L'accident

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Je suis passionnée de littérature, je me souviens d'avoir toujours écrit, textes et poèmes. J'aimais en jouer comme d 'une lyre . Depuis peu retraitée de la fonction publique , j'ai succombé  [+]

L’accident
Le récit que me rapporta Daniel me laisse encore songeur. Daniel est mon voisin de travée dans l’amphithéâtre universitaire où il nous arrivait de suivre les mêmes cours sur la sociologie et l’image cinématographique. Daniel n’avait rien de bien particulier sauf qu’il était très studieux, très discipliné et rangeait toute cette droiture derrière une sépulcrale réserve à faire ébranler une tombe du cimetière du Père Lachaise. J’avais souvent envie de le secouer mais il ne savait pas s’énerver, toujours sur ses gardes, enveloppé dans un calme marmoréen. Il parlait peu, ce qui n’était pas facile de conduire nos réunions d’étude. Après deux années universitaires, j’en étais toujours à me demander quelle personne il pouvait bien être. Nous nous inscrivîmes en troisième année avec la surprise de réaliser que nous nous retrouvions pour certains cours et moi, dans mon for intérieur, je me disais que j’allais continuer à fréquenter Daniel sans avoir dépassé le stade de la première année en matière de camaraderie. Ce n’était pas pour nous déplaire puisque chacun de nous vivait dans une dimension totalement différente, moi qui participais à des soirées branchées et militais pour des causes justes et nobles tandis que Daniel s’enfermait davantage dans des considérations introverties qui ne le menaient pas plus loin que le dessus de sa chaise ! Comme nos parents habitaient dans la banlieue parisienne et qui plus est dans la même commune et que je conduisais ma propre voiture, il nous arrivait à tous les deux de rentrer le vendredi soir après nos derniers cours dans notre village verdoyant, paisible, accueillant, lointain et figé dans son doux silence et sa tranquille permanence. Les parents de Daniel vivaient dans une maison cossue entourée de verdure et d’ombre, située non loin de tous les services commerciaux et autres commodités de transport comme mes propres parents qui jouissaient d’une assise comparable dans le village voisin.
Ce vendredi, nous rentrâmes chez nous comme de coutume, heureux de pouvoir nous reposer pendant quatre jours que des jours fériés nous permettaient d’aligner. Je le déposai chez lui et nous convînmes de nous rendre le lendemain à un centre commercial pour nous approvisionner en fournitures.
Lorsque je vins chercher Daniel qui m’attendait devant la grille de son pavillon, je ne pouvais m’empêcher d’admirer une fois encore le beau jardin agencé avec un goût très sûr. C’était l’oeuvre de sa mère. Les fleurs et les massifs se mêlaient avec art à des plantes sauvages mais jusque- là, il ne m’avait encore jamais été donné d’en complimenter la mère qui était aussi discrète que son fils ! Daniel ne m’avait pas non plus invité à entrer chez lui de sorte que je ne connaissais que le jardin aussi immuable et paisible que Daniel lui-même ! Ces allées et venues sans surprise, sempiternelles, avaient constitué la plupart de nos déplacements et je ne les avais jamais remis en cause. Daniel ne fut pas plus loquace pendant le trajet. Je me concentrai sur mon parcours, il y avait des files de voitures et l’entrée du centre commercial était difficile à prendre compte tenu des ralentissements et des phares qui nous éblouissaient.
