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L'année où j'ai perdu Décembre - Chapitre 16

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Thom Burnet

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Quelque part en France, un 24 décembre 2017

« Alors vous... Vous... Vous ! Vous êtes la... le... NAN ! » bégaya Méléna, assise dans le canapé, au milieu de l’appartement de madame Pène alors que plusieurs jouets flottaient en l’air dans la pièce. « Mais comment c’est possible ? » Elle sembla réfléchir avant de demander : « Mais pourquoi vous vous êtes déguisé en homme ?
- Il m’était difficile de faire autrement à l’époque. Mais je ne suis pas sûre que de nos jours, ce serait mieux accepté si je me présentais telle que je suis...
- C’est sûr qu’il y a un truc à faire ! Vous savez, avec la libération de la parole des femmes et tout, ça marcherait ! » Elle affichait toute sa conviction dans son sourire.
« Et vous avez quoi comme autres pouvoirs ? Vous pouvez arrêter le temps ou des trucs comme ça ? »

Madame Pène sourit : « Ah ! Méléna ! Non. Je me téléporte. Mais comme je vieillis, chaque nuit de Noël est un peu plus fatigante. Pour le moment, ça va mais je sens que ça tire de plus en plus... »

« C’est pour ça que vous passiez par les escaliers pour descendre vos cadeaux ? » demanda Mathieu.

« Oui, c’est pour cela Mathieu. Etant donné le nombre d’allers-retours que je fais, je m’épuiserais trop vite. »

Il y eut un temps avant que Méléna ne se lève rapidement et demande :

« Bon, on fait quoi pour ces enfoir.... Euh... pardon Père... enfin Mère... euh... Comment on les arrête les autres ?
- J’y ai pensé et j’ai une idée... » commença Madame Pène « mais ça va vous paraître un peu bizarre. »


Quelques minutes plus tard, les quatre amis étaient sur le trottoir au pied de l’immeuble. Ils regardaient dans toutes les directions afin de retrouver les trois lutins. C’est Méléna qui les aperçut devant un sapin, au milieu d’un rond-point, chacun posté au pied d’une branche. Ils semblaient être en pleine conversation avec l’arbre.

« Ils sont vraiment dérangés ! » déclara Julien.

« Vous êtes sûrs qu’ils vont pouvoir nous aider ? » ajouta Méléna.

Ils traversèrent comme ils purent. Quand Mathieu tapa sur l’épaule de Kalel, celui-ci eut un mouvement de recul. « Ah ! Non, ne nous agressez pas ! »

Le jeune homme sourit et eut un geste d’apaisement.

« Ne vous inquiétez pas. Je ne suis pas là pour vous crier dessus. » Les deux autres lutins ôtèrent la main qu’ils avaient sur l’oreille et s’approchèrent.

« Vous cherchez quelqu’un non ? » demanda Mathieu d’un air énigmatique.

Les lutins approuvèrent avec méfiance.

« Il se pourrait qu’on sache où il se trouve... Vous venez ? »


Quand ils pénétrèrent dans l’appartement, tous furent subjugués par ce qu’ils virent. Au milieu du salon se tenait fièrement un homme corpulent vêtu d’un pantalon et d’une veste verts. Une grande barbe blanche s’étendait au milieu de sa poitrine et un bonnet duveteux bordeaux couvrait ses cheveux. Ses bottes noires brillaient.

Mathieu et ses amis n’en revenaient pas. Les lutins crièrent des « Yipee » euphoriques.

« Père Noël ! Père Noël ! Ça fait tellement longtemps qu’on vous cherche ! » Ils se jetèrent contre le vieil homme qui les enlaça avec émotion.

« Vous m’avez manqué mes chers amis. »

Mathieu était ébahi : la transformation était saisissante. Il retrouva cependant dans sa voix une intonation de la sexagénaire.

« Vous revenez Père Noël ? » demanda Enaël.

Le vieil homme prit un air grave.

« Non mes amis. Nous avons toujours des différents et il me semble difficile de nous réunir tant qu’ils subsistent. Mais l’heure est grave et nous avons besoin aujourd’hui d’œuvrer ensemble. » Il laissa un temps avant de continuer : « Avez-vous entendu parler de ces gens qui souhaitent déluminer Noël ? »

Les lutins agitèrent la tête rapidement : « Oui Père Noël ! » répondit Enaël. « On a vu un garçon qui s’est énervé contre nous à cause de nos habits. Il nous a dit qu’ils allaient bruler Noël ce soir et... » Le lutin baissa les yeux. « Et... il a...euh... non, je peux pas le dire. »

« Il nous a fait un doigt d’honneur » continua en grimaçant Kalel.

« Nous allons avoir besoin de vous. Nous allons devoir essayer de les raisonner. Nous allons devoir les empêcher de gâcher Noël ! »

Les lutins crièrent d’enthousiasme.

« Mais je vais avoir besoin de tout le monde. » ajouta le Père Noël.

« Tous les lutins ? » demanda Lionel.

« Oui, tous les lutins.
- Alors il nous faut un sapin de Noël !
- Pourquoi ça ? » demanda Julien, alors que ses trois amis se posaient aussi la question.

« Les sapins nous permettent de communiquer et de nous déplacer ! Mais il faut qu’il soit décoré. » expliqua Kalel.

« Retournons sur le rond-point où on vous a trouvés » suggéra Mathieu.

« Impossible » répondit Kalel en secouant la tête. « Nous étions en pleine conversation avec le Pôle Nord quand vous nous avez interrompu. Une fois qu’on a utilisé un sapin, on ne peut plus recommencer. On doit en trouver un autre ! »

« Ça devrait être facile... » dit Mathieu. « Anatole, le voisin du dessous qui semblait si content de discuter avec vous, devrait en avoir un, c’est un vrai dingue de Noël, il a installé ses décorations depuis la fin octobre ! »

Alors que les trois lutins quittaient l’appartement, Mathieu se rapprocha du Père Noël.

« Vous aurez assez de lutins pour tous les arrêter madame Pène ? »

« J’espère Mathieu, j’espère. » dit-elle, émue, avec sa grosse voix de Père Noël. « Il le faut. Après tout... je suis responsable de tout cela... »

Le lien vers le chapitre 17 est rappelé dans les commentaires ci-dessous :
http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/lannee-chapitre-17

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Thom Burnet · il y a
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Sophie Sophie · il y a
Quel suspens... Je suis trop fan !!!
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Edith Shama · il y a
Après avoir relu tous les chapitres grâce à ton lien, cela va être difficile d attendre le suivant. Merci Thomas, pour cette belle histoire,
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