L'Asperge Montalbanaise

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Auteur pour Nectar d'Acide (compagnie de théâtre toulousaine). Théâtre à disposition sur http://theatreajouer.f  [+]

« Mon pauvre Prolixe, vous êtes vraiment devenu complètement con.
- Quand on sait le peu d'estime que vous avez pour mon intelligence, je pense que vous utilisez " devenu " à la légère, Inspectrice.
- Vous disiez déjà votre lot de stupidités mais là c'est physique, c'est insupportable.
- Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
- Sortez vos pieds de ce cadavre, Prolixe. »

Vivement, Prolixe s'écarta et le cadavre de James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom émit un " flblbl " de soulagement. Même décédé, il lui pesait, lui qui avait été un individu hautement respecté de la société montalbanaise, qu'on lui marchât sur les couilles. Prolixe se confondit en excuses et Puduck, confondue, lui épargna le suicide d'honneur en maugréant des injures dans sa barbe. Cela eut comme effet indirect de rendre le médecin légiste Onishiri Magatomeyapitibuchon nostalgique de sa Slovaquie natale, les injures maugrées par l'inspectrice ressemblant à s'y méprendre à la recette, en slovaque, de la tarte aux quetsches, à ceci près qu'il fallait trente grammes de beurre au lieu de vingt-cinq.
« C'est trente grammes, ne put s'empêcher de prononcer Onishiri, profondément troublé par l'évocation de son dessert préféré préparé par sa mère les dimanches pluvieux et qui était froid, sec et franchement pas top quand il rentrait penaud après s'être fait bolosser toute la journée par Roger Triple-Buse Larsouille, son rival en simple, et pourtant partenaire en double, au bilboquet.
- Qu'est-ce à dire ? (là désolé je sais plus si c'est Puduck ou Prolixe qui parle, j'adore le bilboquet)
- Pour la tarte aux quetsches, c'est trente grammes de beurre, pas vingt-cinq. (là c'est Onishiri, mais j'aime quand même le bilboquet)
- Complètement con ce Polack, assena Puduck. »

Onishiri faillit prendre ombrage de pareils propos mais il se souvint juste à temps qu'il était bien polonais et non slovaque ce qui le fit instantanément renoncer à toute velléité de récrimination. Cependant un court laps de temps plus tard, il se rendit compte qu'il venait tout de même d'être victime d'une agression verbale profondément raciste durant laquelle on l'avait en plus traité de con mais il prit cependant le parti de n'en rien dire, le court laps de temps ayant duré approximativement cinq minutes, et se contenta de faire la moue au motif que " oh et puis merde. "
Pour couper court à la démonstration par Prolixe que grâce à son téléphone intelligent dernier cri il avait pu retrouver la recette de la tarte aux quetsches sur l'application Marmiton et qu'il n'y était fait nulle mention d'une quelconque masse de beurre, l'inspectrice, qui s'en battait les ovaires, se tourna vers Onishiri :
« Quelles sont vos conclusions, Doc ?
- Oh et puis merde.
- Je vous demande pardon ?
- Je vous demande pardon.
- Pardon ?
- Pardon.
- Docteur, avec tout le respect que je vous dois, notamment pour avoir résolu le mystère du meurtre de la prêtresse de Namasté à Cournon d'Auvergne, et avoir fait un sans faute hier au mikado, je suis à deux doigts de vous foutre un coup de crosse dans la gueule alors respirez un bon coup, prenez-vous une petite rasade de respect dans les maxillaires et dîtes-moi, le plus simplement et calmement du monde, ce que sont vos conclusions quant à l'affaire en cours impliquant de façon assez évidente le cadavre ici présent. »

Et ce disant, elle pointa du doigt le cadavre. Il avait disparu ! Mais en fait non, c'est juste qu'elle avait pointé à coté, ouf, j'ai eu peur.
À ces mots, Onishiri paniqua, il n'avait rien fait d'autre qu'évoquer spirituellement sa Hongrie natale, à moins que ce ne fût elle qui l'évoquât lui, mais pas de panique, Nick n'était pas son deuxième prénom, c'était Jmzjbg (sombre histoire de crise d'épilepsie au sortir de la maternité), aussi sut-il immédiatement que dire :
« À première vue, la victime est morte, Inspectrice, et ce disant, il enleva très professionnellement ses gants en caoutchouc blanc pour se donner un air, sans savoir exactement lequel.
- Quand je pense que vous avez un diplôme, ça me dépasse. Pourquoi est-ce que je suis entourée de bras cassés ? »