Je roulais à peine à dix kilomètres à l’heure à l’intérieur du parking à la recherche d’une place et au moment où je comptais m’engager vers ma gauche, une voiture surgit et heurta de plein fouet l’aile droite de ma carrosserie alors qu’elle devait s’arrêter au STOP signalé dans le couloir par où elle débouchait. La secousse nous sortit du silence qui ne nous avait pas quittés depuis notre départ. Un craquement de tôle écrasée, un choc qui me jeta sur mon frein et les deux voitures se retrouvèrent face à face. Au volant, s’écrasaient des visages blêmes, consternés, brusquement figés par la soudaine épreuve. Le temps que je me gare en position réglementaire et que l’autre chauffard se range à mes côtés, je mis quelques minutes à m’extraire de mon siège au moment même où j’entendis une portière claquer bruyamment. Une femme en sortit comme balayée par un ouragan et s’enfuit si vite que je me demandais ce qui s’était passé. Je vis mon individu lui courir après en criant des paroles qui se perdirent. Il revint en se tenant la tête dans les mains et je ne réussis pas à lui en vouloir ; pourtant, nous étions dans de sales draps ; le constat qu’il fallait rédiger promettait d’être long. Daniel était déjà près de la petite Renault au capot salement amoché, avec un pare-choc retourné et des phares morts ! Je regardais ma voiture qui s’en tirait, elle, avec une portière à remplacer ce qui n’était pas peu dire !
Je m’approchai de l’homme qui, visiblement très énervé, voulait en finir. Il sortit précipitamment son constat et se mit à gribouiller sur les lignes en grommelant :
-« C’est bon, c’est bon, je suis en tort ! Voici mes papiers. »
Mais je ne l’entendais pas de cette oreille:
« - Attendez ! On ne va pas bâcler la chose ! Je veux un constat en bonne et due forme ! » J’inscrivis patiemment les numéros de mon assurance et lorsque l’homme pressé me tendit son feuillet, je lui demandai : -« Montrez-moi votre police d’assurance, Monsieur. Que je puisse vérifier ! »
-« Mais enfin vous n’avez pas confiance ? Je vous ai montré mes papiers !  »
-« Il ne s’agit pas de cela. Vous êtes très peu en état de vous concentrer et une faute est vite arrivée ! »
-«  Ecoutez ! Dépêchez-vous ! Je dois aller chercher ma femme. Mais par où est-elle partie ? »
Et ses yeux fous scrutaient les allées du parking ; il se retournait cent fois, se brisait le cou à vouloir se pencher en arrière mais je ne voulais pas lâcher l’affaire et mis un point d’honneur à bien tracer le graphisme de l’accident sur le formulaire pour que mon assurance rembourse
entièrement la totalité des dégâts causés par cet écervelé !
-«  Mais quelle idée aviez-vous de foncer à cette allure sur le parking alors que vous auriez déjà dû ralentir ! » , ne pouvais-je m’empêcher d’ajouter en remuant le couteau dans la plaie. Mais le pauvre Monsieur semblait bien atteint. Il bafouilla :
-«  Je..., j’étais en grande discussion avec ma femme et je ne vous ai pas vu. »
Daniel eut cependant un moment de pitié.
-« Ecoute, Sébastien, on peut prendre son temps. Ne le bouscule pas » dit-il en regardant l’homme que je fixais enfin en ouvrant de grands yeux. Je ne l’avais pas bien regardé. Il grisonnait et ses tempes blanchies lui donnaient un petit air distingué. Il était impeccablement mis dans son costume à rayures discrètes. Ses rides s’accentuaient à mesure qu’il marmonnait :
-« C’est sa voiture en plus, c’est la voiture de ma femme et elle vient de l’acheter !  », ajouta-t-il en nous fournissant des explications qu’il nous croyait dues. Il trépignait, s’acharnait sur ses papiers. Je lui demandai de vérifier avec moi les écrits et de confirmer la justesse de mes dessins.
