Lavinia L'obscurial

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Aurore Gibbs traversa Charing Cross Road sans même se soucier du flux de voitures tant il était absorbé par son journal. Alors que les autres Londonien lisaient The Guardian, Aurore Gibbs lisait la Gazette du Sorcier et si l'on s'attardait assez longtemps sur les images, on pouvait presque les voir bouger. Le journal datait d'aujourd'hui le 9 Janvier 1945 et annonçait que Gellert Grindelwald venait d'être vaincu par le grand sorcier Albus Dumblerdore qui l'avait emprisonné dans sa propre prison de Nuremberg. Depuis, une chasse aux sorcières était ouverte pour retrouver tous les disciples du mage noir, mais les fanatiques avaient disparu dans la nature . Nous étions mardi et habituellement Gibbs était en congé mais aujourd'hui il avait été convoqué de toute urgence par ses supérieurs pour se rendre le plus vite possible au QG des aurores . Aurore Gibbs entra dans le poste de police en poussant la porte d'entrée. Mais l'intérieure du poste de police ne ressemblait à rien à un poste ordinaire. Des missives en papier volaient dans le couloir. Les tasses de café se versaient seules et des petits êtres aux oreilles pointus passaient le balai. L'un d'eux offrit un hochement de tête poli à Gibbs en ajoutant.
-Aurore Gibbs.
Gibbs aperçut son collègue l'aurore Stephens un peu plus loin et le rejoint. Celui ci se tenait devant une porte fermée à double tours avec un verrou . Stephens tenait un dossier dans ses mains, il avait l'air préoccupé et son pied battait la mesure sur le plancher.
-Te voilà enfin! Dit-il en voyant Gibbs s'avançait vers lui.
Il lui tendit le dossier.
L'Aurore en chef, dit que tu es le seul aurore avec les compétences requises pour mener l'interrogatoire.
-Elle est dans cette pièce? Demanda Gibbs
-Oui, Dit Stephen en lançant un regard inquiet vers le verrou comme si celui ci allait exploser à tout moment. Elle s'est rendue de son plein grès hier soir. Ajouta Stephen. Nous l'avons amenée ici dans la chambre blanche pour l'interroger. Nous espérons que cela sera assez pour la retenir. Nous ne connaissons pas encore l'étendue de ses pouvoirs. Un expert en obscurial est en chemin pour que nous puissions l'évaluer. La chambre blanche est protégée par une centaine de sorts tous de signature différente qui empêchent l'utilisation de la magie à l'intérieure de la pièce. Personne ne peut craquer ces sorts, c'est impossible. Nul ne peut s'échapper de la chambre blanche à moins d'utiliser une technique moldu. Normalement tu es en sécurité à l'intérieur de cette pièce avec elle.
Stephen essayait de rassurer Gibbs qui se préparait à entrer seul dans la chambre blanche pour interroger la détenue. Mais lui même ne semblait pas convaincu par ses propos.
-Voici la clef pour ressortir, Dit Stephens en lui tendant une petite clef en métal blanc.
-J'y vais, Dit Gibbs en prenant une grande inspiration.
Il sortit sa baguette de sa poche.
-Allohomora.
Le verrou se mit à grincer, il y eut un clique et la porte s'ouvrit pour le laisser entrer avant de se refermer aussitôt derrière lui. Il enfouit la clef au fond de sa poche.
La pièce était vide mise à part une table deux chaises et une femme assise de l'autre côté de la table. Ses cheveux sombres tombaient sur ses épaules, sa peau pâle était couverte de cicatrices même sur son visage. Une cicatrice rouge et boursoufflée traversait sa gorge de gauche à droite comme si on avait déjà essayé de la lui trancher.
-Aurore Gibbs. Dit elle en souriant comme si la situation était ironique. Je vous en prie asseyez-vous.
Gibbs avala difficilement sa salive. Il s'installa sur la chaise d'en face et sortit un carnet et une plume à papote qui se mit aussitôt à écrire le sujet de l'entretien: Interrogatoire d'un disciple de Gellert Grindelwald. La plume de figea attendant plus ample information.
-Lavinia Hohenwik. C'est bien ça?
-Oui c'est bien mon nom. Répondit la détenue sans de départir de son sourire.
Gibbs fouilla dans le dossier remis par son collègue Stephen et en sortit plusieurs coupures de journaux. Les articles étaient entourés de photos en mouvement sur l'une d'elle on pouvait voir un village en feux, sur une autre des corps calcinés, ou bien un building éventré à New-York. Gibbs se mit à lire les titres de journaux à haute voix.
