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Le cauchemar du monsieur Rochefort

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Ivan Atanas

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Monsieur Rochefort était vraiment enragé . Outragé , ridiculisé et expulsé du petit mastroquet du vieux Pignon, il titubait dans cette nuit parisienne qui était froide, glaçante et terrifiante pour chaque promeneur nocturne . Il neigeait encore au moment où Jacques Rochefort a quitté le local . Mais bientôt la neige cessa de tomber ouvrant devant les yeux de ce jeune homme l`image d`une grande ville couverte par la blancheur, plongée dans la brume et entourée par une nuit très sombre. Comme un chien bien entraîné il savait très bien où passer pour retourner chez lui . Notre pauvre monsieur Rochefort avait mal à la tête , une insupportable nausée grandissait dans son estomac, pendant que son corps tremblait de plus en plus . C`est pourquoi il était pressé de retourné le plus vite possible dans sa maison . Il n`y avait personne dans la rue, tout était calme autour de lui. Il croyait être dans un autre monde ! Tout d`un coup , une jolie voix l`appela . Jacques se tourna vers elle et fut bien surpris. Le jeune homme aperçut qu`une très belle fille l `appelait par les gestes de sa main. Comme dans un joli rêve, sa beauté l`attira immédiatement et il oublia tous ses maux . Il approcha .Elle caressa un peu son visage rouge , puis elle baissa son pantalon. La belle inconnue voulait faire l`amour . La fille se mit à genoux , puis , un peu plus tard elle se mit debout. Étrangement , plus monsieur Rochefort la serrait dans ses bras, plus elle changeait l`image de sa face. Un œil devenait plus grand que l`autre, le nez était de plus en plus mince et tordu , la belle ressemblait plutôt à une vieille sorcière qui criait maintenant et riait aux éclats. Quand l`inconnue changea totalement son visage Jacques eut une prise de panique et essaya de la repousser . La répugnante créature mit les mains autour de son cou voulant ainsi de l`étouffer . Ses cris étaient plus forts. Puis ils tombèrent par terre où Jacques trouva rapidement une pierre qu`il utilisa de frapper la tête du monstre. Le sang jaillit, son attaquant repoussa un cri terrifiant et tomba de nouveau sur la neige . Monsieur Rochefort s`habilla vite se demandant toujours pourquoi personne n`était venu à son aide.
Un peu plus tard il tourna à gauche et se trouva dans une autre rue. Il avait peur qu`une autre créature puisse l`attaquer , juste pour venger la mort de son compatriote. Heureusement, il remarqua un monsieur en redingote brun qui se promenait les mains derrière le dos. Monsieur Rochefort ne pouvait pas voir sa face parce qu`il était un peu courbé. Il était claire que cet homme était un intellectuel, un philosophe ou peut être même un écrivain ! De plus, il portait sur la tête un haut-de-forme brun foncé qui couvrait la plupart de son front. Notre pauvre monsieur Rochefort avait complétement perdu la tête. Il accéléra les pas vers ce monsieur pour lui dire qu`il était la victime d`une attaque brutale et bizarre. Jacques perdait de plus en plus de force, il lui fallait quelqu`un qui pouvait lui aider de retourner à la maison. Mais quand ce promeneur inattendu leva la tête, Jacques remarqua tout de suite qu`il avait aussi un œil deux fois plus grand que l `autre et que les deux dents très aigus et tordus sortaient de sa bouche ! La forme de sa tête était triangulaire et quand l`inconnu ouvrit la bouche pour lui dire bonsoir , notre monsieur Rochefort y vit les dents qui ressemblaient plutôt à ceux d`un requin enragé. Jacques cria et lui donna un bon coup de poing. La créature cria aussi :
- Au secours les citoyens ! Moi, je suis brutalement attaqué !
Le temps montrera que cette personne aura une remarquable carrière politique et qu`il cherchera toujours de semblables situations pour agrandir sa popularité. Le secours arriva très vite. Ils surgirent de la rue voisine comme deux diables ! Monsieur Rochefort était vraiment épaté ! Leur têtes étaient grandes et longues . Leur physique ne lui laissait aucune doute... ils étaient aussi monstres nocturnes ! Par rapport à monsieur qui criait , ces deux se sont montrés beaucoup plus agressifs.
