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Le capitaine

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Luc Michel

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Assis sur le tronc d'un vieux chêne, le capitaine ôta sa casquette, la posa sur l'arbre et, selon son habitude, se mit à parler : - En fin de compte, voyez-vous - il s'adressait à on ne sait qui – j'ai sillonné les mers, je suis allé partout, me compromettant parfois pour des sottises, j'ai tissé des liens, pour m'en défaire l'instant d'après, juré fidélité sans y penser vraiment ou au contraire reçu de semblables promesses jamais consenties par la suite ; j'ai été seul, souvent. Alors, quand on fait le compte, quand on fait le compte de tout ça... Et il resta ainsi, songeur, la tête baissée, les yeux fixés sur le sol. Il était tellement absorbé dans ses pensées qu'il n'entendit pas le léger craquement de feuilles derrière lui.

- Vous êtes bien le capitaine Mendelsson ? Il sursauta.
- Oh ! Vous m'avez fait une de ces peurs ! Oui, c'est bien moi. Qui êtes-vous ?

Une jeune femme se tenait maintenant devant lui. Elle avait un large chapeau, de longs cheveux noirs, une ombre lui passait sur le visage – c'était une ombre presque transparente, comme une sorte de voile, quelque chose d'impalpable. - Encore cette ombre ! (Depuis quelque temps, le capitaine voyait des ombres partout). Elle m'empêche de vous...

- Venez ! lui dit la femme. Et elle lui prit la main. Ils marchèrent en silence, côte à côte, parmi les arbres. Ils étaient dans une forêt immense ; la forêt bordait l'océan ; au loin, sur un bateau au mouillage, des marins attendaient. Ils jouaient aux cartes, fumaient la pipe, la plupart pensaient au retour, à leur petite femme chérie, aux enfants qu'ils avaient presque tous, et ils se fichaient bien d'être là où ils étaient. Le capitaine avait dit : - Je reviens !

Il était comme ça le capitaine. Parfois on l'attendait des jours et des jours. Il finissait toujours par réapparaître, les cheveux en bataille, le regard un peu perdu, la casquette de travers. Mais quand il reprenait les commandes, on n'en parlait plus. Il fixait l'horizon, disait « Hissez le foc ! », toutes ces choses-là, et le navire reprenait sa course. Elle avait mis sa main dans la sienne, il en avait ressenti aussitôt un apaisement profond ; cette femme aux traits légers, au visage si doux en apparence où bataillaient des ombres invisibles l'avait envoûté dès la seconde où il l'avait aperçue. Ils marchèrent encore, sans se dire un seul mot, enlacés, parmi les arbres, dans le bruissement lumineux des feuilles, traversés tous les deux d'ombres et de lumières ; parfois elle marquait le pas, semblait regarder le ciel, on aurait dit qu'elle allait parler à quelqu'un, le capitaine fronçait les sourcils... Et puis, la seconde d'après, elle se tournait vers lui, une tâche de lumière sur le front ; elle lui souriait d'un sourire qui n'existait pas sur la terre et le capitaine écarquillait les yeux et remontait sa casquette bien en arrière de son crâne. « Voilà une chose que je n'avais encore jamais éprouvée ! » Se dit-il. Sans bien savoir de quoi il s'agissait.

- Tu sais, lui dit-elle, ça ne t'ennuie pas si je te tutoie ?
- Non, pas du tout.

Il lui semblait la connaître depuis toujours.

- Tu sais, elle soupira... J'aime bien les marins ! Les autres gens sont souvent ennuyeux, la terre ça rend lourd, tu comprends... ?
- Je m'appelle Emeterio, dit-il sans répondre à sa question et sans qu'elle ne lui eut rien demandé à ce sujet, c'est un prénom espagnol. Un prénom peu usité... Souvent mes camarades se moquaient de moi à l'école...
- Je n'ai plus vraiment l'habitude des prénoms tu sais... alors va pour Emétério...
- Où allons-nous ?
- Je ne sais pas... Par là peut-être...
- Ta voix... Comme surgie de nulle part... Elle parvient jusqu'à moi et pourtant... Et puis je ne te vois pas vraiment... Cette ombre, elle recouvre ton visage... Qui es-tu ?
- Aucune ombre ne recouvre mon visage. Dis-moi Capitaine, aurais-tu peur de la mort ? On m'avait dit que les marins n'avaient pas peur de la mort...
- Pourquoi dis-tu ça ?

