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Le bracelet de jouvence

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Joëlle Brethes

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FINALISTE
Sélection Public

Ludmilla traversa le jardin presque en courant, se précipita dans la maison. Elle, d'ordinaire si coquette, s'était vêtue à la hâte, avec ce qui lui tombait sous la main. Son visage respirait l'angoisse.
Martial, ses deux aînés et quatre de ses petits-enfants regardaient, fascinés, un match de foot holographe. Seul le vieil homme tourna la tête quand Ludmilla pianota sur la cloison pour signaler sa présence.
Elle se tut d’abord, embarrassée, puis :
— Tu as fini par l'acheter ? fit-elle en désignant le coûteux appareil.
— Eh oui ! Je me suis enfin décidé, fit Martial.
Il reporta aussitôt ses yeux vers le terrain virtuel où les joueurs s'affrontaient.
— Je peux te parler ? demanda Ludmilla.
— Ça ne peut vraiment pas attendre ? protesta Martial, la rétine décidément scotchée au terrain.
— Non ! larmoya Ludmilla.
Se levant à regret, le vieil homme précéda sa compagne dans le petit salon attenant où régnaient calme et fraîcheur. Ludmilla se prit à regretter cette maison où elle avait vécu des heures si agréables. Si seulement elle pouvait revenir en arrière !...
Mais elle savait bien que, si elle avait à choisir de nouveau, de nouveau elle partirait.
— Qu'est-ce qui t'arrive encore ? soupira Martial.
— J'ai besoin d'argent... vingt ou trente mille euros.
— Vingt ou trente mille euros !
Martial siffla et secoua doucement la tête :
— Impossible en ce moment. J'ai ré-équipé entièrement la maison et offert aux enfants un voyage dans les îles. Toutes mes disponibilités y sont passées.
— À ce point-là ?
— Pas tout à fait mais presque ! reconnut Martial. De toute façon je t'ai suffisamment gâtée, il me semble ! Sans compter la poignée d'emprunteurs que j'ai déjà remboursés pour toi et à qui, soit dit en passant, j'ai bien indiqué que je ne donnerais plus rien...
— Je sais, bredouilla Ludmilla.
Elle s'était, en fait, adressée à ses créanciers habituels avant d'arriver chez son ex mari, en ultime recours.
— Mais... ne devais tu pas te remarier avec Frédéric de Brussière ? Pourquoi ne pas demander une avance à ce monsieur dont les finances sont, et de très loin, plus saines que les miennes ?
Ludmilla baissa la tête. Le mariage ne se ferait pas. Frédéric avait par hasard découvert tout ce qu'elle lui avait caché, et il avait rompu en la priant de disparaître de sa vie.
— J'en suis désolé pour toi, fit Martial, apitoyé. Désolé mais dans l'incapacité de te dépanner. Pourquoi ne vends-tu pas ce sur-bracelet qui m'a coûté, en son temps, presque le quart de ma fortune... Ça devrait te permettre de faire florès quelques mois encore.
Sa main s'était avancée vers le bras de sa compagne et caressait le bracelet, un large bijou de platine incrusté de pierres précieuses et de diamants.
Mais Ludmilla secouait la tête avec désespoir.
Il crut qu'elle ne pouvait se résoudre à laisser voir le bracelet de jouvence que le luxueux et coûteux sur-bracelet cachait aux yeux indiscrets ou envieux et il ricana un peu méchamment. Il était certes évident qu'exhiber ainsi « la cause de sa beauté inaltérable » ferait fuir la majorité de ses courtisans : quel homme sensé accepterait « d'épouser » une longue perspective de traites à payer alors que la véritable fraîcheur, la véritable jeunesse se trouve à presque tous les coins de rue !
Mais ce n'était pas à cela que pensait Ludmilla. Son sur-bracelet, elle l'avait vendu depuis longtemps. Celui qu'elle portait était une simple copie en toc...
— Aide-moi encore une fois, supplia Ludmilla. Aide-moi et je te promets...
— Non ! fit Martial. C'est ce que tu dis depuis des années et ce que tu diras toujours. J'ai eu tort de ne pas mettre le holà quand il en était encore temps. Fais comme tout le monde, que diable ! Vieillir n'est quand même pas un drame ! Suis-je si répugnant que ça, moi ?
Cheveux blancs, fanons, poches sous les yeux... Bien que portant très honorablement ses soixante-dix ans, Martial n'avait plus rien du séducteur qu'il avait été entre vingt et trente-cinq ans. C'est d'ailleurs pour se faire pardonner une série d'infidélités qu'il avait offert à Ludmilla le bracelet de jouvence et son double en platine. Ludmilla en avait été transformée. Elle s'était dissipée au cours des années suivantes tandis que lui s'assagissait ; ils avaient dû envisager le divorce pour mettre fin aux conflits de plus en plus pénibles qui les opposaient... Ils ne s'étaient cependant jamais perdus de vue et Martial avait toujours été là pour aider son ex épouse à payer les traites de plus en plus rapprochées.
