La rose des sables

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En compétition

Toute ma vie a été bercée par la littérature, la poésie, et le théâtre. J'ai pris la plume très tôt, et bien que légère elle donna du poids à mes mots, qui devinrent des récits, des  [+]

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Il y avait une fois, dans une contrée lointaine, très lointaine, une petite fille qui se prénommait Mehraban. Ses parents, qui étaient très pauvres, l’abandonnèrent le jour de sa naissance. Ils creusèrent un trou dans le sable du désert de Yazd, la ville des attrape-vents, dès l’aube, et y enfouirent son berceau. Elle dormait encore lorsque sa maman déposa un baiser sur son front, versa une larme, et partit sans se retourner.

— Ne t’inquiète pas, balbutia Izmir, le père. Beaucoup de caravaniers et de marchands passent par cette route. Quelqu’un la trouvera certainement avant la fin de la journée, l’adoptera et lui offrira une bien meilleure vie que celle que nous pouvons lui offrir.
— Es-tu sûr que nous avons fait le bon choix, mon cher mari ? demanda Azadeh, la maman.
— Aie confiance en la destinée, murmura Izmir, la gorge nouée, aie confiance.

Et ils rebroussèrent chemin, le cœur lourd et les yeux humides. Les premières lueurs du soleil caressèrent le berceau, mais Mehraban dormait toujours. Les heures et les jours passèrent, et personne ne vint par ce chemin, mais voilà qu’un beau matin :

— Ho ! Mais qu’est-ce c’est ? Qu’est-ce que je vois là ? Par tous les grains de sable du désert, mais c’est un nouveau-né !!! Ho ! Arrête-toi Massar !

Le vieux Bachir, marchand d’épices et de plantes médicinales de la cité de Shiraz, intima à son chameau de s’arrêter. Il en descendit promptement, et d’un pas élancé se précipita vers le petit corps endormi.

— Par la barbe d’Uruk ! Ce bébé a été piqué et mordu par des scorpions et des serpents ! J’espère que je pourrais encore le sauver.

Bachir recouvrit le berceau d’un linge mouillé, l’accrocha à sa monture et le conduisit dans sa maison des sables, à Sippar.

— C’est un signe du destin ! balbutia-t-il. Tu es mon petit miracle ! Toute ma vie j’ai attendu d’avoir un enfant, j’ai attendu en vain. Et maintenant que me voici arrivé au crépuscule de ma vie, tu bouscules mes vieux jours de ta délicate et frêle présence. Je serai bon avec toi, ma petite rose des sables. C’est ainsi que je t’appelle, car c’est ainsi que tu m’es apparue, telle une rose, toute rose, au milieu du sable jaune de cette étendue désertique. Je te soignerai, je chasserai de ton corps toutes ces vilaines blessures, je t’éduquerai, je t’apprendrais tous les secrets des plantes qui guérissent, secrets que je tiens moi-même de mes ancêtres, je t’apprendrai à connaître les étoiles et les constellations, jusqu’à ce que tu puisses toutes les nommer et trouver ton chemin dans la nuit. Je t’apprendrai les mots qui font du bien et qui apaisent l’âme et éloignent le chagrin, les mots qui apportent du réconfort, et bien d’autres sciences encore. Je te nomme Ismalia.

Les années se succédèrent, et Bachir tint sa promesse. Il prit soin de sa petite rose des sables et lui enseigna les sciences et l’art. Ismalia devint une jeune fille d’une beauté inégalée. De magnifiques yeux pers, et de longs cheveux noirs et bouclés.

Un soir, par une nuit étoilée, Ismalia, au coin du feu, lisait un grimoire sur le langage des différentes espèces animales, quand soudain :


— Bachir, Bachir, réveille-toi, vite, réveille-toi !
— Qu’est… qu’est ce que c’est que tout ce vacarme ?
— Regarde, une étoile rouge vient de faire son apparition, je ne l’avais jamais vue auparavant !
— Par la barbe de mes aïeux…
— Qu’est-ce qu’il y a Bachir, pourquoi dis-tu ça ?
— C’est l’étoile de Bételgeuse, de la constellation d’Orion. Elle n’est visible que tous les cent-vingt ans. Mes ancêtres prédirent jadis que lorsque le vieil homme à la longue barbe, qui recueillit la petite fille du désert la verra, alors, ses jours seront comptés, ils seront au nombre de quatre.
— Non Bachir, ce n’est pas possible, tu ne vas pas me laisser, pas maintenant ! Tu es toute ma vie, je n’ai que toi !
— Chut ! N’aie crainte Ismalia, n’aie crainte. Ne t’attriste pas et ne pleure pas en vain. Je partirai cette nuit sur la dune de sable qui borde les étoiles, et je m’y allongerais. Tu me veilleras pendant quatre jours et quatre nuits, et ensuite je partirais rejoindre les étoiles, mais je serai toujours avec toi.

Le vieil homme partit sur la plus haute dune du désert, et s’allongea sur un autel de sable, sans nourriture aucune, ni eau. Ismalia, la tête sur sa poitrine, pleura quatre jours et quatre nuits, jusqu’au dernier instant.