Le capitaine s'arrêta brusquement.

- Ne crains rien... Tu entends la forêt ? Écoute ! Il y a des ombres ici aussi, elles font le bruit que fait le vent, là... Autour de nous... Tu les entends ? Tu as peur ? Les marins n'ont pas peur... Alors peut-être que tu n'es pas un vrai marin ?
- Je suis un vrai marin. Que connais-tu des marins ? Les marins ont peur. Ils ont peur le soir, surtout. La nuit la mer fait des bruits terribles, elle creuse des tombes un peu partout et ces tombes se soulèvent en d'énormes vagues ; elles jaillissent, fantômes terrifiants, et s'abattent sur les navires en hurlant des chants semblables à ceux des dauphins, des chants stridents, inconnus des hommes, des chants venus du fond de l'univers. La nuit, la mer est un monstre aux crocs acérés, tous les marins ont peur de la nuit, je n'en connais pas un seul qui n'ait pas peur de la nuit ! Qui es-tu ?

Le capitaine avait soudain terriblement peur ; il tremblait de tous ses membres, un instant il ne sentit plus la douceur de cette femme, elle le terrifiait ; elle mentait et pourquoi regardait-elle le ciel en clignant des yeux ?

- Mendelsson, ça n'est pas très espagnol... Elle se mit à rire...
- Mon père était Suédois. Il est mort. Ne te moque pas, s'il te plaît.
- Bah !... Moi aussi je suis morte !
- Qui es-tu ? Tu n'es pas morte puisque tu es là avec moi. Tu ne respectes donc rien ?
- Il était marin ton père ?
- Non, il chargeait des caisses dans un supermarché. Nous habitions une petite ville, tout au nord de la Suède. Ma mère ne travaillait pas. On vivait dans une petite maison face au port ; elle avait appartenu autrefois à un pêcheur... Ça sentait un peu le poisson dans ma chambre. Un jour, il neigeait, un jour un bateau a accosté. Il était différent des autres bateaux. A l'intérieur une fille se tenait penchée, la nuque en avant, une mèche de ses cheveux sur ses joues, moi je voyais tout ça depuis ma chambre ; la cabine était éclairée par la lune malgré la neige ; c'était un peu irréel. J'avais besoin d'irréalité, j'ai toujours voulu fuir le monde, je crois...
- Et alors ?
- Et bien, j'ai dit au revoir à ma mère et j'ai salué mon père...
- Et tu es parti...
- Non. Pas ce jour-là. Je suis allé à l'école, j'étais encore un enfant. Mais je savais qu'un jour je deviendrai marin.

Tout en parlant, le capitaine tremblait ; une brise d'abord légère fit s'agiter les branches, là-haut, tout en haut, puis le vent forcit et l'on sentait qu'une tempête se préparait. Sous la ramure des arbres, tout n'était que paix, douceur, silence... Paix, douceur, silence... Il se sentit à nouveau rassuré, enveloppé d'une sorte de douce quiétude à ses côtés... Ils étaient peut-être quelque part, tout en dehors du monde...

- Je sais ! Je suis en train de m'endormir pour toujours ! La mort ! Tu es la mort !

Le capitaine jeta violemment sa casquette à terre.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Pas besoin de tout ce stratagème ! Je l'aurais accepté, tu sais... Pourquoi...
- Parce que je ne suis pas la mort, tout simplement. Et ensuite...
- Quoi et ensuite ?
- Comment es-tu devenu marin pour finir ? Mais le capitaine avait bien autre chose en tête... Derrière la forêt, les marins sifflaient des airs en se tapant sur les cuisses ; l'alcool coulait à flots, il faisait très chaud, la mer s'agitait un peu sous l'effet du vent et ils aimaient ça : sentir la mer bouger sous leurs pieds. L'un deux dit : - Et le capitaine ? - Il est avec sa casquette ! Et tout le monde se mit à rire.

