L'adoucisseur de peine,

il y a
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Peintre du dimanche, scribouillard de petits textes 1,2 maxi 4 pages, drôle en société, ai beaucoup aimé R.Lamoureux puis le grand Coluche, aime la lecture SF, Thriller ainsi que des plus anciens  [+]

Une drôle d'histoire, une histoire qui devait me coûter bonbon avec un passage devant la justice, il ne s'agissait pas d'un grand crime, mais néanmoins un truc suffisamment grave pour me faire me retrouver certainement avec une grosse amende et
peut-être même un passage à la case prison...
Je vous conte celle-ci...
Je suis gilet jaune sans le porter dans la rue, lorsqu'une charge de gendarmes mobiles (aïe) avec lacrymo, lbd et tutti quanti (les coups de matraque) et paf à droite et pif à gauche, garde toi à droite, garde toi à gauche Alain (Ph le Hardi) je me retrouve donc indépendamment de ma volonté face à un gus vêtu de cuir et tout en noir comme Batman qui lève au-dessus de ma tête sa matraque et là, face à casque il me revient à l'esprit un slogan ancien datant de ma jeunesse Place de la Nation en mai 68, et je hurle comme à l'époque face à sa visière un « CRS SS »... une erreur que je n'aurais pas dû commettre, des bras me saisissent je suis jeté à terre et moins de temps qu'il n'en faut pour le dire je me retrouve dans un fourgon avec d'autres GJ et même des BB...
Les CRS insultés ont par leur hiérarchie porté plainte,
J'avais dès lors mobilisé tous mes contacts et amis du Barreau, sans grand succès...je devrais faire face à la justice dans les quinze jours qui venaient, convocation 15h30 à la barre du tribunal...Aïe aïe.
Avant mon procès et peut-être même mon incarcération je passais mon temps au café rue d'Arcole (pour me donner du courage, comme Napoléon s'élançant sur ce pont) aux « Tours de Notre-Dame » pour y siroter rêvant à ce qui pourrait m'attendre d'ici peu.
Ah la liberté, comme elle nous est chère lorsque nous pouvons la perdre.
A peine je venais de commencer mon café, la tête ailleurs voulant chasser mes idées noires, qu'une main vint tapoter mon épaule me faisant sursauter et renverser un peu de mon café sur mon pantalon, en face de moi, un petit bonhomme avec un air mystérieux, il se pencha vers moi et me glissa au creux de l'oreille en me tendant sa carte.
_Bonjour monsieur...je me présente, je suis «l'adoucisseur»...
Ma surprise ne fut pas feinte.
_De quoi?
Et d'une voix grave il ajouta.
_Je suis «l'adoucisseur» monsieur, «l'adoucisseur» de peines, de châtiments si vous voulez.
Je fis un autre bond sur ma chaise et renversai le reste de mon café.
Il prit alors une chaise et se posa là, comme un oiseau sur sa branche et me tint à peu près ce langage (image).
_Je suis informé monsieur que pour dans une quinzaine vous êtes attendu au Palais de Justice en correctionnelle et c'est peu dire...
Ce simple mot «correctionnelle» fit remonter en moi une masse énorme d'appréhension et de bile.
_Je sais que les motifs de la plainte sont minces en regard de la peine qui risque de vous être infligée, mais vous avez traité le plaignant et sa hiérarchie de «CRS SS» affirmation quelque peu diffamatoire et punie par la loi, vous serez certainement condamné au maximum d'une peine de prison qui n'est pas probable, mais possible toutefois, et en plus serez amené à verser un euro symbolique aux œuvres de la police... le Président a en ce moment des crises de goutte qui le font horriblement souffrir, pour lui, se déplacer devient un martyre, alors il se venge sur les prévenus.
J'étais interloqué par ce que je venais d'entendre et lui demandais.
_Mais enfin qu'attendez-vous de moi,
_Je sais de source sùre mon bon ami que vous avez mobilisé toutes vos relations, mais que rien n'y a fait, il nous reste peut-être un moyen de changer le cours des choses et c'est pour cela que je suis devant vous.
_Oui, mais que dois-je faire?...apitoyer le tribunal?
_Oh que non, un tribunal ne s'apitoie jamais mon bon ami (2ème fois pour le bon ami).
_Le soudoyer?
_Encore moins, la justice pour certains ne s'achète pas, par contre...pour d'autres, je n'en dirai pas plus à ce sujet, mais nous nous comprenons, de plus vous ne connaissez pas le Président, c'est un homme vieux et comme je vous l'ai dit, goutteux quant aux deux juges ils sont par principe toujours de son avis et en toutes circonstances, il vous sera donc d'ici quelques jours, très difficile de vous en accorder ses bonnes grâces, alors que penseriez-vous d'un petit complot à son encontre?
Il faudra juste suivre sa voiture lorsque sa fille le conduira au tribunal Place du Marché aux fleurs, nous déboucherons en même temps chacun par une rue différente...
Il avait été noté dans le scénario qu'involontairement le petit bonhomme devait bousculer le vieillard et insidieusement lui marcher sur son pied goutteux ce qui lui occasionnerait une douleur atroce, à ce moment moi le passant sans soucis tel un Zorro des temps modernes j'attrapais par les épaules le petit bonhomme et hop le jetais hors de la place sans ménagement avec une correction très appuyée et offrais au vieillard un bras secoureur, et, là pour moi les remerciements...
Tout se passa comme un bon film bien scripté.
Et maintenant je clos mon récit par ces quelques lignes.
Je me rendis au tribunal le lundi pour ma comparution et me retrouvai face au Président sauvé il y a peu d'un malandrin de connivence.
J'étais là à la barre un peu penaud quand même, me reconnaïtra-t-il ?
Ben oui, mon affaire fut vite expédiée, le Président me reconnut et je fus interrogé avec une certaine bienveillance que j'en ai même moi l'accusé eu l'impression d'être l'accusateur de personne détentrice de l'ordre public ayant fait usage de la force avec un peu trop de pugnacité, je pense que les accusateurs furent quelque peu ahuris par les paroles du Président qui déclara qu'au total, les abus de la force étaient quelque peu éxagérés et que de ce fait il ne retiendrait à mon égard, que mes paroles reprochées n'avaient rien d'injurieuses, mais plutôt un clin d'oeil à des années que lui aussi avait connu comme professeur de droit à l'école des magistrats.
OUF...Pour la case prison, mon tour n'était pas venu.
Je ne revis jamais le petit bonhomme, il avait disparu comme il était apparu, je n'avais pourtant comme Aladin pas de lampe magique...Adieu le petit génie et merci à toi.
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Un petit mot pour l'auteur ? 19 commentaires

