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Il marchait dans le décor d’un mauvais polar. La rue était déserte, rongée par l’obscurité. Le froid de février avait gelé la lueur des lampadaires en de faibles auras qui n’éclairaient qu’elles-mêmes. Le son de ses pas ricochait un instant sur les murs des maisons puis se perdait dans le noir. Pierre aimait ces heures sombres qui tranchaient avec l’agitation matinale du magasin. Il habitait à quelques rues de la boutique. Ça ne le gênait pas. Il aimait veiller alors que le monde dormait. Il prenait l’air et mettait de l’ordre dans ses idées. Et des idées, il en avait. Elles s’agitaient dans son esprit, se multipliant par association, passant du coq à l’âne, et de l’âne à l’étable toute entière. Ce foisonnement le réveillait parfois dans l’après-midi, écourtant ses moments de repos et le laissant fébrile. Il courait alors consulter sa vieille encyclopédie, à la recherche de la trouvaille géniale qui lui ferait gagner le concours.
Deux longues années qu’il travaillait sans relâche, sacrifiant ses soirées et ses jours de congés, les cumulant à ses nuits de labeur. Devenir MOF, Meilleur Ouvrier de France, arborer le col tricolore, prouver à tous qu’il n’était pas qu’un simple boulanger de quartier. C’était un rêve de gosse. Il avait testé toutes les recettes, roulé des centaines de baguettes, planché sur le moelleux de la mie et le croustillant de la croûte. Il ne pensait qu’à ces mélanges savants, la juste dose de sel ou de levure. Il avait sélectionné les meilleures farines, enchaîné toutes les cuissons possibles, affinant la procédure à la minute et au degré près. Pierre était confiant. Tant de préparation, tous les détails avaient été examinés, les problèmes solutionnés.
Il ne restait qu’à trouver l’idée pour son chef d’œuvre, réaliser le parfait décor de pain et de viennoiserie. Celui que personne n’avait jamais tenté et qui laisserait sans voix juges et concurrents. Il avait songé aux scénarios les plus fous, imaginant les sept merveilles du monde, pyramides briochées, phare d’Alexandrie en croûte de sucre ou jardins suspendus aux fleurs de chouquettes. Mais il fallait trouver le bon compromis entre éblouissement et contraintes techniques.
Alors l’idée juste, il la cherchait toujours.
Pierre venait d’arriver à la boutique. Le grincement dérangeant de la grille de protection acheva de lui remettre les pieds sur terre. Il avait devant lui une longue nuit de travail. Peut-être prendrait-il une pause de quelques minutes pour rêver de nouveau à son projet.
Il avait entamé le pétrissage des pains de campagne lorsqu’il entendit une porte claquer. Celle de l’arrière-cour, montée sur ressorts, qui se rabattait violemment quand on la laissait échapper. Pierre se figea, filtrant les sons de la boulangerie pour mieux guetter les alentours.
— Qui va là ? appela-t-il.
Il s’avança vers le fond de la pièce.
— La bourse ou la vie ! dit une voix rauque.
— Mais enfin mon pauvre vieux ! La bourse ou la vie ? C’est d’un ringard ! Tu viens de quelle époque ?
Pierre avait reconnu le Vagabond, ce curieux SDF qui depuis peu hantait le quartier. Une nuit plus glacée que les autres, il lui avait offert un sandwich ainsi qu’un moment au chaud dans l’atelier. Au fil des nuits, le sans-abri et lui avaient sympathisé. Un peu de distraction, quelques mots échangés, des plaisanteries sans cesse renouvelées.
— Quoi ? grogna l’intrus. T’as pas d’humour. Tu bosses trop.
— Allez, arrête de râler et viens donc manger un morceau.
Pierre avait pris goût à ces heures partagées. Il malaxait les pâtes et roulait les croissants tandis que le Vagabond lui racontait les histoires insolites de la rue.
Mais ce soir-là, Pierre restait préoccupé. Le concours, l’idée, le décor de pain. S’il avait abandonné les sept merveilles, il fallait quand même que son projet fût spectaculaire. Il ruminait et le Vagabond lui jetait des regards perplexes.