Cette question était posée à Riley Waftenson, policière émérite, qui était effectivement en train de disposer des membres supérieurs humains à l'ossature brisée autour de l'inspectrice. Riley remballa les bras, les mit dans leur boîte et on n'en parla plus, fin de la blague.
Give Up de The Wake retentit, suivi très rapidement de " c'est pas le moment maman, je te rappelle, bises " et d'un silence de mort. Ce fut finalement lui, le mort qui le rompit dans une longue flatulence sordide quoique dénuée de mauvaises intentions.
« Ah ! Relâchement des sphincters, le meurtre vient tout juste d'avoir lieu ! s'écria Onishiri.
- Boucler toutes les issues ! s'écria Puduck.
- Cette porte est le seul passage, si le meurtrier était sorti, il serait tombé sur nous ! s'écria Prolixe.
- C'est donc que le meurtrier est par, comment on appelle un petit chat mignon ? s'écria Onishiri.
- Minou ? s'écria Puduck.
- C'est donc que le meurtrier est par minou ! s'écria Prolixe. »

Riley Waftenson seule se tint coite, elle savait pertinemment qu'elle aurait dû s'immiscer dans la conversation mais déjà qu'elle s'était faite engueulée pour les bras, elle avait pas en plus envie que les autres se rendent compte qu'elle était une cradingue qui lâche d'énormes caisses dans des endroits clos. Aussi se tut-elle comme sur son enfance, et le meurtrier ou la meurtrière courra toujours, fin.






















« Attendez, non, c'est complètement con, on est dans une pièce fermée où on ne peut se cacher nulle part et on est entré en même temps Prolixe et moi-même y a une demi-heure, le mec était déjà mort.
- Sans compter qu'on nous a appelés pour signaler le meurtre il y a au moins deux heures, ajouta Prolixe.
- C'est moi qu'ai pété. »

Tous se tournèrent vers Riley Waftenson et admirèrent son courage plutôt que de la railler. Il lui fut remis séance tenante la médaille du congrès américain par Jennifer Lawrence qui passait par là pour le tournage de L'Eau Rance d'un Rahbi, un pamphlet contre les Colibris, qui s’avérera n'être pas top encore que y a des moments pas mal.
Tout ça c'était très bien mais le meurtrier courait toujours - à vrai dire il marchait maintenant, flânant sereinement le long des quais, mais le verbe est ici utilisé dans un sens métaphorique indiquant qu'au contraire des personnes alitées ou obèses, le meurtrier a un cardio lui permettant de trottiner légèrement si l'envie le prend.
« Débouclez les issues, Docteur, je veux votre rapport sur mon bureau dès que possible. Prolixe et moi allons rendre visite à la personne qui a découvert le corps. Quant à vous Riley, bravo pour votre courage mais sérieusement, la prochaine fois, retenez-vous, on n'est pas des bêtes merde. »

Sur ces mots l'inspectrice sortit suivie de son fidèle bras droit. À peine les portes passées, une petite vieille de dix-sept ans les aborda après avoir fait un saut périlleux arrière dont la réception était pas dingue dingue :
« Salut.
- Vous tombez mal.
- J'suis celle-là qu'a découvert le corps.
- Vous tombez bien. »

