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La vie parisienne

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Audrey L.

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Les étrangers imaginent Paris comme une sorte de Paradis sur Terre, une ville merveilleuse où rayonnent bonheur et joie de vivre, une ville aux rues peuplées d’hommes élégants et de femmes raffinées, de passants tous plus beaux les uns que les autres et arborant un grand sourire. La réalité est tout autre. Les Parisiens sont fades et antipathiques, et on croise tout autant de moches dans les rues de la capitale que dans toute autre ville de province, ou même en dehors de nos frontières. Cette antipathie, j’en ai fait l’expérience dès mon arrivée. Petite ingénue tout droit venue de sa province, cherchant certainement inconsciemment à fuir la piètre destinée de papa et maman restés sous le soleil de Bordeaux, j’ai vite compris qu’à Paris je n’étais rien du tout, qu’un petit grain de sable dans le désert.
Pour moi qui suis plutôt sociale, six mois sans amis, cela peut être long ; mais six mois sans amoureux, n’en parlons pas ! Même pas une petite conquête d’un soir, car de toute façon, entre mon travail qui me prend énormément de temps et le manque d’amis, je n’ai pas vraiment l’occasion de sortir. J’ai même eu la tentation un peu folle, un jour, de rappeler mon ex que j’avais odieusement largué en l’accusant d’avoir un esprit étriqué de provincial. Bien sûr, il l’avait cherché, et aujourd’hui encore, malgré toute la mauvaise foi qui peut me caractériser, je suis bien forcée d’admettre qu’il a effectivement une mentalité de petit provincial. Mais de là à lui dire comme ça, sans prendre de gant ! Et puis au lit, tiens, lovés l’un contre l’autre. Nous venions de faire l’amour sauvagement et je commençais à peine à reprendre mon souffle.
« Au fait, Lucas, il y a quelque chose qu’il faut que je te dise.
- Oui ? Tu veux me dire que je suis le meilleur au pieu ? Je le sais déjà ? »
Ah, son humour bien lourd... Décidément, j’ai bien fait de ne pas le rappeler !
« Non. Je suis sérieuse.
- D’accord, je t’écoute, pardon.
- Tu sais, ma recherche d’emploi... ?
- Oui, bien sûr. Tu as trouvé ?
- Eh bien, oui. Un cabinet d’avocats. J’ai passé l’entretien lundi et ils m’ont appelée hier pour me dire que je suis prise.
- Mais c’est génial !
- Oui bien sûr. Mais il y a un bémol.
- Un bémol ? Ton patron est trop sexy et tu penses que je vais être jaloux. »
Quel abruti ! Comment ai-je pu à un seul moment avoir la tentation de le rappeler ? Plutôt être seule que de me remettre avec un blaireau pareil.
« Sois sérieux s’il te plaît. Ça ne me fait pas rire.
- Oh ça va ! Pardon ! Alors c’est quoi, le problème ?
- Le cabinet, eh bien, il est à Paris. »
Silence. Il a lâché mon sein qu’il tenait dans sa main, comme si soudain mon contact le répugnait. Je savais bien ce que je faisais : je le larguais. Avec lui, une relation à distance n’aurait jamais été possible, il n’avait pas assez de maturité pour ça. Lui aussi en avait conscience. Lucas est un brave garçon, il faut bien l’avouer : un peu lourd, pas très malin ni particulièrement beau (quoique ce dernier point reste discutable). Mais il a un défaut connu de tous : c’est un accro au sexe. Depuis qu’adolescent, il avait découvert le bien qu’il pouvait se faire tout seul, il était un grand adepte de la branlette, partout et tout le temps ; ensuite, quand pour la première fois une fille lui avait offert sa fente dans les toilettes du lycée, il avait compris que seul c’est bien, mais à deux c’est mieux. Depuis, bien sûr, il avait testé un grand nombre de variantes : à deux, trois, cinq, avec des hommes, des femmes, des blanches, des noires, des asiatiques... Il avait même tourné dans un petit porno semi-pro : son heure de gloire ! Il faut dire que c’est la raison pour laquelle je me suis mise avec lui : un bon coup comme ça, on n’en rencontre pas souvent. Mais, contrairement à lui, je sais bien que le sexe, ce n’est pas tout. Et rapidement, je me suis lassée de sa compagnie, de son humour gras, de sa bêtise forcenée... De tout, quoi. Et là, allongée contre lui, nos deux corps collés dans un mélange écœurant de sueur, je savais bien qu’il ne pourrait pas tenir une semaine loin de moi sans pouvoir satisfaire son appétit démesuré.