Vers six heures, les préparations étaient faites. Pierre pouvait s’accorder un répit.
— Viens voir ici, dit-il à son compagnon, tu vas m’aider à trouver un truc génial.
— Ah ! Ton concours idiot ! Vanité ! Gâcher autant de bon pain pour grossir ton ego !
Pierre ignora le sarcasme et ouvrit l’encyclopédie. Il feuilleta les pages sur la Renaissance italienne. Michel Ange, Raphael, question artistique, ces gars-là avaient de l’imagination à revendre. Le Vagabond s’était approché, regardant par-dessus l’épaule de l’artisan.
— Ah ! Lui c’est un chef ! s’exclama-t-il en désignant une reproduction.
La Cène. Jésus rompant le pain et le distribuant à ses apôtres.
— Qui, lui ? Vinci ?
— Vinci ? Qui c’est ce Vinci ? Mais non, j’te parle de Jésus, là, au milieu. T’es vraiment qu’un inculte. Ce Jésus, c’est le meilleur boulanger de la terre. À côté de lui, tes MOF, c’est des BOF !
— Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu t’es approché trop près du four ?
— Le meilleur boulanger, que j’te dis ! T’as jamais entendu parler de la multiplication des pains ? Il attrape une baguette, un p’tit tour de passe-passe, et hop ! Du pain pour tout le village ! Et j’te parle même pas des cruches d’eau qui tournent en bon pinard. Je te l’dis, moi ! En ce temps-là, les SDF devaient être moins malheureux.
Pierre n’avait jamais vu les choses sous cet angle. Un peu tiré par les cheveux quand même.
— Allez, de toute façon, faut que je fasse la mise en place. Je vais devoir te mettre dehors. Prend un dernier croissant si tu veux.
Le Vagabond maugréa comme à son habitude mais remercia celui qui n’oubliait jamais d’être généreux.
Dans les semaines qui suivirent, Pierre redoubla d’efforts. Pour sa pièce artistique, il testa les sculptures de Michel Ange. Mais le marbre semblait plus simple à travailler que la pâte au levain, facétieuse, gonflant d’un côté, s’aplatissant de l’autre malgré tout le savoir-faire déployé. L’artisan s’enferma dans l’atelier ainsi que dans un mutisme concentré. Chaque jour il remplissait la boutique, mais, sitôt les commandes honorées, il se cloîtrait à nouveau. Sa famille s’inquiétait mais ne le dérangeait pas, sachant toute l’importance de l’enjeu.
Et le jour arriva. Pierre était épuisé, mais toujours déterminé. Il ne gagna ni titre ni col tricolore. Une histoire de croûte brunie, une erreur de débutant. Tout ça pour ça ! Un petit pain trop cuit, et voilà qu’étaient oubliés les senteurs croustillantes et les moelleux parfumés. Écartés les saveurs toastées, les douceurs fruitées, le velouté de mies salées ou sucrées.
Mais les clients de la boutique ne s’y trompaient pas, trouvant que les pains trop ronds étaient suspects. Ils faisaient craquer les croûtes et soufflaient les restes de farine, choisissaient cette baguette, là, dans le fond, celle trop cuite ou trop blanche, parce que c’est ainsi qu’ils l’aimaient. Ils se délectaient de ces faluches au goût de savoir-faire et aux effluves de labeur, reconnaissant la passion de leur boulanger. Sa renommée enfla, populaire et modeste, comme poussée au levain.
Pierre était serein. Finalement, la vie était là, dans sa boutique, dans le va-et-vient du jour et le travail nocturne. Il avait exposé sa pièce artistique dans la vitrine : une énorme corne d’abondance faite de brioche et de pain d’épices, dont les anneaux mordorés s’élargissaient en rondeurs gourmandes et odorantes. De l’ouverture béante s’échappaient des amoncellements de biscuits, galettes et craquelins, coulaient les madeleines, sablés, quatre-quarts aux raisins secs ou aux pépites de chocolat.
Chaque nuit la corne multipliait les pains et distribuait ses largesses avant le lever du soleil, attirant démunis et sans-abris, soulageant la détresse en emplissant les ventres. Lorsque le rideau de fer se levait, au petit jour, les anonymes avaient disparu, discrets et silencieux. La boutique était rendue à son commerce. Pierre souriait.
Le Vagabond, quant à lui, n’avait jamais reparu.

