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Le cheval et la flèche

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Benjamin Sibille

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LAURÉAT
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Une plongée dépaysante au cœur de la conquête mongole ! On apprécie la finesse de la narration, ponctuée de détails, qui nous permet de ...

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Année du Taureau, 14e année de règne du grand Khan Ogodei. 
Legnica, royaume de Pologne.


Orda contemplait la plaine jonchée de cadavres criblés de flèches. La journée avait été bonne, la victoire grande, le butin conséquent. Comme après chaque combat, il se sentait envahi d’un doux sentiment d’euphorie ; la joie d’être en vie et de s’être comporté honorablement, n’apportant pas la honte sur ses ancêtres. Ce sentiment était pourtant – comme toujours en ces occasions – teinté d’une certaine mélancolie qu’il ne préférait pas chercher à comprendre. Il était un guerrier, issu d’une longue lignée de combattants – celle du père des Mongols, le mythique Gengis Khan, Temüjin, son grand-père –, et ces sentiments étaient indignes de lui, comme de tous ceux de la race des conquérants de l’Univers.

Rarement la victoire avait été aussi facile qu’en ce jour. Parmi tous les peuples qu’il avait soumis, il n’en avait en effet jamais vu aucun aussi enragé à causer sa propre perte. A priori, l’ennemi semblait pourtant redoutable. Orda avait senti son cœur s’emballer en voyant les cavaliers en armures rutilantes se précipiter vers lui et ses hommes. Puis les réflexes du guerrier avaient repris le dessus. Engoncés dans leurs pesantes cuirasses, les chevaliers ennemis ne pouvaient pas rattraper les agiles archers mongols. Ceux-ci, à l’image de leurs montures, étaient plus petits, moins forts, mais ils compensaient cette faiblesse apparente par leur rapidité, et la puissance brute de leurs ennemis devenait inutile face à des adversaires aussi insaisissables que meurtriers. Les autres avaient chargé et chargé encore, s’épuisant vainement à poursuivre des cibles virevoltantes qui ne cessaient jamais, même dans la retraite, de les cribler de projectiles. 

Cette danse de mort avait duré longtemps, l’ennemi était vigoureux, tenace, plein d’un courage absurde. Ils s’étaient obstinés dans le piège jusqu’à ce qu’enfin leur ardeur commence à diminuer. Malgré leurs protections de métal ouvragé, nombreux étaient ceux qui avaient vu ainsi leur vie écourtée par une flèche chanceuse, et leurs rangs s’étaient clairsemés peu à peu. Les survivants avaient continué de charger, mais les chevaux refusaient le galop et finissaient par se traîner péniblement au trot, avant que bon nombre ne s’effondrent. Les hommes aussi semblaient hagards, épuisés ; toute idée de victoire ayant quitté les esprits. Seul un avait continué, imperturbable, de flamboyer dans cette masse déjà vaincue ; un roi peut-être, à en juger par son noble maintien et l’emprise qu’il exerçait sur les hommes qui l’environnaient. S’ils ne s’étaient pas encore dispersés, s’ils gardaient leurs postes au combat alors qu’ils voyaient la mort les environner de toutes parts, c’était uniquement pour et par lui. 

Orda avait vu la crinière rousse de l’homme s’agiter au vent tel un fanion battant le rappel de ses troupes. Il se dressait, insensible au chaos qui l’entourait : véritable dieu de la guerre. S’avançant vers cet ennemi formidable, le Mongol s’était trouvé si près qu’il pouvait entendre l’homme donner des ordres dans sa langue gutturale et barbare ; il fit foncer son cheval vers le géant et saisit une flèche dans son carquois… Il revoyait encore maintenant ses yeux bleus dans le vague, le pénétrant d’une profondeur infinie au moment fatidique, comme si l’autre avait voulu ainsi se raccrocher à la vie.

Cette action avait mis un point final à la bataille. Sans leur chef pour les animer, l’armée ennemie n’était plus qu’un troupeau affolé, s’enfuyant en tous sens. La cavalerie lourde mongole chargea et balaya ce qu’il restait de résistance. Les pesantes armures et cottes de mailles, qui avaient été incapables d’assurer la victoire aux barbares, transformèrent leur défaite en désastre. Ça avait été un grand carnage, et Orda ne pouvait faire le compte de ceux qui avaient perdu la vie, accablés par son épée. Parmi les quelques chanceux qui réussirent malgré tout à s’enfuir, beaucoup périrent ensuite noyés dans les marais qui entouraient le champ de bataille. On sentait déjà les immondices de leurs corps boursouflés et cuits au soleil, dérivant au milieu des roseaux, infester l’atmosphère. Rares seraient ceux parmi les vaincus qui pourraient témoigner de ce jour glorieux.

Un silence de mort régnait désormais sur la plaine. Orda y trouvait une forme d’apaisement après le fracas et le tumulte de la bataille. Il contemplait, désœuvré, son cheval arracher paisiblement des touffes de l’herbe grasse et verte du pays, teintée par endroits de tâches rouges et poisseuses, qui seules rappelaient la tragédie s’y étant déroulée, et dont les reliefs ensevelis viendraient ensemencer d’autant plus cette terre déjà riche. 

Non pas qu’elle eut besoin de cette offrande… Malgré les ravages de la guerre, on voyait que le sol était fécond. Cet « ailleurs », parmi des centaines d’autres visités, qui évoquait des moments semblables déjà cent fois vécus, fit naître chez le Mongol la pensée amusée qu’au final c’était bien ce déracinement qui constituait sa seule demeure. « Nomades », ainsi les appelaient les peuples sur lesquels ils déferlaient, avec un mépris apparent qui cachait cependant mal leur crainte. En réalité la patrie d’Orda, comme de tout bon Mongol, c’était la Terre entière, le suivant partout avec ses troupeaux, chevaux et frères d’armes. Loin de ses steppes natales, en regrettant parfois l’air pur, mais mordant, il devait convenir que cet endroit en valait bien tout autre pour celui qui appelait « chez-soi » une selle toujours harnachée sur un cheval vigoureux, et une place réservée le soir sous la yourte, au coin du feu. Tous les chevaux de la Horde n’auraient pas suffi en effet avant longtemps à épuiser la plaine qui s’étendait à perte de vue sous ses yeux, comme une promesse illimitée…