« Qu’est-ce que tu veux foutre à Paris ? Tu n’es pas bien ici ?
- J’aimerais voir plus grand. J’ai de l’ambition, moi. »
A partir de là, tout a dégénéré : si j’insistais tant sur ce « moi », c’est que je pensais qu’il n’était pas ambitieux. Et pourtant, il trimait autant que les autres, peut-être même plus ! Mais lui, il n’avait pas besoin de se prouver des choses idiotes en plaquant tout le monde pour vivre un rêve absurde. Bref, une dispute de couple qui aurait pu être bien banale, mais qui a tourné au mélodrame, jusqu’à cet instant fatidique où il s’est levé, a pris mes vêtements dispersés par terre à côté du lit, a ouvert la fenêtre et a tout balancé dans un geste triomphal. D’accord, je l’avais peut-être à moitié plaqué, mais lui s’était conduit comme le dernier des malpropres : je me souviendrais toujours de ma honte en bas de son immeuble, à ramasser mes affaires, nue comme un ver, exposée aux regards de tous. En fait, j’avais bien fait de le larguer, et j’aurais fait la bêtise de ma vie en le rappelant.
Mais bon, l’honneur, c’est bien beau, mais ça ne satisfait pas le corps d’une femme. C’est ainsi que j’ai été conduite à m’inscrire sur l’appli dont tout le monde parle : Adopte un mec. Site rose bonbon au design suffocant, entre la maison de passe et le rayon mariages de Tati, rempli de mâles en rut prêts à tout pour accéder à la femelle idéale. Moi, bêtement, j’ai mis au début une photo de moi plutôt aguicheuse ! Quelle folie ! En quinze minutes, j’avais plus de cinquante propositions... Aujourd’hui, cela fait deux semaines que je suis inscrite, et après un tri soigneux, une quantité astronomique de profils bloqués, et beaucoup de conversations d’un ennui mortel, me voilà avec un rendez-vous. Mon premier rencard parisien !
Il s’appelle Damien, a 27 ans, vit dans le 15ème : il aime cuisiner, faire la fête, boit un peu mais pas trop, est un inconditionnel du rock des seventies... Une folie, quoi. Et puis, physiquement, il faut bien lui accorder un charme à toute épreuve. Ce qui lui a plu chez Audrey, 25 ans ? Au-delà de son physique, c’était bien sûr son franc-parler, ses goûts musicaux, sa joie de vivre etc... Et de tout ça, je compte bien lui en asséner toute la soirée.
Mais avant toute chose, pour plaire à un homme, il faut être belle et séduisante. Pas de doute, pour un premier rendez-vous, je mets un petit string mon soutien-gorge à balconnet qui met si bien mes seins en valeur : la dentelle, rien de mieux pour exciter un homme. Pour mettre ma poitrine en valeur, je choisis un petit chemisier assez décolleté sans être vulgaire : j’ajuste un peu ma poitrine, je me regarde dans tous les sens. Il n’y a pas à dire, c’est impeccable ! Si je dors toute seule cette nuit, c’est vraiment que ce Damien est un homo refoulé. En bas, pour compléter le genre classe, j’enfile une petite jupe bleue un peu courte, certes, mais qui se marie parfaitement avec mes richelieus taupe. J’hésite beaucoup, pour ces chaussures : est-ce que ça ne fait pas trop masculin ? Est-ce que je ne dois pas jouer un peu plus la carte de la séduction ? Non, tout bien réfléchi, je ne suis pas et n’ai jamais été la femme fatale, alors autant éviter d’être ridicule en essayant de l’être.