-Destruction d'un village et de tous ses habitants, meurtre des membres de la ligue anti-sorcellerie, meurtre de trois moldus aux alentours de Nuremberg. Complicité avec le grand mage noir, Evasion mystérieuse de Gellert Grindelwald de la prison du MACUSA, aucun survivant pour en témoigner....
-Oui c'est bien moi qui aie fait tout ça. Dit Lavinia Hohenwik avant même que Gibbs ait pu formuler sa question. J'ai aidé Grindelwald à s'échapper de la prison du MACUSA et j'ai tué toutes les personnes présentes dans la prison cette nuit là.
Gibbs semblait surpris par sa confession. La plume à papote prenait note des chaque mot prononcé par Lavinia.
-Allons droit au but. Dit Lavinia. Vous pensez peut-être que ces murs peuvent me retenir et que ma magie est inutile dans ce lieu mais vous vous trompez. Pendant que vous lisiez mes exploits, une partie de mon esprit était occupé ailleurs et j'ai déjà craqué tous les sorts qui entourent cette pièce. Comment l'appelez-vous déjà. Ah Oui! La chambre blanche.
Comme pour appuyer ses propos les deux verrous émirent un clique en se déverrouillant. Gibbs enfouit sa main dans sa poche, la clef était toujours là, ce qui signifiait qu'elle venait d'utiliser la magie dans la chambre blanche. A présent Gibbs respirait difficilement face à la créature qui se tenait devant lui.
-Je pourrais sortir de cette pièce quand bon me semble mais je ne le ferai pas. Dit-elle d'une voix grave presque sévère. Je ne le ferai pas parce que j'ai une histoire à raconter. Et vous, vous allez m'écouter du début jusqu'à la fin.
En prononçant cette phrase, les yeux de Lavinia Hohenwik s'étaient fixés sur ceux de Gibbs comme s'ils essayaient d'atteindre son âme. Gibbs desserra le col de sa cravate pour mieux respirer. Il n'osait plus bouger de peur d'éveiller la colère de Lavinia Hohenwik, l'ancienne disciple de Gellert Grindelwald . Le seul obscurial connu qui avait survécu jusqu'à plus de 20 ans, l'ennemi public numéro 1 du monde des sorciers et des moldus, recherchée dans plus de 60 pays pour crime et assassinat. Ce même obscurial qui s'était rendu aux aurores quelques heures plutôt sans causer de dommage et qui à présent se tenait devant lui.
-Quelle histoire? Dit il le plus calmement possible.
-Celle de Lavinia Hohenwik, obscurial. Dit elle de sa voix grave.
La plume à papote se mit à courir sur le papier bien décidée à ne pas en perdre une miette.
Je suis née en 1918 en Allemagne, le pays des contes et des frères Grimm. Mais les contes ne sont pas que des histoires sorties de l'imagination des moldus, ils ont une part de réel. Je suis née dans une famille de moldus et très vite il est apparu que je n'étais pas comme les autres enfants je possédais des dons particuliers. Bien sûr mes parents étaient très croyants, pour eux mes capacités surnaturelles étaient l'incarnation du démon. Pour cette raison ils essayèrent de se débarrasser de moi à plusieurs reprises. Lorsque j'avais 4 ans, ils m'emmenèrent dans la forêt pour couper du bois à la nuit tombée, ils disparurent en me laissant seule. Je n'avais aucun moyen de retrouver mon chemin, mais une force intérieure me guida et je fini par retrouver la maison. Quelques mois plus tard, ils essayèrent de me trancher la gorge dans mon sommeil.
Sa main se porta à sa cicatrice, celle qui traversait sa gorge de par et d'autre.