Un sentiment amer l’envahit. La réaliser ne dépendait pourtant pas de lui, les victoires, les exploits n’y changeaient rien. Il n’était pas maître de ses décisions, pas maître de son destin, tous entre les mains de son cousin Ogodei, le grand Khan qui guerroyait toujours là-bas, à l’autre bout du monde, achevant, selon les derniers messagers, de pacifier les terres conquises près du grand océan, au pays de Sin. La distance, bien sûr, malgré la grande efficacité de la poste mongole, en plus de maintenir l’incertitude, laissait une grande latitude aux chefs de guerre. Ils avaient de toute façon, depuis le début des conquêtes, toute licence dans leurs entreprises, ne sachant que trop les conséquences pour ceux qui dévieraient du devoir. On ne pouvait s’en remettre en effet en permanence aux décisions du Khan, à des dizaines de jours de cheval ; la liberté était grande, on attendait d’eux de l’audace, bornée seulement par la loyauté. C’est ainsi que son frère Batu avait décidé de poursuivre la conquête et de s’enfoncer toujours plus vers l’ouest et les riches royaumes qui étaient censés s’y étendre, au-delà des conquêtes faciles qu’ils avaient faites parmi les principautés et villes marchandes russes. Mais de l’audace à la trahison il n’y avait toujours qu’un pas, et personne n’était capable de dire quand et où le mouvement sans fin des armées nomades allait s’arrêter, rendant toujours plus ténues les liaisons avec la grande Horde impériale. Jusqu’à présent, rien, et surtout personne, n’avait effectivement pu stopper les chevauchées des Mongols. Seul le grand océan, marquant le bout du monde, avait limité leur expansion à l’est, achevant là leur conquête ; et Orda se prenait parfois à rêver de compléter l’œuvre, et le rêve de son grand-père, de l’autre côté, en atteignant le bout de ces immensités sans fin ; une limite qui existait, ses prisonniers et espions le lui avaient confirmé.

Perdu dans ses déambulations mentales, il avait laissé son cheval errer dans le paysage de carnage, sans y prêter bien attention. Il arriva ainsi à un bosquet, près duquel un autre poney mongol paissait paisiblement, au milieu des cadavres et des reliefs guerriers qui jonchaient le sol ; les deux animaux échangèrent un hennissement de reconnaissance avant de se remettre à brouter. La vue du bois tira le général de ses réflexions. L’endroit lui était familier. Bien que l’instant fût bref et perdu dans le souvenir embrouillé des combats, il reconnut là le décor du moment-clef de la bataille : le lieu où le chef ennemi était tombé. Pris d’une soudaine impulsion, il descendit alors brusquement de cheval et se fraya un chemin parmi les corps pour tenter de reconnaître celui de son adversaire. 

Il l’aperçut presque immédiatement. L’homme gisait seul, son isolement contrastant avec le chaos environnant. C’était comme si, même dans le trépas, la crainte ou le respect avaient éloigné de lui les autres moribonds. Le défunt conservait d’ailleurs un aspect terrible, tout en lui signalait un chef né, habitué à ce qu’on lui obéisse à tout moment et sans hésitation. Il paraissait dicter ses lois à la mort même. Sa crinière rousse et son immense barbe lui conservaient un air terrible ; l’apparence d’un animal féroce terrassé par quelque chasseur. La flèche d’Orda lui avait en effet traversé le cou de part en part, laissant intact un visage qui parvenait à conserver des traces de beauté, et surtout de force. Un coup chanceux, une blessure terrible… Fatale. Il arborait encore une moue hautaine, telle une dernière bravade au monde qu’il avait quitté, un pied de nez à son triomphateur, qui le contemplait maintenant, fasciné, et se demandant si un jour lui aussi aurait la chance d’une mort si honorable.

En examinant le corps de plus près, Orda vit qu’il ne s’était pas trompé, il s’agissait bien là d’un des rois de ces contrées mystérieuses. Perdue dans sa chevelure massive scintillait une couronne sertie de pierres précieuses, sur laquelle était finement ciselé, doré à l’or fin, un aigle aux ailes déployées. Un bijou de grand prix. Après l’avoir contemplé ce qui parut une éternité, fasciné par le jeu de lumière des joyaux au milieu des cheveux flamboyants, le Mongol tendit la main pour s’en emparer. Il n’eut pas le temps de terminer son geste, interrompu par l’arrivée d’un autre cavalier.

Celui-ci était dans un état pitoyable, l’état d’un homme qui n’a pas connu le repos depuis de longs jours de route et a fini par y épuiser ses forces. Il dégageait une impression de délabrement général, accentuée encore par les saletés et la poussière qui le recouvraient. On ne distinguait plus ainsi de son visage que deux petits yeux fendus et cernés, qu’il avait visiblement du mal à garder ouverts. L’effet général en était d’autant plus frappant qu’il contrastait avec l’agitation de son cheval qui, lui, piaffait d’impatience, tout frémissant d’énergie contenue et luisant de sueur. Il s’agissait sans aucun doute d’un porteur de nouvelles. Sa livrée, presque rendue invisible par l’usure, de même que la qualité du cheval, trahissait son appartenance à la Poste Impériale. L’usage de ces messagers n’était réservé qu’aux missions les plus urgentes et critiques, seules des nouvelles intéressant le sort de l’Empire pouvaient avoir justifié par ailleurs une telle hâte, car un Mongol ne maltraitait jamais un cheval à la légère… Que ce cavalier, qui n’avait pas dû manquer d’être d’abord intercepté par les patrouilles, allât jusqu’à venir débusquer ici le général sans prendre de repos au passage, et ce alors que le goût d’Orda pour ses déambulations solitaires était bien connu de ses hommes, éveilla toute son attention. Le destin se présentait ainsi à lui. Le messager sauta d’ailleurs immédiatement de cheval et esquissa à peine la génuflexion traditionnelle de respect, parlant d’un ton haché et tentant en même temps de reprendre son souffle :
— Seigneur Oerleuk, je suis porteur des plus graves nouvelles. Le Khan Ogodei, fils du Vieux Loup, a été rappelé à ses côtés pour chevaucher avec lui à travers les immensités des steppes du Grand Ciel. Tous les Tümen sont convoqués au Quriltai, le grand rassemblement de la Horde. Il faut que tu rappelles tes guerriers et que tu retournes vers l’est ! Tels sont les ordres. 
Il reprit son souffle longuement, et faillit en oublier de saluer son seigneur pour conclure le message.