Une fois habillée, je passe au maquillage. Une femme bien maquillée, c’est tellement craquant ! Même moi, pourtant complètement hétéro, je me surprends parfois à contempler une petite au teint impeccable et aux lèvres rosées. Me voilà partie sur les yeux : attentivement, j’applique un peu d’ombre sur mes paupières, puis je fonce un peu la ligne au crayon, accentuant un peu la forme en amande de mes yeux, sans que cela soit trop voyant. Un peu de mascara, et le tour est joué ! Je me contemple dans la glace et y croise un regard superbe, envoûtant. J’espère bien qu’il se perdra dans ce regard, le petit Damien ! A moins que le galbe de mon sein sous le tissu léger du chemisier ne retienne toute son attention, bien sûr ! Je me poudre, donnant quelques couleurs à mon teint d’ordinaire un peu pâle. Je suis donc fin prête à affronter mon premier rendez-vous depuis plusieurs mois.
Je l’attends à la terrasse du café où nous nous sommes donné rendez-vous. Certes, je suis un peu en avance, mais lui n’est pas franchement à l’heure. C’est un défaut qui m’irrite au plus haut point, mais je décide de passer l’éponge. Après tout, c’est l’homme dans le lit duquel je songe à passer la nuit. D’ailleurs, il arrive : ce n’est pas un gros retard... Juste une dizaine de minutes... Il faut que j’arrête d’être aussi psychorigide. Il s’avance vers moi et me lance un « Salut beauté » qui me reste en travers de la gorge : où est donc passé le Damien doux et délicat avec qui j’ai échangé tant de mails ?
Que dire de ce rendez-vous ? L’homme idéal s’avère en fait être un abruti de plus, le genre cul terreux qui se serait bien entendu avec Lucas. D’ailleurs, pendant qu’il me parle de je ne sais quoi, je l’imagine en face de mon ex, échangeant des avis sur l’issue de tel match ou le cul de telle autre fille à la terrasse. D’ailleurs, je ne peux pas m’empêcher de le voir me reluquer avec un regard vorace, carnivore, ce regard qui dit « Ma poule, dès ce soir, tu passes à la casserole. » et que l’on croise régulièrement en soirée à l’heure où l’alcool a déjà eu le temps de faire effet. Nos yeux se croisent, il me sourit, un peu par obligation je lui réponds par un vague frémissement des lèvres. Le café s’éternise. Il me propose d’aller manger avec moi après avoir marché dans le quartier : il veut absolument me montrer telle rue où il a fait je ne sais quoi, bref rien de bien passionnant.
A ce moment, j’entends dans ma tête la voix de ma vieille copine Clara : « Bah alors, ma belle, tu vas le laisser filer ? » Bien entendu que je vais le laisser filer, quelle horreur ! Il s’est levé pour payer l’addition en fixant mon décolleté, et je ne peux m’empêcher de remarquer une légère bosse dans son pantalon. Dois-je être flattée ou dégoûtée ? « Flattée ! Ne fais pas ton prude ! » Alors ça, je ne peux pas le laisser passer : c’est mal me connaître que de me traiter de prude ! « Bien sûr, ma belle... Je sais bien, c’est pour te charrier que je te dis ça. » Cette petite voix me tape sur le système... Et voilà l’autre qui revient avec un regard qu’il doit imaginer charmeur. En plus il a les cheveux gras. « Laisse tomber les cheveux gras. Ce qui importe, ce n’est pas la chevelure, mais ce qu’il a dans le caleçon, non ? Et puis de toute façon, n’oublie pas que, si tu t’es inscrite sur ce site, ce n’est pas pour rencontrer le grand amour, mais pour te dépoussiérer la chatte... » Sur ce point, elle n’a pas tort. Mais pourtant... Je ne sais pas. Je jette un nouveau coup d’œil à son entre-jambe ; j’ai l’impression que la bosse a encore gonflé. « Allez, vas-y Audrey ! » Nos regards se croisent, il me tend la main.
« On y va ?