Mais sans succès car quelque chose les repoussa. Bien sûr il est évident que les frères Grimm ont écrit Hansel et Gretel bien avant ma naissance. Mais je ne suis pas la première obscurial répertoriée et beaucoup ont dû me précéder et leurs parents comme les miens ont sans doute essayé de se débarrasser de leurs enfants étranges. Finalement pour contenir cette énergie, mes parents ne trouvèrent rien de mieux que de me battre à coup de battons et de ceintures. Mais au lieu de la canaliser, cela ne faisait que la renforcer et tous les jours j'étais de plus en plus forte, de plus en plus destructrice et pour calmer ma colère je m'attaquais aux murs et aux objets qui m'entouraient jusqu'à ce qu'ils soient réduits à l'état de cendre ce qui terrorisait mes parents qui craignaient qu'en jour ma rage se tourne vers un être vivant plutôt qu' un objet inanimé. Je priais chaque soir pour que ma souffrance s'arrête mais le lendemain je me faisais à nouveau battre. Et la force obscure grandissait en moi sans que je puisse l'arrêter ou la contrôler. Tous les jours de plus en plus forte, tous les jours plus incontrôlable. Jusqu'au jour où il est arrivé. Celui qui allait me sauver des coups de battons, celui qui m'a enlevée du monde des moldus. Il est apparu dans un éclat de lumière verte et il m'a emmenée avec lui dans son château, j'étais alors âgée de 6 ans. Mon sauveur du moins il en avait l'apparence à l'époque se prénommait Gellert Grindelwald... Dans son château je n'étais pas toute seule. Il y avait d'autres enfants, et ils étaient tous comme moi, ils étaient capables de faire voler des objets d'en faire apparaître et disparaître d'autres. Certains savaient parler aux serpents et ils m'apprirent cette langue étrange pour que je puisse leur parler à mon tour. Je n'étais plus seule mais je n'étais pas libre non plus. Nous allions à l'école tous les jours mais notre école était différente de celle des autres enfants. On y apprenait pas à compter, lire et écrire, on y apprenait la magie. Mais cette école était encore différente de Poudlard, Ilvermory ou Durmstrang. Car on ne nous apprenait pas à contrôler ses pouvoirs, ni à les canaliser, mais plutôt à les relâcher de la manière la plus sauvage et destructrice qu'il soit. Mal traitements corporels, famine, injustice, punitions, tous les moyens étaient bons pour combler notre âme de rage et de haine jusqu'à ce que la force noire qui sommeillait en nous se réveille. Certains enfants ne survivaient pas lorsque la force noire s'emparait d'eux et d'autres enfants dotés des mêmes capacités venaient les remplacer. Notre maître Gellert Grindelwald était rarement présent, il partait très souvent en voyage et parfois il ramenait avec lui un nouvel obscurial. Pendant ses absences, ils nous laissait aux mains de ses sous-fifres, son bras droit Gabrok et son serviteur Biscornue. Un jour notre sauveur s'absenta plus longtemps que prévu. Pourtant Il nous avait promis qu'il reviendrait très vite. Il partit un soir d'hiver en 1926 et quelques mois plus tard Gabrok nous annonçait que le maître avait été fait prisonnier par le MACUSA à New-York. Mais Gabrok et Biscornu étaient persuadés du grand retour du maître alors pendant son absence, nous continuions les leçons. En l'absence de Grindelwald, Gabrok et Biscornu se montrèrent encore plus cruels avec nous, les châtiments corporels pouvaient durer des heures. Elle exposa ses bras couverts de marques profondes sur la table.
Beaucoup d'enfants moururent après la disparition de Grindelwald jusqu'à ce qu'il ne reste plus que moi. Je suis moi même tombée très malade et Gabrok et Biscornue ne donnaient pas cher de ma vie mais contre toute espérance j'ai survécu. Et après avoir été au gouffre de la mort je suis revenue plus forte que jamais. A présent je contrôlais la force noire qui m'habitait. Je contrôlais son intensité et quand la relâcher. Je n'avais plus besoin des châtiments pour faire appelle à elle. Mais pour accomplir la volonté du maître Gabrok et Biscornue avaient besoin de plus d'enfants comme moi. Alors ils m'envoyèrent les chercher à la place du maître. Je voyageais de village en village, de pays en pays, détruisant tout sur mon passage et je leur ramenais les enfants habités par un obscurial pour qu'ils les entraînent à devenir comme moi. Un jour je surpris une de leur conversation, ils parlaient de créer une armée. Une armée magique, la plus puissante qui ait jamais