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Le Bon Samaritain des Temps Modernes

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Lupalba

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Le bon samaritain des temps modernes
C'est une situation à laquelle n'importe qui peut être confronté un jour ou l'autre. Vous marchez dans une rue sombre à une heure avancée de la nuit, vous avez passé une bonne soirée quand soudain vous entendez une voix faible appeler à l'aide. Que feriez vous?
C'est ce scénario qui vint déranger trois personnes différentes ce samedi 24 août à trois heures du matin. Sylvie Martez, 25 ans, venait de passer une excellente soirée dans la boîte de nuit " gin tonic" et elle n'avait jamais tant ri de sa vie. Bon, elle était peut -être un peu pompette, mais rien de dramatique. Et ce garçon charmant qu'elle avait rencontré lui avait même laissé son numéro, quelle chance! Toute à ses réflexions joyeuses, elle pressa inconsciemment le pas quand elle s'engouffra dans la rue Lumière, qui paradoxalement n'était jamais éclairée. C'est pourquoi elle eut très peur quand elle vit une main sortir de derrière les poubelles en faisant des signes. Elle sursauta quand le propriétaire de cette main murmura d'une voix pâteuse:
- Au secours... Aidez moi...
Prise de panique, Sylvie longea le mur du trottoir opposé et courut se réfugier chez elle. Quelle horreur! Pensait-elle, cet homme était sûrement ivre mort! Sa voix était bizarre et il y avait plusieurs bouteilles d'alcool à côté de sa main! D'ailleurs, elle était ensanglantée, c'est dégoûtant! Heureusement que je ne me suis pas approchée, j'aurais pu salir ma robe! Sur ces saintes pensées, la jeune femme s'endormit d'un sommeil paisible. Cinq minutes après son passage, Henri Creston, cadre d'une trentaine d'années, quittait son patron à l'angle de la rue après une soirée au restaurant entre collègues un peu arrosée, pour fêter la signature d'un contrat très avantageux pour l'entreprise. Impeccable dans son smoking apprêté, il marqua un moment d'hésitation avant de traverser cette rue qu'il appréhendait à cause de son obscurité. Il pesta tout en s'aidant du mur pour se repérer et avancer à tâtons . Bon sang! Pensait-il, ça ne coûte quand même pas si cher de mettre un lampadaire! Si ça continue, j'irai les voir et leur donner l'argent nécessaire pour éclairer cette satanée rue! Cette ville n'est pas entretenue! Ajouta-t-il en voyant les poubelles pleines à craquer. Un gémissement le détourna de ses pensées agacées. Il tourna la tête et en plissant les yeux, il réussit à apercevoir un homme, le visage en sang et les mains écorchées, allongé à côté de bouteilles d'alcool dont la plupart étaient brisées. Cet homme lui adressa des regards suppliants tout en continuant à gémir faiblement.
Qu'est-ce que je disais? Cette ville n'est pas entretenue! On croise des ivrognes à chaque coin de rue! Je vais aller me plaindre au maire moi, ce sera vite vu!
Puis, ce cadre trentenaire regagna son foyer du pas pressé des hommes d'affaires qui pensent déjà à autre chose. Encore dix minutes plus tard, Mathieu Benart, adolescent de 17 ans arriva à son tour à l'angle de la rue Lumière. Il sortit son portable et mit la fonction "lampe de poche" comme il avait l'habitude de le faire quand il traversait cette rue pour rentrer chez lui. Le sourire aux lèvres il repensait à cette soirée surprise organisée pour l'anniversaire de son meilleur ami Benjamin, dit Benjie. Alors qu'il passait devant les poubelles, il entendit un appel très faible, un au secours étouffé qui lui glaça le sang. L'adolescent dirigea sa lumière vers l'homme et découvrit le triste spectacle d'un malheureux défiguré. Il se dépêcha d'appeler une ambulance et ayant prévenu ses parents, il prit la peine de l'accompagner à l'hôpital. Quand ses blessures furent pansées, l'homme l'appela à son chevet.
- Merci. Je m'appelle Thomas Pols et je m'apprêtais à rentrer chez moi quand un inconnu, complètement ivre, s'est rué sur moi. Il a pris mon portable et ma gourmette en argent, puis il m'a roué de coups. Je m'en tire avec un œil au beurre noir et un nez cassé. Je suis tombé sur des bouteilles qui traînaient. Plusieurs personnes sont passées dans la rue avant vous. Je les ai appelées à l'aide mais elles ne m'ont pas secouru. Je ne leur en veux pas, ces gens ont dû me prendre pour un ivrogne et avoir peur. Merci à vous de ne pas vous en être arrêté là !
Mathieu rentra chez lui et le lendemain, sa mère, toute fière, posa le journal de la ville sur son bol. En première page on pouvait lire :
"Le Bon Samaritain des temps modernes."

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HCM · il y a
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