— Is… malia…
— Oui Bachir…
— Il est temps pour moi… regarde dans ta poche… j’y ai mis une graine… lorsque mon cœur cessera de battre, tu m’enseveliras dans le sable… puis tu planteras cette graine au-dessus de ma sépulture, et tu l’arroseras de tes larmes. Tu reviendras… dans trois jours, au lever du soleil… une jolie fleur y aura poussé… une fleur des vents. Lorsque tu quitteras notre maison pour parcourir le monde par delà les monts et les dunes, elle t’indiquera la direction à suivre. Tout ce que je t’ai appris, tu l’appliqueras pour le bien, uniquement, le bien…
— Bachiiiir !

Le vieux Bachir rendit l’âme, et Ismalia versa toutes les larmes de son corps sur la graine qu’elle planta. Elle prit la route le quatrième jour, au levant, avec sa besace sur le dos et sa belle fleur en main, contenue dans un petit pot en terre. La dernière étoile venait de s’éteindre, emportée par l’aube, noyée dans un magnifique horizon couleur orange. Le sable jaune et fin buvait chacun des pas d’Ismalia.

Bientôt, tel un cadeau du ciel, un léger souffle de vent esquissa quelques mèches de sa belle chevelure brune et fit danser sa robe de toile écrue. Fidèle à la promesse de Bachir, la fleur aux jolis pétales rose et jaune se mit à onduler, en déployant ses feuilles comme pour prendre son envol, puis s’immobilisa en direction de l’Ouest. Ismalia fit quelques pas vers sa droite et poursuivit son long périple. Après quelques heures de marche, épuisée, l’orpheline du désert s’agenouilla dans le sable, sortit sa gourde, but quelques gorgées, et s’adressa à sa fleur :

— Bachir, je suis fatiguée, j’ai marché toute la journée dans la direction que tu m’as indiquée, et je ne vois toujours rien. J’ai peur, je n’ai que quelques galettes de sarrasin et un peu d’eau, et la route est longue…

La fleur sembla sourire, et insuffla un regain de confiance à Ismalia. Elle reprit sa route, quand soudain elle aperçut, dans le lointain, un nuage de fumée.

Cela doit être un village, pensa-t-elle.

Titubant sous l’écrasante chaleur, ses pas la portaient à peine. La sueur noyait son visage poupin, ses sandales de cuir brûlaient ses pieds, sa vue se troublait. Elle distinguait, sous l’ondoiement des vagues de chaleur, ce qui semblait être une oasis. Des palmiers se dessinaient à l’horizon, et, à l’odeur de sable chaud, se mêlaient des odeurs de végétation, d’épices et d’encens, portés par un vent léger.

Des palmiers se distinguaient, puis bientôt un rempart de couleur ocre, et des silhouettes se dessinèrent dans le paysage. Un nuage de poussière, soulevé par la course d’un chameau, finit par dissiper ses doutes et la rassurer. Un Bédouin, vêtu d’une tunique blanche et coiffé d’un chèche, le cou orné d’un keffieh, fit halte à ses côtés.

— Paix sur toi, voyageuse !
— Paix… sur toi…
— Monte, tu es épuisée. Je te conduis à mon village.

Après s’être repue, rafraîchie et reposée, Ismalia rencontra le patriarche.

— Paix sur toi Ismalia, soit la bienvenue, je suis Idvir.
— Paix sur toi Idvir.
— Suis-moi, je t’emmène visiter notre village.

Ismalia n’en crut pas ses yeux. Autour d’elle, une magnifique palmeraie bordant une oasis, ornée de plusieurs dizaines de tentes colorées et de maisons en pisé. De partout on entendait des rires d’enfants, des instruments à percussion et à vents jouaient de belles musiques. Des arômes de musc, d’épices, d’encens flattaient les narines. Les villageois se retournaient sur le passage d’Ismalia, sidérés par son immense beauté et sa candeur. Elle avait la grâce d’une princesse et le sourire d’un ange.

— Ton village est merveilleux, Idvir, il y fait bon vivre !
— Tu es la bienvenue Ismalia, si tu le souhaites, tu peux t’y installer. Quelle est cette étrange fleur que tu portes dans ta main, je n’en ai jamais vu de semblable ?
— Je ne connais pas son nom non plus. J’ai planté une graine sur la tombe de Bachir, l’homme qui m’a recueillie enfant dans le désert, et elle a poussé. Son âme est dedans. C’est elle qui m’a guidée jusqu’à ton village pour une raison que j’ignore.

Soudain, devant une tente, des pleurs et des gémissements se firent entendre.

— C’est peut-être pour cette raison, Ismalia.
— Qu’est-ce que c’est, que se passe-t-il ?
— Suis-moi… ces femmes ont été piquées par des serpents et des scorpions, qui sont légion ici. Nul remède ne peut les guérir ni les soulager.