existé, une armée d'Obscurials que rien ne pourrait vaincre et les enfants étaient réunis au château pour accomplir ce but. Un jour je revins d'une de mes missions avec une petite obscurial de 3 ans et Garbok m'annonça que j'étais prête. Je venais de fêter mes 18ans et j'étais enfin assez puissante pour défier le MACUSA et ramener notre maître. Pourquoi ai-je accepté de libérer Grindelwald? Puisque j'étais si puissante j'aurais pu choisir de m'échapper et de ne jamais ramener le maître Grindelwald. Eh bien il n 'existe qu'une seule explication logique. Grindelwald était ce qui se rapprochait le plus d'un père dans mon monde. Et je n'étais plus toute seule, je ne pouvais pas laisser les enfants aux mains seuls de Gabrok et Biscornue. Le 10 Janvier 1936, j'ai mené seule une attaque sur la prison du MACUSA. Plusieurs gardes étaient présents ce soir là pour surveiller la cellule de Gellert. Je leurs ai dit de ne pas s'opposer, mais ils ont voulu me combattre. Je ne souhaitais pas les tuer, c'est la vérité mais ce soir là, dans la précipitation et la peur, je n'ai pas contrôlé l'obscurial comme je le souhaitais. Il s'est déchaîné sur les gardes, ils finirent par mourir me permettant ainsi de rejoindre le maître. Je suis repartie en Allemagne avec lui. Gellert était impressionné par mes exploits, après s'être absenté si longtemps il n'espérait pas revoir un de ses élèves vivants. Il était justement parti à New-York à la recherche d'un obscurial plus âgé et voilà que se tenait devant lui une obscurial de plus de 18 ans. L'évidente maîtrise de mes pouvoirs ainsi que ma santé raviva le désir de Gellert d'accomplir son rêve d'armé d'obscurial, il voulait toujours plus d'enfants. Mes déplacements à la recherche d'Obscurial se firent de plus en plus fréquents. Alors pour faciliter mes déplacements Gellert m'offrit un dragon, un magnifique Magyard à pointe. Les villageois terrorisés me surnommèrent l'Ange Noir, souffle -de -mort ou bien la Cavalière des Enfers. J'étais connue sous de nombreux nom à l'époque .
Un sourire traversa son visage.
Mais ce dragon qui terrorisait les moldus était aussi mon unique source de réconfort. Les heures passées dans les airs me permettaient d'oublier le château et les obscurials qu'il renfermait. La créature me comprenait lorsque je parlais fourchelangue ce qui me permit de créer un lien complice avec lui. Mais encore une fois Gellert avait tout calculé. Le dragon m'avait été offert dans le seul but de me contrôler. Gellert comprit très vite mon attachement pour ce dragon. Et à chaque fois que j'osais contredire un de ses ordres il ordonnait à Biscornue d'infliger l'endoloris à ma créature. Tous mes faits et gestes étaient contrôlés et au moindre signe d'insoumission mon dragon se voyait infliger le pire châtiment. C'était un moyen pour Gellert de s'assurer que je ne me retournerai jamais contre lui. Lorsque j'étais envoyée aux quatre coins du monde pour trouver de nouveaux obscuriales, Gabrok et Biscornue étaient envoyés de leur côté pour recueillir de nouveaux fanatiques, prêts à adhérer aux idées de Gellert . Et c'est là qu'un nouveau personnage vient faire interruption dans mon histoire.
Elle se laissa glisser dans sa chaise et interrompit son récit.
Aurore Gibbs ne savait pas comment réagir, avait-elle fini son histoire?
-Non je n'ai pas fini, dit Lavinia comme si elle lisait dans ses pensées. Mais je vous accorde une pause déjà une heure que nous papotons ici tous les deux. Je suis sûre qu'une bonne tasse de café vous ferait du bien, je veux que vous soyez bien éveillé et en forme pour la suite de mon histoire.
Et pour appuyer ses mots la porte s'entrouvrit lui faisant comprendre qu'il pouvait partir. Gibbs se retrouvait à nouveau dans le couloir, médusé. Stephens s'approcha de lui.
-ça va? Tu es tout pâle! Alors elle a confessé ses crimes.
Gibbs ne savait pas exactement par où commencer.
-Elle , elle, elle a....
-Viens, assis toi, mon vieux dit Stephens en lui proposant un siège.
-Oui elle a tout confessé.
-Bien c'est une bonne chose, dit Stephen on va pouvoir l'envoyer au plus vite à Azkaban.
-Elle, elle a , elle a. Gibbs prit une grande inspiration pour calmer ses nerfs. Elle a craqué la chambre blanche.
Stephens releva la tête visiblement apeuré vers la salle blanche d'apparence fermée,.
-Mais c'est impossible!
-Pourtant elle l'a fait.
-Tu es blessé? Qu'a t-elle fait d'autre, pourquoi est ce qu'elle ne s'échappe pas?