Avoir délivré les paroles qui lui avaient été confiées semblait avoir libéré le messager impérial. Il s’était redressé et semblait revigoré. Il arborait toujours cependant un air d’attente fébrile, tel un chien de chasse prêt à répondre au moindre signe de son maître. Orda, peut-être poussé par l’habitude du commandement, ou un sentiment moins noble, prit un ton dur et le brusqua :
— Mon frère ?
— D’autres messagers lui ont été envoyés, Seigneur. Aux dernières nouvelles, il s’avançait au sud à la rencontre d’une grande armée assemblée par les peuples des plaines, de l’autre côté des montagnes.
— Quand es-tu parti ?
— J’ai quitté le camp de Kiev il y a cinq nuits, immédiatement après qu’un messager est arrivé pour nous annoncer la nouvelle ; j’ai ensuite suivi les traces de l’armée. Le Khan est mort il y a près de deux lunes, et sa veuve assure la Régence.
— Tu as accompli ta mission avec diligence. Rentre au camp, restaure-toi et laisse reposer ton cheval.
L’homme remonta en selle puis, sur le point de faire tourner sa monture, hésita. Pris d’un regain de résolution, il dit :
— Seigneur… Ta réponse ?
Orda, toujours plus agacé, asséna d’une voix sèche : 
— Tu auras ta réponse en même temps que le reste du Tümen. Maintenant, rentre au camp te reposer !
Le cavalier ne chercha pas son reste. Orda l’arrêta cependant encore d’un aboiement : 
— Ne mentionne rien aux hommes ! Tu en répondras sur ta vie ! 
Puis se faisant plus doux, il expliqua : 
— Inutile de les agiter, laissons-les savourer leur victoire. 
Le messager parut surpris, hésita à répondre, mais se ravisa au dernier moment. Il fit juste un simple geste d’assentiment, puis prit au galop la direction du camp. 

Orda lui-même était étonné de sa réaction et de ses dernières paroles. La nouvelle l’avait surpris et contrarié plus qu’elle n’aurait dû. Il s’attendait bien depuis quelques temps à l’annonce de la mort du vieux Khan. Pourtant ce coup de théâtre l’avait surpris et même irrité. Il se rendait maintenant compte qu’il espérait au fond avoir encore devant lui de longs mois, peut-être même plusieurs années. Assez de temps du moins pour poursuivre son œuvre de conquête et s’enfoncer plus profondément dans ces contrées inconnues, qu’il tenait désormais à sa merci. Il se retrouvait pourtant mis d’un coup devant un fait accompli bouleversant tous ses plans. Il allait devoir rentrer et il savait bien que cela signifiait pour lui la fin des libertés et de l’autorité dont il jouissait actuellement. 

Bien sûr, en théorie, son frère Batu avait toutes ses chances de devenir Khan, comme Orda lui-même peut-être, et tout autant que tous les autres cousins issus du grand Temüjin. Les Mongols n’honoraient et ne payaient hommage qu’au mérite, c’est-à-dire la force, la ruse et la hardiesse, et Batu et Orda n’en avaient pas été avares dans leurs explorations au bout du monde. Mais lui et son frère savaient tous deux que malgré leurs grands talents militaires, les anciens de la Horde ne les choisiraient jamais. Ils étaient trop loin, perdus dans des terres désolées qui n’avaient d’attrait qu’aux yeux de leurs ambitions inassouvies, mais sans valeur par rapport aux riches conquêtes faites à l’est. Ils avaient dû déjà batailler âprement pour obtenir les forces disparates qu’ils dirigeaient maintenant, repoussant toujours plus loin l’horizon en les détournant de leurs objectifs initiaux. Même invaincues, ces armées étaient pourtant bien trop peu nombreuses pour peser sur le destin de l’Empire. En outre, et bien que personne n’en parlât jamais – se conformant en cela au vœu de Temüjin qui n’avait jamais fait de différence entre ses fils officiels –, demeuraient pourtant des doutes sérieux sur le lignage de leur propre père, leur grand-mère Börte ayant été enlevée par une bande rivale précisément à l’époque de sa conception. Or les anciens ne prendraient jamais le risque de briser la lignée de Gengis en favorisant la descendance de ce fils aîné douteux qui n’avait jamais été pensé autrement que comme le gardien des terres et de l’esprit des ancêtres, plutôt que destiné à être le fondateur d’une nouvelle lignée de conquérants.

Pourtant Orda était bien un guerrier, tout comme son frère Batu ; ils l’avaient prouvé et ne vivaient que pour leurs conquêtes. C’était comme cela qu’ils avaient été éduqués, c’était comme cela qu’ils avaient vécu, et c’est comme cela qu’ils mourraient sans doute, en vrais Mongols, dignes héritiers de la race de Gengis, même si son sang ne coulait peut-être pas dans leurs veines. Il arrivait certes à Orda de ressentir parfois un sentiment amer face à la guerre sans fin qui rythmait sa vie, mais maintenant tout en lui se révulsait à l’idée d’abandonner une tâche encore inachevée et pleine de promesses de gloire, honneur et butin. Tant de victoires rendues d’un coup inutiles, c’en était trop ! Même en supposant que le nouveau Khan l’autorise à nouveau à prendre des guerriers au prochain printemps pour retourner vers l’ouest, ils auraient désormais perdu tout effet de surprise. Les peuplades apeurées d’aujourd’hui, fuyant en désordre devant la Horde, se ressaisiraient et consolideraient leurs défenses. Les obstacles se multiplieraient plus vite encore qu’il ne les avait balayés pour assurer le succès de ses entreprises. Les Mongols gagnaient en effet en grande partie grâce à la crainte qu’ils provoquaient. Cela, Orda le savait mieux que quiconque. Combien de forteresses imprenables avait-il vues ainsi livrées sans combat après qu’on avait mis soudainement à sac une cité voisine, orgueil et fierté des peuples environnants, puis tué tous ses habitants et dressé jusqu’aux cieux des pyramides immenses de leurs crânes ? L’effet était imparable, et généralement définitif… Mais les hommes sont capables de s’habituer à tout, et si on leur laissait le temps de retrouver leurs esprits, les moutons finissaient par comprendre qu’ils écrasaient les loups par leur nombre. 

