8
min

La vie comme elle est

Image de Olessya

Olessya

20 lectures

3

Ce sont les matins différents depuis quelques jours. Ce sont les matins, où je suis heureuse et je souris, je ris même de la journée qui va venir car j'attends que de belles choses! Des belles choses en travail, en amitié, en amour. Et ça prend un autre angle, la vie, tout a fait différent, joyeux, splendide, où tout est possible et que de belles choses qui arrivent.

xxxxx

Je suis assise là, au bord de la mer, sur un banc en bois, et j'écris ces lignes pour célébrer ma nouvelle vie. La vie, où j'écoute mes besoins et j'essaie de ne pas trop faire. J'ai couru toute ma vie, j'ai fait tant de choses pendant une seule journée, toujours avec un sentiments que je n'ai pas fait assez que j'ai pu en faire plus et à cette manière réussir mieux. Mais la vérité est telle que quand tout s'arrête, c'est comme ça que l'on avance plus. Aujourd'hui, je pratique l'art de s'arrêter. Ce n'est pas évident tous les jours, mais ça fait un bien fou!
Je me concentre sur mon but - écriture, un travail dans le domaine. Point. J'écris mes petites choses à moi, j'envoie de CV bien ciblés et je fais confiance à la vie. Je me rappelle également la phrase d'Osho: "This is not about quantity, but quality". And this is all about that.

Pourtant, j'en ai déjà fait pas mal depuis ce matin: j'ai lu LeMonde, j'ai écrit, j'ai passé un entretien d'embauche pour la radio. Ensuite, je suis arrivée au café sur la plage, où j'ai envoyé quelques CV encore, et j'ai prise de la sympathie pour un chat qui est venu se mettre à mes côtés sur le canapé. J'étais là afin de savourer le moment présent et c'est qu'il y a de mieux!

Il m'arrive encore de sauter d'une chose à l'autre, car j'ai tant de choses et tant d'idées. J'apprends me concentrer sur une d'eux seulement. J'ai aussi pas mal d'idées pour écrire, donc, cela, il faut le faire pas par pas et pas tous les romans en même temps!

xxxxx

Et voilà, ça, ce sont mes sentiments d'aujourd'hui: une journée intéressante, je dois dire. Un entretien d'embauche à la radio ce matin. Je me réveille deux heures avant de quitter mon appart dont j'en ai marre déjà. Comme j'avais dit hier à David - avec le travail intérieur que je fais, mes demandes grandissent en accord. J'ai envie maintenant un appart' à moi toute seule. Plus de colloques', plus de voisins trop proches d'un appartement, trois pièces auparavant et là - trois studio, où les murs ne sont pas tellement isolés et on entend beaucoup plus que l'on ne voudrait.

Deux heures dans la route car je n'ai pas encore mon permis et je m'avance dans le transport en commun. Jusqu'à là ça ne m'a pas dérangé, mais j'ai des limites aussi et aujourd'hui j'ai envie avoir une belle voiture laquelle me conduira là, où j'aimerai aller en minimum temps et avec le confort et la privilège d'être avec moi-même et de ne pas être exposée aux gens d'alentour qui ne sont pas obligatoirement provoquent des sentiments de bonheur. D'ailleurs, tout à l'heure quand je suis rentrée de Rishon le Tzion où s'est passé mon entretien dont je parlerai plus tard, je me suis rendue compte à une simple évidence: les pensées collectives dans un endroit dense nous influencent. C'est fou! C'est comme le gouvernement d'un pays n'est qu'une réflexion de pensées de citoyens, ainsi le bus, il reflète parfaitement ce qui se passe autour. Et que-ce qui peut bien se passer dans les têtes de simples travailleurs, émigrés de Retria qui sont en train d'être expulsés du pays, les gens qui bossent dur pour un minimum, les mères célibataires élevant toutes seules leurs enfants, les hommes qui ont oublié comment on se relève et croient tout ce que le média leur raconte. Quelles bien pensées peuvent-ils avoir, ces gens-là? Rien de drôle, je vous rassure. Je l'ai senti très fortement dans le bus et j'ai précipité de descendre afin de s'en débarrasser de tout ça.

Et maintenant, je suis là, assise sur le banc d'une chaîne de café israélien Aroma. En face de la mer, suis avec mon nouveau ordi qui marche très bien. Et je ris. Je ris de ce bonheur de faire ce que j'aime - écrire. Et c'est clair pour moi que j'irai pas travailler là-bas. Un boss qui sans gêne me dit: "Je te veux". C'est sympa ça, hein? Je n'ai même pas répondu. J'ai baissé les yeux juste et j'ai dit que cela me ne convient pas.