-Oh non, elle ne veut pas partir, dit Gibbs. Elle veut raconter une histoire.
Stephens écarquilla les yeux. En effet la situation semblait complètement folle, les actions de l'obscurial semblaient incohérentes.
-Mais quelle histoire? Demanda Stephens.
-Son histoire.
Gibbs se servit une tasse de café qu'il avala en une gorgée.
-Tu veux dire qu'elle reste de son propre grès alors que depuis une heure elle a les moyens de s'échapper.
Gibbs hocha la tête en guise d'acquiescement.
-Cette fille me fout les jetons, ajouta Stephens.
-Bon je dois y retourner dit Gibbs .
Il semblait à la fois impatient et terrifié de se retrouver à nouveau face à face avec l'obscurial.
Il ouvrit la porte de la pièce blanche Stephens jeta un coup d'oeuil discret à travers la porte comme si il craignait que l'obscurial puisse le foudroyer d'un simple regard.
Lavinia Hohenwik était toujours assise à sa table plus sereine que jamais, elle portait toujours son petit rictus amusée comme si elle trouvait la situation comique. Gibbs prit place sur son siège.
-Je suis tout ouï, dit il.
La plume à papote fit un tour dans les airs avant de se positionner perpendiculaire au papier.
Lavinia lui répondit par un sourire malicieux.
-Gabrok était rentré au château après son retour de mission. Ce jour là, l'entraînement des jeunes obscuriales par Biscornu avait été particulièrement intense, poussant certains à leur limite et j'avais fait connaître mon mécontentement à Gellert . Et comme à chaque fois que je montrais le moindre signe d'insubordination, il donna l'ordre à Gabrok d'infliger l'endoloris à mon dragon et il m'ordonna de regarder le châtiment. Je suivis donc Gabrok jusqu'aux douves où nous gardions mon dragon enchaîné. Mais Gabrok fit une chose étonnante ce jour là, au lieu d'infliger la punition à mon dragon il prononça un sort qui eut pour effet de libérer le cri d'un dragon blessé faisant ainsi croire au maître que le dragon avait été puni. Puis Gabrok mit son doigt sur sa lèvre pour me faire signe de garder le silence. par la suite; je remarquai plusieurs changements chez lui. Gabrok avait toujours été plus cruel que Biscornue mais à présent le serviteur du maître redoublait de créativité sanguinaire face à son collègue. D'autres changements plus imperceptibles n'échappèrent pas à mes yeux. Sa démarche, certaines intonations dans la voix et son ton un peu trop jovial le matin. Alors un jour je fis exprès de me dresser contre Gellert Grindelwald pour qu'il ordonne à Gabrok de punir mon dragon et m'oblige à assister au châtiment. Gabrok et moi nous retrouvâmes seuls dans les couloirs qui menaient au douve. Et lorsque je fus sûre que personne ne pouvait nous entendre je lui demandai.
-Qui êtes vous?
Gabrok se retourna vers moi l'air étonné
-Gabrok, dit il le plus naturellement du monde avec une pointe d'hésitation.
Ses yeux habituellement noirs avaient pris une teinte bleue grise.
-Allez-vous punir mon dragon aujourd'hui ou bien allez vous utilisez le même subterfuge que la dernière fois?
-Le dragon est innocent, il ne mérite pas d'être puni à cause des humeurs de Gellert et par ailleurs je pensais que cela te ferait plaisir de voir ton dragon épargné.
-Qui êtes vous? Répétais-je avec plus d'insistance. Son nez d'habitude droit devint aquilin. Ses traits n'étaient plus qu'une ébauche de ceux de Gabrok. L'individu sortit une flasque de sa poche en but son contenu et à présent le parfait jumeau de Gabrok se tenait devant moi , toutes traces d'œil bleu ou de nez aquilin avaient disparu.
-Qui êtes vous? Dis-je en pointant ma baguette dans sa direction, mais nous savions tous deux que je n'aurais pas besoin de l'utiliser, la force destructrice qui sommeillait en moi s'en chargerait.
-Une ancienne connaissance de ton maître Grindelwald.
-Qui vous envoi?
-Moi même.
-Qu'avez vous fait du vrai Gabrok?
-Il est dans un endroit sûr ne t'en fais pas.
-Je ne m'en fais pas pour lui. Dis-je espérant secrètement que Gabrok était mort.