De l’expérience de tant de batailles pourtant victorieuses, Orda n’avait en fait tiré qu’un enseignement définitif : la conscience aiguë de la fragilité de toute victoire et la facilité avec laquelle un combat bien engagé pouvait se transformer en déroute. Il savait à quel point toutes les forces de son peuple ressemblaient à des faiblesses, transcendées seulement par une discipline de fer et le génie autrefois insufflés par un homme comme son grand-père Temüjin. C’était ce sang héroïque dont il se sentait maintenant héritier malgré tout. Il l’entendait battre dans ses veines, l’appeler de toute la force du destin. C’était la même voix dont le murmure s’était autrefois fait entendre sur la steppe, unissant un peuple qui s’ignorait encore, dans une même volonté de conquête, bande rivale après bande rivale.

Tout cela pouvait être balayé en un instant. Le petit nombre des Mongols, qui les rendait si insaisissables, leur interdisait également toute défaite. Leur impétuosité et leur férocité au combat, qui terrifiaient tant leurs ennemis, les poussaient aussi fréquemment à s’entre-déchirer, et les peuples ramassés au gré des conquêtes et agglomérés bon an mal an à leurs armées ne seraient pas longs à exploiter le moindre signe de faiblesse. Ainsi en allait-il depuis toujours de l’impitoyable loi de la steppe.

Le monde était en vérité trop petit pour la Horde. C’est seulement séparés par ces immensités, volant de victoire en victoire, que les Mongols pouvaient se penser comme unis sous une seule et même bannière. Une nuit au camp suffisait déjà à faire resurgir bagarres, vieilles querelles et même les assassinats brutaux et plus ou moins envinés qui marquaient fréquemment la vie au camp. La gloire et la perspective des pillages dissipés, le frère se dresserait ainsi contre le frère, comme cela avait été le cas pour les générations précédentes, et ils finiraient tous par être rejetés dans leur désert natal, retournant à leurs troupeaux, et n’ayant gagné par là, dans cette immense aventure où les avait entraînés Gengis, que des récits glorieux et les regrets d’une splendeur définitivement révolue. Toute l’œuvre d’une vie entière de lutte serait ainsi perdue. Et cela, Orda ne pouvait le tolérer. Pourtant il devait obéir aux ordres…

***

Le lendemain à l’aube, toute l’armée était rassemblée, prête à partir. Point de traces dans ces visages durs des excès de la veille, bien qu’ils eussent été nombreux, comme après chaque victoire. Orda ne pouvait s’empêcher de sentir une grande fierté l’envahir à la vue de ses hommes…

Pris séparément, ils n’étaient peut-être qu’un ramassis de voleurs, meurtriers, mi-bergers mi-brigands, une vermine tenue seulement ensemble par l’espoir d’une vie meilleure que celle qu’ils avaient abandonnée, et la promesse continue de cette existence faite d’excitations, pillages et butins. Cette longue odyssée meurtrière à travers les steppes, que les lettrés commençaient désormais à appeler la naissance de l’Empire, avait permis l’assemblage disparate de ce qui, en état de marche, et malgré ses centaines de dialectes ou le spectacle baroque de voir combattre côte à côte conquérants d’hier et ceux qui avaient vu brûler leurs récoltes et dispersé leurs troupeaux, formait sans doute la machine de guerre la plus perfectionnée au monde. C’était presque là un organisme vivant, une nuée de sauterelles que rien ne saurait arrêter, ne laissant derrière elle que ruines et désolations, semant la mort et continuant toujours à avancer vers plus de conquêtes ; portant au loin le vieux rêve de Gengis d’un Royaume, et donc d’une paix, universels. 

Bientôt, ils seraient peut-être bien plus que cela encore. De ces bandes guerrières désassorties, Orda voulait faire naître un véritable peuple, une nouvelle tribu d’élus qui régneraient en maîtres sur des terres s’étendant jusqu’aux confins du monde. Qui pourrait alors encore se souvenir des différences des débuts, de ce sang étranger à l’origine, mais tant de fois mêlé sur le champ de bataille, le seul creuset de la vraie fraternité et la valeur des hommes ? Orda n’avait plus devant lui une bande de brigands et bergers mal dégrossis, leur image s’effaçait pour laisser place à celle, grandiose, d’une race de titans qui iraient jusqu’à ébranler l’Univers et troubler la sérénité immuable de Tengri* lui-même. Devant ce spectacle, il sut alors qu’il avait pris la bonne décision, la seule décision possible. Elle s’était imposée à lui durant la nuit de la même manière qu’à son grand-père, quand il avait commencé à fédérer ces bandes de nomades désorganisés et chamailleurs. Lui aussi avait entendu, doucement susurrée à ses oreilles, la promesse d’un empire éternel, et au bout de la route empruntée par Gengis la destination victorieuse, qui en avait fait l’égal d’un dieu : le Sülde Tengri, veillant pour toujours sur le peuple des maîtres de la création.

Il donna ainsi le signal du départ, et ce furent des milliers de chevaux qui se mirent en branle au son de sa voix : la Horde toute entière, comme un seul homme. En quittant les restes du campement, Orda ne jeta pas même un regard au cadavre écorché du messager impérial qui se balançait doucement au gré du vent. Il sortit délicatement de sa sacoche la couronne étincelante, toujours fasciné par les miroitements de l’or et des rubis au soleil. Puis, pris d’une impulsion subite, il la posa sur sa tête d’un geste sûr, sans tremblement, malgré le froid du vent violent arrivant de l’est et fouettant son visage. Dardant maintenant mille feux, il poussa son cheval pour se replacer à la tête de l’armée en marche, qui s’étirait tel un immense serpent ondulant sur la route. Des milliers d’hommes qui chevauchaient tranquillement, unis vers un seul but : vers l’ouest, toujours plus à l’ouest...

