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L'aube d'un Automne

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Laurie-Anne Hrvt

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Bonjour,
Ceci est un texte fait pour le prix de la Saint Valentin fait sur le thème de l'Aube et reprenant les personnages d'une histoire précédente. Malheureusement il est trop long pour être soumit et je ne peux me résoudre à enlever des passages, qui, pour moi, se doivent d'être liés. Je le publie donc en tant que nouvelle pour faire partager cette histoire. Bonne lecture.


Comme tout les soirs, elle marche. Que dis-je, elle boitille. Ses hauts talons frappant durement le macadam à chaque foulée, elle ne passe pas inaperçue. Elle aurait tant aimé pourtant, disparaître des yeux de tous. Comment peut-on vous faire du mal lorsqu'on ne vous voit pas?

Les sifflements, les klaxons lui font presser le pas, elle à peur. Elle à l'habitude pourtant. Mais ce soir s'en est trop. Une énième dispute avec son maquereau l'avait, plus encore, poussée dans les abysses. Soudain, elles s'arrête net. S'asseyant lamentablement contre un muret bordant la route. Faire le tapin n'était pas son projet de vie, à ça non. Mais que voulez vous. Elle était mignonne, pleine de vitalité et voulait dévorer le monde. Jusqu’à ce qu'une connaissance l'entraine dans le milieu de la nuit, des drogues puis de la prostitution. C'est comme ça que ça fonctionne ici tu sais. La drogue te rends dépendant, te poussant à tapiner encore plus pour consommer encore plus. Consommer encore et encore pour oublier, te perdre dans les méandres de ton corps meurtris. Elle avait alors abandonné ses études, sa "famille", si on peut nommer cela ainsi. Ses lâches l'avaient tous abandonnée à son misérable sort. Et l'amour, parlons en de l'amour... Elle s'y était refusée pourtant, mais contre tout attente, son cœur mort reprenait vie dans le souffle d'un illustre inconnu. Chaque jours, ils se côtoient, en silence. Se toisant du regard tel deux animaux blessés, apeurés par l'être humain. C'est ce qui lui avait plût, ils étaient semblables, tout aussi sauvages l'un que l'autre.

Soudain, elle se lève, se rendant compte qu'elle est en retard. Elle préfère marcher plutôt que de prendre un taxi. Ses pieds lui sont endoloris mais elle garde ses chaussures. Son cœur est tant en peine que son corps reste muet de toute suggestion. Rapidement elle atteint le RER. Il ne fallut pas longtemps avant que celui ci ne lui ouvre ses portes. Elle avait faillit le rater. Non pas le RER en lui même, il y en avait plusieurs à cette heure ci. Elle ne voulait pas rater son bel inconnu. Celui qui l'avait toujours regardé avec tendresse, sans aucun dégout, comme si elle était un être humain malgré tout. Il semblait vouloir l'aider, emprunt d'empathie, alors que tant d'autres la dédaignait.

Lorsque les porte s'ouvrirent, elle l’aperçut. Noyé dans l'amas de gris gens se bousculant pour se rendre sur leur lieu de travail. La panique la prit, irrationnellement, lorsqu'elle le perdit de vue. Alors qu'elle entrait dans la rame, des gouttes d'eau noires perlant sur ses douces joues veloutées, elle le vit et inexplicablement, se jeta dans ses bras dans un torrent de larmes. Noyé dans le chagrin de sa douce tel un navire dans une mer noire, l'inconnu, tout d'abord surpris, se contenta de caresser ses cheveux emmêlés d'un geste doux, emprunt d'une tendresse démesurée.

Lorsque la peine de la belle fût amoindrie, l'inconnu prit doucement se main et se dirigea vers la porte du RER. Hagarde, elle le suit sans peine, s'accrochant à lui tel un enfant à son doudou, ne pouvant détacher son regard de la main emprisonnant la sienne. Elle était grande, forte, mais si douce. Rien à voir avec les mains rugueuses et sèches qui avaient pu noircir sa peau d'ivoire auparavant.

Il marchèrent un long moment dans ce qui parut un interminable silence, rompu uniquement par les battements de leur cœur, fracassant leur poitrine. Comme si ils voulaient se joindre, s'effleurer, juste l'espace d'un instant. Si court soit-il. Lorsque le fracas de ses talons ne résonna plus, noyé dans un bruit sourd, la belle, regarda ses pieds pour s'apercevoir qu'ils étaient tout boueux, la tige de ses chaussures s'enfonçant dans la terre. Elle scruta autour d'elle et fût subjuguée par ce qu'elle vît. Les arbres majestueux, les feuilles d'automne jonchant le sol et tombant telle une pluie d'or, les petits êtres grouillant de vie. Tout était si beau. C'est seulement lorsqu'elle sentit ses pieds se lever du sol qu'elle sortir de ses pensées, il l'avait prise dans ses bras, telle une enfant. Étrangement elle ne ressentait aucune peur, mais plutôt une douce sensation, comme enveloppée dans un nuage de coton.

Il la regardait avec douceur et bienveillance. Son pas lourd sur le sol boueux. Il n'avait pas voulu la fatiguer plus qu'elle ne l'était déjà, la voir empêtrée dans la boue lui avait pincé le cœur. Elle ressemblait à une enfant, si fragile, si seule face à son triste sort. Lorsqu'il trouva un joli coin, il la posa sous un arbre, fouilla ses poche puis ôta sa veste, couvrant l'enfant de celle-ci. Puis, il s'absenta, déposa un doux baiser sur son front avant de disparaître dans la froideur de l'aube.

Les minutes passèrent et la moiteur envahit la belle, le stress lui bouffait le corps a s'en ronger les ongles. Elle avait si peur de l'abandon. Qu'il l'ai laissé là, seule avec elle même, dans le silence de son esprit surplombé d'un brouhaha étrange, inhabituel. Les battements de son cœur. Il s'était si peu manifesté jusqu’à lors qu'elle en avait presque oublié son existence. Après une dizaine de minutes qui lui parût des heures elle le vît enfin arriver, un gros sac à la main. C'est lorsqu'il s'assît à ses cotés qu'elle fût enfin rassurée. Il ne l'avait pas abandonnée. Il sortit un plaid de son sac et l'enroula autour d'elle comme on emmitoufle un enfant. Il posa des fruits et des sucreries a côté d'elle ainsi qu'un chocolat chaud. L'idée de lui prendre un café ne lui avait pas traversé l'esprit. Elle semblait si enfantine, si innocente.
Cela n’eut pas l'air de déranger la belle qui saisit le breuvage délicatement, comme dans l'attente d'une approbation, avant de l'engloutir d'une traite.

Il regarda son téléphone. 7h27. Il envoya un sms qui sembla être un message d'excuse pour son absentéisme de la journée et verrouilla son smartphone.
Plongé dans son message, il ne s'était pas aperçu que la sauvageonne s'était assoupie tout contre lui, serrant sa chemise entre ses petits doigts comme pour le garder auprès d'elle. Attendrit par ce geste, il se contenta de déposer un baiser sur son front avant d'enrouler ses bras autour d'elle, l'attirant contre son torse tout en prenant soin de laisser sur elle le tissus épais et doux dont il l'avait couverte. Entre deux mondes, elle se contenta de s'agripper plus fort encore à lui, plongeant sa tête dans le cou de l'inconnu, comme un chaton avec sa mère.

Il ne s'étaient pas échangés un mot, mais dans la douceur de l'automne, à l'aube de cette merveilleuse journée, il savaient tout deux qu'ils ne seraient plus jamais seuls. Leurs cœurs malades désormais liés à jamais.
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