Ismalia ôta ses sandales de cuir, entra dans la tente et s’approcha de la jeune fille en pleurs :

— J’ai du chagrin pour ta mère. Pleure, les larmes que tu verses abreuveront son âme d’amour. Elle sera toujours là pour toi, dans ton cœur et dans ton esprit. Bachir, l’homme qui m’a recueilli dans le désert lorsque je n’étais qu’un nourrisson, n’est plus, mais il m’a enseigné une chose, que je t’enseigne à mon tour : la valeur de la vie, c’est un mort qui te la donnera. N’oublie jamais cela, petite fille. Bachir m’a également appris le secret des plantes qui guérissent. Je peux faire quelque chose pour les autres personnes qui ont été piquées.
— Que veux-tu dire Ismalia ? s’enquit Idvir.
— Apporte-moi un vase rempli avec de l’eau très chaude, et des draps.


Idvir ramena ce qu’Ismalia avait demandé. Elle ouvrit sa besace, et en sortit des baies d’Ayasca séchées, des pétales de Shizia, et trois fioles contenant de la sève d’Erdinia, d’Echweilera et d’Eucharis Grandiflora. Elle fit bouillir les plantes et les baies, puis y trempa plusieurs bandelettes du drap dans l’onguent pour en faire des cataplasmes. Elles furent appliquées sur les souffrantes, et le contenu des fioles leur fut donné à boire.

— Dans quelques jours, elles se remettront et seront complètement guéries. Aucune trace de leurs morsures ne demeurera.

Un léger vent, doux et chaud, se mit à souffler. La plante d’Ismalia se mit à danser, ondulant sur sa tige et remuant ses deux feuilles dans une lente chorégraphie. Elle s’immobilisa en direction du Sud.

— Il est temps, Idvir, mon destin m’appelle, je dois partir.
— Mais, Ismalia, la nuit va bientôt tomber, tu n’y verras rien dans cet immense désert !
— Il en est ainsi Idvir…
— Prends avec toi ces quelques vivres, ils t’aideront dans ton périple. Bon voyage, Ismalia, bon vent, nous ne t’oublierons jamais. Dussions-nous vivre des siècles, nous ne pourrons jamais assez t’exprimer notre gratitude.

Dans la nuit noire et glaciale, Ismalia, guidée par sa fleur, reprit sa route au milieu des dunes et des plaines désertiques. Mue par une indescriptible volition, elle ne sentait plus le froid enrober son corps, et le sable boire chacun de ses pas. Les étoiles, muettes de lumière, clouaient le rideau noir de l’univers, quand soudain une voix chevrotante se fit entendre :

— Ai… dez… moi… ai… dez… moi…
— Qui va là ? hurla-t-elle.
— Ai… dez… moi… je… vous… en… supplie…
— J’arrive, tenez bon !

Ismalia continua toujours plein Sud. Elle ne tarda pas à apercevoir un chameau, immobile, figé dans la nuit noire. En s’approchant, elle put distinguer un homme au sol, revêtu d’une tunique blanche, avec une longue barbe. Sa tunique ne ressemblait à aucune autre. Il devait venir de très loin.

— Courage, je suis là, paix sur toi, je suis Ismalia, qui es-tu ?
— De l’eau… à boire…
— Oui, bien sûr…
— Je me nomme Yaraz, je viens du village de Yazd, ma jambe est cassée, je suis tombé ce matin, je ne peux plus bouger ni reprendre ma route, je vais mourir ici.
— Ne t’inquiète pas Yaraz, laisse-moi regarder ta jambe.

Ismalia sortit quelques feuilles de sa besace et les lui donna à mastiquer. Avec le bâton de sa besace et un bout de tissu, elle confectionna une attelle. Avant de la placer sur la jambe brisée de Yaraz, elle prit un peu d’argile rouge de son sac, qu’elle mélangea à un peu d’eau et qu’elle appliqua sur sa jambe.

— Cela devrait te soulager quelques heures, le temps que nous reprenions la route plein sud.
— Mais je dois aller au Nord… au Sud, c’est le village d’où je viens.
— Pour quelle raison voyages-tu dans cette direction ?
— J’ai pour mission de trouver la nappe phréatique dont parle la légende de mon peuple, car dans notre village, tous les puits sont taris, il n’y a plus d’eau, et nous mourons de soif. Beaucoup des miens ne sont plus.
— Aie confiance Yaraz, si ma fleur m’a guidée jusqu’à toi, en direction de Sud, c’est que ton sort et celui des tiens trouvera une issue favorable dans cette direction. En route, pendant que ta douleur s’est calmée.

Ismalia monta derrière Yaraz et tous les deux firent route jusqu’au village de Yazd. Les premières lueurs du jour commencèrent à balayer la nuit, et bientôt, le convoi, éreinté, arrivait au bout de son périple. Des youyous s’élevaient jusqu’au ciel. Tout le peuple de Yazd attendait avec impatience le retour de Yaraz, missionné pour trouver la zone aquifère souterraine mentionnée dans la légende Élamite.

Tout ce que Yazd comptait d’hommes et de femmes se trouvait aligné en rang serré devant les premières habitations et l’enceinte du village !