 
* Divinité mongole qui a donné le terme « tengrisme », religion pratiquée par Gengis Khan.

PRIX

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489

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

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RAC · il y a
Merci pour ce grand voyage plein de références très enrichissant !
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Artvic · il y a
Vous m'avez fait voyager au travers votre récit ! Bravo !😉🌹
Je vous invite à lire un air de rock! 😊

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Patrick Gibon · il y a
texte subtil sur ces fiers mongols pas dans des montgolfières!
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Luc Michel · il y a
Je découvre un peu tard votre texte mais avec un immense plaisir ! Comme c’est bien rendu . Bravo !
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Potter · il y a
J'ai bien aimé, bravo !!!
N'hésite pas à venir jeter un coup d’œil à mon dessin finaliste : https://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/poudlard-3?all-comments=1&update_notif=1533195954#fos_comment_2874290

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Mandy Rukwa · il y a
quelle épopée mon cher !
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Amon12 · il y a
Je reviens, et je constate que le jury a bon goût^^.
Félicitations, c'est amplement mérité !

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Brennou · il y a
"... malgré le froid du vent violent arrivant de l'est et fouettant son visage. [...] vers un seul but : vers l'ouest, toujours plus à l'ouest..."
Y aurait-il un os dans l'orientation du visage ? Chevaucher vers l'ouest en recevant le vent d'est en plein visage doit demander quelque gymnastique !

Nota : j'essaye d'ôter le caillou d'une chaussure qui devrait vous mener loin ! Bravo pour le reste !

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Anne Marie Menras · il y a
Félicitations Benjamin, pour cette oeuvre épique...On rêve des grandes steppes et de cette conquête de l'ouest...
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Benjamin Sibille · il y a
en espérant vous faire rêver jusqu'au bout et de manière tangible merci!
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Fred Panassac · il y a
Félicitations Benjamin, d’avoir su séduire le jury par cette saga !
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Benjamin Sibille · il y a
merci beaucoup; c'est un vrai bonheur de se voir ainsi encouragé
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Benjamin Sibille · il y a
merci mille fois
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Isabelle Lambin · il y a
Félicitations Benjamin !
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Benjamin Sibille · il y a
merci beaucoup du soutien
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Keith Simmonds · il y a
Félicitations pour ce prix du jury bien mérité, benjamin !
Une invitation à venir découvrir “Sanglante Justice” qui est en Finale
pour le Court et le Noir 2018. Merci d’avance et bonne journée!
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/sanglante-justice

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Benjamin Sibille · il y a
je n'y manquerai pas; merci!
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Keith Simmonds · il y a
Merci d'avance, Benjamin ! A bientôt !
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Marie · il y a
Félicitations !
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Thara · il y a
Bravo pour ce prix amplement mérité !
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Benjamin Sibille · il y a
merci grandement
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Miss Free · il y a
Bravo Benjamin !
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SakimaRomane · il y a
Félicitations Benjamin :)
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Odile Duchamp Labbé · il y a
Les faits de guerre ne me passionne pas cependant je vous soutiens
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Odile Duchamp Labbé · il y a
je vous propose pour ma part, dans le cadre du prix faites sourire
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/pirate-2

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Benjamin Sibille · il y a
la guerre simplement comme malheureusement un des cheminements de l'histoire; merci de votre confiance
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Epineuse · il y a
Mon soutien à nouveau pour ce texte superbe~
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Benjamin Sibille · il y a
merci vous êtes trop flatteuse! j'espère continuer à être digne de vos éloges
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Tristan · il y a
Un très bon moment de lecture qui m'a rappelé avec délice le dépaysement que j'avais ressenti devant la série Marco Polo. L'univers Mongol étant assez rare dans mes lectures, c'était un plaisir de le redécouvrir ici.
J'en profite pour un petit coup de pub pour mon propre texte : https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/les-montagnes-sous-locean :)

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Benjamin Sibille · il y a
et j'espère continuer: effectivement marco polo m'avait plu pour aborder des chemins de l'histoire trop peu parcourus. J'espère pallier à mon modeste niveau
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Tristan · il y a
Au plaisir de lire d'autres histoires de ce genre alors :)
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Emmanuel Alix · il y a
joli texte . j'ai voté . peut être irez vous découvrir et voter pur mon texte 'le mystère du mélange des couleurs'
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Benjamin Sibille · il y a
je n'y manquerai pas merci!
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Moniroje · il y a
Jusqu'au dernier mot!!!
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Benjamin Sibille · il y a
merci cela me touche
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Thara · il y a
Re-vote...
Je vous souhaite bonne chance pour cette finale !

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Benjamin Sibille · il y a
la chance a porté merci!
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Marie · il y a
J’ai beaucoup aimé ce texte intéressant et bien écrit.
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Benjamin Sibille · il y a
Merci beaucoup le compliment me touche
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Nadine Gazonneau · il y a
Mon soutien renouvelé . Bonne finale .
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Benjamin Sibille · il y a
Merci pour votre fidélité
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michel jarrié · il y a
Belle écriture et sujet interessant. Bonne finale.
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Benjamin Sibille · il y a
Merci pour votre fidélité
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Elena Hristova · il y a
tous mes votes confirmés et bonne finale à vous!
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Benjamin Sibille · il y a
Merci elena. Un plaisir comme toujours
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Hibernia Boann · il y a
J'ai apprécié ce voyage dans le temps aux côtés d'Orda, un chef mongol à la conquête du monde. Un récit bien mené malgré quelques longueurs. J'aurai aimé lire davantage sur lui et son histoire !
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Benjamin Sibille · il y a
Vous serez comblé, ou du moins je l espere. Il ne s agit bien que du début d une saga
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Bernadette Lefebvre · il y a
Magnifique mes voix pour vous
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Benjamin Sibille · il y a
Vous me flattez. Merci a vous pour votre lecture
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PierreYves · il y a
Belle qualité d'écriture... finale méritée, donc !
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Benjamin Sibille · il y a
Merci grandement
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Joëlle Brethes · il y a
Un beau récit épique… Jusqu'où cet ambitieux ira-t-il ?
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Benjamin Sibille · il y a
Au bout du monde si tengri le veut
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Amon12 · il y a
On se fait prendre par l'histoire en outre bien documentée, signe indiscutable d'un bon texte.
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Benjamin Sibille · il y a
Merci. Un intérêt pour l histoire avec un grand h a rendu les recherches faciles. En réalité les mongols mirent ce jour la le feu a la plaine
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Keith Simmonds · il y a
Bonne Finale pour une belle histoire ! Mes voix ! Une invitation à
découvrir “Le lys des vallées” ! Merci d’avance et bon dimanche !