- Non, désolée, je me sens un peu bizarre, je crois que je vais rentrer chez moi. »
Quelle excuse minable ! Voilà, ce soir, si je veux un peu de plaisir, il faudra que je me contente de mes dix doigts... Après tout, comme on dit, on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Il fait semblant d’y croire, me demande quand on se revoit, je lui réponds que je ne sais pas trop. Il s’approche pour me faire la bise, je le laisse faire. Surprise ! Il me prend dans ses bras, comme ça, au milieu de la rue, face à tout le monde. Là encore, complètement prise de court, je le laisse faire. Je sens contre moi la masse dure et ferme de son pénis qui palpite légèrement, et étrangement cette sensation provoque une bouffée de chaleur en moi, de légers picotements dans le ventre... Finalement, je n’aurais peut-être pas dû lui dire que je le laissais. « Je te l’avais bien dit ! Une bite est une bite, peu importe celui qui la porte » Nous nous séparons, tous les deux un peu mal à l’aise.
Il est 18 heures quand j’arrive dans mon immeuble. Un homme d’une trentaine d’années, brun, rasé de près, plutôt attirant je dois dire, attend l’ascenseur. Je ne l’ai jamais vu auparavant et le salue d’un « Bonjour » rapidement susurré. Il me répond poliment et repart dans ses pensées. Quand l’ascenseur arrive, il me laisse rentrer la première puis me demande à quel étage j’habite. « Au cinquième » Je ne peux m’empêcher de remarquer que lui habite au troisième. L’ascenseur commence son ascension lente et, soudain, s’arrête brutalement. Apparemment, nous sommes coincés entre juste avant le troisième.
Avez-vous déjà été coincés dans un ascenseur ? C’est une sensation bizarre... On commence par paniquer, on fait ce que l’on peut, voire davantage. Mais, une fois que l’on est certain que l’appareil ne repartira pas sans l’intervention d’un spécialiste, que ce dernier est appelé et qu’il n’arrivera pas avant une heure, alors on comprend que plus rien n’a d’importance, qu’il faut faire semblant de mener une vie normale dans une cabine étroite jusqu’au retour à la réalité. Or, là, le seul moyen de mener une vie normale est d’engager la conversation avec cet étranger. Nous nous asseyons par terre et commençons à nous raconter nos vies. Il s’appelle Thomas, est âgé de vingt-neuf ans (il fait plus vieux), est originaire de Strasbourg. Il s’est installé à Paris au moment de ses études, un quelconque master de gestion et travaille aujourd’hui comme cadre dans une petite boîte. Tandis que nous parlons, il m’adresse régulièrement de grands sourires et plonge son regard profondément dans le mien. Tiens, lui au moins est sensible à mes efforts de maquillage. Une fois toutes les banalités d’usage échangées, nous entrons dans des considérations un peu plus personnelles : il me raconte ses aspirations pour l’avenir, sa rupture avec une fille rencontrée six ans auparavant... Comment est-ce diable possible de rester en couple durant six ans, à notre époque ? Il me fascine, j’en ai bien peur. « Et toi, alors, Audrey ? Comment se fait-il que tu rentres toute seule ce soir ? Ton rendez-vous n’a rien donné ? » Comment sait-il pour le rendez-vous ? Serais-je tombée sur un psychopathe du dimanche ? Je le lui demande, et le voilà qui éclate d’un rire envoûtant.
« Une jolie fille comme toi, habillée avec tant de soin, si bien maquillée... Je me suis dit que c’était forcément pour séduire...
- Eh bien, tu as l’œil ! Tu as vu juste. Mais ça n’a rien donné.
- Comment un garçon sensé peut-il ne pas se laisser séduire ?!
- Dragueur ! (Il rit quand je lui dis ça) Figure-toi que c’est moi qui ne suis pas tombée sous le charme ! »
A ce moment, le réparateur arrive. Plus d’une heure s’est écoulée, et j’ai l’impression que la conversation n’a duré que quelques minutes. Bientôt nous sommes dehors, sur son palier. Ce serait bête de le laisser filer, celui-là. Et puis parler avec lui m’a fait beaucoup de bien.
« Voudrais-tu monter chez moi ? Je pourrais nous faire un café pour nous remettre de nos émotions ! »
Voilà, c’est dit ! Il accepte, nous montons, nous rentrons chez moi. Tout se passe alors tellement rapidement... Je fais les cafés, nous nous installons sur le canapé, côte à côte, mais avec suffisamment de distance pourtant. Nous parlons de tout et de rien tout en buvant, nous rapprochant petit à petit, millimètre par millimètre, jusqu’à ce que, finalement, nos hanches se frôlent. Mon corps est parcouru d’un frisson... J’ai une féroce envie de lui, je veux le sentir en moi, je veux sentir ses coups de rein... Envahie par l’image fugitive de nos deux corps en extase, je me sens rougir... Il le voit peut-être car il m’adresse un sourire tendre. Nous nous taisons, nous regardant avec envie.