PRIX

Image de Eté 2016
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Eve Roland · il y a
Un très joli texte, avec des allures de fable moderne. Je le découvre tardivement, mais avec grand plaisir !
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Jacky · il y a
Beaucoup apprécié la justesse de l'écriture juste et la sobriété du message. Bravo! Beaucoup de talent!
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Laetitia Remericq · il y a
merci Jacky pour ce très beau commentaire, je suis touchée.
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Margho · il y a
A vous de multiplier vos textes pour nous rassasier !
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Laetitia Remericq · il y a
Merci Margho ! Je ferai de mon mieux ! :-)
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Bennaceur Limouri · il y a
De ce récit merveilleux, je comprends que la gloire est dans le travail lui même pas dans le prix ou le titre pour lesquels on s'éreinte bêtement et avec acharnement. Il y a de la sagesse donc je vote.
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Laetitia Remericq · il y a
Merci pour ce très beau commentaire ! Oui, plus que la gloire, de l'accomplissement ! Souvent le chemin parcouru est bien plus gratifiant que l'objectif en lui-même... :-)
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Nastasia B · il y a
J'aime beaucoup ce texte.
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Pipiou · il y a
N'arrêtez jamais d'écrire, nous avons tant plaisir à vous lire. Merci
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Laetitia Remericq · il y a
Merci, c'est vraiment très sympa !
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Sandra Dullin · il y a
Un très bon moment passé en compagnie de Pierre. Belle histoire. Merci. +1
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Bruno Teyrac · il y a
Un régal, votre texte. Un protagoniste généreux, admirable pour son travail et sa passion. Une histoire très agréable à lire, qui m'a mis l'eau à la bouche. Mon vote, avec plaisir.
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Laetitia Remericq · il y a
Merci Bruno, ravie que le texte vous ait ouvert l'appétit !
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Plonx · il y a
Belle histoire sur les héros du quotidien. De ces petits riens qui sont tout. le pain, les mots, ...Merci de nous le rappeler. J'ai voté bien sur :)
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Laetitia Remericq · il y a
Merci Plonx, pour le vote et le commentaire !
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Pierrot · il y a
Pierrot j espère que vous allez gagner !!!
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Laetitia Remericq · il y a
C'est très sympa, merci !
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Mirgar · il y a
Très jolie histoire entre fantastique et réalité qui donne à cette profession de boulanger, Ô combien symbolique, la place qui lui revient.J'ai vraiment apprécié cette lecture.
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Laetitia Remericq · il y a
Merci Mirgar pour ce joli commentaire !
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Bisaigue12 · il y a
On sent même la bonne odeur du pain chaud , bravo!
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Laetitia Remericq · il y a
Merci Bisaigue12 !
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Lange Rostre · il y a
Bonjour. Voici un texte, bon comme le pain. je vote.
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Nastasia B · il y a
" À côté de lui, tes MOF, c’est des BOF ! " excellent. Pourrait aussi concourir dans la catégorie slam ! J'aime.
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Utilisateur désactivé · il y a
Bravo : je vote. J'ai lu les commentaires et j'étais persuadée à la lecture de votre texte que vous connaissiez très bien le métier.
Nouvelle sur SHORT, je débute en catégorie poésie et si le cœur vous dit, j'attends vos commentaires. Merci.