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Benjamin Sibille · il y a
du loup au lys sans y manquer merci!
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Keith Simmonds · il y a
Merci infiniment, benjamin !
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Ginette Vijaya · il y a
Bonne finale et bonne chance . Je vous invite à lire mon texte " le prix de la mort" qui est en lice en ce moment .
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Benjamin Sibille · il y a
merci de la chance et de la lecture!
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François Duvernois · il y a
Mon nouveau vote et bonne chance pour la finale Benjamin.
Vous avez aimé une première fois "Maréchal, nous voilà !". Ce texte est en finale, vous pouvez le soutenir si vous aimez encore.

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Benjamin Sibille · il y a
merci et je suis passé
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James Osmont · il y a
5 voix pour ce récit qui ne manque pas de souffle et d'ambition, on en voudrait plus : c'est donc que c'est réussi ! En espérant, que mes "filles de Recouvrance" vous plairont aussi !
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Benjamin Sibille · il y a
j'espère pouvoir vous combler à l'avenir, merci
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Marsile Rincedalle · il y a
Bonne chance pour la finale, Benjamin :-)
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Benjamin Sibille · il y a
cela a porté merci
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Rupello · il y a
Texte épique qui nous rappelle que le destin du monde se joue à chaque seconde. Bravo
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Benjamin Sibille · il y a
j'ai toujours été fasciné par la rencontre entre les courants historiques avec ce qu'ils semblent d'avoir prédestiné et le destin de simples mortels en venant à en infléchir le cours: merci
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Brennou · il y a
Heureusement que le Bout du Monde est encore loin ! La sage a encore de beaux jours pour notre plus grand plaisir, même après un Grand Prix !
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Benjamin Sibille · il y a
j'y suis obligé désormais ^^
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Zouzou · il y a
Mes 5 vois renouvelées !
si vous aimez ' A la ravigote ' et ' Adieu léthargie '

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Benjamin Sibille · il y a
la ravigote m'a déjà comblée merci
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Viviane Fournier · il y a
Je suis passée il y a pas longtemps et je reviens vite ..bravo à vous !
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Alain Lonzela · il y a
Félicitations ... Bonne chance
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Benjamin Sibille · il y a
merci de m'avoir conduit ici
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Alain Lonzela · il y a
Ce fut un plaisir ;-)
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Miss Free · il y a
Félicitations ! Bonne finale !
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Diamantina Richard · il y a
Superbe récit, bravo, toutes mes voix !
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Benjamin Sibille · il y a
merci énormément
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Michèle Menesclou · il y a
Bravo, mes votes !
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Viviane Fournier · il y a
Je ne lis jamais de textes aussi longs sur Short ..le temps me happe parfois ..et là, je me suis posée dans vos lignes et j'ai oublié le reste , j'ai adoré votre épopée ...et je me suis fondue dans votre monde avec un vrai bonheur ..celui de lire jusqu'au bout sans se poser de questions en attendant presque que ça ne finisse pas ......Bravo et ravie de vous avoir découvert !
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Benjamin Sibille · il y a
je croyais vous avoir répondu déjà mais apparemment le message n'était pas passé. Vos paroles m'ont énormément touché et encouragé, et j'espère bien vous donner des suites dignes de vos attentes. merci
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Viviane Fournier · il y a
oh c'est joli de me répondre ça ...je sais que vous arriverez à mener à bien votre aventure ..l'écriture donne des audaces insoupçonnées et on se laisse porter ..loin ...loin ...et on est libre de soi avec ce qu'on crée ...je vous fais confiance et je saurai attendre ...belle plume à vous et jolie soirée d'été ...
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Viviane Fournier · il y a
et j'ai oublié de vous Féliciter ..bravo ...je suis ravie pour vous ...
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Sylvie Neveu · il y a
Bonjour Benjamin, il faut continuer !!!
La conquête de l'ouest, cette autre conquête, cette impossible conquête mérite vos mots.
Pour effacer vos doutes, je vous dis cela et aussi que j'ai beaucoup aimé les immondices des corps qui cuisent au soleil, l'offrande, les déambulations mentales et le délabrement.
Je mesure l'énergie nécessaire pour écrire avec une telle densité mais c'est pas une raison pour ne pas continuer !
Merci
sylvie