Voilà, voilà.
Bon là y a tout un dialogue mais franchement flemme. La meuf elle parle trop mal, elle bouffe la moitié des mots et elle a un accent dégueulasse, j'suis narrateur moi, pas cryptographe. Donc en gros, elle est garde du corps, elle a été appelée dans la matinée par James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom pour lui garder le corps mais elle a eu du retard parce que le chauffeur de la six (je cite, " Sbatar, " et je m'étonne qu'elle connaisse son prénom) lui avait interdit de monter à nouveau dans son bus depuis qu'elle y avait tabassé, avec raison, un mec qui faisait du manspreading. Bien que reconnaissant la légitimité du passage à tabac, Sbatar, le chauffeur de la six, lui reprochait cependant d'avoir tout salopé son bus avec des morceaux de boîte crânienne, ce à quoi l'intéressée avait mal réagi en suggérant à Sbatar d'avoir des rapports anaux non consentis, et évoquant par ailleurs l'appartenance de ses géniteurs à la formidable famille des canidés et à l'extraordinaire genre canis d'incroyable espèce lupus et de merveilleuse sous-espèce familiaris. Cela eut pour effet d'énerver le chauffeur qui congédia la garde du corps à l'arrêt suivant. Et quoi qu'elle se reprocha d'avoir déchargé sa colère sur l'infortuné chauffeur, sa fierté empêchait la vieille femme de dix-sept ans de s'excuser aussi ne pouvait-elle plus prendre la six de temps en temps de manière arbitraire.
« Si les hommes savaient se tenir, James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom serait en vie à l'heure actuelle, conclut Prolixe qui décida à ce moment précis d'appliquer sur son comportement un regard neuf et critique pour ne pas être par mégarde un propagateur de plus de l'impunité du patriarcat. »

Et tous de soupirer de tristesse.
Il faut noter qu'aucun des trois ne connaissait James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom qui était en réalité un sale con et pas le dernier pour écarter les cuisses si vous voyez ce que je veux dire.
« Quel est votre nom ? demanda Puduck pour faire avancer l'intrigue.
- Je suis la Señora Cadadiayotequieroma mais les gens m'appellent Jo' Bijoba.
- Écoutez Jo'...
- Je préfère qu'on m'appelle Madame Bijoba.
- Écoutez Madame Bijoba...
- Mais comme vous m'êtes sympathique, vous pouvez m'appeler Jo'.
- Écoutez Jo', est-ce que James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom vous a dit pourquoi il avait besoin de vos services ?
- Pour gagner le championnat de tennis en double, apparemment il a un revers redoutable mais il est très mauvais au service.
- Vous pensez que c'est pour ça qu'il a été assassiné Jo', commença à demander Prolixe.
- Pour les hommes, c'est Señora Cadadiayotequieroma.
- Vous pensez que c'est pour ça qu'il a été assassiné Señora Cadadiayotequieroma...
- Allons bon, je m'emballe, c'est trop formel, nous sommes bons amis après tout.
- Tu penses...
- Oh tout de même !
- Vous pensez que c'est pour ça qu'il a été assassiné, Jo'...
- Madame Bijoba.
- Vous pensez que c'est pour ça qu'il a été assassiné Madame Bijoba ?
- Pour quoi ?,
- Pour être honnête, j'ai oublié, dut admettre Prolixe.
- Pour qu'il ne puisse pas participer au championnat de tennis en double ? intervint l'inspectrice Puduck.
- Oh non, rien à voir, on causait tout simplement, et je lui ai fait part de mon amour pour la technique de service de Raphaël Nadal et de mon entraînement farouche pour l'égaler qui commençait à porter ses fruits.
- Effectivement vous avez un gros bras, fit remarquer Prolixe.
- J'en ai plusieurs mais je ne vois pas le rapport. Dis bonjour, Mike.
- 'lut, dit Mike, l'un des gros bras de Madame Bijoba.
- Salut Mike, dit Puduck
- Et c'est une bonne situation ça, gros bras ? demanda Prolixe. »

Mike haussa les épaules en faisant la moue.
« Vous avez beaucoup parlé avec James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom ? s'enquit Puduck.
- Beaucoup oui, nous avions tout un tas de points communs. Le droit et le gauche notamment.
- Vous a-t-il dit de quoi il avait peur au point de vouloir engager une garde du corps ?
- Non, par contre je sais qu'il adore les olives noires.
- À la grecque ?
- Bien entendu.
- Eurêka ! s'écria soudain Prolixe.
- Qu'y a-t-il mon fidèle bras droit, tu as trouvé la solution à cette énigmatique affaire ?
- Non, c'est c'qu'il y a marqué sur son t-shirt, j'arrivais pas à lire. »