— Paix à toi ! s’écria Farhad, le chef de tribu.
— Paix à toi Farhad, paix à vous mon peuple !
— Qui ramènes-tu, qui est avec toi, quand partons-nous chercher l’eau qu’il nous manque ?
— Doucement Farhad, murmura Mandana, sa femme. Tu ne vois qu’ils sont épuisés ? Sois la bienvenue, étrangère, je suis Mandana, bienvenue chez toi Yaraz, venez, reposez-vous, reprenez des forces, nous vous avons préparé de quoi vous restaurer.
— Merci à toi, Mandana, murmura Ismalia.

Au milieu du jour, le conseil du village était réuni sur l’esplanade d’un magnifique Koutcheh, le plus beau palais de Yazd.

— Parle Yarad, nous t’écoutons, où se trouve l’eau ? demanda Farhad.
— Mon peuple, je suis hélas porteur d’une mauvaise nouvelle. J’ai trahi vos espoirs. J’ai cheminé jusqu’à épuisement de ma monture dans le désert, j’ai suivi le chemin indiqué sur la carte par delà les dunes, et je n’ai rien trouvé !
— J’en étais sûre ! hurla Mandana, on n’aurait jamais dû envoyer ce vieux fou !
Nous allons mourir par sa faute ! Il nous ramène une étrangère au lieu de nous ramener de l’eau, une bouche de plus à nourrir alors que nous mourons de soif !
Puisque nous allons tous mourir lapidons-les, nous aurons au moins notre vengeance !
— Attendez ! s’interposa Ismalia. Mon tuteur Bachir, qui m’a élevé, m’a enseigné tous les secrets du désert. Si le destin m’a guidée jusqu’à vous, c’est qu’il y a de l’eau ici. Allez me chercher une spathe de palmier, et je vous trouverai de l’eau !


À ces mots, peu s’en fallut que les villageois ne la lynchent. Les plus anciens d’entre eux la prirent en moquerie et la raillèrent.

— Arrêtez ! vociféra Mandana. Je ne la crois pas prise de folie. Apportez-lui une spathe de palmier, accordons-lui une chance. Si elle ne trouve rien, nous les lapiderons.

Ismalia avançait, en plein milieu de Yazd, tenant entre ses mains, au-dessus de sa tête, la gigantesque spathe. Ses yeux étaient clos, sa démarche sûre et précautionneuse, ses pas, lents et feutrés. Personne n’était autorisé à la suivre. Ils ne la quittaient pas des yeux. Quand soudain, l’énorme branche de palmier, telle une aile, battait de haut en bas, frénétiquement, comme mue par un invisible mécanisme.

— C’est ici qu’il vous faut creuser ! Il y’a une immense nappe d’eau sous vos pieds !
— Mensonge, folie ! hurla Farhad.
— Faites ce qu’elle vous dit, ordonna Mandana.

C’est ainsi que quelques jours plus tard, un immense fleuve souterrain fut découvert, et le peuple, agenouillé, exulta de joie devant Ismalia.

— Ne vous agenouillez pas devant moi. Je ne suis ni une sorcière, ni une magicienne. J’ai appris les sciences de mon tuteur Bachir. La nature est riche d’enseignements et de ressources pour qui a soif de connaissances. Parfois nous allons chercher très loin ce que nous avons à portée de main. Lorsque les yeux ne voient plus, il faut savoir regarder avec le cœur.


Un vent léger, à nouveau, souffla dans les allées du palais de Yazd, et la fleur se mit à onduler et à danser, et s’immobilisa en direction de l’Est.

— Il est temps à présent. Mandana, Yarad, Farhad, cher peuple de Yazd, je dois poursuivre la route de mon destin.
— Nous ne t’oublierons jamais, Ismalia. Va en paix. Prends ces quelques vivres qui t’aideront à supporter la rigueur du désert.

Sur ces mots, Ismalia prit le chemin sous une aube rouge-orangé, à l’heure à laquelle la température fait preuve de clémence. Mais très vite, l’horizon commençait à s’obscurcir et un mugissement se fit entendre. Une colonne de sable se forma au loin, de la forme d’un gigantesque entonnoir. Un cyclone prenait vie sous ses yeux, et bientôt les premiers souffles rendirent sa progression difficile, puis le sable s’insinua dans sa bouche et dans ses narines. Une violente rafale lui arracha sa plante, et elle fut balayée tel un fétu de paille et emportée dans les airs, puis perdit connaissance.

— Jeune femme ! Jeune femme ! Réveille-toi !

Une voix lointaine, semblant venir des profondeurs du néant, tira Ismalia de son état d’inconscience. Elle ouvrit à grand-peine les yeux, et fut doublement éblouie. D’abord par l’aveuglante lumière de l’astre solaire, ensuite par l’étourdissante beauté du jeune homme qui se trouvait agenouillé en son flanc.

— Tout va bien, jeune femme, n’aie pas peur, n’aie aucune crainte. Je suis Youssouf, je viens de la cité d’Ismazarade. Je t’ai trouvée gisant dans le désert. Je vais t’emmener dans ma ville, mes amis prendront soin de toi.