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Laetitia Remericq · il y a
Bienvenue sur Short ! J'irai voir votre poésie bien sûr. Merci pour le vote et le commentaire. Contente d'avoir donné le change !
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Utilisateur désactivé · il y a
Merci d'avoir pris le temps de répondre. Bravo, bonne chance et à bientôt, je l'espère, au travers de nos écrits.
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Moniroje · il y a
Tout est beau!!! l'écriture, ciselée!!! l'idée, le conte, l'ambiance: tout et donc vous aussi!
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Laetitia Remericq · il y a
Merci Moniroje... Je viens de rougir en lisant ce commentaire... :-)
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Utilisateur désactivé · il y a
Un très joli conte, généreux et plein de surprises ! Bravo !
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Christiane Tuffery · il y a
J'ai passé un bon moment de lecture avec votre boulanger. Vous semblez en connaître un rayon sur le sujet ! L'ensemble est bien documenté, la plume est gracieuse et l'histoire un bel hymne à la générosité, l'humilité. Finalement, on va chercher bien loin ce qui est proche de nous. Je gage que cet homme s'est beaucoup mieux révélé avec sa corne d'abondance qu'avec ce dur concours MOF. Fort heureusement, il y a toujours un "vagabond" qui remet les choses en place. Bravo et vous avez mon vote.
Si le coeur vous en dit : http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/clostridium-botulinum

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Laetitia Remericq · il y a
Merci Christiane. En fait, je ne connais rien au métier de boulanger ni au concours MOF (j'ai jeté un œil sur leur site). Mais j'aime le pain... Ceci dit, j'ai beaucoup d'admiration pour ceux qui arborent le col tricolore. Ce texte n'est pas une critique. Mais comme vous dites, il faut aussi savoir rester humble. J'irai lire votre texte au curieux titre.
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Utilisateur désactivé · il y a
Coluche avait pensé à cette corne d'abondance!
Paradoxalement, elle est heureusement et malheureusement toujours d'actualité!
Très beau texte!
Merci!
Cécel

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Laetitia Remericq · il y a
Merci Cécel. Je n'avais pas pensé à Coluche mais c'est en effet l'idée...
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Naliyan · il y a
Une histoire qui devient un conte avec une belle morale. Joliment écrit.
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Aruna · il y a
Une très belle pièce, joliment écrite. Bravo. Je n'avais pas lu le titre... et je suis entrée dans l'histoire comme cela intriguée...puis captivée. Et au final c'est juste votre titre qui m'ennuie un peu : je le trouve un peu plat par rapport à la nouvelle qui elle ne l'est pas.
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Laetitia Remericq · il y a
Merci Aruna. Je suis entièrement d'accord : j'ai écrit ce titre en désespoir de cause car je n'ai rien trouvé d'autre. Je suis nulle en titres. D'ailleurs, si quelqu'un a une idée ?
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Keith Simmonds · il y a
Une histoire merveilleuse, bien écrite et pleine d'imagination! Mon vote, Laetitia!
Mes deux œuvres, BAL POPULAIRE et ÉTÉ EN FLAMMES , sont en lice pour
le Grand Prix Été 2016. Je vous invite à venir les lire et les soutenir si le cœur
vous en dit, merci! http://short-edition.com/oeuvre/poetik/bal-populaire
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/ete-en-flammes

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Laetitia Remericq · il y a
Merci Keith. J'irai danser à votre bal lors de cet été en flammes
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Keith Simmonds · il y a
Très bien dit! Merci d'avance, Laetitia!
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Br'rn · il y a
Il faut donner sans tarder l'adresse
A tous ceux qui sont en détresse...

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Laetitia Remericq · il y a
Si seulement je la connaissais, cette adresse...
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Chatsometimes · il y a
Simple et efficace :-) Merci.
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Laetitia Remericq · il y a
Merci Chatsometimes !
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Evadailleurs · il y a
Très belle idée que de revisiter la multiplication des pains , ainsi que ce Vagabond tombé du ciel ! bravo !
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Laetitia Remericq · il y a
Merci Eva pour ce beau commentaire !
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