4
min

L'année où j'ai perdu Décembre - Chapitre 20

Image de Thom Burnet

Thom Burnet

153 lectures

20

Quelque part en France, le 24 décembre 2017, 8h24

C’est une réminiscence de joie enfantine qui réveilla Katie : enfin le 24 décembre ! Un grand sourire s’étala sur son visage. A la différence des réveillons de sa jeunesse, c’est la perspective de détruire Noël qui l’exaltait ce jour-là. Elle tourna la tête vers son réveil et poussa un cri soudain. Une intense douleur irradiait sa nuque et sa tête se retrouva bloquée à gauche.

« Oh bordel ! Pas aujourd’hui ! » grogna la jeune femme.

Ce n’était pas un putain de torticolis qui allait l’arrêter. Elle se rallongea doucement et essaya de tourner la tête. Elle cria de nouveau mais ne parvint pas à la remettre droite, la douleur était trop forte. Elle se leva péniblement et alla se doucher. La chaleur du jet détendit un peu les muscles de son cou et lui permit de bouger de nouveau mais dès qu’elle sortit, la douleur revint et sa mobilité disparut.

Ça la saoulait mais ce n’était qu’un torticolis. Elle descendit à la pharmacie pour acheter une minerve et des décontractants musculaires. La pharmacienne la mit en garde contre les effets de somnolence que pouvaient engendrer ce genre de médicaments. « Pas grave », répondit-elle, « peu de chances que je dorme aujourd’hui ! »

Elle fit ensuite un point avec chacun des groupes disséminés dans le pays. Ils étaient sept en tout. C’était encore trop peu mais après les actions qu’ils préparaient, elle savait que d’autres les rejoindraient bientôt. Et quelles actions ! Détruire des marchés de Noël, saccager les décorations lumineuses, cambrioler les magasins de jouets pour faire des distributions gratuites de jouets ! Il lui avait fallu attendre que Guillaume, l’initiateur de ce mouvement, se mette en retrait pour qu’elle puisse faire comprendre qu’arpenter les magasins pour éteindre des milliers d’ampoules inutiles ne pouvait durer qu’un temps.

La douleur dans sa nuque reprit en intensité en début d’après-midi. Elle se rappela que la pharmacienne qui lui avait conseillé de manger en prenant ses médicaments afin d’éviter les brulures d’estomac. Elle sortit acheter un sandwich et mangea en marchant, tout en reprenant un autre cachet.

Elle retrouva ensuite Didier et Laëtitia chez eux pour régler les derniers préparatifs de la soirée. La douleur s’était atténuée mais elle eut un coup de barre. Elle prit du café pour se réveiller.

Ils venaient de finir de préparer six bouteilles de cocktail molotov lorsque Mathieu appela. Il avait dû apprendre que sa mère était en route pour rejoindre son groupe. Elle se doutait que ça risquait d’arriver. Geneviève était très motivée et prête à tout pour faire avancer la cause. Le fiston avait dû paniquer en apprenant que Môman partait se révolter ! C’était tellement bon de le faire mariner ainsi. Que leur conversation puisse déclencher une crise de jalousie avec sa greluche était la cerise.

Il n’était pas très étonnant qu’il se soit déjà retrouvé quelqu’un. Il était moins engagé qu’elle. Et froussard. C’est parce qu’elle devenait trop extrémiste à son gout qu’il l’avait larguée.

Cette insistance à vouloir connaître leurs plans l’intrigua et elle envoya par sécurité sa photo aux membres de son groupe afin qu’il soit reconnu, quoiqu’il tente.

Malgré le café, la fatigue lui tenait au corps. Une fois tout bouclé, elle repartit chez elle. Il fallait qu’elle dorme un peu. Sur le chemin, la photo qu’elle reçut lui confirma qu’elle avait bien fait de prévenir les autres. Elle fut un peu vexée d’avoir été remplacée par une vulgaire bonasse brune.