Ismalia se sentit soulevée dans les airs par deux bras puissants. Elle eut à peine le temps d’apercevoir le visage angélique de Youssouf et sa beauté radieuse. Des cheveux noirs jusqu’aux épaules, coiffés d’un chèche blanc, une petite barbe, des yeux d’un vert perçant et un merveilleux sourire. Elle perdit à nouveau connaissance une fois à cheval sur le magnifique pur-sang arabe d’une blancheur marmoréenne.

— Mademoiselle, réveille-toi, j’ai préparé ton bain aux pétales de jasmin et du riz aux lentilles avec des raisins secs et du thé bien chaud pour ton déjeuner !
— Où… où suis-je ?
— Tu es dans ma maison, je suis Isharane et j’habite ce palais d’Ismazarade. Mon père est le vizir de cette ville.

Dans un superbe lit drapé de soie, Ismalia contempla sa jeune hôtesse, se restaura et prit son bain. Elle visita les mille splendeurs de cette cité, véritable perle de la Perse. Une palmeraie magnifique, des arbres fruitiers, des fontaines et de magnifiques sculptures.

De très belles et luxueuses maisons ornées de pierreries, et des centaines de petites échoppes dans un immense souk duquel des milliers d’odeurs partaient à la conquête de narines conquises d’avance. Très vite remarquée pour ses remarquables connaissances, Ismalia se vit proposer un poste d’enseignante dans une école.

Elle avait désormais beaucoup d’amis, et ici, à Ismazarade, la ville qui l’avait recueillie et adoptée, on lui attribua le doux surnom de « rose des sables », car elle avait la beauté d’une rose et venait du désert. Tous les hommes n’avaient d’yeux que pour elle, mais Ismalia ne pensait qu’à Youssouf, son mystérieux sauveteur. Personne ne fut en mesure de la renseigner sur ce mystérieux cavalier. On savait juste qu’il avait la réputation d’être un voleur de chevaux, qui avait quitté Ismazarade depuis très longtemps, et qui attaquait les caravaniers et les marchands dans le désert, depuis que son vieux père le chassa de sa maison à cause de son refus d’étudier la médecine et de son goût pour les voyages.

Ismalia, très courtisée, refusait gentiment tous les prétendants. Son amour pour son mystérieux sauveur l’empêchait de trouver le bonheur avec un autre homme. Elle avait l’intime conviction qu’un jour, il reviendrait sur son beau cheval blanc pour la demander en mariage. Mais Arshad, le dinandier et Otman, son frère cordonnier gardaient espoir. Depuis son arrivée, ils ne voyaient qu’elle, ne vivaient que pour elle, que pour entendre ses pas effleurer le sol devant leur échoppe, que pour respirer ses effluves de jasmin, pour admirer le vent caresser ses cheveux, mais elle ne les voyait pas. Un jour, pris de désir, ils entreprirent d’aller la trouver.

— Arshad, mon frère, je sais que tu éprouves le même sentiment que moi pour Ismalia, et je ne t’en veux pas ; tu es mon frère. Je te propose d’aller lui avouer nos sentiments, c’est une femme brillante et intelligente, elle saura nous écouter et nous comprendre, et peut-être, qui sait…
— Otman, mon frère, fils de ma mère, l’amour t’a aveuglé et rendu fou ! As-tu donc perdu la raison ? Comment une telle beauté, une pareille splendeur, une lumière venue du ciel pourrait s’intéresser à deux petits commerçants comme nous ? Regarde-nous ! Tu martèles le cuivre de l’aube au couchant pour quelques rials, lorsque tu arrives à vendre quelques plats, tandis que je répare des sandales à longueur de journée pour quelques rials ! Ismalia se pare des plus belles toilettes, porte les plus belles pierres à ses mains, et son cou est orné d’or. Elle s’habille de perles du soleil et de poudre d’étoiles. Qui plus est, tu sembles oublier que son cœur ne bat que pour ce brigand de Youssouf.
— Arshad, allons la voir, il le faut.


Otman et Arshad décidèrent de se rendre à l’école où enseignait Ismalia. La fin de la matinée était proche, les élèves allaient sortir, ils la rencontreraient dans la salle de classe. Pour la première fois, ils quittèrent leurs échoppes, abandonnant leur travail pour écouter la voix de leurs cœurs. Ils marchaient dans les allées du souk. Pour la première fois, ils avaient un instant de répit. D’habitude enfermés dans l’obscurité de leur boutique, ils n’avaient jamais eu le loisir de vaquer dans leur ville à cette heure de la journée. Leurs cœurs, sur le point d’exploser, battaient la chamade.

— Courage mon frère, nous y sommes presque, ânonna Arshad.

Ils pénétrèrent l’enceinte du somptueux palais D’Ismazarade, et parcoururent l’immense esplanade, traversée par les élèves sur le chemin du retour. L’immense porte en bois gravé de l’école était grande ouverte, et, sur le point de défaillir, ils pouvaient désormais apercevoir la silhouette d’Ismalia. Leurs pieds ne touchaient plus le sol. Ils n’avaient plus de salive dans la bouche et étaient en sueur, dans leur plus belle tunique qu’ils avaient revêtue pour l’occasion.
L’odeur du bois et de la transpiration les saisit, les renvoyant à leurs jeunes années, celles où ils étaient eux-mêmes installés sur les bancs de cette classe.