-Qu'est ce qui m'empêche de rapporter vos propos à Grindelwald pour vous démasquer.
-Parce que nous souhaitons tous les deux la même chose. Tu souhaites que ces enfants arrêtent de souffrir, mais tu n'oses pas t'en charger toi même car défier Gellert reviendrai à défier la seule famille que tu aies jamais eu.
-Pourquoi je vous ferais confiance? Demandai-je . L'intrus pris sa baguette et s'imposa à lui même le "revelio". Ses cheveux poussèrent jusqu'à ses épaules, ils avaient une couleur brune délavée, ses yeux reprirent la teinte bleue grise qu'ils avaient auparavant, ses traits s'adoucirent, son nez devint aquilin et une barbe frisée se forma autour de ses joues et de sa bouche.
-Tu peux me croire car je suis Albus Dumbledore.
-C'est pas vrai! Lâcha Gibbs avant de se racler la gorge visiblement gêné de s'être laissé emporter par ses sentiments. La plume à papote resta suspendue en l'air comme en état de choc.
-Albus Dumbledore!!
-Lui même reprit Lavinia. Lors de cette première visite en Allemangne Dumbledore réussit à me convaincre de l'aider à stopper les agissements de Grindelwald et ses expériences avec les obscurials. Un soir nous menâmes tout deux un assaut sur le château de Nuremberg. Je devais libérer tous les obscuriales et les conduire au plus loin avec mon dragon. Pendant que lui combattait Gellert. Mais Grindelwald réussit à s'échapper cette nuit là. Les obscuriales furent placés à l'hôpital de Sainte Mangouste. Mais il finirent tous par décéder emportant avec eux le grand rêve de Grindelwald de construire une armée d'obscuriale. Grindelwald était peut-être un monstre mais pour tous ces enfants tout comme pour moi il était un père et la disparition de Grindelwald les déstabilisa tous ainsi que la force obscure qu'ils transportaient avec eux qui finit par les consumer de l'intérieur. Sauf moi la force n'avait pas réussi à me détruire la première fois, elle n'y arriva pas la seconde fois. Après la révolte Albus m'aida à me réfugier en Sibérie, loin de tout où mes pouvoirs ne pouvaient faire de mal à personne. Je dus me séparer de mon dragon pour passer plus inaperçue. Perdue dans les pleines de Sibérie personne ne pouvait me trouver. Mais Grindelwald finit par réapparaitre en Allemagne à Nuremberg pour semer la terreur encore une fois. Le 30 Décembre 1945, 9 ans après la première attaque de Nuremberg, Dumbledore apparut sur le perron de ma cabane. La communauté magique le poussait à affronter Grindelwald mais d'après l'issu de leur dernier combat, il savait qu'il n'était pas assez puissant pour le vaincre. Le grand Dumbledore avait besoin de mon aide et de la puissance de la force noire qui sommeillait en moi. Vous ne me croirez sans doute pas mais le grand Dumbledore n'a pas vaincu Gellert Grindelwald seul, nous étions deux à le combattre ce jour là, nous étions deux à emprisonner le mage noir dans sa tour de Nuremberg. Je me tenais plus en retrait pour qu'Albus puisse par la suite s'attribuer toute la gloire.
La mâchoire inférieure de Gibbs se laissa tomber exprimant ainsi sa surprise. La plume à papote qui virevoltait autour de sa tête se mit à écrire furieusement et lâcha un jet d'encre sur le col de sa chemise. Mais Gibbs était bien trop étonné par les révélations qu'il venait d'entendre pour s'en soucier.
-Mais alors pour quoi vous êtes vous rendue, vous n'êtes pas une criminelle mais un héro!
-Un héro qui a ravagé plus de 35 villages et tuer quelques centaines de moldus.. Allons ne soyez pas ridicule personne ne veut d'un tel héro, Dumbledore l'avait bien compris c'est pourquoi il a choisi de me laisser dans l'ombre et c'est pourquoi j'ai accepté. Je pensais pouvoir vivre recluse dans mon désert de Sibérie mais hier j'ai reçu ma gazette des sorciers par hibou et mon visage était en première page alors je me suis rendue pour vous évitez des recherches inutiles.
A nouveau le discours de l'obscurial était devenu incohérent.
-Mais enfin je ne comprends pas pourquoi ne pas avoir essayé de vous cacher.
