La renaissance des Ténèbres

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C'était un premier septembre pluvieux et anodin pour le monde sorcier : les parents, comme à leur habitude, accompagnaient leurs enfants sur l'imposant quai 9 ¾ pour une nouvelle année à Poudlard. Une bande de rouquins se démarquait des autres sorciers, suivie de près par un couple avec leurs trois enfants : James, l’aîné, entrait en troisième année à Poudlard, Albus en seconde année et la benjamine Lily allait monter pour la première fois de sa vie dans cette immense et impressionnante locomotive rouge et noire qu'on nomme le Poudlard Express.

Le banquet de début d'année avait été délicieux, comme toujours, mais un peu trop court au goût de Lily qui avait passé la soirée à décrire, entre deux bouchées de pudding, les effets des bonbons inventés par son oncle (notamment sa dernière création : la réglisse qui donne une haleine faisant disparaître le nez).
Quant à Albus, il avait attendu tout l'été avec impatience. Il n'aimait pas être chez lui, surtout lorsqu'il se retrouvait seul avec son père. Et cela faisait deux mois qu'il n'avait pas vu Scorpius, son meilleur ami. Il avala son dîner en vitesse et couru à la salle commune des Serpentard retrouver le jeune Malefoy qui l'y attendait déjà. Ils s'étreignirent sans un mot, heureux d'être à nouveau réunis.




A plusieurs centaines de kilomètres de là, sous l'activité étourdissante de Londres, un brouhaha inextricable de paroles fut interrompu par la voix magiquement amplifiée de la Ministre de la Magie :
« Du calme, s'il vous plaît ! Ce n'est pas en déblatérant ainsi que la situation va évoluer. Bien, dit-elle quand le silence fut revenu, comme vous le savez, Delphi la fille de Vous-Savez-Qui (mais voyant l'air désapprobateur de Harry, elle se rectifia)... Voldemort , s'est échappée d'Azkaban hier en fin de soirée. Elle y était détenue depuis près d'un an et les Directeurs de la Justice Magique et de la Brigade de la Police Magique s'étaient personnellement assurés qu'une protection renforcée soit mise en place. Le Premier Ministre Moldu a bien entendu été mis au courant de la situation. D'autre part, nos meilleurs aurors sillonnent le ciel et cherchent sans relâche la jeune femme. Enfin, n'oubliez pas que cette évasion n'est rien d'autre qu'un échantillon de sa puissance extraordinaire et terrifiante. »

Hermione balaya la salle du regard, puis une sorcière d'âge mur demanda :

« Madame la Ministre, ne pensez-vous pas que l'école de Poudlard devrait bénéficier d'une protection spéciale jusqu'à l'arrestation de Delphi ?
- Oui, en effet Krapella. Mais ne vous inquiétez pas, la Brigade de Police Magique a déjà pris toutes les dispositions nécessaires. Ah et j'allais oublier : les agents de la Brigade souhaitent perquisitionner certaines maisons appartenant à de très vieilles familles de sorciers, ajouta-t-elle en fixant un homme au teint pâle et au menton pointu qui croisa son regard. Dans le cadre de l'enquête, naturellement ! conclut-elle, le teint légèrement rosé. »




Quelques semaines s'étaient maintenant écoulées depuis la réunion des haut-fonctionnaires du Ministère. Par une fraîche matinée d'octobre, dans la cuisine des Potter, Ginny avait le nez plongé dans la rubrique des sports de la Gazette du Sorcier tandis que son mari, une tasse de thé à mi-chemin entre la table et ses lèvres, laissait choir son regard sur la première page du journal avec une lueur d’exaspération dans les yeux. Ce manège, qui durait depuis plusieurs jours déjà, n'échappait pas à l’œil aiguisé de la poursuiveuse qu'était sa femme :

« Est-ce le dernier rapport sur l'épaisseur des fonds de chaudrons qui te passionne tant ?
-Hein ? Ah euh... non. Je suis seulement désespéré que mes aurors n'aient toujours pas retrouvé Delphi.
- Allons, ils la trouveront bientôt... Tiens ! Le courrier. »

Elle décacheta l'unique enveloppe, et tout à coup ses traits se décomposèrent.

« Harry ! James... James a disparu ! C'est de Minerva , elle dit qu'il a disparu depuis hier soir !
- Quoi ? rugit Harry. Enfin... c'est absurde ! Il faut immédiatement aller à Poudlard ! Et passons au Ministère, j'ai deux mots à leur dire. »

Ils entrèrent dans l'âtre de la cheminée et s'y volatilisèrent, avalés par les flammes vertes.




Dans le bureau de la Ministre de la Magie, l'atmosphère était tendue.

« Enfin Harry, ça semble évident, non ?
- Oui, mais comment a-t-elle pu entrer à Poudlard ? »

A cet instant, Ron arriva, essoufflé.