« Mais... mais oui, mais oui, je suis totalement en tort. Je prends tout sur moi. Laissez-moi partir »
Ce que nous fîmes en le laissant s’engouffrer dans sa voiture et démarrer en trombe. Daniel eut un mauvais pressentiment :-« Espérons qu’il ne va pas emboutir quelqu’un d’autre ! »
La voiture de sécurité du centre commercial se gara près de nous et nous demanda ce qui s’était passé. Nous le lui expliquâmes et reçûmes de sa part des conseils de prudence : _« Vérifiez les écritures plusieurs fois ! » Nous acquiesçâmes en le remerciant et, une fois nos affaires achetées, nous reprîmes la route du retour. Daniel relut les imprimés du constat et s’exclama brusquement :-« Mais dis-moi, le bonhomme, il habite dans notre commune ! C’est même une sacrée coïncidence ! Le type est de Montague !
-Quoi ? fis-je, vaguement interloqué.
Mais Daniel, apparemment très retourné, continuait :
-Et je n’arrive pas à savoir où il habite. C’est une rue qui ne me dit rien. Tu savais, toi, qu’il y avait un lieu-dit «  Le Val de brousse  » ?
- Non, marmonnai-je, un peu barbouillé par toutes les nouvelles qui affluaient.
Mais je ne savais pas que ma soirée allait être très longue et éprouvante. Après avoir déposé Daniel, je revins chez moi et repris le constat en expliquant à mes parents la mésaventure qui m’était arrivée. Mon père me signala qu’une .signature manquait ! L’individu avait oublié de signer ! Je téléphonai à Daniel pour lui raconter mon souci, mon père étant persuadé que le constat n’aurait aucune valeur s’il n’était pas dûment signé ! Daniel offrit de s’occuper de l’affaire et de rendre visite à Mr Régalier dans sa maison. Il ajouta qu’il m’appellerait dans la soirée du lendemain pour un compte-rendu. J’acceptai, soulagé et infiniment rasséréné de sentir Daniel se réveiller tout soudain de son indéfinissable langueur. Montague est un village assez peu connu et les bois entourant les légers vallonnements environnants lui donnaient un relief souvent considéré comme inabordable par les habitants du centre ville. Je ne parvins pas à trouver le sommeil. Curieusement, un voile d’inhabituelle douceur s’étirait sur ma nuit longue, lente, tendue par une attente que je ne pensais pas être aussi palpable. Puis le jour vint et après lui la vaste matinée, puis l’après-midi et je sus que j’aurais du mal à passer la soirée. Je téléphonai à Daniel qui mit longtemps à me répondre. Il avait une voix étrange :
-« Je suis assez embêté par cette histoire »
Il me raconta tout d’une voix lointaine et distante lorsque je vins le voir pour récupérer mes papiers. La veille, il avait cherché l’adresse sur sa carte mais arrivé sur les lieux, il s’était perdu. La rue en question débouchait sur un terre-plein et sur une voie sans issue. Il m’expliqua que sa carte indiquait bien le nom de la rue sans le placer dans un lieu-dit ce qui lui avait valu d’errer dans les ruelles voisines pendant un long moment. Je me souviens du changement de sa voix dès qu’il eut décidé de continuer à pied :
-« Je me suis senti inexplicablement poussé à grimper le talus, dit-il. Depuis ce moment, je n’eus plus du tout la sensation d’être moi-même. J’avançai dans des tapis de feuilles mortes à travers un bois sombre. Où étais-je ? Je me souvenais qu’on parlait de bois touffus et balisés pour les sentiers sportifs sylvestres mais je me sentais envahi par une profonde paix. Je vis une allée et je la suivis, je la suivis jusqu’au bout de sa sinueuse pente ; je débouchai sur un parc croulant de massifs sauvages et d’arbres au feuillage lourd ; le parc me mena jusqu’à une grille en fer forgé dont les pointes prenaient la forme d’un icône ancien Une cloche était suspendue au-dessus des battants mais allais-je troubler cette étrange immobilité par un coup de cloche ? Je pris le parti de n’en rien faire. Je continuai à accomplir des gestes comme si on me les avait dictés. Je poussai la grille qui grinça un peu en s’ouvrant sur un grand espace. Une longue allée soigneusement entretenue menait vers les hautes marches d’un perron dallé : l’air était doux, j’entendais au loin des arpèges discrets qui s’effilochaient comme venant des profondeurs d’une voûte suspendue. C’était une mélodie. Je ne la connaissais pas mais elle s’installait en moi comme si la place lui était acquise. Je reçus aussi le frisson de la majestueuse bâtisse comme si elle me saluait par une révérence ; les murs hauts, épais, gris , envahis de lierre dégageaient une rudesse simple, calme, éternelle. Et je me sentis absorbé par un semblable bonheur tranquille comme si toute chose s’arrêtait pour me faire voir l’essentiel ; ce fut un moment unique. Je restai longtemps à la porte me demandant simplement si j’allais entrer. Mais quel espace avais-je pénétré ? A mon coup de sonnette, un homme en livrée de maître d’hôtel, se présenta pour me dire sur un ton étonné et obséquieux :-« Que désire Monsieur ? » C’est à peine si je me gourmandai de ne pas avoir de carte de visite à lui présenter : «  - Je souhaiterais voir Mr Régalier.