Mais c'était fini.
— De toute façon, tu n'as pas d'autre choix que vendre ce sur-bracelet ou accepter de laisser le temps faire son œuvre. Allons, ne fais pas cette tête là. Tu savais bien que tu ne pourrais pas supporter jusqu'au bout les frais de cette pseudo cure. Même les plus riches ne le peuvent pas. Et heureusement ! La vie est déjà assez injuste comme ça.
Ludmilla fit la moue. Tout ce que disait son ex était vrai, bien sûr. Dès le début elle avait été avertie que la fréquence des jouventaxes accélérerait avec le temps. Mais elle espérait...
— Un miracle ?
Il riait sans joie en contemplant cette femme qui avait le même âge que lui, mais qu'on avait successivement pris pour sa fille puis pour sa petite-fille quand il leur était arrivé de sortir ensemble.
Les yeux du vieil homme effleurèrent avec une tendre admiration la chevelure brune, souple et soyeuse, qui cascadait sur les épaules de sa compagne. Une taille fine, des hanches rondes, de longues jambes... Ludmilla n'était pas une femme, c'était une statue. Une statue que le temps grignotait de l'intérieur, à la façon des termites dans un meuble, et qui d'ici peu, hélas...
— Je ne suis pas encore prête ! sanglotait Ludmilla. J'ai encore besoin d'un peu de temps.
— C'est non ! Définitivement non ! fit Martial avec lassitude. Mais si tu veux revenir à la maison, la porte est ouverte. De jour comme de nuit. Elle est restée ouverte depuis ton départ.
Il quitta la pièce pour aller retrouver ses enfants, son match.
Elle se laissa tomber dans un fauteuil et sécha ses larmes. Réfléchir. Vite ! Et se décider. Vite !
C'est le premier picotement à son poignet qui l'avait alertée le matin même. Le « délai de retard » autorisé était révolu, et elle avait vingt-quatre heures pour aller régler sa jouventaxe. Le flux des hormones de jeunesse avaient donc été télé-stoppé et elle était en sursis pour quelques heures. Ce délai de grâce écoulé, un autre picotement lui apprendrait que les nouvelles hormones étaient libérées et commençaient à courir dans son organisme... Le temps, qui s'était arrêté pour elle pendant quarante ans, se remettrait en route et mettrait même les bouchées doubles.
Elle savait exactement ce qui lui arriverait. Et elle en frissonnait de terreur.
Des conférences et des courts-métrages d'information étaient toujours loyalement donnés aux potentiels clients qui signaient ensuite leur contrat en connaissance de cause. Chacun savait ce qu'il lui en coûterait à la pose du bracelet de jouvence puis à la fin de l'année d'essai, puis au bout de quinze ans, puis dix ans plus tard, sept ans plus tard, cinq ans plus tard, deux ans plus tard, un an plus tard, six mois... Ludmilla avait été prise de vertige à l'énoncé de la fatale escalade et elle avait renoncé à suivre jusqu'au bout le calendrier. Elle pensait faire comme la majorité des gens : se ménager quelques belles années avant de retourner à l'ordre naturel des choses. Mais elle s'était laissé piéger. Elle n'était sûrement pas la seule.
Elle regarda autour d'elle. Voler et vendre le Corot afin de s'assurer la traite suivante ?
Un hourra jaillit de la pièce voisine. Un but marqué par la « bonne » équipe, évidemment. Ludmilla réalisa aussi que c'étaient ses fils et ses petits-fils qui avaient hurlé leur joie. Elle n'avait pas entendu la voix de Martial. Il est vrai qu'il ne devait plus être en état de profiter du spectacle après cette éprouvante conversation. Il devait avoir des remords pour l'avoir éconduite. Il s'inquiétait sans doute aussi pour elle.
Brave Martial !
Pauvre Martial !
Cher, très cher Martial qui, contre vents et marées, était toujours resté non loin d'elle.
« La porte est toujours ouverte », avait-il dit. Touchant, évidemment, mais le vieil homme changerait sans doute d'avis quand, ayant eu de longues années une femme de trente ans sous les yeux, il la retrouverait du jour au lendemain avec quarante ans de plus sur les épaules.
À quoi ressemblerait d'ailleurs la Ludmilla de soixante-dix ans qui, bientôt, jaillirait d'elle? Quels plis et replis, quels cratères patientaient sous sa peau actuellement si belle, si lisse, si douce ?
La jeune femme regarda de nouveau le Corot, se leva, tendit la main.
Non ! Impossible. Pas par honnêteté, en fait, mais par manque de temps pour négocier l'affaire avec efficacité. Ceux qui auraient pu être intéressés par la transaction la savaient aux abois et en profiteraient. Elle ne tirerait, au mieux, que le quart de la valeur du tableau et, en prime, s'aliénerait définitivement Martial.