« J'espère que tu ne m'as pas fait venir pour rien, chérie, j'étais sur le point de finaliser ma toute dernière création de...
- James a disparu, l'interrompit Ginny.
- Ah, si c'est que pour le gamin... Je disais donc : une nouvelle collection de boîtes à flemme. Oui oui, la toute...
- Ron ! Ton neveu a disparu et c'est tout ce que ça te fait ! »

Harry saisit ce moment pour faire part à Ron de ses inquiétudes :

« Nous pensons que Delphi est responsable de la disparition de James, même si je ne peux expliquer comment elle a fait pour déjouer une quarantaine de gardes. »

Il fut interrompu par trois coups secs frappés à la porte :

« Entre, Drago ! cria Hermione.

Malefoy franchit le seuil, suivi de six adolescents : Lily, Hugo, Rose, Victoire, Ted et Fred.

« Avant que tu ne poses de questions, Harry : Albus n'a pas voulu venir avec moi. Il a préféré rester avec Scorpius. »

Cette précision lui attira les regards noirs de Ron qui, contrairement à ses amis, voyait d'un très mauvais œil les fréquentations d'Albus.



La Directrice de Poudlard observait pensivement le soleil se coucher sur la Forêt Interdite, avant de se retourner face à la cheminée où une légère explosion venait de se faire entendre.

«  Potter ! Est-ce vrai ce que l'on dit ? Votre fils, Delphi, c'est elle qui.. enfin... c'est elle qui l'a enlevé ?
- J'en ai bien peur, Minerva. Ginny et moi aimerions voir Albus, ajouta-t-il. Quel est le mot de passe des Serpentard ?
- 1943.
- Étrange... Merci Minerva. »

Le couple trouva Albus et Scorpius dans le dortoir, seuls. Ils entrèrent.

« Maman ! s'écria le jeune Potter.
- Bonsoir mon chéri, bonsoir Scorpius. Est-ce que tu pourrais me laisser seule avec Albus, s'il te plaît ? Toi aussi, Harry. »

Scorpius quitta le dortoir, suivi par Harry qui s’exécuta de mauvaise grâce mais préféra ne pas contrarier sa femme, déjà fatiguée par les récents événements.

« Comment vas-tu ? demanda-t-elle.
- Bien, répondit-il d'une voix éteinte. Vous avez des nouvelles de James ? Des cinquième année disent que Delphi a un lien avec sa disparition !
- Oui, c'est possible. Mais ne t'inquiète pas trop, il reviendra bientôt. »

Après une courte pause, elle ajouta :
« Dis-moi... pourquoi n'as-tu pas voulu aller avec Drago et les autres ?
- Tu connais papa : il aurait fait toute une histoire pour être sûr que j'allais bien ou que personne n'avait essayé de pénétrer mon esprit, bla bla bla. Ça ne m'intéresse pas, je préfère être avec Scorpius.
- Mais c'est ton père, et... il t'aime ! Pourquoi le rejettes-tu ainsi ? »

Albus se renfrogna à cette question, mais il fut dispensé d'y répondre : Harry et Scorpius venaient de débouler dans la pièce :
« Gin ! Hermione a du nouveau, il faut rentrer immédiatement au Ministère ! Albus, je suis désolé de ne pas pouvoir rester plus longtemps... »
Il essaya d'embrasser sa chevelure sombre mais le jeune Serpentard le repoussa et lui tourna le dos. Contrarié, Harry prit la main de Ginny et ils quittèrent le château.




Le bureau d'Hermione n'avait jamais été autant en désordre que ce soir-là. Harry et Ginny s'arrêtèrent pétrifiés sur le seuil en voyant... Ron et Drago en plein duel. Il était toutefois assez évident que Ron n'était pas aussi vif et précis que Drago. Enchaînant chutes, lévitations et pas de danse emmêlés, Ginny finit par mettre fin à cette mascarade, exaspérée par les galipettes de son frère. Juste à temps, car Hermione entra quelques minutes plus tard, brandissant une liasse de papiers :

« Harry ! Des aurors sont revenus et, d'après eux, Delphi se trouverait dans les environs de Great Hangleton.
- C'est tout ?
- C'est tout. Ils sont repartis immédiatement après. »




La gorge sèche, le front trempé de sueur, Harry somnolait dans un fauteuil du bureau d'Hermione. Il était maintenant plus de minuit. Il ne remarqua pas tout de suite mais, en face de lui, Drago l'observait.

« Bizarre, n'est-ce pas ? Être ici. Tous ces livres... Astoria adorait lire. Les soirs d'hiver, elle me lisait un extrait, auprès du feu. » Il s'arrêta, les yeux embués de larmes. Soudain, la voix de Ginny rompit le silence : «  Je suis sincèrement désolée, Drago. »

Les minutes passaient. Ils échangeaient quelques bribes de temps à autre, puis tout à coup Harry se leva d'un bond :

«  Delphi ! Je sais où elle est ! Elle est au cimetière où sont enterrés les parents de Voldemort. Il faut y aller immédiatement !
- Tu en es sûr ? Pourquoi...
- Ne pose pas de question : le temps presse, vite ! »