Le vieil homme me dit : « -Monsieur est au repos. Il ne peut pas vous recevoir. »
«  Dites-lui que c’est urgent et très important. Il s’agit de l’accident d’hier  ». A ce moment, une voix claire qui nous surprit tous les deux se fit entendre :-« Laissez, Robert, je m’en occupe ! ». Et je vis apparaître une jeune fille tout de blanc vêtue, aux cheveux longs, aux yeux bleus qui me fixaient tranquillement. Elle semblait sortir d’un livre de contes et je dus lui montrer un visage effaré pour que soudain elle s’approche de moi et pose sur mon bras une main pâle et douce. : –« Ne restez pas là et entrez. Je vais appeler mon père », mais une voix nous interrompit :
-« Qu’y a t il, Blandine ? ». Je reconnus Mr Régalier ; je le saluai. Il avait une mine inouïe. Défait, hirsute, mal mis, le visage décomposé, il titubait de fatigue et semblait ivre mort. Son jabot de dentelle pendait ridiculement sur sa chemise froissée :-« Ah, c’est vous ! C’est encore vous ? Qu’ai-je encore fait ? »
-« Ne faites pas attention à sa tenue, Monsieur. Mon père est très malade », dit la féerique créature en blanc.
Je répondis « - Je suis Daniel de Mérillac et je viens au sujet de l’accident d’hier.
–Ah, fit-elle avec un soupir si triste que je levai les yeux vers elle et la fixai intensément. Elle se jeta dans mon regard :-« Ma mère nous a quitté cette nuit et nous sommes consternés »
-« Mais dis toute la vérité, Blandine, dis-le, s’écria Mr Régalier Il était effondré sur un sofa aussi rouge que ses yeux exsangues et larmoyait. Je dus m’asseoir car le regard effrayé de Blandine pesait sur moi mais Mr Régalier s’était trouvé un confident. Il s’épancha :
-«  Vous avez vu comme moi que ma femme était sortie de la voiture. Je l’ai cherchée toute la soirée et je ne l’ai pas trouvée. Toute la nuit, j’ai attendu mais même ses parents ne l’ont pas vue. Je pensais qu’elle se serait rendue soit chez ses parents soit chez ses amis mais rien, je n’ai aucune nouvelle  » Il se prit la tête entre les mains et gémit si fort qur Robert lui frictionna la nuque et lui servit du café. Blandine servit thé et gâteaux sur un plateau d’argent. De fines soucoupes et de fines tasses valsèrent de main en main et pendant un moment, je me laissai envahir par une douce torpeur. Je n’écoutai bientôt plus rien. Il y avait des ondes magiques autour de moi, je me laissais bercer. Avais-je attendu cette magie pour m’en sentir soudainement bien enveloppé ? Mr Régalier signa les imprimés et se remit à se lamenter :
-« Mais que lui ai-je fait ? Elle avait tout. Vous comprenez, rien n’allait plus entre nous depuis trop longtemps. Mais çà, cà... ne pas savoir où elle peut être, c’est déchirant ; je ne peux pas m’y résoudre » Je lui proposai de s’en ouvrir aux gendarmes mais il s’y opposa violemment :-«  Non, non ! C’est une honte pour moi. Comment vais-je pouvoir leur présenter la chose. ?