- Je suis devenu marin à cause de la fille. Elle venait chaque année. Son père avait pris cette habitude de ravitailler dans notre petite ville. Il était Hollandais, il l'avait adoptée. Elle avait la peau noire, elle était très belle. Quand j'ai eu dix-sept ans, je suis tombé amoureux d'elle.
- Ta mère a dû beaucoup pleurer...
- Je ne sais pas. Ma mère me disait que j'étais trop jeune pour partir...
- Oui, sans doute... La femme lui dit qu'elle éprouvait du chagrin pour elle.
- Un enfant qui s'en va, c'est triste, c'est à ce moment-là qu'une mère sait qu'elle devra mourir un jour, avant elle l'avait oublié...
- Pourquoi dis-tu ça ?
- Parce que c'est comme ça, il faut qu'une vie pousse l'autre... C'est bien ce que disait ton père n'est-ce pas ? Elle écoutait toujours ton père. Ils s'aimaient beaucoup n'est-ce pas ? avait-elle ajouté.

- Oui, c'est vrai, ils s'aimaient beaucoup... Comment sais-tu tout cela ?
- Peut-être parce que la vie c'est toujours pareil...Continue, s'il te plaît... Il raconta.

Le bateau longeant les côtes scandinaves, se dirigeant plus au sud... La fille à la peau noire... Elle avait rencontré là-bas un homme à la peau noire comme elle, elle l'avait salué depuis la terre et n'était jamais revenue. Son père, le hollandais avait dit : « Ma fille c'est ma vie, je ne bouge plus d'ici, je te laisse le bateau, va-t'en ! »

- Ils s'aimaient beaucoup...Répéta le capitaine, perdu dans ses pensées.
- Et après ?
- Après quoi ?
- Après quand tu es parti seul avec le bateau...
- Et bien...
- Il le fallait bien non ?
- Oui, que faire d'autre ?
- Continue, je t'en prie...
- A quoi bon ? Tu l’as dit toi-même, la vie c'est toujours pareil... Alors on pourrait en faire défiler des vies, comme ça, tant et tant, des milliers de vies ; et des capitaines il y en a tant et tant qui sillonnent le monde, aucune n'est tout à fait la même, mais chacune est une histoire où l'amour est mêlé, et puis à la fin, des moutons se forment sur le ciel, la mort t'emporte...
- Alors pour toi rien ne sert à rien ? Continue, je t'en prie... Continue... Elle se fit suppliante.