Pourtant, j'y ai passé deux heures sans s'en rendre compte. J'ai eu plein de cadeaux; il m'a fait la visite de studio où se déroule la diffusion de trois stations de radio. Il m'a posé plein de questions sur mon parcours professionnel, il m'a fait rédiger un texte pour la publicité et m'a fait beaucoup de compliments. C'est à ce moment-là que j'ai réalisé combien d'atout j'ai! Dans le domaine de communication, d'écriture, de marketing, de relations publics, de langues étrangères. J'ai des années de l'expérience, d'étude, une intelligence et savoir-faire incroyables. Je crois que je ne l'ai jamais senti comme à ce moment-là. Je mérite un endroit de travail où je vais être appréciée pour mes qualités professionnelles. Pour le reste, ce n'est pas avec mon boss que je vais le faire.

Ensuite, il a demandé à son assistante de me montrer leur présentation pendant un rendez-vous avec les clients et pour que je lui donne mes remarques et commentaires. Au debut, j'ai dit "oui". Mais quelques instants plus tard je me suis dit que je n'ai pas envie de le faire, car je suis pas encore payée, mais ils veulent déjà que je travaille pour eux. Ca va quoi. Alors, je me suis excusé en disant qu'une fois acceptée pour mon job, je serai ravie de voir la présentation et je suis partie. J'ai bien fait.

Maintenant, en face de la mer, je ressens une joie immense en écrivant, dans ma liberté. Ca n'empêche pas que j'ai toujours besoin de trouver un travail où je vais être bien payé et je vais être bien, avec les gens sympas et drôles, intelligents et ouverts.

xxxxxxxxx

Et voilà, je suis là maintenant, en face de la mer. J'écris ma peine qui s'est réveillée tout à l'heure à cause de ce mec à l'arrêt de bus. Il s'est approché vers moi en passant ma zone de limites. Même sans le regarder, j'ai senti sa laideur intérieur et extérieur, il était âgé et d'une petite taille. Je me suis éloignée de lui brusquement et je me suis assise sur le banc. Il est rentré dans le même bus par une autre porte. Je me suis posée sur la siège pour une seule personne et la femme en face sauta d'un coup et proposa à ce conard de se mettre sur sa place. A ce moment-même je me suis levée afin de regagner un autre endroit et pas en face de lui. C'est là qu'il m'a attrapé très fort par la poignet et m'a dit: ne t'en va pas! reste! J'ai reprise ma main avec la force et j'ai crié sur tout l'espace de bus: "Pourquoi me touchez-vous?!!" et je suis partie sur une autre siège. Personne n'a rien dit sauf une folle: "C'est à moi que tu parles? C'est moi qui te touches?" - Non, madame, - je lui ai répondu. C'est lui qui l'a fait.

Le bus continua son trajet. J'étais bouleversée, envie de pleurer m'a regagné. Je me suis souvenue de cette petite fille que j'étais. Et je n'avais pas envie qu'il me touche! Non, je n'avais pas envie du tout! Mais il l'a fait contre moi, ce conard!!! Ce conard de mon père qu'il s'appelle.

Je suis sortie au milieu de mon parcours, je n'avais pas envie de rester dans le même endroit que ce monsieur. Aucune envie. J'ai continué mon chemin dans un autre moyen de transport. Je suis arrivée à la mer et c'est là que je me suis sentie soulagée.

Je suis allée à Aroma encore une fois pour pouvoir regarder la mer et écrire. En me disant qu'aujourd'hui personne ne viendra s'asseoir devant la même table. J'ai eu tort. Il est venu. Je l'ai demandé gentiment de passer à une autre table, mais il n'était pas d'accord du tout, donc, je suis partie. Devant une autre table, où personne plus peut venir me déranger.

J'ai revis un genre de viol, et j'ai dis: NON. Non, je n'ai pas envie que vous me touchiez, non!!! Je n'ai pas envie que les gens qui ne me plaisent pas s'approchent de moi! NON! J'ai dis: NON! Non au violence. Et la violence peut venir pas que comme un act physique, mais également comme une action non voulue par une autre personne.

