L'AUTOMNE DU BOUCHER

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L’automne du boucher


« Ne marchez pas sur ces feuilles mortes!.. »
Plantée là,
sur le trottoir,
une gamine, arrondie de hardiesse,
roule de grands yeux châtaigne.
Destination
ma chaussure gauche, sous laquelle une feuille
de chêne agonise.
Ajoutant : « Car elles dorment d’un sommeil profond. »

Stupéfait par cet élan,
du haut de sa jupe à carreaux aux parfums de pique-nique,
son regard en pleine face me fait assassin,
boucher de la nervure, bourreau de la feuille.
Autour de moi
des centaines d’entre elles hurlent de douleur et se tordent.
Plaies infectées par des hordes de semelles.
Certaines dans le caniveau agonisent
Et leurs plaintes, jusque la cime des arbres, font frémir vents et tempêtes.
D’autres s’accrochent aux lampadaires, s’écrasent sur le sol,
se déchirent, décollent à nouveau, s’enroulent autour des nuages.
Horreur et désastre!

Elle me glissa un doigt de velours doublé d’un œil de fée, se moquant de ma douleur et disparut le temps de n’être jamais venue.
J’étais effondré.
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