Et il pointait du doigt le t-shirt de Mike qui portait en effet des lettres stylisées dont la juxtaposition formait le mot " Eurêka. " Puduck lui mit une tarte.
« Une chose m'intrigue.
- Oui, Inspectrice ?
- Tout à l'heure, le narrateur il a dit que vous parliez pas bien alors qu'en fait ça va, c'est bizarre.
- Rien d'étonnant à cela Inspectrice.
- Très bien, vous me rassurez.
- Suis-je libre de m'en aller ?
- Non, vous devez aller faire votre déposition au commissariat le plus proche, ça va vous prendre la journée, il fait chaud, ça pue, les collègues sont lourds et vont vous draguer mais ça vous fera au moins des cafés gratos, passez mes amitiés à Sylvie, c'est la commissaire, et dites-lui que je m'excuse, j'étais bourrée, il est très bien son tatouage.
- Une dernière petite chose, Inspectrice. Ça n'a sans doute aucune espèce d'importance mais je crois savoir que parfois ce qui paraît anodin donne en fait la clef de toute l'énigme.
- Je pense que vous regardez trop de films policiers, Jo'. Mais enfin dites toujours.
- James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom a brièvement mentionné, oh j'ai tellement honte de vous confier ça, on dirait une adolescente qui raconte les petits potins à ses amis, enfin bref, il a brièvement mentionné que Don Vito Mascarpone, le chef de la mafia montalbanaise, avait l'intention d'envoyer sa nièce Françoise Lasperge dite L'Asperge, pour assassiner James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom ici-même à peu près à cette heure-ci et qu'une fois le crime accompli, la meurtrière flânerait le long des quais pendant une heure ou deux, voire trois sinon quatre.
- Mais comment une petite fenêtre de défense dans un édifice fortifié tel un château-fort pourrait-elle flâner le long d'un quai ?
- Merci Prolixe, ce sera tout, intervint l'inspectrice.
- Vous pensez que ça vous sera utile, Inspectrice ?
- Je ne vais pas vous mentir Jo', ça m'étonnerait fort. Enfin, vous avez tout de même bien fait de nous en parler, chaque détail a son importance. Peut-être irons-nous voir cette Françoise Lasperge si nous nous trouvons dans une impasse. Allons, nous vous raccompagnons vers la sortie. »

Prolixe prit les devants et Puduck le suivit tandis que Jo' prenait la suite et que Mike fermait la marche, ils descendirent un escalier, passèrent le hall du bâtiment et sortirent. Le panneau à l'entrée de la rue indiquait " Impasse du Rêve Américain. " L'inspectrice Puduck sembla l'observer longuement, comme absorbée par une mystique où convergeaient signes et sens. Prolixe s'en inquiéta :
« Qu'y a-t-il, Inspectrice ?
- J'ai faim. »

Du coup ils allèrent manger, non sans avoir souhaité une bonne journée à Jo' et Mike qui en retour leur souhaitèrent un bon appétit. Ils les remercièrent et se dirigèrent vers le premier restaurant qu'ils virent. Un serveur les y accueillit.
« Bonjour, une table pour deux ?
- S'il-vous-plaît.
- Est-ce que vous savez ce que vous voulez manger ?
- J'allais vous demander un menu C.
- Alors le C, oui c'est possible mais il n'y a plus de bœuf de Kobe, ce sera donc forcément avec l'Asperge du chef.
- C'est parfait.
- Et pour vous monsieur ?
- Rien pour moi, merci.
- Oh faites-vous plaisir Prolixe, c'est moi qui offre.
- Dans ce cas, un café.
- Vous êtes incorruptible, dites donc. À ce propos, mon bon, il n'y a pas les prix sur votre menu, combien est-ce que ça va nous coûter ?
- Ah pour le coup, le coût, je dois demander en cuisine.
- Faites donc, je vous en prie. »

Le serveur s'éloigna donc en cuisine et on l'entendit crier afin d'être bien entendu par le chef et les commis :
« C, l'Asperge, café, le coût ?
- C, l'Asperge, café, le coût ! lui répondit une grosse voix, 11€80 TTC ! »

