La sorcière et le prince

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C’est l’histoire d’un sorcier grincheux, bossu et boutonneux marié avec une sorcière capricieuse, méchante et borgne. Ils souhaitaient avoir un enfant aussi épouvantable qu’eux mais ils n’y parvenaient pas.
Grace à l’aide du Grand Conseil des Sorciers, ils mirent au point un élixir capable de réaliser leur projet.
Et en effet, quelques mois plus tard, naquit une petite fille qu’ils prénommèrent Perle.
Dés qu’ils la virent, leur sang ne fit qu’un tour, ils faillirent perdre connaissance.
L’enfant était aussi belle qu’ils étaient répugnants.
Passé leur surprise, ils pensèrent qu’il fallait laisser à leur bébé, quelques jours afin qu’elle prenne l’apparence d’une véritable petite sorcière au nez crochu et aux joues encombrées de pustules.
Mais trente jours plus tard, elle était toujours aussi rayonnante de beauté, au grand désespoir de ses parents. Ils ne purent l’envoûter car elle était encore trop jeune et ils risquaient de perdre leurs pouvoirs. C’était la règle.
Une nuit, ils la laissèrent dans son petit lit et partirent à travers l’orage, rejoindre le Grand Conseil afin de trouver une solution.

Pendant ce temps, sept sœurs qui étaient également des fées avaient entendu parler de cette ravissante beauté. Elles décidèrent secrètement de venir lui rendre visite.
Elles furent conquises par la beauté somptueuse de la fillette qui leur sourit et les charma tant que chacune d’elle décida de lui offrit un don.

Stéphine lui dit : Je te donne le pouvoir des fées ».

Martisse lui dit : « Tu échapperas aux malédictions de la sorcellerie ».

Evelle lui dit : « Belle tu es, belle tu resteras jusqu’à ton dernier jour et aucune magie ne l’empêchera, mais pour ta sérénité chacun te verra comme il le souhaitera ».

Tarisse lui dit : « Ta gentillesse et ton amour pour ton prochain feront ta renommée dans toute la galaxie sans jamais faiblir ».

Amandisse lui dit : «  Tu ne pleureras qu’en de grandes occasions et tes larmes feront ta fortune ».

Jessette lui dit : « Tu rencontreras l’amour et tu seras la plus heureuse des femmes ».

Tina lui dit enfin : « Personne ne pourra jamais te défaire de ces dons ».

Les sept fées firent une ronde étincelante autour du lit, l’enfant s’endormit, puis elles disparurent par enchantement, enlevant de la mémoire du nourrisson le souvenir de leur passage.

Au petit matin, ses parents revinrent au logis sans avoir pu obtenir l’assistance de la confrérie des sorciers. Ils se rendirent aussitôt auprès de leur enfant et la virent telle qu’ils l’avaient désiré, monstrueuse à souhait. Ils en furent attendris juste un instant puis allèrent se reposer de leur épuisant voyage.





Les années passèrent et Perle devint une belle jeune fille aux yeux du monde, mais elle restait toujours aussi affreuse à ceux de ses parents.
Tous les jeunes sorciers du pays avaient entendus parler d’elle et beaucoup étaient venus la voir. Chaque fois, ils tombaient éperdument amoureux d’elle mais elle ne pouvait se décider car aucun d’entre eux ne lui convenait.

Le premier jour de ses dix huit ans, ses parents lui apprirent qu’elle devait quitter la maison familiale avant le coucher du soleil, conformément à la loi des sorciers, et se réfugier en pleine forêt pendant une semaine pour faire le point sur sa vie et envisager son avenir. Mais tant que tout ne serait pas clair dans son esprit, elle devait rester bannie au milieu des arbres.

Perle fit son balluchon sans protester et partit en direction des grands arbres, sans se retourner.





Artan était un enfant qui vivait avec ses parents dans la forêt Noire. Dés qu’il le put, il les aida à ramasser du bois, puis à couper des arbres et les acheminer avec son père à la scierie de la ville.
Très vite, ses parents le laissèrent travailler seul, vivant son seul labeur.
L’année de ses dix-huit ans, son père lui ordonna de se rendre au centre de la forêt pour abattre les sept plus gros arbres. Au petit matin, il monta sur la charrette tirée par Bijou le beau cheval blanc et prit la direction du cœur de la forêt. Mais la voie s’arrêta là où la broussaille envahissait la terre et il dût partir seul à pied pour se frayer chemin.

Il fit quelques pas et vit quelque chose briller au sol. Il se baissa et ramassa une perle en or. Plus loin il en vit une autre puis une troisième et finit par emplir un sac avant de n’en plus trouver. Devant lui se dressait une barrière de ronces.
Il retourna à son cheval et rentra à la chaumière sans couper le plus petit arbre. A peine arrivé, il vit son père assis au seuil de la maison.