Il pose sa main sur mon genou et je le laisse faire. Sa peau est douce et chaude, ses mains sont belles, fortes. Intérieurement, je me consume : mon cœur bat plus vite, plus fort, ma gorge se noue, je sens que je mouille un peu... Pendant ce temps, je sens sa main remonter doucement le long de ma cuisse, approchant de mon intimité avec une douceur inattendue en soulevant à peine ma jupe. Quand ses doigts atteignent mon string, il doit sentir que je mouille comme une folle car il marque un petit temps d’arrêt. J’en profite pour me prendre en main et poser moi aussi la main au niveau de son entre-jambe. Je sens son pénis lourdement gonflé, comme prêt à exploser. Je descends sa braguette, extrait l’organe du caleçon et le sort. Il a une érection incroyable : non pas que son sexe soit particulièrement surdimensionné, il est juste d’une grande rigidité, raide et chaud, comme une sorte de totem. Toutes mes pensées sont dirigées vers lui, à tel point que je m’aperçois à peine que ses doigts ont doucement atteint ma chatte et commencent à masser mon clitoris.
Alors je ne tiens plus, je me jette sur lui et l’embrasse avec fougue, tout en saisissant sa bite majestueuse et en la branlant doucement. Au début, nos baisers, quoique passionnés, sont encore un peu timides, alors que nos mains ont depuis longtemps franchi la barrière de l’intime. Mais il ose forcer la barrière de mes lèvres, introduisant sa langue douce. Ses lèvres me semblent si accueillantes, le contact de nos langues si naturel... Je suis transportée, mes mains quittent son érection pour se diriger vers sa chemise que je déboutonne minutieusement. Lui fait de même, m’enlevant mon chemisier. Il me regarde alors, comme s’il réalisait la présence de mes seins pour la première fois, me caresse la nuque du dos de la main, et me dit « Que tu es belle Audrey... » comme s’il s’agissait là d’une vérité incontestable. Je prends sa main et la dirige dans mon soutien-gorge. Mes tétons sont raides de plaisir, et sentir sa main envelopper ainsi mon sein ne fait que renforcer l’effet. De l’autre main, il dégrafe mon soutien-gorge et je me retrouve alors devant lui, poitrine à l’air. A son regard, je devine qu’il aime ce spectacle... Quel homme résisterait donc aux seins fermes d’une jeune femme ? Il les couvre de baisers, les masse, suce les tétons... Dieu, que c’est bon !
Nous nous enlevons nos chaussures, je descends son pantalon et son caleçon et lui m’ôte ma jupe. Nous voilà donc, l’un en face de l’autre, dans le plus simple appareil, lui bandant comme un taureau. Je le rejette en arrière sur le canapé et engloutis son pieu à pleine bouche. Quel goût délicieux ! Je fais quelques mouvements de va et viens, puis le retire complètement pour le lécher, de la base au gland. Je sens ma conquête se détendre, il me caresse le dos, joue avec mes cheveux. Je lève la tête et m’aperçois qu’il a les yeux fermés, en pleine extase. Je continue alors à le sucer comme je sais si bien le faire, accélérant peu à peu le rythme. A un moment, sa main se pose sur ma tête, mais pas dans un geste humiliant, simplement pour me faire signe d’arrêter. Je comprends qu’il est sur le point de tout lâcher. En vrai, je sentirais bien volontiers son sperme gicler dans ma gorge, mais j’ai aussi rudement envie de sentir cette bite magnifique dans mon ventre. J’arrête donc, et le laisse m’embrasser tout le corps. Il commence ses baisers sur mes joues, descend le long du cou, sur la gorge, sur ma poitrine, mon ventre. Je le sens qui se rapproche de ma chatte, peu à peu. Bientôt, bientôt, bientôt... Et non ! D’un coup il la contourne et descend dans mes jambes. Quel bonheur ! Ses lèvres me rendent folle ! Il arrive aux pieds et remonte par l’intérieur des jambes... Cette fois, c’est la bonne, à moins que... non, il s’esquive encore une fois ! Je bouillonne, le désir monte en moi, prêt à jaillir. Son souffle chaud agit sur mon sexe comme une caresse. Et soudain, alors que je n’y crois plus tout en l’espérant avec une ardeur folle, il effleure mon clitoris de sa langue. Je me sens vibrer. Maintenant il est là de toutes ses forces, me lèche avec ardeur. Je ressens en moi des vagues de plaisir de plus en plus intenses. Soudain, je ne tiens plus, je ressens une décharge qui me traverse le ventre et je me soulève, comme dans un spasme, poussant un long cri de plaisir.