Je n'ai plus envie de revivre ce genre de situation. Ce n'est pas parce que mon père a fait quelque chose contre moi que je suis une mauvaise personne et je dois revivre ça encore et encore. Non! Aujourd'hui, je ne suis plus une petite fille et je peux me protéger, je peux prendre soin de moi, je peux me donner ce que j'ai envie et j'en ai besoin et je le fais. Je suis avec moi. Je m'aime.
Je ne vais plus venir dans ce genre d'endroit où je ne me sens pas en sécurité. Je vais m'amener dans les endroits où je me sentirai bien et ce genre de situations n'arrivera pas.

xxxxxx

Je vais l'accepter, cette peine, cette douleur. Elle est forte, mais moi, je suis plus forte qu'elle et j'ai plein d'amour à lui donner, à cette peine. De me donner l'amour, à moi.

Je suis face à la mer, j'ai des nouvelles révélations qui me viennent d'un coup: c'est moi qui a évoqué ces situations-là afin de prouver qu'aujourd'hui je peux dire NON! Et si, je peux dire non aujourd'hui, je peux dire non!!! Je suis plus une petite fille de 4 ans laquelle son père est venu violer. Aujourd'hui, je suis là pour moi. Aujourd'hui, je me protège. Aujourd'hui, personne me touchera sans ma permission. NON!!!

Mes anges sont avec nous, ma petite. Je sais que t'as encore mal, ma belle et tu as bien le droit après tout ce que tu as traversé. Tu as bien le droit de sentir cette tristesse profonde et cette sensation de brûlure dans le ventre, car cela fait un mal atroce d'être violé par l'homme qui est censé aimer un amour inconditionnel et de donner plein d'amour et de cadeaux sans rien attendre en retour. Le sien n'a rien donné, mais n'a fait que prendre la chose la plus précieuse pour une femme - sa virginité.

Et aujourd'hui, je me soigne. Je me soigne avec l'amour car c'est la seule réponse à donner à tout le mal, les douleurs, les injustices et violences. L'amour est la seule réponse possible. Elle peut tout guérir.
C'est moi qui décide de mon bonheur!

xxxxxxxxxxxx

Et voilà! C'est moi et ma nouvelle vie! Ce matin je me suis réveillée avec l'intention de faire un séance de reiki. Le séance était annulé, donc je me suis mise à écrire pour le concours, et j'étais tellement bien...jusqu'au moment où je me suis dit que c'est le temps d'aller au centre commercial car là-bas il y a de l'internet et je peux faire avancement pour ma page de reiki. Et après la douleur m'a attrapé et je suis restée un moment debout en respirant profondément et regardant par la fenêtre pour la calmer un peu. Ensuite, l'idée d'aller à Haïfa m'est apparu et je l'ai suivi. Je l'ai suivi malgré tout: que je dois trouver le boulot et faire entrer de l'argent. Je vais voir maman, je vais voir Naama et on verra si le temps me permettra de rendre une visite au Wadi Nissnas - c'est super beau dans cette période de l'année. C'est le premier quartier de Haïfa, le quartier arabe et très touristique. C'est un endroit pittoresque avec les bâtiments historiques faits dans le style gothique et baroque. Sur certains d'eux il y en a des dessins des artistes arabes et israéliens; dans les petites ruelles on rencontre de sculptures et de travaux de porcelaines de l'autrefois. Des mosaïque éblouissantes, de la poésie et du graffiti - tout cela on rencontre ici, et c'est par là que passent toutes les visites guidées de la ville.
Il me faut aussi acheter de vêtements d'hiver: un chapeau, un pull, un jeans.

xxxxxxxxxxxxx

C'est ça la vie, en fait: le changement perpétuel, les amis, les amours, la famille, les enfants, les gens. Les gens que j'aime et qui m'aiment.
Il pleuvait tout à l'heure et les gouttes de la pluie retombait avec force et grâce sur la vitre du train dans laquelle je voyage à Haïfa. C'était beau à voir.
Je m'aime beaucoup plus aujourd'hui qu'avant. Je fais des choses que j'aime et qui me plaisent. Je suis mon intuition. Je me fais du bien et je suis ravie. Je me prends au sérieux et je m'apprécie et je commence à croire que je suis superbe et magnifique! Moi, j'y crois et je m'aime et je me laisse pas. Je suis là pour moi et je sais que tout l'Univers travaille pour moi afin que je réalise mes rêves.
Je suis plus ouverte aussi aux autres.