Elle mangeait une banane avant de reprendre un cachet lorsque son téléphone sonna. Numéro inconnu.

« Allo ? »

Une voix grave lui répondit.

« Allo, Katie ? »

Elle ne le sentait pas. Mais la voix avait quelque chose de rassurant.

« C’est qui ?
- Tu vas avoir du mal à me croire si je te réponds tout de suite.
- Ben si vous ne me répondez pas tout de suite, je vais surtout raccrocher ! »

Bien que rassurante, cette voix commençait à la gonfler. Elle était fatiguée, son cou était très douloureux ; elle voulait se coucher et essayer de dormir un peu.

« On se connait bien Katie. Tu m’as écrit de nombreuses lettres quand tu étais petite...
- Vous voulez me faire croire que vous êtes le Père Noël, c’est ça ? » Il y avait un truc louche. C’était qui ce malade ? « Mathieu ? C’est encore toi ? »

« Non, ce n’est pas Mathieu. Une année, tu m’as même commandé le camion des tortures Ninja. En CM1, tu m’as demandé si je pouvais faire revivre ton chien Waffou qui venait de mourir. »

Comment le savait-il ? Mathieu ne connaissait pas cette histoire ! Personne d’ailleurs. Personne hormis les gens qui avaient lu la lettre qu’elle avait envoyée petite au Père Noël...

« Comment vous s...
- L’année suivante, la teneur de ta lettre était différente, des filles venaient de se moquer de toi parce que tu croyais encore en moi. Tu y insultais tous les imposteurs qui liraient ce courrier. Tu as ensuite envoyé des lettres d’insultes pendant quatre ans avant d’arrêter. »

C’était un vrai psychopathe. Un enfoiré de psychopathe qui la suivait depuis des années.

« Qui êtes-vous ? Dites-moi qui vous êtes ?! », s’énerva-t-elle. Il fallait qu’elle sache, elle avait horreur de ne pas savoir !

« Je suis le Père Noël Katie. J’existe vraiment. Et j’ai reçu toutes tes lettres, même si les dernières m’ont brisées le cœur... »

Cette voix... Elle avait un effet étrange sur Katie. Elle avait la tête lourde. Et cette douleur qui persistait.

« Vous voulez quoi ? Vous voulez de l’argent ? Vous voulez venir me buter, c’est ça ? »

La voix sourit.

« Non Katie. Je voudrais parler avec toi. Je sais que tu veux mettre Noël à feu et à sang. Ce n’est pas possible. Et nous ferons tout ce que nous pourrons pour vous arrêter. » Mathieu ! C’était définitivement lui qui était derrière cette mascarade ! La voix continua : « Je voudrais te voir pour discuter avec toi. Il y a sûrement un moyen de s’en sortir sans violence. Je t’en prie.
- Que dalle. », répondit-elle. « Vous ne pouvez pas nous arrêter !
- Alors nous devrons utiliser les grands moyens. Je suis le Père Noël Katie, j’ai quelques pouvoirs... C’est dommage pour vous. On pourrait peut-être éviter ça en se rencontrant. »

Et s’ils avaient vraiment un moyen de les arrêter. Tout s’embrouillait dans son esprit fatigué. Il fallait qu’elle soit sûre.

« Dans un endroit public alors.
- Où peux-tu être d’ici une quinzaine de minutes ? », demanda la voix calmement.

Le lien vers le chapitre 21 est rappelé dans les commentaires ci-dessous
http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/lannee-chapitre-21

Thèmes

Image de Nouvelles
20

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Thom Burnet
Thom Burnet · il y a
Image de Sophie Sophie
Sophie Sophie · il y a
Je crois que cette histoire de l'avent, je n'ai aucune envie qu'elle se termine... Et si c'était un avent d'un an ?!
·
Image de Thom Burnet
Thom Burnet · il y a
:-)
·
Image de Mamgoudig
Mamgoudig · il y a
Ah c'est énervant on n'a pas appris grand chose de plus .
Vivement demain

·