Il put ainsi annoncer le prix à ses clients qui en furent tout à fait satisfaits et qui restèrent donc pour se sustenter. L'assiette, d'une taille raisonnable, fut servie assez rapidement et en même temps vint le café de Prolixe qui le sirota lentement. Il observait l'inspectrice qui découpait minutieusement son asperge l'air pensif.
« Quelque chose vous tracasse, Inspectrice ?
- Oui, une chose qu'a dite Jo', j'ai l'impression que ça a une importance capitale mais je n'arrive pas à savoir quoi en faire exactement.
- Peut-être que je peux vous aider ?
- Oui, pourquoi pas après tout... Quand Jo' a mentionné que James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom adorait les olives noires, j'ai demandé si c'était des olives noires à la grecque, ce à quoi Jo' a répondu " Bien entendu. "
- Et alors, Inspectrice ?
- Je ne sais pas justement. Moi-même j'adore les olives noires, mais je préfère les olives lisses qui ont, je trouve, un goût plus subtil que les olives noires à la grecque.
- Inspectrice, je suis désolé d'avoir à vous annoncer cela mais les olives noires que vous appréciez sont en réalité des olives vertes noircies au gluconate de fer.
- Comment ? Quelle diablerie me contez-vous là Prolixe ?
- Ça n'est que la stricte vérité j'en ai bien peur.
- Tant de temps à vivre dans le mensonge ! »

L'inspectrice était visiblement bouleversée et Prolixe la laissa aller à son introspection. Lui-même se souvenait du jour où il avait appris l'ignoble nouvelle. Il avait éclaté en sanglots et s'était roulé par terre en hurlant et pleurant pendant quarante-sept jours, ne faisant une pause que le quatorze juillet pour voir passer la patrouille de France parce que quand même quoi, c'est beau, merde. Au fond de lui il admirait la force de cette grande femme qu'était l'Inspectrice Puduck. Il douta même de son humanité jusqu'à ce qu'une digne larme de rage face à la trahison ne passe la barrière de ses paupières. Cependant ce fut tout, elle ravala sa fierté, la fit passer avec l'asperge et alla régler sa note au comptoir.
Le serveur les encaissa en reprenant la note qu'il avait écrite, au fur et à mesure qu'il tapotait sur sa machine :
« C... l'Asperge ca-fé, le coût, ajouta-t-il à la fin pour demander le montant total à sa machine, se souvenant de cette formule grâce à la blague " pour le coup, le coût " qu'il avait faite plus avant avec un succès minime. »

L'inspectrice payit, sorta, et Puduck la suivut.
Une fois dans la rue, ils marchèrent sans trop savoir où. Prolixe comprenait que Puduck avait besoin d'un temps d'errance pensive pour digérer, l'asperge étant particulièrement grasse. Leurs pas les menèrent sur les quais déserts, à l'exception d'une femme qui flânait les mains pleines de sang, le poitrail plein de sang, le visage plein de sang et le nez plein de morve parce que son mouchoir était plein de sang. Les trois s'arrêtèrent quand ils se virent et restèrent comme stupéfaits.
« Vous aimez les olives noires ? interrogea Puduck.
- Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat, se défendit la mystérieuse femme.
- Acceptez-vous cette grosse baie à un seul pépin, communément appelée avocat, comme le vôtre ? demanda Prolixe en lui tendant le fruit évoqué.
- Vous aimez les olives noires ? interrogea Puduck.
- Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat, se défendit la mystérieuse femme.
- Bah eh, dit assez éloquemment Prolixe en pointant l'avocat.
- Écoutez, même pour le gag je trouve ça pas dingue alors si vous pensez que je vais me contenter de ça pour assurer ma défense, vous vous fourrez le doigt dans l’œil ! Non vraiment attention vous vous fourrez le doigt dans l’œil !
- Ah merci, dit Prolixe en arrêtant de se fourrer le doigt dans l’œil, le con.
- C'est une question simple, je ne vois pas en quoi vous avez besoin d'un avocat pour y répondre.
- Je sais très bien ce que vous essayez de faire, jamais je n'évoquerai le fait que j'ai assassiné James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom pour la promotion qu'il faisait des olives à la grecque contre les olives vertes noircies au gluconate de fer que produit mon oncle Don Vito Mascarpone sur les ordres de ce dernier.
- Non mais c'est pas la question... Prolixe, vous pouvez arrêter avec ce truc ?
- Je viens de le retrouver, je voulais voir s'il fonctionnait toujours.
- Bon allez-y appuyez sur " lecture, " qu'on soit fixés.
- " J'ai assassiné James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom pour la promotion qu'il faisait des olives noires à la grecque contre les olives vertes noircies au gluconate de fer que produit mon oncle Don Vito Mascarpone sur les ordres de ce dernier, " dit la voix de la mystérieuse femme à travers le dictaphone.
- J'ai l'impression que je me suis faite avoir, dit la voix de la mystérieuse femme à travers sa bouche.
- Attendez une minute, dit Puduck. »