Peu après, elle sortit de la maison.

Elle y revint dans la soirée, avec deux lourdes valises à bout de bras.
Martial ne l'entendit pas. Avachi dans un fauteuil, il contemplait avec tristesse son coûteux joujou holographe éteint.
Elle monta sans bruit l'escalier menant à la chambre libérée par sa cadette, installée avec mari et enfants dans une froide ville canadienne et elle s'y enferma.

Quelques jours plus tard...

— Ahhhh !... fit Martial, surpris.
— Ahhhh !... fit Ludmilla, désespérée d'avoir été découverte aussi rapidement.
Les deux époux s'étaient télescopés dans l'ombre. Ludmilla glissait vers la cuisine pour s'y restaurer discrètement et Martial avait ouvert, juste à ce moment là, la porte de sa chambre.
— C'est toi, Ludmilla ? murmura Martial, incrédule et ravi :
— N'allume pas, s'il te plaît, murmura-t-elle. Je ne veux pas que tu me voies... Pas encore.
Il lui obéit mais la serra un long moment contre lui. Puis il avança la main et elle se laissa caresser. Son visage raviné était couvert de larmes ; ses cheveux avaient perdu leur souplesse. Elle gémit. Ses pleurs redoublèrent.

— Je t'aime, dit-il simplement en l'entraînant à travers le couloir obscur.

Prix

Image de Eté 2016

355 VOIX

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Lélie de Lancey · il y a
Magnifique histoire, tellement agréable à lire ! J'ai aimé l'originalité du bracelet de jouvence et son prix, et puis... la merveilleuse fin, qui ramène à l'essentiel de la vie : l'amour. Très beau ! Merci :)
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Joëlle Brethes · il y a
Quel joli commentaire, Lélie : merci beaucoup ! L'amour est en effet essentiel quelle qu'en soit la "tonalité" (filiale, maternelle, amoureuse…)
Je te souhaite une excellente journée ! :) A très bientôt, j'espère !

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Lélie de Lancey · il y a
Avec plaisir. Une belle journée à toi aussi :)
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Eliza · il y a
Très belle histoire servie par une encore plus belle fin !
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Joëlle Brethes · il y a
Merci pour ce sympathique commentaire, Eliza ! et à bientôt pour d'autres textes :)
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Alain Derenne · il y a
Où trouve t'on les bracelets de jouvence Joëlle ?
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Joëlle Brethes · il y a
Le labo qui les produisait a stoppé la fabrication :( Il se contente de gérer la jouventaxe et de récupérer les produits quand leurs clients ne peuvent plus payer… Je peux vous mettre sur la liste d'attente pour en obtenir un "d'occasion", mais je dois vous avertir qu'il n'y aura aucune remise…
Ceci dit, merci pour votre intérêt pour ce produit et bonne soirée ;-) ;-) ;-)