Aussitôt dit, une force surhumaine les tira en avant tous les trois et les fit atterrir sur de l'herbe humide. Ils avaient transplané. Harry reconnut les tombes symétriques, et l'odeur qui y régnait lui rappela d'horribles souvenirs durant un bref instant. Ils se relevèrent et sortirent tous trois leurs baguettes de leurs capes. Ils avançaient à pas comptés dans le silence le plus total. Traversant les allées lugubres, enjambant la végétation depuis longtemps revenue à l'état sauvage, ils atteignirent finalement le centre du cimetière. Ils balayèrent du regard la pénombre et leurs six yeux se posèrent sur une masse noire étendue dans l'herbe. Ginny, déconnectée de la réalité, se précipita vers la forme et poussa un cri épouvantable. Les deux garçons la rejoignirent et ressentirent la même sensation que s'ils avaient été attaqués par des détraqueurs. Étendu, les bras en croix, le regard vide de James croisa le leur.

Harry aurait voulu hurler mais aucun son ne sortait de sa bouche. Seules les larmes ne se retenaient pas. Il se fit alors entendre un bruit de cape et... un rire. Ce rire, tous trois le connaissaient bien. Nul ne pouvait se méprendre, elle a le même rire que sa mère détraquée : Delphi.
Elle avançait doucement, rayonnante...

« Je commençais à croire que tu ne viendrais pas, Potter. Ça m'a demandé beaucoup de travail de t'emmener jusqu'à moi, tu sais. Tiens tiens, mais qu'est-ce qu'on a là ? Une traître à son sang et un lâche qui a trahi mon père ? Ne t'inquiète pas, je m'occuperai de toi en dernier ! »

Elle avait prononcé ces paroles en savourant chaque mot qui sortait de sa bouche.

«  Dommage, il était plutôt beau garçon. » dit-elle en regardant James.

Ginny, explosant de haine et de rage, entama un duel sans merci avec la mage noire. Des jets de toutes les couleurs jaillissaient des baguettes, mais lorsqu'un éclair de lumière verte frôla Ginny, Harry prit la relève. C'est alors que quelque chose d'étrange se produisit : sa baguette et celle de Delphi se connectèrent et aucun des deux sorts lancés par leur propriétaire n'atteignirent leur cible.
Il n'avait pas vu ce phénomène depuis plus de vingt ans et Delphi semblait tout aussi surprise que lui. Cependant, plus les minutes passaient et plus le sortilège de Delphi avançait...
Drago, oublié dans tout ce tumulte, se rangea aux côtés de Harry et tout deux repoussèrent avec ardeur la jeune sorcière qui, soudain, s'effaça dans la nuit. Ils virent sa silhouette longiligne flotter à quelques mètres au dessus d'eux. Elle dit quelque chose en fourchelang sur un ton menaçant, puis tout redevint calme et nul n'aurait pu deviner ce qu'il venait de se passer.




La fin d'année approchait lentement. Lily n'était pas retournée à Poudlard après l'enterrement de son frère. Il avait été placé aux cotés de ses grands-parents, à la demande d'Harry.
Les meurtrissures de Ginny tentaient de se cicatriser, même s'il arrivait que la mélancolie la rattrape de temps à autre.

Harry avançait calmement dans les longs couloirs du Ministère et arriva devant une porte où brillaient les lettres « Directeur de la Coopération Magique Internationale ». Il frappa et entra dans une vaste pièce. Calé derrière un imposant bureau, Drago observa son visiteur.

« Bonjour Harry.
- Bonjour Drago. Ça te dérange si je te parle cinq minutes ? »

Désignant les immenses piles de paperasses, Drago répondit, légèrement amusé :

« Vas-y, je ne suis pas pressé !
- Je ne t'ai jamais remercié de ce que tu avais fait dans le cimetière. Je te dois énormément et... enfin, je tenais à ce que tu le saches.
- C'est rien, n'importe qui l'aurait fait. Mais à mon tour... je peux te poser une question ?
- Oui, bien sûr.
- Comment as-tu su que Delphi était au cimetière ?
- Quand Ginny et moi sommes allés à Poudlard voir Albus, le mot de passe pour accéder à la salle commune des Serpentard était 1943. C'est la date de l'année de décès des parents de Voldemort. Ensuite, Hermione a dit que les aurors avaient localisé Delphi aux environs de Great Hangleton, qui est proche de Little Hangleton, le village des parents de Voldemort. Delphi avait pris soin de cacher des indices qui me rappelleraient le cimetière.
- Je vois, ingénieux de sa part. Et qu'est-ce qu'elle a dit en fourchelang avant de s'enfuir ?
- Ça fait deux questions, plaisanta Harry. Mais peu importe ce qu'elle a dit, l'essentiel est de savoir que nous ne sommes plus en sécurité. Aucun de nous ne l'est. Une guerre approche et je peux déjà te dire qu'elle sera pire, bien pire que les autres. »
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Stella-Befani · il y a
Merci pour ton commentaire, je vais voir ta nouvelle !
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Potter · il y a
J'ai vraiment bien aimé bravo ! Tu as mon vote !
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Neville mène la résistance à Poudlard