La Survivante

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Poésie, roman, nouvelle, tout ce que je peux écrire avec des mots est une partie de moi. Sans l'écriture il me manquerait quelque chose de vital  [+]

Nadya pouvait enfin se poser dans son siège et souffler un peu. Autant dire que son départ n'avait pas été de tout repos...
Tout d'abord la coupure d'électricité dans la nuit qui avait remis son réveil à zéro et l'avait empêché de sonner à quatre heures du matin, une chance qu'elle avait programmé son téléphone portable. Puis sa bouilloire qui lui avait presque explosé à la figure tandis qu'elle avait mit de l'eau à chauffer pour se préparer un thé. Sa première valise dont la fermeture avait lâché tandis qu'elle la fermait pour partir, une chance qu'elle en avait une autre à la cave...
Et le taxi qui était arrivé avec un bon quart d'heure de retard. Mais finalement, Nadya était arrivée à l'heure pour l'enregistrement de son bagage. L'aéroport de Paris Charles De Gaulle n'était pas encore bondé de monde, elle n'avait pas eu trop à attendre, l'avantage d'arriver à la limite de la clôture des enregistrements.

Nadya était enfin soulagée d'être dans l'avion, elle allait bientôt rejoindre ses amis qui était déjà arrivés à destination depuis une semaine. Elle, elle n'avait pas pu prendre autant de congé qu'eux, les aléas de la vie adulte et du travail. Une annonce se fit entendre dans l'avion indiquant aux passagers que le décollage n'allait pas tarder et que les ceintures devaient être bouclées. La jeune femme ignora les annonces de sécurité et laissa sa tête tomber contre le repose-tête, fermant les yeux, se laissant aller à quelques somnolences. Elle sursauta légèrement lorsque les soubresauts de l'appareil la sortirent de sa léthargie, elle prit enfin conscience que l'avion décollait, elle se dirigeait enfin vers sa destination... Bangkok, en Thaïlande.

Nadya venait tout juste de fêter ses trente ans, comme ses amis déjà sur place à Bangkok, ils avaient décidé de se voyage pour célébrer l'événement et participer à un petit stage de perfectionnement d'arts martiaux. La jeune femme était d'origine Cambodgienne par sa mère et américaine par son père, et avait vécu en France depuis ses cinq ans. Elle parlait et comprenait le français ainsi que l'anglais et l'espagnol, et se contentait de quelques notions de Cambodgiens. Elle avait bien l'intention de profiter de ce séjour pour faire un petit détour par ses origines, avec ou sans ses amis. La jeune femme avait le teint mâte, des yeux verts assez clairs qui rendaient jalouses beaucoup de filles. Elle avait les traits du visage fins, d'une allure plutôt athlétique, grande et mince. Elle s'était laissée pousser les cheveux et les avaient coiffés en mini tresses africaines, toutes rattachées par un gros chouchou noir. Elle était vêtue d'un jean type boyfriend bleu délavé et déchiré au niveau des genoux, un débardeur sport noir avec par dessus une chemise à carreaux vert foncé et noir. Ses baskets montantes étaient visibles à des kilomètres avec leur couleur bleu pétant, assorties à son sac à dos qu'elle avait laissé dans la soute au dessus de sa tête.
Mais maintenant, la jeune femme n'avait qu'une hâte, atterrir à bon aéroport et retrouver son groupe pour aller faire la fête.

Quelques heures plus tard, l'avion arriva enfin sur les pistes de Bangkok, Nadya récupéra sa valise et trouva rapidement la sortie du Terminal. Elle repéra rapidement deux de ses amis, Nolwen, une jeune femme au teint pâle du même âge, un peu plus carré de carrure, grande et athlétique, brune aux yeux marrons, vêtue d'un bermuda gris et d'un t-shirt vert émeraude. La seconde personne qui l'accompagnait se trouvait être Trévor, un jeune homme de trente ans également, blond aux yeux bleu, dépassant les jeunes filles d'une petite dizaine de centimètres. Il était de carrure athlétique, les muscles bien dessinés sur toute la surface de son corps, et son t-shirt moulant noir les mettait bien en valeur. Il était assorti à son pantalon large noir plein de poches qui laissait voir le haut de son caleçon Calvin Klein.