Il dit qu'il n'avait pu se résoudre à la solitude, à ce qu'elle soit partie, comme ça, sans un mot, et puis... - Et puis, je suis devenu pêcheur. Nous étions une dizaine, des hommes que je recrutais ici ou là, et à chaque escale, un autre venait, demandait s'il y avait du travail, je n'ai jamais rien su refuser à personne. J'ai rencontré d'autres femmes... Celle-là, c'était la première, tu comprends ?
- Oui
- C'était la première... j'ai fini par l'oublier. C'est étrange... On ne s'en rend pas vraiment compte d'ailleurs.
- C'est vrai ? Tu l'as oubliée ?
- Oui, peu à peu je n'y ai plus pensé... Parfois, certains rêves... Parfois elle revient encore, presque jamais... Tout cela nous échappe au fond... Mais l'aimer, non, je ne l'aime plus. Un jour, bien des années plus tard... J'ai voulu revoir mes parents... Mais j'ai appris plus tard que ma mère était morte peu après mon départ, et lorsque je suis revenu au village, les gens m'ont dit que mon père était parti... Je n'avais donné aucune nouvelle... Des années se sont écoulées... Il est trop tard à présent...J'étais jeune, je voulais me déprendre d'eux je suppose... On ne sait pas la plupart du temps le mal que l'on peut faire réellement à ceux qu'on aime, sinon on ne le ferait pas. Peu à peu ce bateau devint ma maison, les gens dans les bureaux envient cette existence, ils s'imaginent qu'un marin comme moi...
- On ne peut pas en vouloir aux gens de rêver, c'est pour cela qu'ils ont tendance à tout confondre.
- Un jour, c'était un soir, nous avons accosté sur une petite île, au large de Valparaiso ; là-bas la mer est froide, un vent glacial te pénètre jusqu'à l'os, c'était l'île de Santa-Clara. Lorsque nous y sommes arrivés, le soleil tombait dans la mer, elle était sur le quai.
- Elle ? Mais le capitaine ne répondit pas. Il s'était à nouveau perdu dans ses pensées.
- Je l'ai aimée dès le premier instant...
- C'est vrai ?
- Oui, c'est vrai... Pourquoi te mentirais-je ? Je l'ai aimée de tout mon être dès l'instant où mon regard s'est posé sur elle... Ce sont des choses qui ne s'expliquent pas. Rien ne remplace l'amour, sans amour la vie n'a aucun sens, dans ces moments-là, tout s'éclaire bien sûr... Après c'est différent... On oublie à nouveau...
- Alors, elle aussi, tu l'as oubliée ?
- Non, elle, non. Pas elle...
- Et ensuite ? - Elle avait déjà été mariée. Son mari était mort, elle l'avait aimé profondément... Parfois il me semble qu'elle m'aimait peut-être... Au moins autant que lui...
- Oui.
- Nous sommes restés un an sur cette île. Un riche armateur souhaitait transporter jusqu'à Santiago des tonnes de marchandises. Mais il fallait attendre car tout n'était pas prêt. Peu de bateaux passaient dans le coin. Il nous avait suppliés d'attendre. Il n'avait pas confiance dans ses compatriotes. Il payait tous les frais jusqu'au jour du départ. Je me suis installé avec elle. Nous nous sommes mariés quelques mois à peine après mon arrivée. Ils avaient dépassé la forêt et ils allaient maintenant dans une vaste clairière, parmi les herbes hautes ; de lourds nuages noirs éclairés d'un soleil oblique brillaient dans le lointain... Sur le bateau les marins s'étaient endormis, une brume épaisse enveloppait leurs corps, le bateau dansait... Il lui dit - et sa voix n'était plus qu'un murmure - :

- Celle qui était devenue ma femme est tombée enceinte...

Mais sa voix n'était plus qu'un murmure, la brume venait maintenant sur eux... Il lui dit ce qu'elle savait déjà, il était parti livrer la marchandise... Elle serra plus fort sa main dans la sienne et il ne pensa plus à rien d'autre qu'à ce passé enfui ; il aurait voulu tout recommencer, reprendre sa vie, leur vie à tous les deux, à cet instant même, celui où il l'avait aperçue sur le quai, parce qu'il y a des instants où tout peut se rejouer... Ils étaient dans cet instant là, avec leurs deux mains liées, même s'ils ne se regardaient pas. Quand il était rentré chez lui et qu'il avait accosté au port, une femme en noir l'attendait. Elle lui avait annoncé la nouvelle. C'était sa mère.

- L'enfant n'a pas survécu non plus, m'a-t-elle dit.

La voix du capitaine se perdit dans la brume ; il se tourna vers elle.

- Je suis là, ne t'inquiète plus, dit-elle.