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Alain Derenne · il y a
Oh vouiiii, même sans remise. bonne journée Joëlle.
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Pénélope · il y a
Traitement intéressant du thème du rêve de l'éternelle jeunesse , du prix à payer et de la tyrannie des apparences.
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Joëlle Brethes · il y a
C'est gentil d'être passée me lire, Pénélope !
Cette tyrannie fait commettre bien des erreurs et provoque de véritables drames : c'est un thème que j'ai développé dans plusieurs slams et plutôt sur le mode humoristique (Corps beaux / Régime anox...) Ne les cherchez pas : ils ne sont pas sur le site...
Bonne journée et à bientôt j''espère !

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SakimaRomane · il y a
Un récit actuel et maîtrisé...Bravo Joëlle :)
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Joëlle Brethes · il y a
Eh oui ! on porte souvent un intérêt disproportionné aux apparences ce qui fait qu'on se pourrit la vie (on pourrit au passage celle de certains autres) et on souffre avant de réaliser qu'il est des choses qu'on ne peut empêcher...
Merci, SakimaRomane et... à bientôt ! :)

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Emsie · il y a
Formidable histoire, tellement crédible ! Un pacte infernal, tellement illusoire. Et non moins belle chute qui ouvre une vraie perspective. J'ai beaucoup aimé la nouvelle autant que l'écriture.
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Joëlle Brethes · il y a
Quel joli commentaire ! Merci Emsie ! Comme j'apprécie également vos histoires et votre écriture, nous n'avons pas fini de nous croiser sur ce site ! :)
Bonne fête du travail : toute une journée chômée pour écrire ! ;-)

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Emsie · il y a
Je n'ai pas écrit ce (long) week-end, j'étais en voyage, lequel m'a donné de la matière pour de futures histoires ! A bientôt et bonne semaine :-)
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Plumareves · il y a
La permanence de l'amour inconditionnel face à la fugace futilité du miroir aux alouettes. Touchante Ludmilla...
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Joëlle Brethes · il y a
Merci, Plumareves ! J'ai eu beaucoup de plaisir à créer ces deux personnages et je suis heureuse que vous les ayez appréciés !
Bonne fin de week-end et... à bientôt pour d'autres textes :)

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Marie Hélène Peneau · il y a
Eh oui, comme disait un spécialiste, «  la laideur est supérieure à la beauté parcequ’elle dure » !
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Joëlle Brethes · il y a
Absolument ! De plus, en vieillissant, les inégalités esthétiques se comblent et celles qui en souffrent vraiment sont... les ex "belles" qui ne supportent pas ou supportent mal leur "déchéance" ;-)
Merci d'avoir pensé à venir me lire, Marie-Hélène, et d'avoir aimé cette nouvelle.
Bonne journée ! :)

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Sylvie Talant · il y a
Une SF qui donne à réfléchir. On y est presque vu le coût d'une injection de botox ou d'acide hyaluronique et il paraît que ça doit être renouvelé tous les 6 mois.
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Joëlle Brethes · il y a
Bref, faut être très riche pour rester "belle" ;-) Y'en a donc qui sont plus égaux que d'autres : super ! :( :( :(
Ma mère disait en outre qu'il est plus dur de vieillir pour les "belles" que pour les "moches"... Le problème est intéressant ! ;-)
Merci en tout cas d'être passée, Sylvie :) Bon week-end et à bientôt !
Bises.

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Serge Debono · il y a
Une bonne réflexion qui anticipe un peu sur un sujet néanmoins très actuel. Le tourment d'une femme accro à la beauté sous perfusion est très bien décrit, sans parler de l'environnement qui possède cette précision des grandes nouvelles SF. Je trouve votre récit passionnant, et votre style toujours aussi agréable. Bravo Joelle !
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Joëlle Brethes · il y a
Coucou, Serge :) Merci d'être passé de nouveau me soutenir et de m'avoir laissé ce beau commentaire qui me fait plaisir... J'ai un peu tardé à vous répondre, j'espère que vous me pardonnerez...
Amitiés.

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Serge Debono · il y a
Vous êtes toute pardonnée ma chère Joelle. A très bientôt. Amitiés ;-)
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