Les trois jeunes se saluèrent rapidement en se frappant dans les mains droites avant de prendre la direction de la sortie pour aller prendre un bus.
Nadya – Où sont les autres ?
Trévor – Déjà à Chiang Mai, on avait prit de l'avance, on a eu quelques soucis sur Bangkok, alors on a préféré monter dans le Nord directement.
Nadya – Heureusement que vous êtes venus me chercher, je me serais retrouvée paumée sinon.
Nolwen – Oui, désolée, on a pas eu le temps de te laisser de message.
Nadya – On a tous eu le droit à nos emmerdes. Personnellement, je m'estime heureuse déjà d'avoir pu arriver jusqu'ici, c'était pas gagné.

Ils montèrent tous trois dans le bus qui allait les conduire jusqu'à la gare ferroviaire de Bangkok, ils allaient devoir prendre le train de nuit jusqu'à Chiang Mai pour rejoindre le reste du groupe. Pour être déjà venue en Thaïlande quelques années plus tôt, Nadya savait que le trajet allait être long et mouvementé, ce train n'allait pas vite du tout comparé au train de France, mais il fallait s'en compter. Les trois jeunes trouvèrent enfin leur place pour se reposer et discuter ensemble, ils acceptèrent des boissons proposées par le garçon de train et racontèrent chacun leur dernière semaine.
Tandis que la discussion allait bon train, les trois jeunes gens sentirent la fatigue s'abattre sur eux sans prévenir, Nadya vit Trévor s'assoupir brusquement sans finir sa phrase, tandis que Nolwen luttait quelques secondes de plus avant de s'avachir sur le siège voisin. La jeune femme essaya de se lever pour aller secouer son amie, mais lorsqu'elle essaya de se redresser, elle sentit ses jambes flancher sous son poids et sa tête heurta la tablette qui la séparait de ses amis.
Les trois jeunes se retrouvèrent inconscients dans leur compartiment, seuls.

Lorsque Nadya rouvrit les yeux, il faisait noir et froid. Elle sentit l'humidité du bois contre sa peau et se redressa. Tout d'abord dans l'obscurité totale, un néon rouge s'alluma, se qui illumina légèrement la pièce où elle se trouvait. Elle remarqua deux silhouettes à quelques mètres d'elle et voulu s'en approcher, persuadée qu'il s'agissait de ses deux amis. À peine s'était-elle redressée, qu'elle ressentit une résistance à son poignet qui l'obligea à retomber à genoux au sol. La jeune femme remarqua alors que son poignet était relié à une chaîne en fer forgé, elle-même reliée à une plaque métallique fixée au sol. Nadya tenta vainement de se libérer de ses entraves, mais des gémissements du côté des silhouettes attirèrent son attention.
Nadya – Trévor, Nolwen ?
Nolwen – Nadya ? Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
Trévor – Où sommes nous ?

Nadya reconnu la peur et l'inquiétude dans la voix de ses amis, elle préféra ne rien répondre dans l'immédiat, car aucune réponse ne lui était venue à l'esprit.
Trévor – On a été drogué, s'indigna le jeune homme.
Nolwen – Sûrement, je me souviens que je n'ai pas réussi à rester éveillée.
Nadya – Pareil. Je vous ai vu tomber comme des masses, j'ai essayé de me lever mais...

La jeune femme ne termina pas sa phrase et posa sa main libre sur son front, là où se souvint avoir tapé la tablette du train. Elle ressentit un liquide chaud au contact de ses doigts ainsi qu'un picotement désagréable. Elle grogna mais préféra ne rien dire à ses amis pour ne pas les inquiéter davantage.
Nolwen – Et maintenant ?
Nadya – Aucune idée.
Trévor – Comment ils nous ont fait descendre sans attirer l'attention ?
Nadya – On est peut-être pas descendu du train, fit remarquer la jeune femme lorsqu'une secousse les balança contre des parois à proximité d'eux.
Nolwen – Dans ce cas, il suffit d'appeler pour que quelqu'un nous sorte de là, non ?
Trévor – On peut toujours essayer, remarqua le jeune homme sceptique.

Après cinq bonnes minutes à s'égosiller sans résultat, les jeunes s'adossèrent chacun à une paroi proche d''eux et gardèrent le silence. Chacun essaya de se libérer de leurs entraves, mais rien n'y fit. Puis une voix résonna dans la pièce, rompant le silence qui s'était instauré quelques minutes plus tôt, une voix avec un fort accent thaï...