Elle avait sa main dans la sienne, cela le remplissait de joie... Alors pour la première fois, il la vit telle qu'elle était, le voile qui la recouvrait jusque-là s'était envolé ; il vit son visage, les contours de ce visage tant aimé... Tout était là, si net ! Il l'effleura de ses doigts, il caressa ses yeux, il ne voulait pas en perdre une seconde de ce moment, sentir sa joue contre la sienne, éprouver son regard, elle était si belle! Encore un instant, juste un peu... Et puis... Comme toujours... Au paroxysme même du réel lorsqu’enfin tout semble possible et qu'on ne doute plus, son rêve prit fin et il ne put que saisir les paroles de la femme qu'il avait tant aimée :

- Je suis là, dit-elle une dernière fois. Je suis revenue. Je ne suis pas morte tu vois.
- Les songes sont terribles... Poursuivit le capitaine qui était encore un peu dans son rêve...Terrible est la lucidité des rêves ! Alors plus rien d'autre n'existe que ce qui n'existe pas, et ce qui t'échappe, ce qui est fini, ce qui est mort, du moins le croyais-tu, t'apparaît, comme un paysage après l'orage : net, lumineux, on sait que cela ne durera pas...Oui pourquoi mourir ? Tu es là... Tu es revenue...Mon Dieu...Mon Dieu...!

Le capitaine leva les yeux, elle avait disparu, il lui sembla la voir s'envoler vers le ciel et, comme à chaque fois, un immense chagrin s'empara de lui. Il reprit le chemin de la plage et attendit. Demain on viendrait le chercher. Ils avaient l'habitude, avec le capitaine c'était comme ça. - Hissez la grand voile ! dirait-il en plaisantant. Et tout le monde lui donnerait l'accolade, on lui taperait doucement sur l'épaule ; chacun sur le bateau connaissait par cœur l'histoire du capitaine
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Artvic · il y a
L'amour ! Cela ne s'explique pas ! Ça se sent! Bravo !
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Gali Nette · il y a
Très beau texte. Qui n'a pas eu l'envie au moins une fois dans sa vie de s'isoler pour parler à un être aimé qu'il soit loin ou disparu...
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Line Chatau · il y a
Très beau récit et tellement bien écrit! Je suis très contente de ne pas être passée à côté.
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Luc Michel · il y a
Merci Line d'être passé et surtout très heureux que mon texte vous ait plu !
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Brocéliande · il y a
c'est un texte superbe...j'aime ce capitaine et ses mysteres d'amour de mort de vie...et puis la mer parce que "la terre trop lourde "...c'est beau....
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Luc Michel · il y a
Un grand merci Brocéliande...A vrai dire j'attendais un peu ta visite sur ce texte (sans obligation pour les autres bien sûr!); je me suis dit qu'il devrait te plaire...Vraiment ravi de ta visite et de ton appréciation !
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Brocéliande · il y a
Merci Luc...tu ne t'es pas trompė...il me plaît ton capitaine et je me suis regalėe à te lire...un voyage sans partir...joli moment....il en faut d'autres sous ta plume...des Qui emmėnent loin....oui oui...
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Jenny Guillaume · il y a
Un dialogue avec ses souvenirs intéressant et très émouvant :) J'ai bien aimé Luc ! Quelques fautes et ponctuations à revoir mais ce qui m'a surtout posé question à la lecture, c'est l'époque. Au début, j'imaginais des marins de l'époque des pirates. En fait non, mais les longues escales régulières où le capitaine se perd sur des îles qui semblent désertes, ça m'intrigue. Autre énigme pour moi : le prénom espagnol... Ce ne sont pas des critiques, plutôt une envie d'en savoir plus ;) !
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Luc Michel · il y a
Merci Jenny ! Pas de problème, je suis preneur pour les fautes, bien au contraire car je me sais limité dans ce domaine (et pas que dans ce domaine!) ; pour le reste... Disons que, bien souvent, je commence un texte sans trop savoir où je vais. Quant au prénom...j'ai une tante française, mariée à un espagnol et mon cousin s'appelle Emétério ( c'est un prénom du style Ursule en France); comme tout le monde se moquait de lui, il utilise son deuxième prénom qui est Thierry. Bref, rien de bien mystérieux (enfin pour moi). Sinon, je ne sais pas si tu l'as compris comme ça, mais le capitaine rêve, il a perdu sa femme, il éprouve, au hasard des escales, le besoin d'être seul; il se met à rêver et sa bien aimée lui apparaît...Il croit au pouvoir des rêves...un peu comme lorsque nous rêvons et qu'on est certain de vivre réellement ce que l'on est en train de rêver. Dans son cas, c'est assez tragique, mais peut-être que ça lui fait du bien. Je ne saurais t'en dire plus...On se laisse souvent ( à tort parfois !) par les mots, les idées plus ou moins précises qu'on a dans la tête !
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Jenny Guillaume · il y a
Merci pour les précisions ^^ Oui, on comprend l'histoire du capitaine, c'est réussi et les remarques des marins viennent apporter une touche d'humour. Je t'écris un message pour les fautes ;)
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Patricia Burny-Deleau · il y a
Pauvre capitaine !
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Luc Michel · il y a
Oui, c'est tout à fait ça! Moi aussi, je ne peux pas m'empêcher de dire ça, tout simplement ! Merci encore Patricia !
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Anneh · il y a
Trop beau !!
Bravo pour cette histoire pleine d'émotions