Ils se sont immédiatement lancés vers le pauvre Jacques. Il voulait croire être dans un de ses pires cauchemars, mais il faisait froid, la neige était réelle et il devait le plus vite possible échapper à ses poursuivants. Heureusement les créatures glissaient et tombaient souvent. Jacques le profita et changeant vite la direction de sa fuite entra dans un des cafés qui étaient encore ouvert. Quel changement ! Là, il était chaud ; beau, confortable... Mais quand les habitués du café virent un étranger entrer ils se mirent debout et commencèrent à s` approcher de lui . Quoique la lumière n`y était parfaite, monsieur Rochefort remarqua que leurs visages n`avaient pas tout à fait des traits humains. De plus, il commencèrent à rire aux éclats . Le visiteur apeuré prit la plus proche lanterne et la jeta sous leurs pieds. Le plancher s`enflamma , les créatures reculèrent d`un pas ne cessant de crier et maudire ! Jacques sortit très vite, la porte resta ouverte. La rue était vide, ses poursuivants ont disparu. Courir, courir , c`était dans sa tête. Il rencontrait des passants , mais il n`osait pas de voir leurs faces. Tout d`un coup il se trouva devant la boulangerie de monsieur Picot. Sa demeure n`était pas loin et bientôt il la remarqua. Mais il fallait y arriver. Le pauvre monsieur Rochefort devenait de plus en plus faible après chaque pas. À dix mètres de l`entrée il s`est évanoui et tomba sur la blancheur de la rue.
Quelle ironie de mourir gelé à quelques pas de sa maison, de sa chambre , de sa vie quotidienne... Mais il ne mourut pas. Quand il ouvrit les yeux il vit sa chambre, son lit et sa bonne qui était assise sur son bout. Elle le fixait d`un regard compatissant. Elle lui expliqua que son voisin, monsieur Lafoin l`a vu étendu sur la rue.
- C`est lui qui vous a sauvé la vie , dit – elle. Vous étiez sans connaissance sentant beaucoup l`alcool .
- Évidemment , j`étais ivre de nouveau murmura -t-il .
- Heureusement , monsieur Lafoin aime regarder par la fenêtre. Même la nuit parce qu`il a souvent du mal à s`endormir. Il est sorti tout de suite et nous a appelés.
- Et moi, est – ce que je dormais bien la nuit dernière ? , demanda monsieur Rochefort d`une voix calme et étrange...
- Pas du tout , monsieur Rochefort ! , cria la bonne. Vous transpiriez beaucoup, vous divaguiez sans cesse et on était obligé d `appeler monsieur Bobinaud , votre médecin personnel ! Il vous a préparé un calmant et vous l `avez bu .
- Oh, je savais, en effet , je sais , parbleu, j`avais de nouveau des cauchemars , commentait notre jeune Jacques. Et le médecin, il m `a examiné ?
- Oui... vous n`êtes pas malade , mais vous devez changer le plus vite possible vos habitudes... et la mode de vie... De plus, il m`a dit que la nuit dernière il y avait pas mal d`événements nocturnes dans les environs.
- Alors, ce vieux bavard , qu’ est – ce qu’ il t ' as raconté hier soir ? demanda monsieur Rochefort baillant un peu .
- Plein de choses... quelqu’ un a attaqué le redoutable juge Parot qui aime se promener de temps en temps la nuit, une prostitué a été tuée et un fou a provoqué la grande incendie chez le vieux Bonart . Son café et trois maisons près de lui ont été brûlés de fond en comble. Donc , vous avez manqué pas mal de choses hier soir monsieur Rochefort.
- Bien sûr que je les a manqués ! , dit – t – il. Veuillez me laisser un peu seul, madame Charrier, j’ ai tellement besoin de la paix. J ’ ai mal à la tête. De plus , les conseils de monsieur Bobinaud me forcent d’ en réfléchir profondément .
Quelques temps après la sortie de la bonne , le jeune monsieur Rochefort sortit de son lit, ouvrit une tiroir de sa commode où il cachait son nouveau médicament. Bientôt il avait dans ses mains une longue pipe de bambou et une petite boîte d’ acacia. Il y a trois mois qu ’ il a commencé à fumer l’ opium qu’ un commerçant de Toulon lui envoyait régulièrement , chaque semaine. Monsieur Jacques Rochefort, le jeune et le seule héritier d’ une riche famille parisienne n’ attendait que cela ces derniers jours... Ainsi il essayait d’ apaiser son mal du siècle .
- Oui , maintenant , je dois comprendre qui était le vrai monstre... Moi qui ne supporte plus les habitudes et mœurs de cette époque ou ce maudit opium qui me donne de la force d’ oublier tout et enfin survivre un jour de plus ? , se dit monsieur Rochefort continuant de fumer et regarder par la fenêtre une calèche passer tranquillement .

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Ivan Atanas · il y a
Merci pour vos mors d encoueagement, je n avais qu une ambition - ecrire une interresante nouvelle. Cela m aide aussi a ameliorer monimagination creative. Alors tous les commentaires sont bienvenus.
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Arlo · il y a
Effrayant et captivant. Nouvelle fort bien écrite mais hors compétition, puis-je vous demander pourquoi?
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