- Ne me gronde pas père! Attends de voir ce que je t’apporte ! lui dit-il.

Le vieux bûcheron n’en croyait pas ses yeux. Il appela sa femme, lui dit quelques mots à l’oreille et l’envoya chercher quelques objets dissimulés dans une boîte.

- Maintenant, nous sommes riches ! Alors je te dois la vérité ! Tu n’es pas notre enfant, voici des objets qui te permettront de retrouver tes véritables parents. Comme cadeau, nous t’offrons cette demeure, prends-en soin car c’est ton seul bien.

Ils lui remirent le coffre, montèrent sur la charrette et quittèrent Artan sans rajouter un mot.

Emu le jeune homme ouvrit le coffret et trouva un mouchoir de soie brodé d’un lys, une fine bague en bronze et un hochet en bois d’olivier. Il avait l’impression que le ciel lui tombait sur la tête. Tout s’écroulais devant lui. Il marcha longuement en réfléchissant à ce qui venait de se passer, se dirigea vers l’étang et prit un bain frais avant de rentrer se coucher.

A son réveil, il repartit à l’endroit où il avait trouvé le trésor. Il tailla l’épaisse haie de ronces et retrouva des perles qui semblaient semées pour indiquer un chemin à suivre, puis il entendit des gémissements. Il se rapprocha prudemment et aperçut un gros tas de perle d’or. Les pleurs venaient de cet endroit. Il écarta les perles et vit une jeune fille en pleurs dont les larmes se transformaient en perles d’or. Il la prit délicatement dans ses bras et lui demanda les raisons de son chagrin.

- Je suis une sorcière, mes parents ne veulent plus de moi, je ne sais où aller ! dit-elle.

- Ce n’est pas grave, je suis seul moi aussi. Lui répondit-il pour la consoler. Près de la lisière se trouve ma douce chaumine. Si vous l’acceptez, vous pourrez y vivre aussi longtemps que vous le voudrez. Proposa-t-il.

Perle cessa de gémir, elle était tellement belle que le jeune homme en tomba amoureux. Le coup de foudre les toucha instantanément. Il lui prit la main et la conduisit chez lui. Le retour était long et la pluie se mit à tomber. Ils s’abritèrent sous un mélèze et s’endormirent, blottis l’un contre l’autre. Perle ne s’était jamais sentie aussi heureuse.
Dans leur sommeil ils firent tous deux le rêve de se marier et lorsque le petit vent du matin les réveilla, ils s’embrassèrent tendrement.

Lorsqu’ils arrivèrent à la chaumière, il lui avoua ce qui lui était arrivé la veille en lui montrant le coffret. Lorsqu’elle les observa, une étrange image lui apparut, un Roi et une Reine effondrés de douleur devant le portrait d’un enfant perdu. Elle reconnut aussitôt le mouchoir de soie et le hochet. Elle le lui avoua ses visions et lui proposa de se rendre auprès d’eux avec ses objets. Il accepta pour lui être agréable car seule la compagnie de la jeune fille la comblait de bonheur.

Ils prirent quelques jours de repos puis se rendirent au palais. Lorsque Artan montra au Roi le petit coffret, ce dernier le prit dans ses bras et fit appeler la Reine. Un seul regard lui suffit pour reconnaître son fils. La joie était immense, la mère du prince voulut tout savoir de sa vie. Artan expliqua tout ce qu’il savait et ne demanda qu’une faveur au Roi, c’était le pardon pour le bûcheron et sa femme. Cette faveur fut exaucée.

Le royaume était très pauvre car le Roi l’avait négligé pendant ces longues années. Alors Artan et Perle décidèrent de faire un geste et de lui confier le gros tas de boules en or qui se trouvait encore dans la forêt, pour redorer le blason du royaume. Le roi reconnaissant de ce deuxième cadeau inattendu, accepta et fit atteler ses meilleurs chevaux. Le carrosse dirigé par le nouveau prince partit sans plus attendre. Il revint le lendemain avec le coffre rempli à ras bord.
Quelques mois plus tard, le Palais brillait de mille feux, les prairies abondaient de veaux, vaches, moutons et volailles. Le peuple mangeait enfin à sa faim et Perle avait fait en sorte que le temps soit toujours beau pour réchauffer les coeurs et donner le moral à tout ce beau monde.
Puis un grand banquet fut organisé pour célébrer les noces du Prince et de sa sorcière bien aimée .
Les sept fées s'étaient invitées au festin et ne regrettaient pas les dons qu'elles avaient offert à Perle. Elles décidèrent que le bonheur ne quitterait jamais les deux amoureux.
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