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Benjamin Sibille · il y a
une simple question d'énergie, les mongols l'avaient compris. Je n'y manquerai pas fort de celle que vous m'avez conféré. Merci
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Sylvie Neveu · il y a
Bravo .encore de cette belle performance
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Usus · il y a
Le souffle épique de cette fresque donne le ton de récit. j'apprécie la densité et la couleur. Je vote.
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Anne Maurice · il y a
un début prometteur, bon courage pour l'écriture de la suite, mes voix!
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Bill Schim · il y a
excellent, bonne chance ^^
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Silvie DAULY · il y a
Très belle écriture, immersion passionnante dans l'Histoire. J'attends la suite avec impatience.
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Benjamin Sibille · il y a
j'espère vous la donner à la hauteur de vos attentes
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Thara · il y a
Merci de nous avoir offert cette lecture, et pour être passé me lire...
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Thierry Schultz · il y a
Un très bon début pour une uchronie qui s'annonce passionnante. Attention à qqles passages un peu trop grandiloquents (la rencontre au début avec le roi par ex). Sinon, écriture soignée, mais nerveuse comme il se doit pour un récit de cette envergure. Bravo, +5 !!!
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Benjamin Sibille · il y a
merci j'espère continuer d'être à la hauteur
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Freddy Potec · il y a
BRAVO pour cette belle fresque historique, où passe le souffle de l'épopée.
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Benjamin Sibille · il y a
merci de vous être laissé porter
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Yves Le Gouelan · il y a
Bataille, bruits des sabots sur la plaine, gloire et conquête, une suite ?
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Benjamin Sibille · il y a
Oui. Honnêtement cela va dépendre un peu du succès rencontré aussi. Mais idéalement il s agit de l incipit d une vaste fresque uchronique imaginant le destin du monde si les mongols avaient conquis l occident.
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PierreYves · il y a
A ce propos, voir "Le maître du haut château" de Philip K. Dick (où ce sont non pas les mongols, mais les nazis qui ont gagné la guerre... au détail près qu'on y trouve l'histoire d'un roman uchronique qui prétend le contraire, ce qui finit par faire douter de la réalité même !).
Et je vote pour la beauté du style et de la fresque, on s'y croirait.

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Yves Le Gouelan · il y a
Faut-il toujours s'inquiéter ou dépendre du succès rencontré ?
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Benjamin Sibille · il y a
Non et.la suite avance. La récompense tirée de l oeuvre accomplie. Mais entre efforts et.découragement la route est longue pour un projet assez ambitieux
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Tino · il y a
Très beau texte, l'ambiance est palpable, mes votes!
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Alain Lonzela · il y a
Excellent récit. j'adore les récits d'aventure épique comme celui-ci avec quand même une pointe de philosophie. Merci
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Johnny Carpentier · il y a
L’humanisme épique et les descriptions de ces contrées lointaines m’ont ravi. Ça m’a rappellé les instants passés devant la série « Marco Polo ».
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Camille San Marco · il y a
Une nouvelle où souffle un vent d'aventure - Mes votes
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Mathilda · il y a
Une atmosphère parfaitement dépeinte et prenante... et j'aime ce style d'écriture.
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Jean Roulet Androny · il y a
Une oeuvre de jeunesse me semble-t-il, mais prometteuse par sa capacité à peindre de grandes fresques.
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Unay · il y a
Après le petit tour que tu es venu faire de mon côté, j'ai été curieuse, et j'en suis ravie ! J'ai découvert ici un texte passionnant qui m'a transportée, loin, dans des steppes où chaque instant est tragique et pesant. Merci !
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Maud Garnier · il y a
Une nouvelle passionnante :-))
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Kimos · il y a
Passionnant et très bien écrit
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Christine Śmiejkowski · il y a
Tragico-sublimo réussite en écriture ... +5
Vous voulez lire quelque chose de nettement plus court et plus drôle : je vous renvoie au blues de l'éléphant
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/le-blues-de-lelephant
signé une qui a des origines polonaises

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M. Iraje · il y a
Une aventure épique qui, je ne sais pourquoi m'a rappelé Rahan et les âges farouches.
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Benjamin Sibille · il y a
En esperant qu elle tourne a la saga. Merci
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Virgo34 · il y a
Je reviens vers vous pour vous inviter "A l'horizon rouge" en finale du Prix lunaire. Merci.
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Benjamin Sibille · il y a
La lune est rouge
L aube sanglante
Mon avenir palit

Merci pour votre texte qui aurait eu peut être sa place dans la bouche de mon personnage

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Image de Virgo34
Virgo34 · il y a
Je vous le prête, si vous voulez... Merci à vous.
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Ernestinemontblanc · il y a
Remarquable...et tragique.
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Benjamin Sibille · il y a
Je ne sais si je le mérite mais merci. C est l impression précisément que je voulais faire ressortir
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Marsile Rincedalle · il y a
Un très beau voyage dans le monde fascinant du nomade.
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Benjamin Sibille · il y a
Merci a vous, et comme toujours en matière de nomade il ne s agit que d une étape
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Nadine Gazonneau · il y a
Voila une belle découverte et un très bon moment de lecture historique. +5. Permettez-moi de vous faire partager "en route exilés" en finale du prix lunaire.https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/en-route-exiles
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Benjamin Sibille · il y a
Presque un couplet de marseillaise! J ai voté

Merci beaucoup pour votre appréciation. C est le debut d une épopée uchronique plus large, j espère que vous m y suivrez plus tard avec plaisir

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Maia Acklins · il y a
Un texte lourd et épique, qui porte le poids de l’Histoire !
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Benjamin Sibille · il y a
Le poids mais j espere point trop la lourdeur. Je dois peut etre effectivement retravailler mon style, merci de.votre retour
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Chantal Sourire · il y a
Un beau voyage dans le temps, je vote !
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Benjamin Sibille · il y a
Merci beaucoup. En réalité je viens d apprendre que le jour dit les mongols avaient piégé les mongols dans un mur de feu

La réalité depasse a l occasion la fiction en horreur

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SakimaRomane · il y a
Votre écrit est plaisant mais il me semble que vous voulez en faire trop.
Des phrases inutiles comme : - les deux animaux échangèrent un hennissement de reconnaissance avant de se remettre à brouter » alourdissent votre récit et c’est dommage.
Evidemment, cette opinion n’engage que moi :)

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Benjamin Sibille · il y a
Remarque constructive et très appréciée!