Voix - Bonjour jeunes gens, la situation est simple. Si vous tenez à la vie, alors vous allez devoir faire tout ce qu'on vous dis.
Nolwen - Mais qui êtes vous ? Demanda Nolwen furieuse malgré l'inquiétude dans sa voix.
Voix - Vous êtes trois dans cette pièce. Seule une personne va pouvoir en sortir vivante, à vous de choisir laquelle.

Nadya, Nolwen et Trévor se raidirent tout en se relevant doucement, pour ne pas se faire mal au poignet.
Nadya – Qu'est-ce que vous racontez ?! Vous croyez qu'on va se laisser faire ?!
Voix - A vous de voir jeunes gens. Nous ne ferons rien.
Trévor – Dans ce cas, pourquoi dîtes-vous qu'une seule personne sortira ?!
Voix - Tout simplement parce que les deux autres auront été tué par la personne qui s'en sortira.

Les trois jeunes replongèrent dans un silence morbide, ne sachant quoi répondre aux élucubrations de ce fou furieux à la voix si désagréable de par son accent. Puis Nadya commença à avoir un fou rire nerveux.
Nolwen – Qu'est-ce qui te fait rire Nadya ?
Nadya – Désolée, mais ce mec est complètement débile. Il a vu trop de film d'horreur. Comme si on peut accepter de faire ce genre de chose. C'est complètement stupide.
Voix - C'est pourtant simple, soit l'un de vous tue les deux autres, soit vous mourrez tous les trois.
Nadya – Dans ce cas, il n'y a aucun intérêt à nous faire subir ce genre de choses. Relâchez nous et on ne dira rien de tout ça.
Voix - Ce n'est pas à vous de décider des règles du jeu.
Trévor – Des règles du jeu ? Parce que pour vous c'est un jeu ? Depuis quand on joue avec la vie des gens ?!
Voix - Depuis toujours jeune homme. C'est graver dans l'espèce humaine. On existe que pour tuer.
Nolwen – N'importe quoi. Vous êtes complètement fou.

Les heures passèrent lentement aux yeux des jeunes, bien trop lentement. Ils ne trouvaient aucun moyen de se libérer, et aucune idée pour se sortir de ce piège. Ils avaient beau appeler à l'aide, il était évident qu'ils étaient isolés du reste du train et de ses occupants.
Puis ils remarquèrent que les chaînes avaient plus de mou et leur permettait de se rejoindre les uns les autres. Mais aucun ne pouvait toujours s'échapper ou se débarrasser de ces entraves. Tandis que tous trois étaient regroupés au centre de la pièce, une trappe s'ouvrit au dessus de leur tête et des objets tombèrent au centre de leur cercle improvisé.
Le regard de Nadya, Nolwen et Trévor se posèrent alors sur les trois objets au sol : Un revolver, une machette et un poignard.
Nadya fut la première à redresser la tête pour dévisager ses deux amis, elle voulait s'assurer qu'ils pensaient comme elle, qu'aucun ne prendrait un des objets. Mais elle croisa leur regard et y trouva la peur, l'instinct de survie remontait en eux comme en des bêtes assoiffées ou affamées. La jeune femme secoua la tête de gauche à droite pour leur dire de ne pas bouger, de ne pas céder à la panique, et pourtant... Les heures passèrent sans que personne ne bouge, puis le froid, la faim, la peur, l'envie de sortir, tout commença à se mélanger dans leurs esprits...

Trévor bougea le premier suivi de près par Nolwen, le premier avait saisi la machette qui se trouvait à proximité de son pied tandis que la jeune femme s'était jetée à plat ventre pour saisir le revolver. Tandis que Trévor s'était redressé, prêt à attaquer quiconque se trouverait devant lui, une détonation retentit dans la pièce et résonna pendant plusieurs secondes, tandis que le jeune homme s'effondrait au sol sous les cris horrifiés de Nadya.
Nolwen – Il allait me tuer. Il allait nous tuer. Dit la jeune femme en se tournant vers Nadya qui avait les mains contre sa bouche, stupéfaite de ce qui venait de se passer.
Nadya – Mais qu'est-ce que tu as fais ? Demanda la jeune femme en serrant ses poings dans ses cheveux.
Nolwen – Tu as bien vu, il allait nous tuer.
Nadya – Il avait peur, comme nous deux. Il allait pas nous tuer. Qu'est-ce que tu fais ?