— Paix sur toi, Ismalia, bégaya Arshad.
— Paix sur vous, nobles commerçants. Désirez-vous me rencontrer pour avoir des nouvelles de vos enfants ?
— Pas exactement Ismalia. Notre démarche est tout autre, elle est guidée par notre cœur et nos sentiments pour toi.

Un sourire radieux illumina le visage de l’enseignante. Ses boucles brunes pendaient sur son visage d’un ovale parfait, et ses yeux pers, maquillés de khôl, fixaient d’un air bienveillant les deux hommes transis. Sa longue robe blanche et soyeuse enveloppait sa vénusté.

— Je vous écoute, parlez, n’ayez crainte, parlez en toute quiétude et en toute sérénité.
— Ismalia, depuis que tu es venue dans notre cité, mon frère Otman et moi-même, Arshad n’avons d’yeux que pour toi. Nous partageons le même sentiment d’amour à ton égard, et bien que nous soyons frères, il n’y a aucune rivalité ni aucune jalousie entre nous. Nous ne sommes pas riches, nous ne sommes que deux petits commerçants d’Ismazarade, la cité qui nous a vu naître et qui a vu naître nos parents et les parents de nos parents. Ismalia, Arshad et moi sommes deux commerçants honnêtes et assidus à l’ouvrage, et jamais nos cœurs n’ont aimé une autre que toi. L’amour est ce que nous avons à t’offrir, ainsi que la chaleur et la bienveillance d’une famille réputée pour sa gentillesse et son intégrité. Voilà, nous avons parlé, nous avons dit ce que nos cœurs battaient sourdement. Nos bouches, maladroites, nos paroles mal habillées ont bien du mal à décrire nos sentiments pour toi. Alors nous te demandons d’écouter nos cœurs, et d’écouter le tien.
Pardon d’être venus ainsi troubler la quiétude de ce lieu, mais nos sentiments nous y ont contraints, il le fallait, c’est fait, c’est dit…

Ismalia esquissa un sourire encore plus grand et plus bienveillant :

— Nobles commerçants, Arshad, Otman, soyez remerciés d’être venus me trouver et vous livrer à moi à cœur ouvert. Vous êtes véridiques et je suis honorée par votre démarche. Mon cœur hélas, comme chacun sait ici, à Ismazarade, ne bat que pour Youssouf, l’homme qui m’a sauvé la vie lorsque j’étais laissée pour morte par les vents impétueux du désert. Je sais qu’un jour il reviendra. Ce jour là, s’il ne demande pas ma main, alors je choisirai parmi l’un d’entre vous, j’en fais le serment. Partez en paix et gardez confiance en votre destin. Il saura vous guider comme il m’a guidée vers votre cité.

Les deux commerçants, le cœur léger et rempli d’espoir, heureux d’avoir volé quelques instants de grâce et d’éternité, d’avoir approché la plus belle étoile du ciel, retournèrent à leur échoppe le cœur en fête. Ainsi se termina la plus belle journée de la vie de Otman et Arshad. Le soleil tira sa révérence à la cité d’Ismazarade, et ordonna aux étoiles de veiller sur ses habitants.

Le matin déjà se fit jour, et Ismalia, livres en main, se trouvait déjà sur le chemin de son école. Elle aimait ses matins calmes, où la ville s’éveille, senteur après senteur, bruit après bruit, et où l’air est encore frais et respirable. Elle se laissa aller à une douce rêverie, flânant entre les étals du souk, quand soudain, derrière elle et sans crier gare, des cris, un mouvement de foules, des hennissements, des bruits de sabots qui martèlent le sol, un nuage de poussière ocre et un cheval blanc fougueux qui fond sur elle, monté par…

— Youssouf !
— Ismalia ! Ya ! Ya ! fouetta-t-il son pur-sang !
— Youuuusssoufff !

Manquant la renverser la monture et son cavalier frôlèrent l’enseignante de près. Youssouf se pencha sur le côté et son bras puissant souleva Ismalia dans les airs, qui sans comprendre comment se retrouva en selle derrière son cavalier ! Le fougueux destrier se cambra dans un hennissement saccadé, ponctué par les rires de Youssouf !

— Allez ma belle du désert, accroche-toi je t’emmène avec moi ! Ya ! Ya !

Le duo, lancé dans une folle cavalcade, renversait tous les chalands et commerçants qui se trouvaient sur leur passage. La démence s’était emparée d’Ismalia, qui mêlait ses rires à ceux de Youssouf, devant ce spectacle de dévastation.

Au fur et à mesure de leur galop effréné, Youssouf tranchait de son glaive les cordes qui maintenaient les tentes des commerçants. Se penchant presque au ras du sol, à vive allure sur sa monture, il se saisit d’un bouquet de roses chez un marchand de fleurs et le donna à sa belle, qui riait de plus belle.