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Ghislaine Mata · il y a
Sympa cette petit histoire et CRS SS, il n'y a pas si longtemps, c'était encore bien d'actualité.
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Utilisateur désactivé · il y a
Merci
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LES HISTOIRES DE RAC · il y a
Plein de petits sous-entendus et une recette piquante !
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Utilisateur désactivé · il y a
Merci
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Patrick Gibon · il y a
et si même les petits génies se déplacent pour des trucs pareil, "où va le monde mon bon Môôôsieur!
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Utilisateur désactivé · il y a
Merci
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Dranem · il y a
Un véritable ange gardien cet adoucisseur de peine contre des CRS qui ne sont pas des anges, c'est sur !
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Utilisateur désactivé · il y a
Merci
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De margotin · il y a
Très beau
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Alain Derenne · il y a
Merci à toi, bonne soirée et bonne chance pour Nilie.
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André Page · il y a
Beau subterfuge pour finalement débloquer une situation plus que critique ! Bravo Alain :)
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Alain Derenne · il y a
Tu vois un peu le truc...
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Fred Panassac · il y a
Très drôle en fin de compte, car au début j’ai eu peur pour vous ! Quelle épopée, je penche un peu pour de la fiction plutôt que pour du réel. Le Président si indulgent je n’y crois pas trop.
Joliment raconté malgré une phrase confuse (celle qui commence par « Ben oui, mon affaire ») Déjà, corriger « eut » ——>> « eu » et remettre la phrase d’équerre.

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Alain Derenne · il y a
Ok Fred, merci de ton passage, bonne journée à toi.
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Daniel Nallade · il y a
Réjouissant ce texte !
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Alain Derenne · il y a
Merci Daniel de ton passage dans le quartier du Palais.
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M. Iraje · il y a
La liberté d'expression n'est vraiment plus ce qu'elle était. La liberté tout court sans doute aussi d'ailleurs ...
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Ginette Flora Amouma · il y a
Une oeuvre malicieuse .
Certaines coquilles et fautes de frappe vous ont échappé mais vous , vous avez un adoucisseur à domicile et qui vous visite !

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Alain Derenne · il y a
Donne moi les coquilles sur mon nom; et je corrigeraicelles-ci, merci à toi