-Je ne suis pas une fan du polynectare. Répondit l'obscurial souhaitant mettre fin à la conversation ou bien à son récit. Mais à présent Gibbs était curieux et il voulait en apprendre plus sur le sombre personnage qui se trouvait en face de lui. Mais de toute évidence l'obscurial avait fini de livrer son histoire et refusait de répondre à plus ample questions.
-L'histoire sur Dumbledore ne doit pas se faire savoir. Vous savez la vérité et c'est amplement suffisant. Tout ce que je voulais c'est qu'au moins une personne connaisse mon histoire la véritable histoire de Lavinia Hohenwik, les tableauïdes se chargeront du reste.
-Mais pourquoi m'avoir conté tout ça? Demanda Gibbs.
-Pour me libérer, répondit Lavinia énigmatique. Mais ne m'obligez pas à utiliser le sort d'oubli sur vous, ajouta-t-elle sur un air presque de plaisanterie mais ces yeux noirs étaient toujours aussi pénétrants et glacés.
-Mais enfin vous avez contribué à mettre fin à la terreur de Grindlwald! Insista Gibbs.
-Il est mieux que le reste de la population ne le sache pas.
-Mais vous ne recherchez donc aucune gloire, aucune forme de rémunération?
L'obscurial hocha la tête en signe de négation.
-Tout ce que je voulais c'est qu'une personne connaisse ma version de la vérité. C'est chose faite à présent.
Gibbs ressortit un peu tremblant et ému de la chambre blanche . L'obscurial n'avait aucune raison de lui mentir, elle avait donc dit la vérité, Dumbledore n'avait pas vaincu seul le plus grand mage noir de l'histoire. Il voulait conter cette histoire à tout le monde mais elle venait de lui interdire de la répéter à quiconque et la dernière chose qu'il souhaitait faire était réveiller l'obscurial. L'expert en Obscurial avait fini par arriver et son constat fut qu'une chambre blanche n'était pas suffisante pour retenir un obscurial de cette âge, mais ça Gibbs le savait déjà.

Lavinia fut sortie de la chambre blanche par une poignée d'Aurores pour l'accompagner jusqu'à une cellule individuelle à Azkaban. A présent, son cœur était en paix elle semblait s'être débarrassée des 28 longues années de sa vie qui n'avaient été que douleur et tristesse. 28 années pendant lesquelles la force noire avait gouverné sa vie. 28 années pendant laquelle personne n'avait écouté son récit, pas même ce cher Albus Dumbledore qui n'avait fait que l'utiliser pour s'attribuer toute la gloire du " grand duel de tous les temps". Elle s'était débarrassée du fardeau de la tristesse et du poids du passé, a présent il lui fallait se débarrasser de l'obscuial.
Une fois seule dans sa cellule, Lavinia tapota sa poche intérieure droite pour vérifier que son précieux contenu y était toujours. L'aurore Gibbs avait été bien naïf de croire qu'elle avait accepté de combattre Gellert Grindelwald sans en récolter la moindre rémunération. Albus l'avait payée pour son aide. Il lui avait remis un petit flacon d'eau mauve. Lavinia en avala le contenu. La force noir qui sommeillait en elle se mit à remuer, c'était douloureux et ses entrailles en furent secouées, elle se retrouva pliée en deux sur le sol froid de la prison. Mais quand elle se releva, elle se sentait libérée. La force sombre, l'obscurial avait disparut. Lavinia s'allongea à même le sol. Après le château de Grindelwald, et la hutte dans le désert de Sibérie, Azkaban était sa nouvelle maison.
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FIFI · il y a
Continuez à nous faire vibrer...
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Pascal Depresle · il y a
Quelle belle histoire et écriture. A l'occasion, sans aucune engagement, je vous invite à pousser les portes de mon univers, merci.
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Laplumeàfrange · il y a
Merci beaucoup
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Camille Dubois · il y a
Une très bonne histoire j'aime beaucoup! Surtout ce thème, j'en rafole!
En finale du concours de Fanfiction Harry Potter, venez me soutenir à nouveau si vous voulez :)

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Utilisateur désactivé · il y a
Whoa! Encore une histoire très bien écrite, j'aime beaucoup!!! ^^
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Laplumeàfrange · il y a
Merci beaucoup, contente que l'histoire vous ait plu. Cela me motive pour continuer d'écrire.
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Utilisateur désactivé · il y a
me tarde de lire d'autres fan fic sur harry potter, j'aime bcp votre style d'écriture, c'est tellement fluide! :)

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