Peut etre l opulence maladroite du debutant

J aimais bien cela dit mes petits poneys :-), mais assurément d autres passages pourraient être allégés

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Bayot · il y a
bravo pour ce magnifique souffle épique
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Benjamin Sibille · il y a
Merci, vous êtes trop généreux!
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Plumareves · il y a
Un souffle épique qui nous transporte à cette époque du nomadisme conquérant aux desseins hégémoniques de découverte du monde et de création de vastes empires. Votre écriture suit les méandres de la pensée d'Orda jusqu'à sa décision finale. Elle est puissamment évocatrice de la sauvagerie jde ces hordes entraînées aux combats et aux pillages.
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Benjamin Sibille · il y a
Votre commentaire a plus de mérite poétique que mon humble prose! Merci beaucoup. Si j ai pu faire partager ne serait ce qu imparfaitement la rumeur de l esprit.des.steppes un instant, vous me voyez l homme le plus heureux du monde
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Nicolas Elie · il y a
Très sympa et bien écrit. J'ai voté avec plaisir.
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Benjamin Sibille · il y a
Merci beaucoup, cela me touche le coeur. Meme si j ai peur de.ne pas être si confiant dans mon écriture
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François Duvernois · il y a
On se laisse prendre par ce récit historique de bout en bout. Il estservi par une très belle écriture. Tous mes votes.
Je vous invite à découvrir une autre page d'histoire, plus récente celle-ci : Maréchal nous voilà

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Benjamin Sibille · il y a
Vous explorez aussi les temps troublés? Je ne manquerai pas de passer

Le mot de belle écriture me fait tant plaisir que j en deviens méfiant. On me trouve souvent lourd et maladroit aussi dans le style. Merci beaucoup en tout cas pour une appréciation qui réchauffe le coeur de l apprenti ecrivaillon

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Nihal · il y a
Superbe ! J'ai été transportée par cette magnifique épopée ... Vraiment, ce voyage a été merveilleux et je vous en remercie.
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Benjamin Sibille · il y a
Merci beaucoup. Je ne sais comment vous remercier! J espère que vous continuerez à mes côtés pour la suite, de rome aux champs catalauniques puis boulogne... puis quittant les mongols pour l Amérique, avec des conquerants insoupçonnés.

Merci de votre soutien pour mener.ce projet d uchronie

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Nihal · il y a
J'entreprendrai ce voyage avec vous, je vous offrirai mon soutien, vous le méritez vraiment !!
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Elena Hristova · il y a
un beau conte guerrier qui m'a bien secouée, tous mes votes avec plaisir
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Benjamin Sibille · il y a
Merci beaucoup. Cela me touche énormément. Le projet sera je l espère plus ambitieux, en continuant les conséquences de cette uchronie jusqu au bout!
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Marine Didier · il y a
Une nouvelle brillante, émotions, frissons et cornichons garantis.
Vibrant
Brillant
Tordant
Décoiffant

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Benjamin Sibille · il y a
Une ballade mongolisante sur la piste des peuples errants
A bientôt

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Gilles Texier · il y a
Nouvelle de qualité, elle nous renvoie aux profondeurs de la steppes et à l'imaginaire de grandeur de ces marches frontières.
En quelques lignes, cet auteur nous renvoie vers l'enfance et ces mythes rêvés vers lesquels nous revenons sans cesse.

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Benjamin Sibille · il y a
Tout amateur des immensités désertes s y reconnaîtra
Pour cela vous pouvez a l occasion lire aussi le cycle du désert, lointain souvenir d orient!

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Gautier Grandegorginho · il y a
Le style est parfois lourd mais révèle une vraie passion de l'auteur pour les mots. Attention à ne pas trop en faire, mais grand bravo j'ai avalé la nouvelle sur mon smartphone dans le métro
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Benjamin Sibille · il y a
Passion partagée je vois. Attention, toutefois, à ne pas vous étouffer la prochaine fois... un grand merci!
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Didier Lemoine · il y a
De longues phrases parfois, mais ce fut un grand plaisir de survoler ce récit. Mes voix sans hésiter.
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Benjamin Sibille · il y a
Plaisir partagé d entendre que vous avez aimé la lecture, je vous l.assure. en esperant qu il sera renouvelé a l occasion pour la suite
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Zouzou · il y a
...on voit bien les plaines de la Mongolie , mes voix
Si vous aimez ' À la ravigote' et ' Dans la Grèce antique ' poésie Été

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Benjamin Sibille · il y a
Merci, peut être trop amateur de steppes c est sur votre sahara que je me suis penché!
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michel jarrié · il y a
Ouf ! Quel plaisir de vous retrouver au milieu de tous ces tankas !
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Benjamin Sibille · il y a
Vous me faites trop d honneurs! J espère pouvoir vous offrir bientôt la suite. Une nouvelle est écrite mais beaucoup reste a faire. Vous en aurez en tout cas la primeur si vous le désirez. A bientôt
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Yoann Berjaud · il y a
Ambitieuse épopée, style flamboyant, histoire captivante, une œuvre qui nous replonge avec talent dans l'univers des conquérants où Gengis Khan, devient comparable à Alexandre le Grand. Bravo !
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Benjamin Sibille · il y a
Je ne saurais dire à quel point votre commentaire me touche!
J espère ne pas avoir trahi par trop l histoire même si pour être tout a fait honnête c en est quelque peu le but. Il s agit en effet (notamment si je peux porter le projet a l issue de ce concours) du début d une saga uchronique visant a explorer l évolution globale du monde si les mongols ne s étaient pas arrêtés en pologne et hongrie. L occident pourrait ne pas en sortir raffermi! Mais j espère que vous continuerez a m accorder l honneur de vos lectures pour la suite et ne vous en gâche donc pas le possible plaisir...

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Yoann Berjaud · il y a
Je vous suivrais avec intérêt !!!
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Utilisateur désactivé · il y a
J'ai aimé l'histoire. Malgré cela certaines phrases sont longues et compliquées. Elles pourraient être écourtées, offrant une lecture plus simple et agréable. Quatre voix.
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Benjamin Sibille · il y a
Je vous remercie beaucoup de votre encouragement. Mon style, si je puis oser le qualifier ainsi, a toujours été assez allongé, je voulais ici néanmoins retrouver l atmosphère classique d un roman epique historique
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michel jarrié · il y a
Belle épopée que celle du khan de la horde bleue ! On suit votre récit avec exaltation. Bravo.
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Benjamin Sibille · il y a
Je vous remercie beaucoup de votre commentaire élogieux et fin connaisseur. Pour les amateurs, il ne s agit que du début d une saga où la horde blanche puis d or auront leur part... déjà on entend trembler au loin les murs de vienne aux rythme des milliers de sabots des guerriers de subotai
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