Ils continuèrent leur course folle sous les regards effarés des enfants qui s’acheminaient vers l’école ainsi que de la population d’Ismazarade, tout en poursuivant leur saccage, sautant par dessus des charrettes contenant des fruits, perçant des tonneaux d’eau et des éventrant des sacs d’épices.

Rien ne pouvait arrêter cette chevauchée démentielle. Les deux cavaliers déferlaient à toute vitesse dans toutes les allées de la cité, semant panique, désordre, saccage et confusion.

Pourtant, leur course allait bientôt prendre fin, à la sortie de la cité, bordée par le désert. Un cobra se dressa devant le pur-sang. Apeuré, il se cambra et éjecta les deux cavaliers, et d’une ruade écrasa Youssouf, qui fut tué sur le coup. Ismalia chuta la tête sur une pierre, et demeura consciente quelques instants, avant de rendre son dernier souffle :

— Mon Dieu… qu’ai-je fait… la folie s’est… emparée de moi… Bachir… je te… demande pardon… je t’ai trahi… je n’ai pas été fidèle à ton dernier… enseignement…
ce qui est important… est invisible et inaudible… quand les yeux… sont trompés par… ce qu’ils pensent être la lumière… seul le cœur… est apte… à choisir… pardon Otman… pardon Arshad… vous êtes venus à moi… le cœur pur, et sincères… avec de l’amour plein les mots… et de nobles intentions… je… me suis laissée éblouir… par le mirage de la beauté… et de l’apparence… je vais mourir… pardon peuple de Ismazarade qui m’avait offert l’hospitalité… j’ai tout gâché… je… vais… mourir… à présent…

Le peuple tout entier pardonna à sa belle et douce rose des sables. Ainsi étaient les gens d’Ismazarade. Les deux dépouilles furent ensevelies à Sippar, la cité des sables, d’où Ismalia était originaire. Ils reposèrent à côté de la sépulture de Bachir. Pendant trois jours et trois nuits, toute la population d’Ismazrade pleura sans répit.

Quelque temps plus tard, la légende dit qu’une rose des sables se forma sur la sépulture d’Ismalia, et qu’une plante épineuse poussa sur celle de Youssouf, et qu’à chaque fois que le vent souffle dans ses épines, on entend le sifflement d’un serpent.

Personne ne revint plus jamais à Sippar. Ce qui appartient au sable est retourné au sable.

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Felix Culpa  Commentaire de l'auteur · il y a
Un conte qui démarre sur les chameaux de roues ! ;-)
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LaNif · il y a
Rhôôô ! Vous avez osé !
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Felix Culpa · il y a
Ce jeu de mots était plus fort que moi ! Je n'ai pu m'en empêcher ! ;-)))
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LaNif · il y a
Hahaha !
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Willy Boder · il y a
Le conte est effectivement bon. Tant pis, je ne saurai jamais si Ismalia était noiraude ou brune :-)
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Felix Culpa · il y a
Merci Willy ! Elle est brune ! ;-)
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Willy Boder · il y a
"De magnifiques yeux pers, et de longs cheveux noirs et bouclés". Décidément, les mirages sont bien présents tout au long de ce périple d'un an. Mais peut-être que je m'y pers avec tout ce sable dans les yeux.
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Isabelle Lambin · il y a
Un conte dépaysant. La fin est particulièrement belle
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Felix Culpa · il y a
Merci Isabelle ! C'est mon premier conte. Merci de l'encourager ainsi ! c'est la preuve que " mon conte est bon ! " ;-)
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Fredo la douleur · il y a
Toute une épopée que l'histoire d'Ismalia qui par reconnaissance n'a de cesse de véhiculer le savoir de cet homme généreux qu'était son père adoptif. Une fin tragique certes mais qui donne corps et cœur par la suite à la légende. Bravo pour vos talents de conteur, Felix ^^
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Felix Culpa · il y a
Merci pour votre lecture et votre analyse Fredo. C'est mon premier conte, j'ai mis un an à l'écrire tellement que ça n'est pas mon domaine de prédilection. Je suis heureux que cette histoire vous plaise ! C'est la récompense de mon travail !
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Jeanne · il y a
Au fil du temps, au gré des attrape-vents, des attrape-rêves on suit pas à pas Ismalia, fleur du désert, rose des vents, rose des sables mouvants tout au long de ses chemins de vie, à la croisée de son destin. Une traversée solitaire, un périple éprouvant, un long voyage avec des plantes médicinales, des onguents, des baumes au cœur et au corps et un précieux savoir pour tout bagage. Une belle leçon de choses, de sciences naturelles, dispensée à ciel ouvert. Un récit touchant, fort émouvant, un bien joli conte des terres lointaines, une Nouvelle empreinte de poésie, de sage philosophie.