–C’est juste pour savoir si elle n’a pas eu un accident...
- Je ne sais pas. Je vais réfléchir .Voulez-vous rester ?  » Il y eut un silence terrible. Blandine ne savait plus quoi fixer et je vis Robert qui faisait de gros efforts pour se maîtriser. Ils formaient un trio solitaire, isolé par leur douleur et leurs souffrances intimes ; je n’avais pas le droit de leur infliger ma présence gênante et même si je me sentais heureux, doucement baigné par une profonde paix, je me levai et les saluai. Robert me raccompagna et la lourde porte en bois sculptée fut poussée sans qu’il n’y eût d’autre mot. Je redescendis les marches du perron, traversai l’allée des chênes et m’enfonçai dans les sentiers sans me rendre compte que j’avais oublié de demander mon chemin à Robert. Je dus errer un long moment, hagard et repu d’un contentement qui m’accompagnait au point qu’une fois rentré chez moi, je restai penché sur mes cartes pendant longtemps me demandant où pouvait bien se cacher cette partie du vallon avec sa gentilhommière et son parc. »
« Je vais y retourner », me dit soudain Daniel en parlant si bas que je m’efforçai de l’entendre.
Je le reconnaissais à peine. Il était fébrile, ardent, résolu. Qu’aurais-je pu dire ? Il semblait prêt. Prêt au bonheur. Pouvais-je l’en dissuader ? Je ne savais pas moi-même à quoi pouvait ressembler le bonheur. Daniel paraissait avoir tout préparé. Il avait son sac à dos, son blouson d’hiver, ses chaussures de marche. Il semblait avoir prévu une longue absence. La peur vint m’enserrer dans son étau froid et dur ; je vacillai mais aucun son ne sortit de ma bouche ; il ne partait que pour rejoindre un bonheur entrevu. Il n’y avait là-dedans aucun sujet d’inquiétude. Je le laissai partir. Il semblait avoir tout soudainement traversé une porte mystérieuse et entr’aperçu une beauté étrange. Les jours suivants, je ne le revis pas. Il refusa de reprendre la route avec moi. Je le croisai à l’université, plus silencieux que jamais ; quelques semaines passèrent ainsi, puis, inquiet, je lui posai la question :
« Comment va Mr Régalier ? » Il répondit un peu étonné :-« Oh lui, il va bien. Je l’ai rencontré sur le marché. » Et un long temps fragile suivit ces quelques mots brefs qui semblèrent se suspendre un moment dans l’air immobile.
« - Alors ? demandai-je avec un rien de trémolo dans la gorge.
–Alors, il a divorcé. Il vit seul et sa fille partage son temps entre son père et sa mère »
Je le regardai. Il y avait quelque chose d’indéfinissable dans sa voix. Je lui proposai de le ramener à la fin de la semaine mais il refusa en disant qu’il lui fallait reprendre le chemin du Val de brousse.
-«  Tu sais, il y a un autre chemin pour arriver jusqu’à Blandine. C’est elle qui me montre les pistes et les endroits inconnus, je ne cesse pas d’apprendre. »
Une autre onde de pause suivit la déclaration ; il avait déjà traversé une certaine frontière, marchait déjà vers celle qui l’attendait, gonflé par de nouvelles certitudes, plein d’un intense bonheur.
Et je sus que je n’y aurai aucune part.
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Ginette Flora Amouma · il y a
Merci
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michel jarrié · il y a
Un vrai labyrinthe où on a plaisir à se perdre.

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