient plus que des blocs déchiquetés et brûlés soulevèrent avec peine une lourde pierre. Il la relâcha sur le visage du mort. Une fois, deux fois, trois fois. Le corps de son adversaire laissa alors échapper son sang contaminé.
L'esprit affaibli de Lester ne put résister aux pulsions animales qui s'emparèrent de lui. Enfin, ses lèvres purent se repaître de liquide, aussi vil fût-il.

Lorsqu'il reprit péniblement le contrôle de lui-même, le soleil doucement se couchait. Ne cherchant même pas à s'essuyer, il se tourna vers les plateaux de pierre qui s'étendaient devant lui et se mit à marcher. Ses yeux percevaient un peu mieux son environnement et il parvint à éviter de nombreuses chutes. Se tenant aux parois rocheuses, il avançait lentement dans les défilés créés par les montagnes rouges.

C'est alors qu'il s'engageait dans un nouveau corridor qu'il le vit. Au sommet d'un des monticules, le regardant de haut : le fantôme.
N'arrivant à distinguer que sa silhouette, Lester sentit les battements de son cœur s'accélérer. Péniblement, il commença à hâter le pas. Incapable de courir, il s'engagea aussi vite qu'il put dans un nouveau couloir de pierre.
Une fois le gigantesque bloc de roche contourné, de nouveaux se présentèrent à lui. Et cette fois encore, le fantôme des Mojaves le contemplait du haut de son perchoir rouge. Une nouvelle fois immobile, une nouvelle fois le dominant.
Il en fut de même au plateau suivant. Cette course contre un adversaire implacable dura jusqu'à ce que Lester ne soit plus capable de distinguer le haut des monolithes.
La lumière de la lune lui permettant à peine de voir ses pieds.
Épuisé, il s'effondra dos à un des agrégats de rouge. Et alors que son corps le suppliait de sombrer dans un sommeil qui se révélerait peut-être mortel, il sentit un vent nocturne provenant de derrière lui effleurer sa joue.
Se relevant en sursaut, il se mit à tâtonner fébrilement le mur rocheux. Et à quelques pouces de lui, épaisse comme deux hommes, une ouverture se dressait dans la pierre.
Sentant son cœur accélérer subitement, il s'avança avec une énergie retrouvée dans la fente. Trébuchant sur les aspérités du terrain, il déboucha dans une cuvette éclairée par les étoiles.
Ne distinguant pas le sol de ses yeux blessés, ce fut à l'oreille qu'il perçut sa découverte.
Comme le son de la pioche butant sur l'or, le bruit de l'eau clapotant sous sa semelle lui retourna le cœur et plus fort qu'il ne l'avait jamais vécu.
Se laissant tomber au sol, il but. Il but sans s'arrêter. Il but sans relâche cette eau providentielle. Il but pour se sauver.
Il s'effondra dans ce bassin, la tête contemplant les étoiles et le corps baignant dans ce liquide salvateur. Il s'endormit alors.

Éclairé par les premiers rayons du soleil, Lester était entouré de couleurs. Celle bleu profond du ciel qui le surplombait. Celle rouge de l'anneau de roche qui l'entourait. Celle verte des cactus qui encerclaient le bassin et qui avaient ainsi coloré de leur teinte l'eau qui s'y trouvait.
Mais la bête qui le soir encore était humaine ne perçut qu'une couleur, la quatrième. Car sur la paroi du fond, comme une fresque religieuse, s'étendait un mur d'or. Incrusté dans la roche rouge, le métal brillait de mille feux, rendu plus éclatant par le soleil le plus dur.
Les petits animaux désertiques qui vivaient en ce lieu s'écartèrent pour laisser passer le plus grand d'entre eux. La coquille vide de Lester se mit à toucher amoureusement ce mur qui reflétait un visage détruit laissant échapper une sinistre bave verte.
Puis, s'arrachant à la contemplation, la créature rebroussa chemin. Elle sortit de l'écrin qui contenait ce trésor doré. Elle ne prêta aucune attention aux totems Shoshones qui ornaient les sommets des monolithes et qui, il y a quelques heures à peine, l'avaient terrorisé.
Mue par un instinct destructeur, elle alla jusqu'au cadavre de celui qui l'avait brisé. Et récupérant les armes et les munitions de ce dernier, elle entreprit d'escalader le premier plateau rouge qui surplombait le désert.
Une fois en haut, elle perçut rapidement les nuages de fumée causés par deux cavaliers.
Quelques secondes après, le bruit sec et cruel d'une détonation vint briser le silence qui régnait jusque-là.
L'un des cavaliers s'effondra. L'autre, piteusement, rebroussa chemin.
Ce fut un hurlement de bête mêlé d'un rire guttural qui résonna entre les monolithes.
Face aux aventuriers qui allaient se lancer à la conquête du dernier filon de la Californie se dresserait dorénavant le fantôme des Mojaves.
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Granydu57 Ww · il y a
Mes 5***** pour ce superbe récit, western auquel rien ne manque. Bonne finale.
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Olivier Descamps · il y a
Je relis et revote pour ces superbes scènes de western au suspense haletant. Bonne finale !
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CATHERINE NUGNES · il y a
Superbe histoire où rien ne manquait, le suspense, le désir de savoir si oui ou non fantôme il y avait... Vous avez mes voix.
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Ralph Nouger · il y a
Une triste aventure, le combat suivi de morts, les armes ont encore parlé.
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Sékou Oumar SYLLA · il y a
Bravo pour ce beau texte ! Vous avez toutes mes 3 voix. Je suis finaliste et j’occupe la 2ème place du Prix des jeunes écritures. Pour l’heure, près de 200 voix me séparent de la première place. Merci de passer faire un tour chez moi et de soutenir mon texte si vous avez le temps. . Les votes seront clos ce jeudi 15 juillet à 17h (Heure de Paris)
Le lien du vote.
L’art de la vie et de la réussite (Sékou Oumar SYLLA)

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Keith Simmonds · il y a
Belle finale, Alix !
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Frédéric Gérard · il y a
Revote sur cette aventure maudite. Bonne finale
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Ozias Eleke · il y a
Bonne finale Alix.
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Fred Panassac · il y a
Bis repetita pour le soutien à votre nouvelle finaliste, que j’ai beaucoup appréciée. Je me réabonne pour réparer les dégâts des pirates.
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François B. · il y a
Un récit prenant

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