Et ils attendirent...
Pom pom pom...
Vous avez vu Le Cinquième Élément ? Je sais qu'il est un peu pourri mais j'adore ce film. Je sais pas pourquoi. Peut-être qu'au fond je suis amoureux de Bruce Willis, mais en même temps, Sixième Sens m'en touche une sans faire bouger l'autre...
« Françoise Lasperge, dite l'Asperge, je vous arrête pour le meurtre de James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom, assena Puduck.
- Mais qu'est-ce que vous foutez Puduck ? demanda Prolixe.
- Ah tiens salut tonton, ça va ? demanda Françoise Lasperge, dite L'Asperge, à son oncle Don Vito Mascarpone qui passait par là.
- Salut L'Asperge, alors tu as buté James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom comme je te l'ai demandé ?
- Prolixe, arrêtez avec ce truc.
- Mais j'avais peur qu'il n'y ait plus de piles !
- Et alors ? Y a des piles ?
- C'est une batterie en fait. Regardez :
- "Alors tu as buté James-Geminy MacKilmore Senior deuxième du nom comme je te l'ai demandé ?" dit la voix de Don Vito Mascarpone à travers le dictaphone.
- J'ai l'impression que je me suis fait avoir, dit la voix de Don Vito Mascarpone à travers sa bouche.
- Attendez une minute, dit Puduck. »

Et ils attendirent...
Wouplahoulapidoupidou...
Après c'est ptetre que je suis secrètement amoureux de Lilou, je sais plus comment s'appelle l'actrice... Mais j'ai pas vu Resident Evil donc je peux pas être sûr... En même temps j'ai pas du tout envie de voir Resident Evil, je sais, ça fait un peu snob comme ça... Et y a pas de souci, je trouve les jeux très bien, enfin c'est pas forcément ma came... J'aime pas les jeux d'horreur, et là je parle surtout des deux premiers... J'ai joué qu'au quatre mais je trouve la maniabilité trop rigide. Et je sais que c'est un parti pris de gameplay mais je trouve quand même ça rigide et du coup désagréable.
« Comment est-ce que vous avez deviné, Inspectrice ? demanda Puduck. »

Attendez, quoi ? Oh merde, j'avais pas vu que ça avait repris. Euh bon ben les méchants sont menottés et en train d'être embarqués par les collègues de Puduck et Prolixe, et euh, voilà.
« Bravo ma petite couille, c'est du bon boulot.
- Merci Sylvie, dit Puduck à la commissaire.
- Allez, dites, comment vous avez fait ? demanda à nouveau Prolixe. »

L'inspectrice Puduck mit les mains dans son dos et réfléchit intensément.
« Vous savez Prolixe, le plus souvent, c'est un long et pénible travail d'enquête qui permet de découvrir et de confondre les coupables d'un crime. Ce sont de petits détails mis bout à bout qui permettent d'avancer lentement mais sûrement sur le chemin étroit et sinueux de la vérité.
- Et vous avez réussi à avancer seule sur ce chemin ? demanda Prolixe.
- Ah non, là c'est juste du bol. »

Vingt-sept jours plus tard, Onishiri arriva triomphant devant le bureau de l'inspectrice pour lui tendre le rapport qu'il avait concocté et affirmer d'une ronflante voix de victoire :
« Empoisonnement au gluconate de fer, on les tient ces salauds !
- Ça fait trois semaines qu'on les tient gros naze, dit Puduck sans même lever les yeux.
- Ah. »

Suite à cet incident, Onishiri démissionna des forces de l'ordre et se lança dans la quête de ses origines, d'une part parce que c'était sacrément flou, d'autre part parce qu'il n'avait jamais vu la Catalogne.
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