Nolwen s'était tournée vers Nadya, toujours l'arme au poing. Elle avait pointé le canon vers son amie.
Nolwen – Je suis désolée, je ne veux vraiment pas mourir.
Nadya – Nolwen, arrêtes ça. D'accord, Trévor s'est affolé, mais je ne compte pas te faire de mal, je n'ai même pas pris d'arme, lui fit remarquer la jeune femme tandis qu'elle s'était retranchée dans un coin de la pièce.
Nolwen – Je dois sortir d'ici Nadya, je suis désolée. Je ne peux pas attendre qu'on vienne à notre secours.
Nadya – Nolwen, les autres ont dû remarquer qu'on était toujours pas arrivé, ils ont dû prévenir la police maintenant.
Nolwen – Et comment veux-tu qu'ils sachent où nous sommes ? On sera morte de soif avant qu'ils nous retrouvent.

Nadya ne voyait plus comment convaincre son amie, elle ferma les yeux en voyant Nolwen appuyer sur la détente, prête à accepter le sort qui lui était destiné. Seulement, quelques secondes plus tard, il n'y avait toujours pas eu de détonation, juste un petit déclic pour désigner un chargeur vide. Nadya avait alors rouvert les yeux pour faire face à une Nolwen horrifiée.
Nolwen – Une seule balle ?! Mais dans ce cas...
Nadya – Nolwen, ces gens sont des sadiques, ne rentres pas dans leur jeu.
Nolwen – Je veux sortir !! Hurla la jeune femme en tambourinant contre la paroi de la pièce.

Nadya observa tout autour d'elle, la pièce faisait une quinzaine de mètres carré environ, peut-être qu'il s'agissait d'une partie d'un wagon isolé. Mais elle ne pouvait pas en être sûre à cent pour cent, et pour l'heure, d'autres préoccupations lui occupait l'esprit.
La jeune femme observa Nolwen s'effondrer sur le sol, complètement perdue, déboussolée, affligée par ce qu'elle avait fait et tenté de faire. Elle n'arrêtait pas de sangloter en disant qu'elle ne voulait pas mourir. Nadya se redressa et se dirigea vers son amie, elle s'immobilisa là où les armes avaient atterri et elle se baissa pour récupérer le poignard, la seule arme à sa portée.
Nadya – Nolwen, une fois que tu seras sortie d'ici, ne dis rien de ce que tu as fais à personne d'accord. Contentes-toi de dire que Trévor et moi avons été tué par des psychopathes.
Nolwen – Quoi ? Demanda la jeune femme en redressant la tête, la voix étranglée par des sanglots.
Nadya – Tu vas t'en sortir d'accord.

Et avant que Nolwen ne puisse l'en empêcher, Nadya retourna la lame du poignard vers elle-même et se la planta au niveau du ventre. La jeune femme n'avait pas quitté son amie des yeux, elle était à genoux, du sang sortant de sa bouche ou recouvrant ses mains toujours posée sur le manche du couteau.
Nolwen – Mon dieu, Nadya, qu'est-ce que tu as fais ?!!
Nadya – Tu vas t'en sortir. Tu survivras. Retrouves Marc, Tommy et Alison.

Nadya s'effondra au sol tandis qu'au même moment, le poignet de Nolwen se retrouva libéré de sa chaîne. La jeune femme sut alors qu'elle était enfin libre, du moins le croyait-elle.
Une porte s'ouvrit à l'extrémité de là où elle se trouvait, elle récupéra la machette près du corps inerte de Trévor et se dirigea vers l'issue. Elle se baissa pour passer dans l'ouverture et se retrouva dans le reste du wagon qui se trouvait être une seconde pièce similaire à la première, mais éclairée normalement. Les yeux de Nolwen se posèrent sur la silhouette qu'elle voyait debout de dos face à elle, puis elle vit les deux corps au sol, des mares de sang réparties un peu partout, du sang ayant giclé sur les murs. La jeune femme comprit qu'il s'était passé la même chose ici que dans sa propre cellule.
Nolwen – C'est fini, dit la jeune femme plus pour se rassurer elle-même.

