la veillée, d'après Maupassant

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Charles Dubruel grand-père, passionné de littérature et particulièrement de Maupassant  [+]

LA VEILLÉE (d'après Maupassant)

Cette vieille dame dont la vie
Semblait irréprochable
Gisait sur son lit.
On sentait l’âme douce et admirable
Que ce corps paraissait avoir abritée
Pleuraient à son chevet
Son fils Hervé
Et sa fille Maïté.
Celle-ci, ses pleurs se raréfiant,
Telle l’accalmie qui suit un ouragan,
Proposa à son frère :
-Si nous les lisions ses vieilles lettres.
Elles sont là, dans son tiroir.
Nous pourrions revoir
Ainsi une grande partie de sa vie.

Ils prirent un paquet jauni
En retirèrent un feuillet et commencèrent
À lire : ‘‘Mon adorée si chère,
Je t’aime par-dessus tout.
Depuis un mois, je souffre comme un fou
Hanté par ton souvenir, ma Lucienne.
Je sens tes lèvres sous les miennes,
Tes yeux sous mes yeux, ta chair
Sous ma chair.
Je t’adore !
Je t’adore !
Vers toi, mes bras s’élancent
Avec le désir immense
De t’aimer encore.
Tout mon corps
T’appelle, te veut.
J’ai dans ma bouche le goût
De tes baisers de feu.
Celui qui ne pense qu’à toi,
T’embrasse partout.
Pierre-Éloi.’’
Leur père s’appelait Louis.
Ce n’était donc pas lui !

Un autre billet commençait
Par : ‘‘Tes baisers, je ne m’en lasserai jamais.’’
Hervé ferma les rideaux du lit
De sa mère et brûla les tendres plis.
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