Il me sourit, mais je n’arrive pas à lui rendre ce sourire tant je suis transportée par le plaisir. Entre deux gémissements, je parviens à murmurer « Baise-moi, maintenant » Je crois qu’il me comprend car il s’arrête. Je le vois se lever... Où part-il donc ? Est-ce déjà fini ? « Mais non, Audrey, je vais juste chercher une capote ! » Ah oui, les préservatifs, je les avais oubliés... Intérieurement j’enrage : j’aurais aimé sentir sa bite chaude, et non pas un bout de caoutchouc... « Thomas, non, je prends la pilule ». Je le vois qui hésite, il ne sait pas s’il doit me faire confiance. « Et je sors d’une longue relation, comme toi. Viens, je t’en supplie, empale-moi ! »
A moi de me lever : je l’attrape, l’embrasse goulûment et l’assois sur le canapé. Je m’assois à califourchon sur ses genoux, attrape sa bite à pleine main et petit à petit l’enfonce dans mon vagin prêt à l’accueillir. Bien qu’ayant déjà joui, je sens de nouvelles décharges en moi. La douceur de sa queue m’excite naturellement, sans parler de la douce euphorie de mener le jeu. Je commence par des mouvements lents, pour le mettre en confiance. Et, peu à peu, j’accélère, je me balance sur sa queue. Il pousse des petits gémissements et m'attrape les seins. Il les dévore, complètement possédé. Les décharges dans mon corps fusent de partout.
Alors que je ne m’y attends pas, il me repousse, me déplace à quatre pattes sur le canapé et me prend par derrière, en levrette. D’ordinaire, quand Lucas me faisait ça, je détestais, j’avais l’impression d’être une chienne, un animal, mais là c’est juste tellement bon. Je ressens avec plus d’ardeur et d’intensité encore ses mouvements, comme si mon corps était un appareil de mesure pour le sien. Ses mouvements se font de plus en plus brusques : de l’amant tendre, il devient le sauvage emporté par la passion. Il me retourne, dans un missionnaire simple mais efficace. Au contraire, la vision de son visage tendu par le bonheur me transporte. Et tandis que nos corps se touchent, se frottent, nous glissons et tombons du canapé sur le tapis. Peu importe, il pousse à peine les vêtements qui recouvrent le sol et poursuit son travail, pilonnant comme un forcené. Une seconde vague de plaisir monte en moi, quand je l’entends me dire « Audrey, je sors, je vais jouir ! » Je l’embrasse et lui dit, entre deux hoquets de plaisir : « Non, Thomas, viens en moi. » Et, comme par miracle, je sens le second orgasme arriver, je sais mon amant et le serre contre moi. Il ne s’attendait pas à ce geste et d’un coup décharge en poussant, en même temps que moi, un cri d’extase. Je sens le foutre se répandre dans mon vagin, et s’écouler un peu. Mais ni lui ni moi n’avons la force de bouger. Nous avons les yeux fermés, sommes haletants.
Ce jour-là, j’ai définitivement clôturé mon compte sur tout site de rencontre. Pourquoi chercher un amant à l’autre bout de la ville alors qu’il me suffit de frapper deux étages en dessous de chez moi ? Ce jour-là, j’ai également compris que ma vie parisienne n’est qu’à son début et que je peux tourner définitivement la page de Bordeaux. Finalement, tous les habitants de la capitale ne sont pas si antipathiques !

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