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Luc Michel · il y a
Merci pour cette exclamation Anneh! , elle me touche énormément...
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Francine Lambert · il y a
Un récit à mi-chemin entre réel et fantastique, rêve du capitaine plongé au cœur de ses souvenirs, de ses regrets aussi, ponctué d'images floues et de dialogues dans lesquels il se dévoile progressivement. J'ai vraiment cru pendant un moment que cette femme était la personnification de la camarde et que le capitaine vivait ses derniers instants, le retour à la réalité crée donc un véritable effet de surprise. Un récit complexe finement construit qui entraîne donc le lecteur sur des sentiers trompeurs . . . A bientôt Luc !
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Luc Michel · il y a
Et bien j'étais parti là-dessus au départ... Et puis, je me suis dit que c'était trop banal...( à la fin la mort devait l'emporter sur son dos, quelque chose comme ça); alors j'ai essayé de brouiller les pistes... Et finalement, la solution la plus simple m'est apparue : le capitaine rêve, voilà. Mais attention, autre écueil : des gens qui se réveillent d'un rêve et se disent : " zut alors, j'ai rêvé ", en général c'est " piégeux" pour un auteur, on tombe vite dans une autre banalité. Alors j'ai essayé d'éviter la chute trop brutale, faire en sorte d'accompagner le lecteur, comme si tout ça était naturel et essayer de créer une ambiance...Bref c'est un texte sur le pouvoir des rêves en somme...Ouf, quelle explication vaseuse (et prétentieuse) ! :))) Merci Francine pour cette analyse très fine et qui correspond très bien à ce que j'ai voulu dire.
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Francine Lambert · il y a
Au contraire votre explication éclaircit le cheminement de l'écriture . . . c'est très intéressant car cette hésitation que j'ai sans doute ressenti en vous lisant et elle a ravivé ma curiosité. Merci pour ce message plein d'intérêt Luc et bonne journée !
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Louisa · il y a
Des souvenirs qui affluent les uns après les autres, comme les vagues. La réalité revient et le voyage repart jusqu'au prochain port. Texte émouvant pauvre capitaine qui vit sa solitude sauf en rêve.
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Luc Michel · il y a
Super, c'est bien ça, exactement ça. J'avais peur qu'on y comprenne rien et finalement non. Un très grand merci Louisa !
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Emsie · il y a
Voilà un texte atypique et saisissant, avec une écriture très personnelle ! Je me suis laissé porter par ce souffle mi-fantastique, mi-onirique, toujours poétique. Joli travail, Luc !
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Luc Michel · il y a
Merci Emsie ! Il m'a donné un peu de mal ce texte... Je l'ai réécrit plusieurs fois, oui là je peux dire que j'ai travaillé ! Le problème quand on travaille un texte c'est qu'on est jamais tout à fait content du résultat ! :)))
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Emsie · il y a
Ah, ça me fait plaisir de lire ça, je me sens moins seule !!! :-) Plus sérieusement, c'est vrai que quand on veut bousculer un peu ses codes habituels, la difficulté est décuplée. Mais la prise de risque en valait la peine !
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