Je me souviens de cette phrase d'Amos Oz: "On peut pas tout écrire". Oui, car moi j'ai envie tout écrire. Tout ce que je vois et je ressens, ce que je vis et ce que je rencontre et j'ai envie de partager cela avec les autres car c'est ma vie et j'ai envie de la partager avec les autres! Je m'aime!
J'ai plein d'idées pour l'écriture.

xxxxxxxxxxxxxxx

La connexion ne marche pas aujourd'hui dès le matin. C'est peut-être, une signe. C'est sûrement, une signe que je dois écrire; dans tous les cas c'est ce que j'ai envie de faire, alors, c'est quoi le problème?

Je suis chez ma mère. Je suis venue la visiter avant de continuer mon chemin vers d'autres horizons. Quand je me suis apprêtée de quitter son appartement, je suis revenue la première fois parce que il faisait froid et je voulais récupérer mon chapeau et la deuxième parce que il commençait à pleuvoir. Et je suis restée chez elle. C'est ce que je voulais aussi.

Ma mère regarde un film français (qui est traduit en russe) et moi, j'écoute de temps à l'autre ce qu'ils disent. C'est tellement bien là, maintenant. Quelque chose que je n'ai pas connu auparavant: cette complicité, cette partage, ce temps ensemble, ces rires. C'est magnifique. Je me sens aimée.

Thèmes

Image de Nouvelles
3

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Françoise Grand'Homme
Françoise Grand'Homme · il y a
"C'est moi qui décide de mon bonheur!"
Continuez ainsi.
J'aime les deux citations aussi "On ne peut pas tout écrire". Je crois que quelques fois il faut laisser deviner, en laissant quelques indices.
"This is not about quantity, but quality". And this is all about that.
Je ne connais pas Osho ni Amos Oz.
Un jour vous pourrez faire le tri dans vos belles idées , les agencer pour en faire une belle histoire, la vôtre. Avec sa pluie et son soleil, et les mots pour parapluie pour qu'il devienne ombrelle.

·
Image de Olessya
Olessya · il y a
J'aime beaucoup ce commentaire, surtout le dernier paragraphe. Je le ferai, ce tri, un jour, c'est sûr. Ce jour-là il n'est pas encore venu, mais je fais la route pour en arriver :) Merci de ce commentaire.
En ce que concerne Amos Oz c'est un célèbre écrivaine israélien. Ses livres sont traduits en français également; personnellement j'ai lu "Mon Michaël" en français, et il m'a laissé les traces dans le cœur.
Et Osho - dans mes yeux, c'est un génie qui est parti, mais il revit en moi (et millions d'autres personnes) à chaque fois quand je fais une de ses meditations. Il vient d'Inde et il y a toujours son centre là-bas, à Puna (où je voudrais aller un jour), et il est connu comme auteur de beaucoup de livres, genre philosophie, psychologie, relation entre les hommes et les femmes, d'un point de vue spirituel. Et il a construit plusieurs meditations qu'il a apporté dans notre monde moderne et stressé, toute en les accommodant à notre emploi de temps chargé et notre impossibilité de rester une heure au calme, sans bouger. Il a fait des meditations actives où les gens s'expriment en dansant, criant et ça leur permet de se libérer de tout ce qu'ils n'ont plus besoin.

·
Image de Françoise Grand'Homme
Françoise Grand'Homme · il y a
Ah oui , j'ai trouvé Amos Oz sur le site Babelio (site de partage littéraire) :
https://www.babelio.com/livres/Oz-Mon-Michal/18283
Il a écrit beaucoup de romans.

·
Image de Olessya
Olessya · il y a
oui, tout à fait!
d'ailleurs je suis allée sur ce site pour vous trouver, car c'est le link sur votre page de profil au short-edition, mais je vous ai pas trouvé..?

·
Image de Françoise Grand'Homme
Image de Jarrié
Jarrié · il y a
Prenez le meilleur des jours. L'avenir est à vous. (un octogénaire avec qui vous pouvez partager sa joie de vivre sur son site.)
·
Image de Olessya
Olessya · il y a
merci pour vos mots, Jarrie.
·
Image de Olessya
Olessya · il y a
Oui, en effet! Je les prends! Je les prends tous, en fait. Je me souviens toujours d'une phrase qu'un psychologue à Paris m'avait dit il y a quelque temps: "Si t'as envie de tout, il faut que tu prenne le manque aussi". Quand on s'accepte tel que l'on est, avec tout ce que l'on a - là on commence à vivre une vie meilleure car on s'aime tout simplement!
·