En effet papillon, On ne voit bien qu’avec le cœur à l’image du Petit Prince mais parfois on est aveuglé par la lumière, ainsi la chevauchée fantastique, la folle cavalcade des deux amoureux sera stoppée net et leur bonheur de courte durée, se dresse devant eux le serpent, symbole du mal, de la tentation. Fleur du bien et fleur du mal réunies le temps d’un instant seulement. Une chute malheureuse précipite le cours des événements, le conte de fées s’achève, le livre d’images se referme sur Le Prince charmant et la Belle au sable dormant… pour l’éternité. Une histoire d’A pour petits et grands enfants. Un j’aime qui vaut cinq cœurs à venir et tous mes vœux Félix pour la suite des événements.

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Felix Culpa · il y a
Encore une fois Jeanne vous récompensez mon travail ( un an pour ce conte ), et votre analyse, fine, recèle de véritables licences poétiques, comme la Belle au sable dormant. Je vous remercie pour le temps que vous consacrez à vos lectures et à vos analyses, tout auteurs confondus, car vous apportez ses lettres de noblesse à Short. Vous incarnez la littérature, la courtoisie, et le talent. Merci de tout cœur de mettre en valeur ce que vous lisez, et pour votre gentillesse et votre amitié.
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Jeanne · il y a
Un an… c’est court et long à la fois. Un premier conte, une première fois ça compte infiniment, on s’en souvient longtemps. C’est un essai réussi, un écrit mûrement réfléchi, un récit maintes fois repris, retouché, c’est un travail de longue haleine, c’est vingt fois sur le métier remettre son ouvrage. Confidence pour confidence…. Lorsque Ismalia rencontre Yaraz, le soigne, l’attelle, le soulage de toute son attention, son empathie, sa compassion et puis revient à Yazd, la ville des attrape-vents, le lieu de son abandon, le berceau enfoui qui aurait pu, dû être son linceul, j’ai cru, pensé, espéré un moment qu’elle reverrait ses parents mais non ce n’était qu’un mirage, une illusion, un effet de mon imagination, le murmure du vent dans les dunes de sable blond. Je ne poursuis pas plus avant mon propos ou à réécrire la fin de l’histoire, ressusciter les disparus avant l’heure :-), les auteurs ont tous les droits, droit de vie, droit de mort sur leurs personnages. C’est moi qui vous remercie pour ce merveilleux retour de commentaire, cette satisfaction du labeur entrepris, du travail achevé, de la tâche accomplie qui fait plaisir à voir, à lire, à recevoir et puis à partager.
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Felix Culpa · il y a
Merci Jeanne ! J'y ai pensé ! Je savais que l'on me poserait la question et que le lecteur ressentirait le fait que je n'ai pas écrit les retrouvailles de Ismalia avec ses parents comme un manque, une anomalie ou un oubli.
C'est de ma part une paresse intellectuelle. Cela aurait été beaucoup trop compliqué. Ismailia retrouve ses parents, pardonne, et puis elle les met à l'abri du besoin, puis les parents viennent la pleurer sur sa tombe. Je pense que les parents auraient donné un autre tournant à l'histoire. Il aurait fallu les inclure dès les premières lignes comme une quête d'Ismalia, ou alors expliquer pourquoi, tombant sur eux par hasard, elle ne s'en ai jamais soucié auparavant, et pourquoi son père adoptif ne le lui a pas demandé. Merci beaucoup Jeanne d'avoir soulever ce point important, qui vous honora dans l'intérêt que vous portez à l'auteur et à son œuvre.

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Flore · il y a
Un joli conte au pays des hommes bleus.
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Felix Culpa · il y a
Merci beaucoup Flore d'avoir pris le temps de lire et de commenter mon tout premier conte !
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Sidonie Larue · il y a
J'ai été embarquée par les péripéties d'Ismalia, ce très beau personnage de conte. On ne s'ennuie pas un seul instant et ce récit plaira aux enfants comme aux adultes ! Bravo...
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Felix Culpa · il y a
Merci beaucoup Sidonie d'avoir pris le temps de lire mon tout premier conte !
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Daniel Glacis · il y a
Magnifique texte qui souffle un vent d'aventure et de grands espaces, Félix, malgré son triste épilogue... Bon weekend ! Daniel.
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Felix Culpa · il y a
Merci beaucoup d'avoir pris le temps de conte et de commenter ce texte Daniel ! Bon weekend !
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Sam Delazzi · il y a
Un conte magnifique que je vais conseiller a ma fille qui adore lire... bravos j'ai été emporté au pays des milles et une nuits aux infinis étoiles brillantes rapportant leurs lueurs sur une magnifique rose des sables...
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Felix Culpa · il y a
Merci Sam, j'en suis très flatté et honoré ! J'ai mis plus d'un an à écrire ce conte. Il a été maintes fois remanié et je n'en voyais plus la fin. C'est mon tout premier et je suis heureux s'il peut plaire à un enfant !
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Houda Belabd · il y a
J'aime beaucoup ce récit qui nous donne presque envie de troquer les livres de Zoya Pirzad contre votre plume si bien affûtée.
Je vous invite, aussi, à découvrir mon très très court, dédié à un sans-abri isérois, ici: https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-chienne-de-vie-dun-sans-abri-iserois

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Felix Culpa · il y a
Merci pour ce beau compliment Houda ! Je viens vous lire tout de suite !

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