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L'année où j'ai perdu Décembre - Chapitre 23

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Thom Burnet

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Quelque part en France, un 24 décembre 2017

« Mathieu ! Méléna ! Ah ! Vous êtes là ! Il faut y aller ! VIIITE ! »

Kalel venait d’apparaître au milieu de l’appartement de la jeune femme où le couple tournait en rond depuis près d’une heure. Ils se levèrent d’un coup.

Le lutin, agité, parlait sans s’arrêter : « Anatole a trouvé ce qu’ils veulent faire ! A huit heures, ils vont mettre le feu aux marchés de Noël et voler des jouets pour faire une distribution gratuite en ville ! On doit vite trouver un sapin pour retrouver les autres ! »

« Mettre le feu au marché de Noël ??? Ils sont pas bien ! » cria Mathieu.

« Mais la porte ? », demanda Méléna.

« La porte ? », répéta le lutin.

« Madame Pène nous a téléporté ici et a verrouillé la porte de mon appart », raconta la jeune femme. « Pourquoi tu crois qu’on est resté là ?
- Mince. », réagit Kalel.

« D’autant plus que maintenant que tu as utilisé le sapin de Méléna, on est tous les trois bloqués là... » renchérit Mathieu.

« Oh bordel de merde ! » Méléna se frappa le front tout en se rasseyant dans le canapé.

Un silence incrédule envahit la pièce :

« Encore, si vous aviez un multipass universel... », réfléchit Mathieu

Le lutin secoua la tête avec une moue embêtée. Il mit les mains dans les poches et les sortit en disant : « Non, je n’ai que ça... »

Mathieu s’exclama : « Tu as toujours ta branche de sapin !
- Oui. », répondit le lutin en la lui montrant. « Mais n’espérez rien du Père Noël. Il... elle... euh... Pas moyen de lui parler, impossible de revenir dans l’appartement. Ni par sapin, ni par la porte... »

Mathieu prit la branche.

« Madame Pène, c’est Mathieu. On sait enfin ce que vont faire les délumineurs. On va pouvoir chercher un moyen de les arrêter ! »

Les yeux rivés sur la branche muette, ils osaient à peine respirer.

« Madame Pène ! On peut encore les arrêter. Il n’est pas trop tard ! Il faut que vous nous laissiez sortir. S’il vous plait. »

Le silence résonnait sur les murs de l’appartement. Méléna se leva et s’approcha de Mathieu.

« Madame Pène... Père Noël... Je m’en fous de comment il faut vous appeler. Ce que je sais, c’est que j’aime Noël ! Et que j’ai envie d’essayer d’empêcher Katie de faire des conneries. Putain ! Bruler un marché de Noël ! Vous vous rendez compte ? Et s’il y a des visiteurs encore présents... Vous pensez qu’il va arriver quoi ? Hein ? »

Elle respira bruyamment. « Alors restez chez vous à rien faire si vous voulez, mais laissez-nous sortir ! » Elle se tut avant d’ajouter : « Putain ! »

Pendant quelques minutes, il ne se passa rien. Mais soudain, toutes les épines de la branche de sapin tombèrent en même temps.

« Oh non ! », s’exclama Kalel.

Il regarda Mathieu et Méléna et déclara avec gravité : « Elle vient de désactiver son sapin. On ne peut plus lui parler. »

Ils soupirèrent de découragement.

Mais de l’entrée, un déclic se fit entendre. Méléna courut vers la porte et revint, excitée : « C’est bon, elle nous a ouvert ! »

Ils coururent hors de l’appartement. « Premier étage, numéro 2 ! » indiqua la jeune femme. « C’est un vieux monsieur qui ne fera pas d’histoire ! » Mathieu arrivait déjà sur le premier pallier et écrasait la sonnette.

« Je viens ! » cria une voix abîmée.

Le jeune homme fut rejoint par Kalel et Méléna. De l’autre côté de la porte, un tapement régulier contre le plancher de bois semblait se rapprocher lentement. Les secondes s’égrainaient au ralenti. Mathieu se retourna et haussa les épaules : « on attend ? C’est long... »

« Je viens, je viens... » répéta la voix plus proche.

Au bout de ce qui leur parut une heure, des clés tournèrent enfin dans la serrure. « Monsieur Jolibois. Bonjour, C’est moi, Méléna, votre voisine du dessus. Excusez-moi, je sais que c’est bizarre, mais est-ce qu’on peut aller voir votre sapin de Noël ?
- Voir mon sapin de Noël ? Et bien si ça vous fait plaisir ma petite Méléna, ça ne m’emb... »

Main dans la main, Kalel en tête, ils s’étaient déjà engouffrés dans l’appartement où une légère fumée parfumait l’air. Ils disparurent aussitôt que le lutin toucha une branche du sapin. Quand monsieur Jolibois arriva enfin dans le salon, il s’étonna : « Méléna ! Méléna ! » Ne trouvant pas la jeune femme, il se gratta la tête : « Ben c’est dingue ça, j’aurais juré que la petite Méléna venait de débarquer dans mon appartement... Il faut vraiment que j’arrête la marijuana en pleine journée moi ! »


Ils apparurent à deux rues de l’immeuble de Mathieu et retrouvèrent un groupe d’une vingtaine de lutins devant la porte d’entrée. Ils avaient tous revêtus leurs habits de Noël. Julien et Esther arrivèrent quelques minutes plus tard, accompagnés par Lionel. Un peu à l’écart, quelqu’un était caché dans l’entrée d’un bâtiment et les écoutait. Personne ne le remarqua.

Après s’être entretenu avec ses amis, Mathieu prit la parole : « Mes amis, nous devons empêcher les délumineurs d’agir. Méléna a eu une idée et je pense que ça peut marcher. Mais sachez que ce n’est pas sans danger ! On ne va forcer personne... mais on a besoin de vous tous ! »



« Méléna... Comment dire... Elle est bien ton idée... Franchement, c’est direct, efficace et j’espère que ça marchera... Mais... quand même... C’est dommage qu’on n'ait rien trouvé d’autre, tu vois ? » dit Julien.

Les amis étaient ligotés aux cabanes de bois du marché de Noël sur la place de la mairie. Dans chacune des villes visées par les Délumineurs, les lutins s’étaient accrochés ainsi. Certains marchands encore présents avaient essayé de les dissuader et avait avertis la police.

Un groupe d’activiste vint se garer près de la place. Ils laissèrent leur véhicule comprenant les six bouteilles de cocktail Molotov et s’avancèrent pour voir la raison de l’attroupement.


Le portable de Katie sonna.

« On a un problème Katie », déclara Gilles, un des activistes.
- Putain ! C’est quoi ? » s’énerva-t-elle.
- C’est ton ex et ses petits copains. Il y a aussi des lutins. Ils se sont attachés aux cabanes et les flics sont là...
- Fais chier ! Les cons ! »

Après quelques instants de silence, l’homme demanda :

« On fait quoi ?
- Ta gueule, je réfléchis ! »

Elle laissa passer encore une minute avant de répondre :

« Ils font quoi ?
- Ils discutent. J’ai l’impression que les flics essaient de les décrocher...
- Alors on les laisse faire. On les laisse les embarquer et on passera à l’action dans une heure ! »

D’autres membres, venant des autres villes visées, l’appelèrent. Elle donna la même consigne : « Dans une heure, on passe à l’action ! »

Le lien vers le chapitre 24 est rappelé dans les commentaires ci-dessous :
http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/lannee-chapitre-24

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Thom Burnet · il y a
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Dom Dom · il y a
Tout va se régler d ici le 25??????
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Thom Burnet · il y a
Normalement oui !
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