Tandis que Nolwen se rapprochait de la silhouette, son regard se posa sur les deux corps, elle ressentit alors une terrible douleur dans sa poitrine, comme si on venait de lui écraser le cœur dans le creux d'une main. Son estomac semblait plus noué que jamais, elle ne put empêcher les larmes de couler le long de ses joues.
Nolwen – Oh mon dieu, non, c'est pas vrai. Tommy, Alison...
Marc – Je n'ai pas eu le choix.
Nolwen – Qu'est-ce que tu as fait ?!
Marc – La même chose que toi de toutes évidences, répondit le jeune homme en se retournant vers elle.
Nolwen – Je n'ai rien fait du tout, répondit-elle plus pour se convaincre elle-même.

Marc se dirigea alors vers son amie, du moins, vers son ancienne amie, car dans cette situation, tout n'était que question de survie, l'amitié n'existait plus dans leurs yeux.
Nolwen savait qu'elle ne pouvait pas fuir, elle n'esquiva même pas l'attaque lorsque Marc fonça sur elle, un sabre dans les mains. Il la transperça de part en part au niveau de la poitrine, tandis que dans un dernier effort, la jeune fille levait ses bras pour laisser s'abattre la machette sur le cou de son ami, lui coupant profondément la carotide. Les deux s'effondrèrent au sol d'un même mouvement et se vidèrent de leur sang petit à petit.
La dernière chose qu'ils entendirent, se fut le bruit d'une clé dans la serrure et le grincement de la porte.
- C'est terminé, dit alors la voix à l'accent thaï. Finalement ça n'aura pas été si intéressant que ça. Ces étrangers n'étaient pas très compétiteurs.
- Que fait-on des corps ?
- Comme d'habitude.

Puis l'homme quitta la pièce, laissant au complice le soin de faire disparaître les cadavres des jeunes gens. Il les attrapa les uns après les autres pour les jeter par la porte du wagon du train. Les corps allaient être à l'abandon dans le désert des campagnes thaïlandaises, et leur sort resterait un mystère à tout jamais.

Les six corps se retrouvèrent donc abandonnés le long de la voie de chemin de fer, loin de toutes habitations, toute civilisation. Les corps mutilés des jeunes gens avaient rejoins le charnier de tas d'autres corps abandonnés le long de cette voie ferrée, ce train que tant de gens surnommaient le ''train de la mort'', nom qui était tue pour les touristes, pour ne pas les faire fuir.

Six corps inertes, abandonnés... Six corps qui disparaîtraient comme tant d'autres avant eux, six corps... ou cinq corps ?

Un sursaut, un nerf récalcitrant à mourir ? Un survivant ? Une main qui bouge parmi tant d'autres, un corps qui roule sur lui même pour permettre à la personne d'en dessous de bouger...

Nadya se redressa, le regard vitreux, une main sur sa blessure pour stopper l'hémorragie, le visage et les vêtements recouverts de sang. Elle tourna sur elle-même pour observer où elle était. Elle vit les corps autour d'elle, mais elle ne pensait qu'à une chose, prévenir les gens, prévenir les autorités, prévenir tous ceux qu'elle pouvait.

Elle marchait depuis une bonne heure lorsqu'elle parvint à rejoindre la route, elle était dans un sale état, sa vue était encore plus trouble, elle titubait et ne parvenait pas à garder l'équilibre. Elle trouva enfin un arbre où s'adosser en attendant qu'un véhicule ne passe, elle croisait les doigts que son calvaire s'achève enfin.
Lorsque Nadya entendit enfin le son d'un moteur, elle ne put empêcher un sourire d'apparaître sur ses lèvres, elle poussa de ses mains sur le tronc de l'arbre pour se redresser et se positionna sur le bord de la route pour être vue du conducteur.
Nadya – Sauvée, souffla Nadya juste avant d'être percutée de plein fouet par le véhicule.

Nadya, la survivante, n'était plus...
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Un petit mot pour l'auteur ? 3 commentaires

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Keith Simmonds · il y a
Bravo pour cette belle histoire si bien menée! Mon vote! Vous avez voté
une première fois pour “En Plein Vol” qui est en Finale de l’Automne 2016.
Je vous invite maintenant à le soutenir de nouveau si vous l’aimez toujours. Merci d’avance
et bon week-end! http://short-edition.com/oeuvre/poetik/en-plein-vol

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SuriThaï · il y a
Merci et pas de souci vous pouvez compter sur mon vote :-)
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Keith Simmonds · il y a
Merci d;avance, SuriThaï!

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